Alfred Dreyfus (X 1878), capitaine courageux

Alfred Dreyfus à l’X (c) Bibilothèque de l’X. On ignore qui a gribouillé et lacéré la photo avec tant de haine.

Alfred Dreyfus est né en 1859 à Mulhouse, d’une famille juive ayant prospéré dans l’industrie textile, installée en Alsace depuis plusieurs siècles. Après l’annexion de l’Alsace, son père opte en 1871 pour la nationalité française et Alfred est envoyé à Bâle puis à Paris, au collège Sainte-Barbe où il prépare le bac puis l’École polytechnique.

Reçu à l’X 182ème sur 236 en 1878, Dreyfus en sort 128ème  et choisit l’artillerie. Il est alors envoyé comme sous-lieutenant à l’École d’application de Fontainebleau, d’où il sort en 1882. Il est alors lieutenant au 31ème régiment d’artillerie du Mans puis aux batteries à cheval de la 1ère division de cavalerie de Paris. Très bien noté, il est nommé capitaine en 1889 et affecté à l’École de pyrotechnie de Bourges.

Dreyfus prépare alors l’École de guerre, où il est reçu en 1890. Il en sort deux ans plus tard 9ème sur 81 avec la mention très bien. Il est alors affecté successivement aux différents bureaux de l’état-major.

Son entrée à l’École de guerre a coïncidé avec son mariage avec Lucie Hadamard, sœur de Paul David Hadamard (76), cousine du professeur Jacques Salomon Hadamard et petite-fille de Jean Alexandre Hatzfeld (34), dont le frère Adolphe Hatzfeld, normalien, sort la même année le premier volume du Dictionnaire universel de la langue française. Il a deux enfants, nés en 1891 et en 1893. La vie lui sourit.

Le « bordereau »

En septembre 1894, le service de renseignements français (dit « section de statistiques »), dirigé par le lieutenant-colonel Jean Robert Sandherr assisté du commandant Hubert Joseph Henry, intercepte un « bordereau » non signé, faisant état de l’envoi de documents secrets intéressant la Défense nationale à l’attaché militaire allemand Maximilien von Schwartzkoppen.

Le président de la République Jean Pierre Paul Casimir-Périer et le président du Conseil Charles Dupuy sont avisés de l’affaire. Une brève enquête menée par le commandant Armand Auguste du Paty de Clam aboutit, sur la base d’une vague ressemblance d’écritures, à l’arrestation du capitaine Alfred Dreyfus.

Après une instruction bâclée, confiée au commandant Alexandre Bexon d’Ormescheville, Dreyfus est déféré le 19 décembre 1894 au Conseil de guerre présidé par le colonel Émilien Maurel qui décide de le juger à huis clos. La seule pièce à conviction est le « bordereau ». Suivant des raisonnements tortueux, Alphonse Bertillon, inventeur de l’anthropométrie, qui se pique de graphologie, y reconnaît la main de Dreyfus. L’expert Alfred Gobert, désigné par le garde des Sceaux est d’un avis contraire. Les experts désignés par le préfet de police sont d’un avis partagé.

Malgré ses dénégations, l’absence de preuves et l’absence de mobiles, Dreyfus est condamné à l’unanimité le 22 décembre 1894 à la déportation à vie dans une enceinte fortifiée. Il est dégradé le 5 janvier 1895 au cours d’une cérémonie qui se tient dans la grande cour de l’École militaire puis déporté à l’île du Diable, au large de la Guyane.

On apprendra plus tard que la conviction des juges a été obtenue notamment grâce à un dossier secret non communiqué à la Défense, produit par le général Auguste Mercier (52), ministre de la Guerre.

Le « petit bleu »

En mars 1896, le service de renseignements français intercepte un télégramme (alors appelé « petit bleu »), adressé par l’attaché militaire allemand à un officier français d’origine hongroise, le commandant Ferdinand Walsin-Esterhazy. Après une enquête approfondie, le colonel Marie Georges Picquart, successeur de Sandherr, acquiert en septembre la conviction que le bordereau qui a fait condamner Dreyfus est de la main d’Esterhazy.

Immédiatement informés, les généraux Charles Arthur Gonse, sous-chef d’état-major et Raoul François Charles Le Mouton de Boisdeffre, chef d’état-major, demandent à Picquart, pour ne pas porter atteinte au moral de l’armée, de ne pas divulguer sa découverte.

Ils le font muter dans l’Est de la France puis en Tunisie. Après s’en être ouvert au général Paul Arthur Nismes (54) qui lui conseille de « faire le mort », Picquart, dont l’honneur est attaqué et qui craint pour sa vie, se confie sous le sceau du secret en juin 1897 à un avocat de ses amis, Me Henri Louis Leblois,

J’accuse…

Vu l’importance de ces révélations, Me Leblois décide après mûre réflexion de les porter à la connaissance du vice-président du Sénat, Auguste Scheurer-Kestner. Celui-ci en parle en octobre au président de la République Félix Faure, lequel a succédé à Casimir-Périer en 1895, ainsi qu’au président du Conseil Jules Méline, au garde des Sceaux Jean-Baptiste Darlan et au ministre de la Guerre, le général Jean-Baptiste Billot. Aucun n’accepte d’intervenir.

Animé par le frère du condamné, Mathieu, le « frère admirable » et par un jeune écrivain libertaire, Bernard Lazare, le « premier qui s’est levé », un mouvement d’opinion commence toutefois à se dessiner en faveur de la révision du procès Dreyfus. A sa tête se trouvent des hommes politiques comme Léon Blum, Georges Clemenceau, rédacteur en chef de l’Aurore, Yves Guyot, directeur du Siècle, Jean Jaurès, Francis de Pressensé, le député Joseph Reinach ou le sénateur Ludovic Trarieux, ancien garde des Sceaux et surtout des « intellectuels » comme Victor Basch, Emile Duclaux, directeur de l’Institut Pasteur, Anatole France, Edouard Grimaux, professeur à l’X, Lucien Herr, bibliothécaire et  » gourou  » de Normale, Lucien Lévy-Bruhl, Octave Mirbeau, Gabriel Monod, le chartiste Paul Viollet, tous deux membres de l’Institut, Charles Péguy, Marcel Prévost (82) et Emile Zola.

Cela n’empêche pas Esterhazy d’être acquitté à l’unanimité le 11 janvier 1898 par un Conseil de guerre présidé par le général Henri de Luxer, après une enquête faite par le général Gabriel de Pellieux, qui concluait à un refus d’informer contre Esterhazy et à un renvoi de Picquart devant un conseil d’enquête !

Pour forcer la Justice à rouvrir le dossier, Emile Zola publie alors sur toute la première page de l’Aurore du 13 janvier une lettre ouverte au président de la République Félix Faure. Cet article, intitulé « J’accuse…! », lui vaut d’être condamné par les Assises de Paris puis, après cassation, par les Assises de Versailles, à un an de prison pour diffamation. Il s’enfuit en Angleterre pour éviter la prison. Mais le procès a un immense retentissement en France et à l’étranger.

William Chaplin (X 1887). (c) Bibliothèque de l’X

Pour faire bonne mesure, Picquart est également condamné à la prison ferme et chassé de l’armée pour avoir divulgué des informations sur la culpabilité d’Esterhazy, considérées comme « documents secrets intéressant la Défense nationale ». Parallèlement, un « petit juge », Paul Bertulus, qui avait eu l’audace de vouloir renvoyer Esterhazy aux Assises, est dessaisi.

Après le procès, viennent les vengeances. C’est ainsi qu’Edouard Grimaux, professeur de chimie à l’X, déjà cité, est mis en disponibilité pour avoir témoigné au procès Zola ou que le lieutenant William Chaplin (87) est mis en non-activité par suspension d’emploi pour avoir écrit une lettre de félicitations à Zola.

C’est dans ce contexte qu’est fondée la Ligue des droits de l’homme par Trarieux, Guyot, Reinach et Scheurer-Kestner.

Le « faux Henry »

Le 7 juillet 1898, Godefroy Cavaignac (72, ingénieur des Ponts), nouveau ministre de la Guerre, farouchement opposé à la révision, lit à la Chambre des députés le texte d’une lettre de l’attaché militaire italien Alessandro Panizzardi à son homologue allemand von Schwartzkoppen, censée établir indiscutablement la culpabilité de Dreyfus.

Malheureusement pour Cavaignac, son officier d’ordonnance, le commandant Louis Cuignet, découvre peu après que ce document, affiché dans tout le pays sur décision des députés, est un faux grossier. Le commandant Henry reconnaît en être l’auteur et se suicide le 31 août 1898, cependant que le général de Boisdeffre démissionne.

Henri Brisson, qui a succédé en juin à l’antidreyfusard Jules Méline, accepte alors de transmettre a la Cour de cassation la requête en révision du procès Dreyfus, établie par Lucie Dreyfus assistée de Me Henry Mornard. Hostile envers et contre tout à la révision, Cavaignac démissionne le 3 septembre. Il est remplacé par le général Emile Thomas Zurlinden (X 1856) qui démissionne douze jours plus tard, pour la même raison, et est remplacé par le général Jules Chanoine qui fera de même un mois plus tard, entraînant la chute du gouvernement Brisson. Charles Dupuy redevient alors président du Conseil, Charles Louis de Freycinet (X 1846, Mines) étant ministre de la Guerre.

Pendant ce temps, les antidreyfusards ne restent pas inactifs. La Ligue de la Patrie française est fondée en décembre 1898 par François Coppée, Maurice Barrès, Ferdinand Brunetière et Jules Lemaitre, pour faire pièce à la Ligue des Droits de l’homme, cependant qu’une souscription ouverte par la Libre parole en faveur de la famille de Henry, dite « monument Henry », recueille un très grand succès auprès de toutes les couches de la population.

Après Grimaux, un autre professeur de l’X, George Duruy, professeur d’histoire et littérature, prend sa plume et écrit des articles « Pour la justice et pour l’armée » dans le Figaro en avril 1899. Il est aussitôt suspendu par le général François Toulza (57), commandant l’École. Après une interpellation de Freycinet à la Chambre par le député Jules Gouzy (52), il sera réintégré par le nouveau ministre de la Guerre Camille Krantz (68).

Le procès de Rennes

Au terme de longs débats et après que la Chambre criminelle, jugée trop favorable à Dreyfus, ait été dessaisie par une loi rétroactive, le jugement de 1894 est annulé le 3 juin 1899 par la Cour de cassation, toutes chambres réunies. Dreyfus est rapatrié de l’île du Diable pour être rejugé par le Conseil de guerre de Rennes, cependant que Picquart est remis en liberté et que Zola rentre d’exil.

Contrairement à 1894, Dreyfus va être jugé par un Conseil de guerre composé uniquement de polytechniciens : présidé par le colonel Albert Jouaust (58), le Conseil comprend le lieutenant-colonel François Paul Brongniart (69), les commandants Charles de Bréon (66). Emile Merle (72) et Julien Profillet (72) et les capitaines Albert Parfait (76) et Charles Beauvais (76). Les « antidreyfusards » sont venus en force témoigner à la suite du général Mercier (52), qui venait de quitter l’armée. Celui-ci s’est installé à Rennes à demeure avec une nombreuse équipe de témoins à charge de haut rang dont le général Denis Deloye (56), directeur de l’artillerie, le général Jules de Dionne (47), directeur de l’École de guerre ou le lieutenant-colonel Charles Jeannel (68).

Du côté de la défense, assurée par Mes Edgard Demange et Fernand Labori, qui sera victime d’un attentat, se trouvent également de nombreux polytechniciens parmi lesquels Jules Andrade (76), professeur à la faculté des sciences de Montpellier; Claude Maurice Bernard (82), ingénieur au corps des Mines ; le lieutenant Charles Bernard Brunot (77), qui commence son témoignage par ces mots adressés à Moch « tu me demandes si j’aurais le courage de confirmer par écrit… » ; les chefs d’escadron Joseph Ducros (73), Alfred Galopin (71), Gaston Hartmann (72); l’ancien capitaine Gaston Moch (78), dont le fils Jules Moch (1912), ancien président du Conseil, cite quelques souvenirs dans La Jaune et la Rouge de juillet-août 1978 ; Jules Henri Poincaré (73), professeur à l’X, le général (cr) de l’artillerie de marine Hippolyte Sebert (58).

Alors qu’Esterhazy, enfui à l’étranger, a reconnu être l’auteur du  » bordereau « , l’essentiel de l’accusation repose toujours sur la thèse extravagante et pseudo-scientifique de l' »expert » Bertillon. Celui-ci affirme, calcul des probabilités et « redans » à l’appui, que le bordereau est une pièce auto-forgée par Dreyfus, qui aurait contrefait sa propre écriture ! Cette thèse est réfutée notamment par Bernard (82) et Poincaré (73), qui ont travaillé indépendamment.

L’avis de Poincaré sur le travail de Bertillon, lu par Paul Painlevé, professeur de mécanique à l’X, devant le Conseil de guerre, est très clair : « … Sur treize mots redoublés, correspondant à vingt-six coïncidences possibles, l’auteur constate quatre coïncidences réalisées. Évaluant à 0,2 la probabilité d’une coïncidence isolée, il conclut que celle de la réunion de quatre est 0,0016. C’est faux : 0,0016, c’est la probabilité pour qu ‘il y ait quatre coïncidences sur quatre. Celle pour qu’il y en ait quatre sur vingt-six est 0,7, soit quatre cents fois plus. Cette erreur colossale rend suspect tout le reste… « 

La chute de Poincaré paraîtra à certains plus contestable : « … En résumé, les calculs de M. Bernard sont exacts ; ceux de M. Bertillon ne le sont pas. Le seraient-ils, qu’aucune conclusion ne serait pour cela légitime, parce que l’application du calcul des probabilités aux sciences morales est, comme l’a dit je ne sais plus qui, le scandale des mathématiques, parce que Laplace et Condorcet, qui calculaient bien, eux, sont arrivés à des résultats dénués de sens commun. « 

Et Poincaré termine sa lettre à Painlevé : « Rien de tout cela n’a de caractère scientifique et je ne puis comprendre vos inquiétudes. Je ne sais si l’accusé sera condamné mais s’il l’est, ce sera sur d’autres preuves. Il est impossible qu’une pareille argumentation fasse quelque impression sur des hommes sans parti pris qui ont reçu une éducation scientifique solide. « 

Charles François de Lancrau de Bréon (X1866) (c) Bibiliothèque de l’X

Il n’y a pas d’autres preuves et les membres du Conseil de guerre ont tous reçu une éducation scientifique solide. Dreyfus est néanmoins déclaré coupable le 9 septembre 1899, avec des circonstances atténuantes (sic) et condamné à dix ans de détention. Toutefois, deux juges sur sept ont voté pour l’innocence de Dreyfus, dont le président Jouaust (58), qui avait paru plutôt hostile pendant les débats et le commandant de Bréon (66), qui avait souscrit 5 F pour le Monument Henry. A noter que le vote s’est déroulé par ordre hiérarchique croissant, le Président votant en dernier. Le verdict aurait-il été différent si l’ordre de vote avait été l’ordre hiérarchique ?

Il fut l’un des deux juges de Rennes qui osèrent voter pour l’innocence de Dreyfus. Il ne fut jamais promu au-delà du grade de chef d’escadron d’artillerie.

Après le procès, encore les vengeances. Ainsi, le colonel Jouaust (58) est mis aussitôt à la retraite; Jules Andrade (76) est blâmé et suspendu pour avoir accusé le général de Boisdeffre de faux témoignage et écrit dans l’Aurore après le procès : « je plains de tout cœur le camarade Mercier…  » ; etc.

Épuisé tant physiquement que moralement par quatre ans et demi de détention dans des conditions très dures, Dreyfus décide de ne pas faire appel et accepte en septembre 1899 la grâce que lui octroie, sur proposition du ministre de la Guerre Gaston de Galliffet, le président de la République Emile Loubet, lequel vient de succéder à l’anti-dreyfusard Félix Faure.

Pour tenter d’apaiser les esprits et tourner la page à l’approche de l’Exposition universelle de 1900, dont le Commissaire général est Alfred Picard (62, PC), le président du Conseil Pierre Waldeck-Rousseau, qui a succédé en juin 1899 à Charles Dupuy, met en chantier une loi d’amnistie. Cette loi, qui n’est votée qu’en décembre 1900, renvoie dos à dos faussaires et héros, en amnistiant tous les crimes et délits liés à l’affaire Dreyfus.

Les débats préliminaires au vote précisent que c’est sur la demande de Dreyfus que son propre cas est exclu de la loi d’amnistie, dans le but de laisser ouvertes les portes de la Cour de cassation pour lui permettre de poursuivre une réhabilitation judiciaire.

Vers la révision

Nommé à la Guerre en mai 1900, le général Louis Joseph André (57), républicain anticlérical, procède aussitôt à une épuration de l’armée. C’est ainsi que les généraux Alfred Delanne (62), chef d’état-major général et Edouard Jamont (50), général en chef en temps de guerre, sont relevés de leurs fonctions. André essaie à plusieurs reprises de faire réintégrer Picquart, mais les esprits sont encore trop échauffés. Il faudra l’avènement en juin 1902 du gouvernement anticlérical du « petit père Combes » pour que l’idée d’une deuxième révision soit acceptée. En 1903, après une série d’interventions de Jaurès à la Chambre, le ministre André ouvre une enquête dite préliminaire; qu’il confie au commandant Antoine Louis Targe (85). Cette enquête confirme officiellement que le dossier de Rennes comprenait notamment des « témoignages suspects » et des « pièces matériellement altérées ».

Saisie par le garde des Sceaux, la Cour de cassation admet alors en mars 1904, pour faits nouveaux, la demande en révision du procès de Rennes. Il aura fallu cinq ans pour arriver à ce résultat. Son enquête durera encore deux ans et verra partisans et adversaires du capitaine s’affronter à nouveau très vivement sur la question de l’identité du scripteur du bordereau ainsi que sur ses aspects techniques.

C’est ainsi qu’un auteur anonyme, signant « un ancien élève de l’École polytechnique », édite une brochure, dite « brochure verte », confortant la thèse de Bertillon et portant en exergue un vieil adage de droit criminel : « primo de corpore delicti constare ». L’auteur de cette brochure de 64 pages agrémentée de 20 planches in-quarto a payé d’avance à Charles Henri Devos, administrateur de la Libre Parole et directeur de la Librairie antisémite les frais d’impression. Il n’a jamais voulu se faire connaître, malgré les recherches entreprises par la justice pour le faire témoigner à charge. Un siècle après, le mystère reste entier.

Le commandant Charles Corps (73) n’hésite pas à signer de son nom des articles et brochures dans le même sens. Le lieutenant-colonel Emile Martin (61) signe quant à lui des articles et une brochure intitulée « Dreyfus confondu » sous le pseudonyme de « SCIO ».

Paul Painlevé, professeur à l’X, Auguste Molinier, professeur à l’École des chartes et Claude Maurice Bernard (82, Mines) prennent la défense de Dreyfus en démontrant qu’il n’a pas pu écrire le bordereau. Leur thèse sera réfutée par Camille Jordan (55), professeur d’analyse à l’X.

Une commission composée de trois académiciens, Paul Appell, Jean-Gaston Darboux et Henri Poincaré (73) nommée par la Cour en avril 1905 pour départager les experts en écriture, conclut à la mise hors de cause de Dreyfus. Toute la démonstration de Bertillon est définitivement démolie. Celui-ci sera néanmoins honoré jusqu’à la fin de ses jours et même après, puisqu’une salle de la préfecture de police porte encore son nom aujourd’hui.

Une autre commission est constituée en mai 1904 par le général André à la demande de la Cour pour examiner les questions techniques du bordereau. Elle est composée de quatre généraux polytechniciens : Ulysse Casimir Balaman (58), ancien président du comité technique de l’artillerie, président, Louis François Villien (63), inspecteur des fabrications de l’artillerie, Jean Jules Brun (67), commandant l’École de guerre et Jules Georges Séard (54), ancien directeur de l’École de pyrotechnie. Cette commission conclut également à la mise hors de cause de Dreyfus.

La réhabilitation

Après de nombreux rebondissements, dont la condamnation pour divulgation de documents du capitaine Jules Fritsch (85) par un conseil d’enquête présidé par le général Joseph Joffre (69) et le procès de Grégoire Dautriche, officier d’administration au service des renseignements et de plusieurs officiers supérieurs, la Cour de cassation décide le 12 juillet 1906, toutes chambres réunies, de casser le procès de Rennes sans renvoi, considérant que  » rien ne reste debout de l’accusation portée contre Dreyfus ».

Dreyfus est aussitôt réintégré comme chef d’escadron dans l’armée et est décoré de la Légion d’honneur dans une cour de l’École militaire, non loin de l’endroit où il avait été dégradé onze ans auparavant.

Il prend sa retraite peu après, mais reprendra du service comme lieutenant-colonel pendant la guerre de 1914-1918. Il mourra en 1935, sans jamais s’être moralement remis d’une affaire dont il avait été le héros malgré lui et qui l’avait singulièrement dépassé.

Réhabilité en même temps que Dreyfus, Picquart est nommé général en 1906. Il sera ministre de la Guerre du cabinet Clemenceau de 1906 à 1909.

Les ministres de la Guerre

Il n’est pas inutile, pour la compréhension des événements, de faire la liste des nombreux ministres de la Guerre qui se sont succédés pendant la période étudiée.

  • 1888-déc. 1893 : Charles Louis Freycinet (X1846).
  • déc. 1893-Jan. 1895 : général Auguste Mercier (X 1852).
  • jan.-oct. 1895: général Emile Zurlinden (X 1856).
  • nov. 1895-avril 1896 : Godefroy Cavaignac (X 1872).
  • avril 1896-juin 1898 : général Jean-Baptiste Billot.
  • juin-sept. 1898 : Godefroy Cavaignac (X 1872).
  • 5-17 sept 1898 : général Emile Zurlinden (X 1856).
  • 17 sept.-25 oct 1898 : général Jules Chanoine.
  • 4 nov. 1898 – 5 mai 1899 : Charles Louis Freycinet (X 1846).
  • 7 mai – 12 juin 1899 : Camille Krantz (X 1868).
  • 23 juin 1899 – 28 mai 1900 : général Gaston de Galliffet.
  • mai 1900-nov. 1904 : général Louis André (X 1857).
  • nov. 1904 -juin 1905 : Maurice Berteaux.
  • juin 1905 -oct 1906 : Eugène Etienne.
  • oct 1906 – juillet 1909 : général Georges Picquart

L’armée et l’affaire Dreyfus

L’affaire Dreyfus ne survient pas par hasard. La France juive de Edouard Drumont a été un  » best seller » en 1886 avec 100 000 exemplaires vendus en deux mois et de nombreuses rééditions. En 1890, La Croix, journal des Assomptionnistes, se décrit comme « le journal le plus anti-juif de France ». En 1892, La Libre parole, fondée par Edouard Drumont, lance une violente campagne contre les juifs au sein de l’armée.

Gaston Moch (X 1878) (c) Bibliothèque de l’X

En août 1892, après un article particulièrement virulent, le capitaine Armand Mayer (77), inspecteur des études à l’Ecole polytechnique, provoque en duel, pour défendre l’honneur des officiers juifs, le marquis Antoine de Morès, porte-parole des antisémites, qui le tue. Devant l’émotion suscitée par cette affaire, le ministre de la Guerre Charles Louis de Freycinet (46) en appelle à la réconciliation : « … dans l’armée, nous ne connaissons ni Israélites, ni protestants, ni catholiques ; nous ne connaissons que des officiers français, sans acception d’origine… « 

Gaston Moch (X 1878), petit-fils de rabbin d’origine alsacienne, père de 2 polytechniciens dont Jules Moch (X 1912), homme politique, quitte l’armée en 1894.

Drumont redouble néanmoins ses attaques. Ainsi, La Libre Parole lance un concours en octobre 1895 sur « les moyens pratiques d’arriver à l’anéantissement de la puissance juive en France », avec un jury présidé par Ernest Rouyer (79). Les premiers prix iront à l’abbé Jacquet et à Mgr Tilloy pour avoir préconisé la création, par voie législative, des sortes de ghettos modernes. On est loin de l’abbé Grégoire !

Beaucoup d’officiers juifs avaient quitté l’armée avant même le déclenchement de l’affaire Dreyfus, tel Gaston Moch (78), témoin de la défense au procès de Rennes en 1899 (cf. supra), qui avait démissionné en 1894. L’affaire Dreyfus accélère ce mouvement et conduit beaucoup de juifs à renoncer à se présenter aux concours de l’X et plus encore de Saint-Cyr.

Ainsi, le commandant Emile Mayer (71), camarade de promotion et ami du maréchal Foch, est-il mis d’office en inactivité avec retrait d’emploi en mai 1899 par Camille Krantz (68), ministre de la Guerre, sous prétexte d’avoir proposé une réforme de la justice militaire. Il sera réintégré en 1906 et nommé lieutenant-colonel par le général Picquart et sera, jusqu’à sa mort en 1938, le fidèle correspondant et mentor du général de Gaulle.

Tous ceux qui ont osé se désolidariser des faussaires sont victimes de la vindicte de leurs supérieurs, sans distinction de religion. Les plus connus sont le colonel Picquart, dont on a vu le sort, le commandant Ferdinand Forzinetti, directeur de la prison du Cherche-Midi, révoqué pour avoir témoigné de son intime conviction de l’innocence de son prisonnier, le colonel Jouaust (58), mis à la retraite après avoir osé voter pour Dreyfus à Rennes ou le général Messimy, poussé à la démission. Il y en a beaucoup d’autres. Jacques Jourde (81, PC) et le commandant Targe (85), déjà cité, proposeront, sans succès, qu’une Commission de l’armée en établisse la liste.

L’École polytechnique, dont à l’époque trois quarts des élèves sortent dans l’armée, ne pouvait pas, en tant qu’institution, avoir un comportement significativement différent de celui du reste de l’armée.

Ainsi, bien que sociétaire perpétuel, Dreyfus est exclu d’office en 1894 de la S.A.S. (Société amicale de secours, fondée en 1865 pour venir en aide aux camarades malheureux et à leurs familles, fusionnée en 1963 avec la S.A.X., fondée en 1908, pour donner naissance à l’A.X.). Son nom disparaît alors de l’annuaire des anciens élèves, pour ne réapparaître que douze ans après, en 1907.

Cet ostracisme vise également ses parents, même éloignés. Ainsi, Painlevé témoignera en février 1899 devant la Cour de cassation avoir été chargé en juin 1897, par « certaines personnes de l’École polytechnique », d’écarter la candidature éventuelle de Jacques Hadamard à une place de répétiteur à l’École, du fait qu’il était cousin par alliance de Dreyfus. À l’époque, Hadamard avait à peine 30 ans et était déjà professeur au Collège de France et maître de conférences à la Sorbonne. Comme les grands anciens le savent, il sera finalement admis et enseignera l’analyse à l’X de 1912 à 1937.

Les juifs et l’Affaire Dreyfus

On notera pour terminer que la communauté juive ne s’est pas plus mobilisée que la communauté polytechnicienne pour venir en aide à Dreyfus, mais pour d’autres raisons, tenant à sa crainte d’accentuer l’antisémitisme alors qu’elle aspire de toutes ses forces à l’assimilation.

Ainsi le grand rabbin Zadoc Kahn pouvait dire à l’occasion des cérémonies du centenaire de l ‘École polytechnique, le 19 mai 1894, en présence du président de la République Sadi Carnot (56, ingénieur des Ponts), qui devait malheureusement être assassiné un mois plus tard par un anarchiste :

L’École polytechnique a été un des principaux instruments de notre relèvement, un des leviers puissants de notre activité affranchie.

Brûlant d’impatience de justifier la confiance de la France dans ses nouveaux enfants adoptés par cette mère généreuse avec un amour sans réserve, d’infliger un démenti sans réplique à ceux qui affectaient de taxer d’imprudence ce qui n’était après tout qu’un simple acte de justice et d’ humanité, de montrer aussi promptement que possible que nous entendions prendre au sérieux nos charges civiques et l’obligation de nous consacrer à notre pays, nos familles, notre jeunesse ont considéré l’ École polytechnique comme la meilleure initiation aux devoirs patriotiques et comme le moyen le plus efficace de nous élever à la hauteur de notre nouvelle situation et de mettre en œuvre nos réserves d’énergie amassées par des siècles d’inaction forcée...

Pour la petite histoire, on notera que c’est pour les mêmes raisons que les notables juifs français n’appuieront pas le projet de création d’un État juif qui leur est pro posé en 1896 par Théodore Herzl. Correspondant à Paris d’un journal viennois, ce dernier avait suivi pour son journal le procès Dreyfus et en avait tiré la conclusion que les juifs devaient avoir un État à eux. Ses réflexions, publiées en 1896 sous le titre de L’État juif, sont à l’origine de la déclaration Balfour de 1917 et de la création de l’État d’Israël par les Nations Unies en 1948. /.

Article publié à l’occasion du centenaire de l’Affaire Dreyfus dans La Jaune et la Rouge (janvier 1995, pp 49-61), avec une couverture représentant la statue de Dreyfus par Tim, malencontreusement inversée, car il a l’arme à gauche (une cotangente ?) et une annexe inédite donnant, de A (Altmayer) à Z (Zurlinden), la liste des 137 X (et de leurs professeurs) concernés de près ou de loin par l’Affaire, avec, hélas, une forte majorité d’antidreyfusards...

Cliquez ici pour voir l’index alphabétique des 275 portraits que j’ai faits depuis le début de ma saga il y a 3 ans. J’en ai plus de 1000 en liste d’attente et j’ai une idée pour accélérer leur traitement mais je suis toujours preneur de suggestions de votre part. Merci d’avance. HLL

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #42

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

Voici, de Caroline Apra (X 06) à Antoine Rostand (X 82), mes nouveaux portraits de polytechniciens Xtraordinaires et, de Olivier Andriès (X 81) à François Villeroy de Galhau (X 78), mes petits potins du mois écoulé.

*** PETITS PORTRAITS ***

  • Caroline Apra (X 06), neurochirurgienne
Caroline Apra (la voir aussi plus bas en GU au concert du 11 novembre !)

Née à Neuilly/Seine en 1988 d’un père ingénieur entrepreneur et d’une mère sans profession, selon l’expression consacrée, si ce n’est qu’elle a élevé 7 enfants, Caroline fait ses études secondaires à Sainte-Marie de Neuilly et sa prépa à Ginette. Elle entre à l’X en 2006, suivie quelques années après par son frère Benjamin (X 13). Très éclectique, à la sortie de l’X, elle étudie la littérature russe à Nanterre puis en Sorbonne où elle obtient un Master en 2009. Inspirée par Mikhail Boulgakov, écrivain et médecin, elle part en 2010 à l’University College de Londres pour devenir médecin. Poursuivant ses études en Sorbonne, elle devient interne en neurochirurgie en 2019. Infatigable, elle exerce 2 ans à la Salpêtrière tout en préparant un doctorat en neuro-oncologie expérimentale à l’ICM (Institut du cerveau) puis au MIT dans le laboratoire de Polina Anikeeva, où ses recherches sur l’utilisation de l’optogénétique pour favoriser la neuroplasticité chez les souris lui valent le prestigieux Prix Bettencourt 2021 pour les jeunes chercheurs.

Bardée de tous ces diplômes et tout en s’occupant de ses 3 enfants, Caroline exerce depuis 2 ans comme neurochirurgienne à l’hôpital Henri Mondor. Mais, soucieuse de ne pas garder ses pieds dans le même sabot, elle est également conseillère scientifique de Wandercraft, fondée en 2012 par des X 08, qui fabrique des exosquelettes pour faire marcher les personnes paraplégiques et de Beams, qui développe des sondes pour aider les chirurgiens à localiser les tumeurs en temps réel et à les retirer en toute sécurité. Je ne vous souhaite naturellement pas d’avoir à prendre rendez-vous avec Caroline mais, si nécessaire, elle est sur Doctolib !

  • André Aurengo (X 67), interne
André Aurengo

Né en 1949, André Aurengo entre à l’X en 1967. Dès sa sortie, il bifurque vers la médecine en devenant interne des hôpitaux de Paris en 1976, docteur ès Sciences physiques en 1979, docteur d’Etat en 1989, puis chef du service de médecine nucléaire à l’hôpital de La Pitié Salpétrière, spécialisé en pathologie thyroïdienne, ce qui l’avait amené à soigner des enfants ukrainiens victimes de l’accident de Tchernobyl, professeur de biophysique à l’université Pierre-et-Marie-Curie, président du Conseil supérieur d’hygiène publique, membre de l’Académie de médecine depuis 2005 et membre de l’Académie des technologies depuis 2016. Il est mort le 6 mai 2024 après une longue maladie. Il avait été injustement accusé de conflit d’intérêt en tant que conseiller d’EDF dans le domaine des radiations ionisantes. Yves Brechet (X 81, ma lettre de décembre 22) en dit : … Scientifique et citoyen intègre, il a toujours défendu ce que la science disait, au mépris de ce que les médias voulaient entendre, s’opposant souvent à la CRIIRAD et à la CRIIREM qui osaient accuser sans vergogne cet homme compétent et intègre de conflits d’intérêt, relayés en cela par une meute de journalistes sans principe ni savoir. Il en avait été peiné comme d’une criante injustice, mais cela ne l’avait pas découragé de dénoncer encore et toujours le mensonge et la désinformation… Toutes nos condoléances à sa famille.

  • Antonin Bergeaud (X 10), économiste
Antonin Bergeaud

Né en 1989 à Paris d’un père journaliste et d’une mère dentiste, Antonin fait ses études secondaires à Victor Duruy et sa prépa à Louis la Grand. Il entre à l’X en 2010 et complète sa formation avec un stage d’un an à la Banque de France et un Phd à la London School of economics (2018). Il commence sa carrière professionnelle comme économiste à la Banque de France, tout en étant conférencier à Sciences Po et à l’ENS. Il quitte la Banque de France en 2022 pour devenir professeur associé à HEC.

Antonin est co-auteur de Le bel avenir de la croissance (2018), qui a obtenu le prix Turgot de la pédagogie économique 2019. Il y identifie les principaux ressorts de la croissance et démontre la nécessité d’adapter notre régulation économique et de diffuser les nouvelles technologies afin de bénéficier pleinement des fruits des changements en cours, notamment en numérique et en intelligence artificielle. Son diagnostic concerne toute l’Europe mais surtout la France où on travaille beaucoup moins qu’ailleurs et où la productivité est en berne. Il pense que l’idée du Sénat de nous faire travailler un jour à l’œil pour alimenter les caisses de la Sécu, heureusement abandonnée, envoyait un mauvais message en faisant croire que l’on peut régler la situation budgétaire du pays sans s’attaquer aux problèmes structurels qui sont nombreux. Ce n’est pas le fondateur de X Sursaut qui le contredira !

  • Moïse Emmanuel Carvallo (X 1877), carva
Moïse Carvallo (c) Ecole polytechnique

Né en 1856 de Jacob Carvallo (X 1840), fondateur de l’Alliance Israélite Universelle, frère de Joseph Carvallo (X 1873) et de Julien Carvallo (X 1883), qui avait eu le courage de prendre la défense du capitaine Dreyfus (X 1878), et oncle de Lionel Carvallo (X 1919 S, mort pour la France en 1944), Moïse Emmanuel Carvallo entre à l’X en 1877. Il soutient une thèse de mathématique sur l’optique théorique à la Sorbonne en 1890. La même année, il est nommé examinateur de mécanique à l’X. Membre de la société mathématique de France et de la société française de physique, professeur d’électricité à l’École pratique d’électricité industrielle, il est surtout connu de nos jours pour avoir été directeur des études de l’X de 1909 à 1920 et avoir, nolens volens, donné le nom de Carva tant à l’Ecole qu’à ses élèves. Apparemment, j’étais le seul à le savoir parmi les 500 donateurs de la Fondation de l’X réunis à l’Institut le 14 novembre pour le lancement de la 3ème campagne de la Fondation !

  • Olivier Legrand (X 49), le petit dernier
Olivier Legrand en 1987 à Satory XI

Né en 1929, Olivier entre à l’X en 49 et en sort dans le corps des ingénieurs de l’Armement dont il franchit tous les grades depuis ingénieur à l’établissement technique de Bourges puis à l’arsenal de Tarbes, avec plusieurs passages par la caserne Sully, bâtiment bien connu des personnes qui empruntent le tunnel de Saint-Cloud et par ailleurs siège de la direction centrale, jusqu’à ingénieur général, directeur-adjoint de l’armement terrestre en passant par 4 ans au tout début des années 1960 à la mission technique de coopération franco-allemande à Coblence, marquant ainsi sa foi dans la réconciliation franco-allemande.

Retraité actif, Olivier avait créé en 1995 un comité d’éthique de l’Armement, dont le président actuel est Alain Crémieux (X 55). Il avait été nommé président du comité de rédaction de la revue de la DGA, l’Armement, dont le numéro d’août-septembre 95 était précisément consacré à Ethique et armement. Il disait souvent qu’il produisait des armes dans le but qu’elles n’aient pas à servir. Il croyait beaucoup dans la dissuasion, y compris dans le champ des armes conventionnelles mais aurait-il été aussi circonspect que Geoffroy d’Aumale (X 61), auteur de Guerre juste, une éthique de la guerre (ma lettre d’avril 24) qui hésitait à qualifier de juste la guerre lancée par Israël en réaction aux attaques que ce petit pays subit depuis octobre 2023 de la part du Hamas, du Hezbollah, des Houthis et de l’Iran ou bien aurait-il partagé l’analyse de Marc Bloch, bientôt panthéonisé, qui écrivait dans l’Etrange défaite qu’il faut distinguer entre la guerre qu’on décide volontairement de faire et celle qui vous est imposée ?

Les 6 frères Legrand aux Contamines en 1936. De g à dr Olivier, Gilles, Luc, Jean-Claude, Marc, Michel

Olivier avait épousé Bernadette Leprince-Ringuet, fille de Jean Leprince-Ringuet (X 23), nièce de Louis Leprince-Ringuet (X 20 N). Il est mort le 8 novembre 2024. Il était le dernier des 6 frères Legrand, fils de Yves Legrand (X 1908), qui sont entrés à l’X l’un après l’autre sur une période de 17 ans, de 1932 à 1949 : Michel (X 1932), mort en 1988, Marc (X 1935), mort pour la France à Lomme-lez-Lille en 1940, Jean-Claude (X 1938), mort en 2022, Luc (X 1945), mort en 2001, Gilles (X 1945), professeur de maths à l’X, mort en 2016, dont j’ai écrit la notice nécrologique dans la Jaune et la Rouge d’octobre 2016 : polytechnique dans les gènes. Toutes nos condoléances à son épouse, à ses 5 enfants dont Emmanuel (X 1981) et à ses 10 petits-enfants dont Sébastien (X 2018).

  • Antoine Rostand (X 82), kayrriste
Antoine Rostand

Né à Paris en 1962 d’un père président de banque, Antoine entre à l’X en 82 où il est le premier X à servir au Commando Marine (Commando Hubert). Après 4 ans à chercher du pétrole chez Schlumberger et un MBA à l’INSEAD en 89, il passe 6 ans comme consultant chez ICME puis AT Kearney et devient Président de EDS France en 99. Il retourne en 2002 chez Schlumberger pour y créer et diriger Schlumberger Business Consulting (SBC) et le Schlumberger Energy Transition Institute. Enfin, en 2016, il fonde avec 4 associés (Alexandre d’Aspremont D 03, Laurent El Ghaoui X 82, Antoine Halff et Jean-Michel Lasry) la start-up Kayrros.

Nommée en hommage au dieu grec de l’opportunité, frère cadet de Chronos, le dieu du temps et de l’histoire et née de l’idée que l’utilisation des images par satellite et l’intelligence artificielle constitue une opportunité pour chercher à éviter les effets catastrophiques du dérèglement climatique, Kayrros est aujourd’hui leader mondial de l’intelligence environnementale. Elle sert par exemple à traquer les fuites de méthane partout dans l’atmosphère, plus sérieusement que les « avions renifleurs » qui avaient défrayé la chronique pétrolière il y a un demi-siècle.

Kayrros a été choisie par le fonds French Tech Souveraineté pour son premier investissement et a obtenu la 5ème place dans le prix World Changing Ideas décerné par Fast Company et la 30ème place dans la prestigieuse liste Change the world de Fortune, qui honore les entreprises qui font des progrès pour lutter contre le changement climatique, les crises de santé publique, les inégalités entre les sexes et les races, et le manque d’opportunités économiques. Bravo, cher Antoine, tu ne déroges pas dans la grande famille Rostand !

*** PETITS POTINS ***

Olivier Andriès

Olivier Andriès (X 81), dg de Safran, organisait une journée Investisseurs le 5 décembre. A cette occasion, il a critiqué le projet de loi de finances 2025 qui comportait 500 M€ d’impôts supplémentaires pour Safran et expliqué qu’il faudrait une politique plus favorable aux entreprises pour réindustrialiser le pays. En substance, il a dit que la France a besoin d’un sursaut, ce que le fondateur de X Sursaut ne peut qu’approuver ! Au lendemain de la chute du gouvernement, on peut malheureusement craindre que le futur budget 2025 soit finalement encore moins favorable aux entreprises que le budget préparé par Barnier …

La famille Arnault (c) Capital

Alexandre Arnault (M 16), troisième fils de Bernard Arnault (X 69) et frère de Frédéric (X 14), vice-président du joaillier Tiffany & Co, dont il a fait du navire amiral de la 5ème avenue le premier magasin de luxe au monde, est promu par son papa directeur général de Moët Hennessy, la branche vins et spiritueux de LVMH. Espérons que ses relations personnelles avec Donald Trump lui permettront d’éviter une augmentation des taxes contre nos exportations vers les USA…

Bernard Arnault (X 69), patron de LVMH, a été élu au premier tour membre de l’Académie des Sciences morales et politiques dans la section économie politique, statistiques et finances, au fauteuil précédemment occupé par de Denis Kessler, mort en juin 2023. Toutes nos félicitations !

Valérie Attia (MBA HEC 87),fille du regretté Samuel Attia (X 56) et nièce du regretté André Scheimann (X 53) et de moi-même, vous séduira avec Stéphanie Pomeau, Jacky Goupil et Laurent Korchia, dans Le contraire de l’inverse, une suite ébouriffante de saynètes insensées écrites par Jacky Goupil pour « spectateurs déraisonnables ». Théâtre Theo, 20 rue Théodore Deck, Paris 15ème, vendredis et samedis jusqu’au 21 décembre. Ne la ratez pas si vous voulez vous dilater la rate ! Et la réciproque est vraie !! Cliquez ici pour réserver.

Colloque du 3 décembre à l’X

Olivier Azzola, responsable du Mus’X, a reçu le 3 décembre une centaine de  professionnels de la culture, de l’innovation et de la recherche pour une journée d’échanges sur les recherches et les expérimentations en cours autour des musées virtuels 3D et des espaces métavers, en partenariat avec Manzalab, Telecom Sud Paris et le Forum des images, membres du consortium du projet Métavers des Musées. Bientôt, grâce au métavers, on n’aura plus besoin d’aller à l’X pour visiter le Mus’X. Cela tombe bien car, malgré les promesses que m’avait faites la direction de l’X lorsqu’elle m’a demandé en 2017 de créer le Mus’X, celui-ci va bientôt fermer pour plusieurs années dans le cadre du projet de rénovation des bâtiments centraux.

Jean-Laurent Bonnafé (c) Les Echos

Jean-Laurent Bonnafé (X 81, directeur général de BNP Paribas, participant au colloque de l’association française des trésoriers d’entreprise, a qualifié de délire bureaucratique la directive européenne CSRD qui impose aux entreprises de publier des données extra-financières, notamment sur le climat. Pour ceux qui ne sont pas au parfum, la CSRD (Corporate sustainability reporting directive) remplace la NFRD (Non-financial reporting directive). Ah, quand l’Europe parlait français …

Fabrice Brégier (c) Mercadoeeventos

Fabrice Brégier (X 80), ancien patron d’Airbus, qui a succédé en juin 2023 à l’emblématique Denis Kessler à la présidence de la SCOR, sixième réassureur mondial, pense que la perte de 117 M€ annoncée pour le troisième trimestre sera bientôt suivie d’un retour au vert et annonce la prochaine publication d’un nouveau plan stratégique destiné à restaurer la profitabilité de la SCOR. Bon courage, cher Fabrice !

Patrice Caine (c) Usine nouvelle

Patrice Caine (X 89, pdg de Thales depuis déjà 10 ans, ma lettre d’avril 22), a présenté, lors de sa journée investisseurs du 14 novembre, le nouveau plan stratégique de Thales pour les années 2024-28, qui prévoit une hausse de sa rentabilité de 11,6 % à 14 %, grâce à une montée en gamme de ses produits, en s’inspirant plus, dit-il, d’Apple que de LVMH. On ne comprend pas bien ce qu’il veut dire car il est certain qu’on ne vend pas des équipements destinés à la défense nationale ni comme on vend des smartphones ni comme on vend des objets de luxe ?

Olivier Garnier (c) acteurs publics

Olivier Garnier (X 78), directeur général de la Banque de France, Xavier Ragot (X 93), président de l’OFCE et Jean-Luc Tavernier (X 80), directeur général de l’INSEE, font partie du comité scientifique créé par les deux ministres de Bercy pour établir un plan d’action destiné à améliorer la qualité des prévisions macroéconomiques et du suivi budgétaire afin de leur éviter la mésaventure de Bruno Lemaire qui avait fortement sous-estimé le déficit 2024. Mais ne serait-il pas préférable que, comme aux USA, ce service soit indépendant du ministère des Finances ???

Sophie Germain acceptée exceptionnellement à l’Institut !

Sophie Germain (X 1794), est l’objet d’une émission de Virginie Giraud, Au cœur de l’histoire (Europe 1, 28 novembre), qui raconte les machinations que cette grande mathématicienne a dû inventer pour pouvoir faire des études à l’X, correspondre avec les plus grands savants de l’époque comme Lagrange ou Gauss et obtenir un prix de l’Académie des sciences où elle sera autorisée exceptionnellement à entrer bien qu’étant du sexe féminin ! Cliquez ici pour voir l’émission.

Charlotte Gayral X 21
De gauche à droite sur la photo :
Caroline APRA (X 06), Agnès NOUGAYREDE-MARY (X 04), Florian WEYER X 05), Vincent JUGE (X 06).

Patrice Holiner, X d’honneur, ma lettre d’octobre 22, a célébré le 11 novembre à l’église Saint-Eustache, avec Le Requiem de Mozart et la Messe du couronnement, le vingtième anniversaire de la chorale qu’il dirige avec maestria depuis sa création, avec la participation de l’Orchestre des Concerts Colonne. Félicitations à l’orchestre, à la chorale, à ses solistes et à son chef !

Philippe Jost avec Stéphane Bern devant Notre Dame le 7 décembre

Philippe Jost (X 80), ingénieur de l’Armement, successeur du général Georgelin à la tête de l’Etablissement public pour la restauration de Notre-Dame, peut se targuer d’avoir terminé ce chantier en temps et en heure afin de permettre à Macron de se consoler de tous ses échecs en y faisant un grand discours devant 40 chefs d’Etat aussi variés que Trump ou Zelenski. Quand les lampions seront éteints, il restera aux limiers de la Préfecture de police de terminer leur rapport et d’expliquer que cet incendie n’était pas d’origine criminelle, alors que l’ancien scout que je suis sait combien il est difficile de faire un feu de camp avec de grosses bûches et que tant d’églises sont incendiées en France et à l’étranger..

Jean-Eric Schoettl

Jean-Eric Schoettl (X 67, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, ma lettre de juin 22), commente sévèrement dans le Figaro du 15 novembre le réquisitoire du parquet à l’encontre de Marine Le Pen. A son avis, la demande de l’exécution provisoire de l’inéligibilité de MLP traduit une intention judiciaire, inspirée par des motifs idéologiques, de l’évincer de la vie politique qui risque au contraire, comme on vient de le voir aux USA avec le raz de marée pro-Trump, d’alimenter le vote pour le Rassemblement National.

Dominique Senequier

Dominique Senequier (X 72, fondatrice d’Ardian, ma lettre de mai 24) a reçu le 14 novembre l’Eisenhower Global Citizenship Award du Business Council for International Understanding (BCIU). Elle est la première française à recevoir ce prix prestigieux destiné à récompenser « l’engagement en matière de responsabilité sociale, de développement durable et d’amélioration de la croissance et du développement de l’humanité ». Félicitations, chère Dominique !

Jérôme Tanon (X 54), connu sous le nom de Pellissier-Tanon, vient d’écrire une histoire des mineurs de sa famille : son grand-père Albert (1872-1948), son père Jacques (1906-1989), et lui-même, né en 1935, tous trois ingénieurs civils des mines. On parcourt dans cette saga qui s’étend sur plus de deux siècles les régions minières de France et de nombreux pays étrangers : Algérie, Chili, Colombie, Gabon, Laos, Maroc, Tunisie… On y découvre les origines du pétrole de Pechelbronn ou du plomb de Zellidja et bien d’autres curiosités. Cerise sur le gâteau, Le virus de la Mine (2024) est publié auxéditions Isidore, créées en hommage à l’Evêque Isidore de Séville parPhilippe Moiroud (X 81), président de la SABIX, dans la collection A sauts et à gambades qui a déjà publié les 7 chats du général Dufour de Christian Marbach (X 56) ou Jalons de René Coulomb (X 51). Cher Philippe, j’espère que tu as envoyé un exemplaire du Virus de la Mine à Emmanuel Macron pour lui montrer que la colonisation n’était pas tout à fait un crime contre l’humanité. Pour en savoir plus, vous pouvez participer à la conférence organisée par la Sabix sur Teams le 11 décembre à 18 h 30 en cliquant ici.

François Villeroy de Galhau

François Villeroy de Galhau (X 78, Gouverneur de la Banque de France, ma lettre de mai 22) a exposé le 26 novembre au groupe X Finance ses idées sur l’évolution de l’économie américaine suite à l’élection de Donald Trump. En bon banquier central, il a été plus évasif sur l’économie française. En réponse à ma question, il a écarté le risque d’intervention d’une équipe du FMI, espérant que le projet de budget 2025 serait approuvé sans trop de distorsions et considérant que le quoi qu’il en coûte avait fortement pesé sur le déficit et que le retour à un déficit de 3 % en 2029 nécessitait un effort soutenu mais était à notre portée. J’ai également cru comprendre qu’il annonçait une possible baisse des taux d’intérêt mais je fais toutes réserves sur mon interprétation de son laïus car comme disait naguère Alan Greenspan, patron de la FED, si on croit l’avoir compris, c’est sans doute parce qu’il s’est mal exprimé !

*** PETITS POULETS ***

Cher Hubert, .. Je voulais te féliciter pour ton article sur le Général Cazelles, mais en te reprochant d’avoir fait confiance au site de l’AX pour la séquence des présidents de l’association. Le Général a bien pris la présidence en 1975 après la démission de Loygue et il a eu la bonne idée d’organiser dans la foulée un référendum pour ou contre Palaiseau. Tu te doutes du résultat ! A l’AG suivante le conseil d’administration démissionnait en bloc et le GXM [groupe polytechnicien qi a tenté, en vain, d’empêcher l’X de quitter la Montagne] remportait tous les sièges. C’est d’Orso qui est élu, puis Bouyssonnie en 1978. Voici la séquence : 1971-1973 : Bernard Villers X1938 ; 1973-1974 : Jean Gautier X1931 ; 1974 : André Decelle X1929 ; 1974-1975 : Pierre Loygue X1934 ; 1975 : Bernard Cazelles X1931 ; 1975-1978 : Louis d’Orso X1933 ; 1978-1982 : Jean-Pierre Bouyssonnie X1939 ; 1982-1986 : Jacques Bouttes X1952 ; 1986-1990 : Henri Martre X1947. J’ai demandé en vain à Yves Demay de rectifier. Tu auras peut-être plus de chance. Amitiés, Jean-Pierre Begon-Lours (X 62). Je publie ta lettre. L’AX me lit ! Bien à toi. HLL

Hubert, tu es souvent très inspiré dans les choix de tes sujets et les commentaires acérés qu’ils te suggèrent, mais laisser penser que tu pourrais adhérer à l’idée de Rachida Dati, soutenue par le camarade Gérondeau, laisse pantois… (la suite dans les commentaires de la lettre 41). François Chavaudret (X 1968). Pour moi, 5€ est dérisoire par rapport à ce qu’on paye à Westminster… HLL

Cher Hubert, Je te remercie de t’être penché sur ma modeste personne, et d’en avoir fait un portrait sympathique. A bientôt. Jacques Garaïalde (X 76). Des modestes comme toi, on en cherche ! HLL

Hubert, Merci pour ton papier toujours très positif…. Amitiés.  Olivier Martin (X 77).

*** PETITES ANNONCES ***

Familles polytechniciennes : depuis 1972, de nombreux couples se sont formés entre X de sexe différent, voire, comme Anne Chopinet et Jean-Marie Duthilleul, entre X de la même promotion (couples monopromaux). Je suis à la recherche des X dont père et mère sont X et de ceux qui ont, à leur tour, formé un couple d’X. Enfin, cerise sur le gâteau, je tiens un prix à la disposition du premier X qui m’indiquera avoir ses 4 grands-parents X !! Merci d’avance. Hubert Lévy-Lambert.

*** PETIT GRAIN DE SEL ***

Delphine Ernotte (c) France Télévision

Membre de l’association Génération Entreprises Entrepreneurs Associés, créée par le regretté Olivier Dassault, j’étais invité à prendre la parole lors d’un petit déjeuner le 13 novembre à l’Assemblée Nationale devant un parterre de députés et de chefs d’entreprises à la suite de l’intervention de Delphine Ernotte, présidente de France Télévision. Arguant du fait qu’un Etat économe doit s’occuper des secteurs régaliens (défense, éducation, santé) et laisser le reste au secteur privé, sous réserve de règlementer les secteurs en situation de monopole de fait, et que le temps où il n’y avait qu’une chaine de télévision est depuis longtemps révolu, j’ai proposé aux députés médusés de réduire les dépenses publiques de 4 G€/an en privatisant l’audiovisuel public.

Romy et Dan

Delphine Ernotte a naturellement réagi en disant que, même dans le budget de l’Ukraine en guerre, l’audiovisuel public bénéficie d’une priorité. Etant quelques jours après en Israël pour le mariage de ma petite-fille Romy, j’ai constaté que la Knesset venait d’approuver un projet de loi tendant à privatiser l’audiovisuel public local, dénommé KAN. Des députés britanniques ont également manifesté le souhait de privatiser la BBC. Je soumets la question à notre prochain gouvernement…

*** PETIT ANNUAIRE ***

Cliquez ici pour voir l’index alphabétique des 270 portraits que j’ai faits depuis le début de ma saga il y a 3 ans. J’en ai plus de 1000 dans les tuyaux et j’ai une idée pour accélérer leur traitement mais je suis toujours preneur de suggestions de votre part. Merci d’avance.

* * *

Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance et bonnes fêtes de fin d’année !

Hubert Lévy-Lambert (X 53), fondateur du groupe X Sursaut, pour un pays qui en a bien besoin…

Liste alphabétique des portraits

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

Vous trouverez ci-dessous la liste alphabétique des portraits de polytechniciens, jeunes et vieux, garçons et filles, vivants et morts, réels et adoptés, que j’ai publiés depuis le début de ce blog en mars 2022.

ET cliquez ici pour en savoir plus sur Les X de A à Z, livre dans lequel vous pouvez trouver les portraits de 2000 X eXtraordinaires, de la brillante promo 1794 jusqu’à la promo 2024 entrée à l’X l’année dernière.

Hubert Lévy-Lambert (X 53)

–       Louis Abraham (X 15), prématuré

–       Jean-Raymond Abrial (X 58), informaticien,

–        Adeline Agut (X 06), philanthrope

–         Yacine Ait-Sahalia (X 1984), Great Arab Mind

–        Frédéric d’Allest (X 61), spatialiste

–        Cyril Allouche (X 95), quantiste

–         Adolphe Alphand (X 1835), père vert

– Paul Andreu (X 58), artiste-architecte

–        Bruno Angles (X 84), assureur

–        Gérard Araud (X 73), ambassadeur

–        Michel Arnaud (X 48), urbaniste

–        Dove Attia (X 77), producteur

–       François Audouze (X 61), oenophile

–          André Aurengo (X 67), interne

–        Francis Bach (X 94), apprentisseur

–         Xavier Barbaro (X 96), développeur

–        Max Barel (X 33), résistant

–        Joëlle Barral (X 01), googliste

–        Jérôme Bastianelli (X 90), proustien

–        Jean Bastien-Thiry (X 47), tyrannicide

–        Antonin Baudry (X 94), diplomate

Claude Bebear, un vrai Xtraordinaire

–        Karim Beguir (X 97), intelligent

–        Paul Benoit (X 95), carnotiste

–        Bruno Bensasson (X 92), électricien

–        Guillaume Benski (X 97), superproducteur

–        Pierre Berest (X 70), mécanicien

–        Antonin Bergeaud (X 10), économiste

–        Karine Berger (X 93), tribunicienne

–         Marc-Olivier Bernard (D 01), ensolite

–        Michel Berry (X 63), éditorialiste

–        Jean-Loup Bertaux (X 1961), astéroïde

–        Georges Besse (X 48), industriel

–        Fulgence Bienvenüe (X 1870), métronome

–        Jean-Michel Bismut (X 67), Mathématicien

–        Gilles Bloch (X 81), biologiste

–        René Bloch (X 43), amiral

–        Jean-Louis Bobin (X 54), graaliste

–         Aliette de Bodard de la Jacopière (X 2002), écrivaine

–        Sébastien Bohler (X 92), neurobiologiste

–        Guillaume Boissonnat-Wu (X 09), colorant

–        André Bollier (X 38), résistant

–        Olivier Bonnassies (X 86), théologien

–        Elisabeth Borne (X 81), rêveuse

–          Jean Borotra (X 20 S), tennisman

–         Emile Du Boscq de Beaumont (X 1838), exilé

 Pierre-François-Xavier Bouchard (X 1796), découvreur

–        Nicolas Bouleau (X 65), Mathématicienss philosophe

–         Paul-Henri Bourrelier (X 1952), mineur

–        Jean-Paul Bouttes (X 77), énergéticien

–        Jean-Baptiste Bouzige (X 00), ekimétriste

–        Estelle Brachlianoff (X 92), nettoyeuse

–        Yves Brechet (X 81), matérialiste

–          Marie Bresson (X 95), censeur

–        Jean Brilman (X 59), moriturus

–        Pierre Brisac (X 19S), général

–        Philippe Bunau-Varilla (X 1878), panaméen

–        Patrice Caine (X 89), industrieux

–        Xavier Caïtucoli (X 91), énergique

–        André Carrus (X 1916), turfiste

–         Moïse Emmanuel Carvallo (X 1877), carva

–        Marcel Cassou (X 61), banquier voyageur

–         Bernard Cazelles (X 31), limogé 

–        Jérôme Cerisier (X 92), visionnaire

–        Charles Chanson (X 22), artilleur des rizières

–          Nathalie Charles (X 84), fonceuse

–        Jean-Louis et Béatrice Charon (X76), châtelains

–         Michel Chasles (X 1812), géomètre

–        Laura Chaubard (X 99), généraliX

–        Julien Chaumond (X 03), hugger

   Erwan Chauty (X 94), jérémiste

–          David Chavalarias (D 04), antiX,

Ivan Chéret, l’immortel père des Agences de bassin

–        Jean-François Clervoy (X 78), lunatique

–        Benoit Coeuré (X 87), concurrent

–       Bruno Comby (X 80), écolonucléariste,

–        Antoine Compagnon (X 70), académicien

–          Gilles Concordel (X 81), philanthrope

–        Emmanuel Constantin (X 09), machiniste

–        Gaspard Coriolis (X 1808), mécanicien

–        Pierre de Cossé-Brissac (X 1918), mémorialiste

–        René Coulomb (X 51), porteur d’eau

–        Florian Coupé (X 06), cyclo aventuriste

–        Amédée Courbet (X 1847), amiral

–        Jean-René Coutrot (X 1913), transhumaniste

–        Elisabeth Cunin (X 80), habilleuse

–        Djamchid Dalili (X 78), parkinsonien

–        Jean-Marc Daniel (X 74), économiste libéral

–        Marc Darmon (X 83), cybermélomane

–         Robert Dautray (X 49), atomiste

–        Eric David (X 01), survivaliste

–        Jean Delacarte (X 47), poudrier

–        Olivier Dellenbach (X 81), sérial entrepreneur

 –        Matthieu Desjardins (X 08), jumeau quantique

 –        Pierre Desjardins (X 08), jumeau quantique

–         Félix Des Rotours (X 20), klAIriste

–        André Dewavrin (X 32), résistant

Rose Dieng-Kuntz (X 75) cover girl

–        Philippe Donnet (X 80), généraliste

–         Randal Douc (X 1992), comédien

–          Marc-Antoine Dubanton (X 88), jockey

–        Céline Dufétel (X 00), payeuse

–        Jean-Pierre Dupuy (X 60), philosophe

–          Bruno Durieux (X 64), sculpteur

–          François Durvye (X 03), otiste

–        Virginie Galland-Ehrlacher (X 04), scientifique

–        Gustave Eiffel (X honoris causa)

–        Philippe Englebert (M 15), financier

–          Marko Erman (X 75), thalesiste,

–        Bernard Esambert (X 54), guerrier

–        Jean-Baptiste Fantun (X 91), bridgeur fIAble

–       Jean-Pierre Ferey (X 75), pianiste

– Nicolas Ferrand (X 92), solidiste

–         Jean-Charles Fitoussi (X 1991), réalisateur

           –    Marcel Froissart (X 53), un physicien dans son siècle

–        Michel Galiana-Mingot (X 68), métaphysicien

–          Jacques Garaïalde (X 76), philanthrope

–         Solenne Gaucher (X 2014), intelligente,

–        Jean-Paul de Gaudemar (X 67), francophone

–        Nicolas Gaudemet (X 98), iconoclaste

–        Julien Gavaldon (X 99), patriote

–        Ivan Gavriloff (x 81), nucléariste

–         Charlotte Gayral (X 21), soprano,

–        Grégoire Genest (X 13), albertien

–        Jean-Pierre Gérard (X 60), génie maritime

–          Jean-Louis Gergorin (X 66), complotiste

–        Christian Gérondeau (X 57), climatosceptique

–         Jérome Giacomoni et Matthieu Gobbi (X 88), jumeaux cosmiques,

–        Robert Gibrat (X 1922), marémoteur

–        Philippe Saint-Gil (X 43), écrivain

–        Jonathan Gilad (X 01), pianiste

–       Olga Givernet (M 24), députée

–         Hervé Glasel (X 85), neuropsychologue

–        Jacques Gorphe (X 41), numismate

–        Jacques Gounon (X 72), tunneliste

–        Pierre-Olivier Gourinchas (X 87), fmiste

–          Thomas Grenon (X 83), mouvement perpétuel

–        Alexei Grinbaum (X 99), philosophe

–        Pierre Guerci (X 09), écrivain

–         Vincent Guigueno (X 1988), conservateur

–        Jacques de Guillebon (X 30), libérateur

–        Jennifer Guillermin (X 53), trans

–        Laurent Guillot (X 90), Orpéiste

–        Marion Guillou (X 73), agronome

–        Antoine Guyot (X 13), nucléariste

–           Joseph Haddad (X 80), décodeur

–        Benoit Halgand (X 17), ecolofranciscain

–        Jérémy Harroch (X 03), artificier

–        Philippe Hayat (X 85), entrepreneur

–        Claude Helffer (X 42), pianiste

–       Bertrand Herz (X 51), déporté

–        Philippe Herzog (X 59), eurocommuniste

–        Christel Heydemann (X 94), téléphoniste

–        Robert Hirsch (X 32), grand commis de l’Etat

–        Théo Hoffenberg (X 80), traducteur

–        Patrice Holiner (X X), maitre de chapelle

–        Pascal Imbert (X 77), conseil

–        Mardiros-Dickran Indjoudjian (X 41), visionnaire

–        Philippe d’Iribarne (X 55), sociologue

–        François Jacq (X 86), atomiste

–        Louis Jacquart (X 04), mobile

–        Laurence Jacques (X 88), biosourcière

–        Matthieu Jacquier (X 95), meethique

–        Jean-Marc Jancovici (X 81), écologiste 

–         Katia Jodogne del Litto (X 18), scientiste 

–        Paul Josse (X 43), santon

–        Philippe Jost (X 80), reconstructeur

–        Vincent Jugé (X 06), mineur basse

Sirine Kadi (X 17), contestataire

–        Charles Koechlin (X 1887), compositeur

–        Haïm Korsia (D 17), rabbin

–        Philippe Kourilsky (X 62), pasteurien

–        François Kruger (X 1993), diplomate, 

–        Romain Labbé (D 18), capteur

 Pierre Laffitte (X 44) L’action est la sœur du rêve

–        Jean-Bernard Lafonta (X 80), investisseur

–        Abdelouafi Laftit (X 86), ministre de l’intérieur

–        Bertrand Lagrée (X 06), trader ténor

–         Sarah Lamaison (X 12), décarboneuse

–        Christophe Louis Léon Juchault de Lamoricière (X 1824), colonisateur

–        Patricia Langrand (X83), artiste

–        Honoré-Charles de Lariboisière (X 1806), hospitalier,

 Pierre Laszlo (X X), portraitiste

–        Maurice Lauré (X 1936), père de la TVA

–        Vincent Le Biez (X04), boomer

–          Pierre et Olivier Le Blainvaux (X 06), technofondateurs

–         Ismaël Le Mouël (X 2004), collecteur

–       Robert Leblanc (X 76), assureur

–        Alexandre Lebrun (X 94), nablateur

–        Jean-Pierre Lefoulon (X 53), mécène

–        Monique Legrand-Larroche (X 82), généralissime

–        Isabelle Braun-Lemaire (X 90), douanière

–        Yohann Leroy (X 97), lanceur

–        Jacques Lesourne (X 48), économiste

–        Michel Leveau (X 51), collectionneur

–        Vincent Levita (X 86), investisseur

–        Jean-Bernard Lévy (X 73), électrocuté

–        Anne Limoges (X 07), architecte, 

–        Patrick Liot (X 73), coach

–         Elodie Litzler (X 2001), avatariste

–        Olivier Lluansi (X 89), industrieux

–        Isabelle Loc (X 02), banquière

–       Romain Lopez (X 13), biologiste

–        Catherine Lucet (X 79), éditrice

–        Vincent Luciani (X 05), artefacteur

–        Denis Lucquin (X 77), aventurier

–        Florence Lustman (X 80), assureuse

–        Hugues Lys (X 12), artisan joaillier

–         Victor Malka (D 90), physicien

 Christian Marbach (X 56), conteur

–        Julien Marchal (X 2003), renouveleur

–        Hervé Mariton (X 77), russophile

–        Pierre Massé (X 1916), planificateur

–        François Mayer (X 45), trompettiste

–        Alexandre Maymat (X 87), homo sapiens

–        Christian Mégrelis (X 57), poutinophile

–        Arthur Mensch (X 11), intelligent

–        Francis Mer (X 59), industriel

– Hanna Mergui (G 22), artiste

–         Emmanuelle Meric (X 98), orbitale

–        Thomas Métivier (X 06), discounteur

–         Mouad M’Ghari (X 20), harmatteur

–        Paul Midy (X 03), marcheur

–          Jean Millier (X 1938), hussard

–        Nicolas Millot (X 14), héroïque

–        Jacques Mistral (X 67), historien

–        Alexandre Moatti (X 78), positiviste

–        Antoine Moissenot (X 14), neuralogue

–        Pierre Molino (X 55), mathématicien militant,

–        Thierry de Montbrial (X 63), politologue

–        Isabelle Mordant (X 92), mère courage

–       Xavier Moreno (X 68), cérémiste,

–        Aurélie Moy (X 13), redirectionniste

–        Jean Muzard (X 34), aviateur libre

–        Géraldine Naja (X 82), spatieuse

Jacques Napoly (X 45), banjiste

–        François Nicolas (X 67), hétérophoniste

– Etienne-Marie Nodet (X 64), dominicain

–       Pierre Noizat (X 80), cryptomonnayeur,

–         Rémy Nollet (X 02), gendarme

–        Tatiana Orlovic (X 20), écolo

–        Frédéric Oudéa (X 81), pharmacien

–        Isabelle Panet (X 97), géographe

– Pierre Pène, Compagnon de la Libération

–         Théau Peronnin (X 2012), chatteur, 

–        Michel Perreau (X 53), constructeur

 Elodie Ziegler Perthuisot (X 96), transformatrice

–       Sarah Pétroff (X 13), gendarme

 Jean Peyrelevade (X 55), banquier

–        Pierre Peytier (X 1811), géographe

–        Jean-Michel Pilc (X 79), pianiste

–        Heorhii Pliatsok (B 21), poutinophobe

–         Jean-Marie Poilvé (X 1973), impresario

–         Jean-Laurent Poitou (X 85), sondeur

–        Stanislas Polu (X 04), superintelligent

– Philippe Pottier (X 89), guerrier

–        Angel Prieto (X 16), ange ou bête ?

–        Arnaud Prost (X 12), astronaute de réserve

–        Patrick Puy (X 75), urgentiste

–         Joël Quancard (X 1964), viticulteur

 Théau Quazza (X 20), 4L’éctriXien

–        Maxime Radmacher (X 14), factotum

–        Cécile Rastoin (X 88), carmélite

–        Luc Ravel (77), archevêque visité

–       Augustin Reboul (X 20), sportif

–        Benjamin Revcolevschi (X 94), technologue

–        Olivier Rey (X 83), philosophe

–        Claudia de Rham (X 97), physicienne

–          Alfred Richard (X 18), XHEC

–        Claude Riveline (X 56), intellectuel

–        Bertrand Rondepierre (X 10), intelligent

–        Philippe Roqueplo (X 45), dominicain

–        Kléber Rossillon (X 73), muséographe

–       Antoine Rostand (X 82), kayrriste

–        Henri Rouart (X 1853), peintre

–        Matthieu Rouif (X 05), photographe

–        Cyril Rousseau (X 96), trésorier

–        Rolland Russier (X 67), voyageur

–        Jean-François Saglio (X 55), écologiste

–        Guy Saïas (X 46), ingénieriste

–        Jean Salmona (X 56), mélomane

–         Marc Sangnier (X 1895), journaliste,

–        Alfred Sauvy (X 20 S), démographe

–        Patrick Sayer (X 77), juge

 Jean-Eric Schoettl (X 67), populiste

–        Thierry Schwab (X 66), galeriste

–        Pascale Senellart (X 93), physicienne

–        Dominique Sénéquier (X 72), ardiante

Jean-Jacques Servan-Schreiber (X 43), journaliste

–        Olivier Silberzahn (X 82), cyclo-nageur

–        Nicolas Simon (X 08), exosquelettiste

–        Valérie Sion (X 82), choriste

–         Isabelle Sorente (X 90), écrivaine

Rémi Soulas (X 20), 4L’éctriXien

–        Pascale Sourisse (X 81), thalèsienne

–        Bruno Sportisse (X 89), inriatiste

–        Zuzanna Stamirowska (M 13), polonaise

–        Stéfanie Stantcheva (M 08), star bulgare

–        Jacques Stern (X 52), étoile informatique

–        Emmanuel de Straschnov (X 03), nocodeur

–        Vincent Strubel (X 00), cybersecouriste

–        Nathalie Stubler (X 87), aviatrice

–        Catherine Sueur (X 96), inspectrice

–          David Suissa (X 98), cosmétiste

 – Didier-Roland Tabuteau (X 78), juriste

–        Ulrich Tan (X 02), albertiste

–        David Thesmar (X 92), économiste de prix

–        Fleur Thesmar (X 92), fleuriste

–        Tidjane Thiam (X 81), fils de pub

–        Armand Thiberge (X 02), breviste

–          Philippe Tibi (X 77), réserviste

–       Jean-Luc Tingaud (X 1989), chef d’orchestre

–        Alexandre Tisserant (X 99), kinéiste

–         Philippe Toulza (X 85), religieux

–   Imad Toumi (X 82), chercheur d’or

–        Nicolas Truelle (X 80), apprenti

–        André Turcat (X 40), pilote d’essai

* Xavier Ursat (X 86), nucléariste

–         Louis Vallon (X 1921), participateur

–       Paul Vecchiali (X 53), pitaine réalisateur

–        Alix Verdet (X d’honneur), journaliste

–        Patrice Vergriete (X 89), ministre

–        Jacques Veyrat (X 83), investisseur

–        Thomas Vezin (X 15), justicier

–        Paul Vieille (X1872), poudrier

–        François Villeroy de Galhau (X 78), fabuliste

–        Galina Vinogradova (D 14), actrice

–        Michel Virlogeux (X 65), pontificateur

–        Gilles Wainrib (X 03), Owkiniste

–        Arthur Waller (M 13), licorniste

–          Hong Wang (X 10), mathématicienne,

–        Yves Weisselberger (X 79), chauffeur

–        François de Witt (X 64), journaliste

Gérard Worms (1936-2020)

–        Charles-Victor Yanka (X 1903), protonotaire

–        Thomas Ybert (X 02), bioimprimeur

–         Adrien Zakhartchouk (X 07), leader

–        Romain Zaleski (X 53), tapissier

–        Nadège Zarrouati-Vissière (X 05), hydrogéniste

–          Fayçal Ziraoui (X 03), X contre Z

–        BERNARD ZIMMERN (49), un homme d’exception

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #41

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

Voici, de Bernard Cazelles (X 31) à Pierre et Olivier Le Blainvaux (X 06), mes nouveaux portraits de polytechniciens Xtraordinaires et, de Jacques Attali (X 63) à Rolland Russier (X 67), mes petits potins du mois écoulé.

*** PETITS PORTRAITS ***

  • Bernard Cazelles (X 31), limogé
Bernard Cazelles

Né en 1910, Bernard entre à l’X en 31 et en sort dans l’artillerie. Il passe de nombreuses années au Maroc puis en Algérie. Il est chef du cabinet militaire de Messmer aux Armées en 1960. Promu général de brigade en 1961, il est nommé commandant de l’X en 1962 en remplacement du général Tissier (X 27) qui a été limogé du fait d’une manifestation des élèves de l’X lors d’une visite officielle des élèves de Saint-Cyr, qui n’a pas plu au général de Gaulle. Il est ensuite major général de l’Armée de terre (1966-69), éphémère secrétaire général de la Défense nationale (1969-70), en raison de l’affaire des Vedettes de Cherbourg, comme expliqué ci-dessous et éphémère président de l’AX (1975), en raison du projet de déménagement de l’X, comme expliqué dans la lettre de Jean-Pierre Bégon-Lours (X 62) in fine. Il est mort en 1991.

A noter que, comme son prédécesseur, le général Cazelles a été victime de l’irascibilité du successeur de de Gaulle, qui l’a injustement fait limoger, de même que le préfet maritime de Cherbourg et l’ingénieur général Louis Bonte (X 27), directeur des affaires internationales à la DGA, à la suite de l’affaire des vedettes de Cherbourg, parties subrepticement en Israël la nuit de Noël 1969 malgré l’embargo décidé par la France en 1967 juste avant la guerre des 6 jours, encore en vigueur. A l’époque, la France était le principal fournisseur d’armes d’Israël qui a depuis lors veillé à diversifier ses sources d’approvisionnement et à développer sa propre industrie d’armement, ce qui fait que les rodomontades de Macron de 2024 n’ont pas eu beaucoup d’effet, même s’il ne s’est pas grandi avec les affaires Eurosatory et Euronaval. Voir plus bas le potin de Henri Cukierman (X 64).

Robert Dautray (X 49), atomiste

Robert est né en 1928 de Esther Mouschkat et de Mordechai Kouchelevitz, fraichement arrivés d’Ukraine pour échapper aux pogroms anti-juifs, mais on n’échappe pas à son sort : Mordechai est arrêté en 42 par la police française, envoyé au Vel d’Hiv en bus TCRP (l’ancienne RATP) puis à Auschwitz via Drancy en wagons SNCF. Il n’en revient pas. Caché chez des bergers du Gard avec sa maman et sa grande sœur pour échapper aux nazis et à leurs sbires, Robert se forme au métier de berger et étudie chez lui en autodidacte, faute de pouvoir aller à l’école. Mettant les bouchées doubles après la guerre, il entre major en 1945 aux Arts et Métiers où ses maitres l’encouragent à se présenter à l’X l’X en 1949 en candidat libre. Il en sort major dans le corps des Mines qui accepte de le détacher en 1967 au service de physique mathématique du CEA en application du décret Suquet. Il y est rapidement nommé directeur scientifique de la Direction des applications militaires (DAM). Il s’y occupe notamment, avec Michel Carayol (X 54), ingénieur de l’Armement, de valider les calculs aboutissant à notre premier essai de bombe H en 1968 à Fangataufa (Polynésie française). Il s’occupe également du développement des applications civiles de l’atome.

Robert est élu à l’Académie des sciences en 1977. Il quitte le CEA en 1993 pour être nommé Haut-commissaire à l’énergie atomique (1993-98). Il raconte sa vie dans Mémoires, du Vel d’Hiv à la bombe H (Odile Jacob, 2007), que Bernard Esambert (X 54) a commenté à sa façon dans la Jaune et la Rouge de juin/juillet 2007 : vive l’Ecole polytechnique, le destin de Robert Dautray.

Robert est mort en 2023. A l’occasion du premier anniversaire de sa mort, l’académie des Sciences et l’académie des Technologies, dont il était également membre, organisent un colloque à sa mémoire, le 19 novembre à partir de 9 h 30, dans les locaux du quai Conti. Cliquez ici pour vous inscrire.

  • Marko Erman (X 75), thalesiste,
Marko Erman

Marko entre à l’X en 1975 et poursuit sa formation avec un master en ingénierie à Télécom Paris, une thèse de 3ème cycle à Paris-Saclay (1982) et un doctorat ès sciences en physique quantique à l’Université Pierre et Marie Curie (1985). Muni de ces impressionnantes peaux d’ânes, Marko débute sa vie active chez Philips comme cadre puis directeur de la Division recherche exploratoire (1985-88) puis responsable de la recherche médicale (1988-91). Il passe ensuite 12 ans chez Alcatel comme patron de la recherche opto-électronique puis vice-président d’Alcatel Optronics (1991-2003). Il est chez Thales depuis 21 ans avec pour mission initiale de cartographier les technologies maîtrisées par Thales, afin qu’elles soient considérées comme un bien commun. Successivement directeur technique puis directeur scientifique, Marko nous dit : ma conviction est que l’innovation et la technologie sont de formidables accélérateurs de compétitivité et de croissance. L’innovation, c’est réunir des talents et des compétences variés… Notre ambition chez Thales est de rendre notre monde meilleur et plus sûr

Marko est titulaire de 17 brevets et a publié plus de 150 articles dans des revues techniques internationales. Il est membre de l’Académie des technologies, créée en 2000 par essaimage de l’Académie des sciences. Félicitations, cher Marko, puisses-tu faire part à notre nouveau ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau de tes méthodes pour rendre la France plus sûre !

  • Jacques Garaïalde (X 76), philanthrope
Jacques Garaialde

Né en 1956 à Versailles dans une famille de golfeurs basques professionnels, qui venait de s’exiler de Ciboure pour se rapprocher de La Boulie (pour nos camarades golfeurs !), Jacques passe son bac et fait sa prépa au Lycée Hoche. Il entre à l’X en 1976 et poursuit sa formation à l’INSEAD (MBA 82). Il rejoint alors le BCG à Paris comme conseil en stratégie d’entreprise. Il y travaille 18 ans pour y devenir senior partner, directeur France et Italie. En 2000, il déménage à Londres pour prendre en charge le fonds européen de Capital Risque de Carlyle. En 2003, il rejoint KKR comme Membre et Managing director dans l’equipe européenne, toujours à Londres. Il est conseil indépendant depuis 2017 mais ne chôme pas. Jugez-en !

Grand philanthrope devant l’Eternel, Jacques est membre du Collège des Fondateurs et Grand donateur de la Fondation de l’X (Club Monge Diamant). Il a créé l’Ecole polytechnique Charitable trust pour étendre l’action de la FX aux résidents fiscaux du Royaume-Uni. Il a aussi créé en 2017 un fonds de recherche dans le cadre de l’INSEAD pour étudier la dynamique, les causes et les conséquences des inégalités de revenus et de richesse. Très attaché à ses origines basques, bien que maintenant résident en Suisse, il a co-créé une initiative d’aide aux jeunes du Pays Basque visant à les informer, les motiver et les aider financièrement pour continuer leurs études après le bac. Cette initiative s’étend progressivement à l’ensemble des Territoires ruraux français, devenant la Fondation des Territoires aux Grandes Ecoles. Il a aussi pris en 2020 la présidence d’un fonds de prêts d’honneur créé par l’ESTIA pour aider au financement de start-ups basques locales. Il est également donateur de l’Institut du Cerveau, du Musée du Louvre et de différentes autres causes….Et il vient de renouveler son appui au projet HPC@Maths lancé par l’X en 2016 pour développer des outils mathématiques innovants et des méthodes numériques de nouvelle génération pour la simulation de phénomènes physiques complexes.

Marié, père de 3 garçons, heureux grand-père, amateur d’opéras et de golf, Jacques est aussi business angel auprès de nombreuses start-ups, dont Polytechnique Ventures et Technofounders (voir plus bas Le Blainvaux). Félicitations, cher Jacques, continue à investir pour l’avenir !

  •  Joseph Haddad (X 80), décodeur
Joseph Haddad

Joseph entre à l’X en 1980 et poursuit sa formation à Télécom Paris. Il fonde en 1987 une société de logiciels qu’il vend en 1990 à IBM. Il passe alors 2 ans aux USA et devient business angel avec J2H. Infatigable, il fonde en 1996 avec Olivier Guillaumin (X 80) et Marc Bury (X 82) la société Netgem, d’abord fabricant de box internet et de décodeurs, maintenant créateur et diffuseur de services audiovisuels à forte valeur ajoutée, cotée en bourse sur Euronext C, dont la raison d’être est apporter des solutions de divertissement convergentes, unifiées, innovantes et de qualité aux opérateurs télécom.

Joseph est encore principal actionnaire et président de Netgem et de sa filiale Video Futur mais a passé en 2019 la direction générale du groupe à Mathias Hautefort (X 87).

Joseph est le fils de Jacques Haddad, né en 1928 et l’heureux père de Benjamin Haddad, né en 1985, HEC 2011, élu député de Paris en 2022 et 2024, qui vient d’être nommé ministre de l’Europe (voir plus bas le potin de Olivier Herz (X 79).

PS Contrairement aux centaines de camarades dont j’ai fait le portrait depuis 3 ans, consulté sur mon projet, Joseph a manifesté son hostilité à sa diffusion, tout en admettant que ce que j’ai écrit est « public et factuellement exact ».  Je n’y divulgue aucun secret et ne puis donc me plier à ce souhait.

  • Katia Jodogne del Litto (X 18), scientiste
Katia Jodogne del Litto

Après des études secondaires au lycée Faidherbe (Lille) où elle obtient à la fois son bac et son abitur (bac allemand), Katia fait une prépa MPSI-MP à Louis le Grand tout en passant une licence en droit en Sorbonne. Elle entre à l’X en 2018 où elle chiade l’escalade et l’épicerie solidaire, en tant que secrétaire du binet ELSE. Elle part ensuite à Polytechnique Montréal pour passer une maitrise de recherche en génie informatique sur la détection et la segmentation d’objets en temps réel via des approximations. A peine sa maitrise obtenue, ses compétences font qu’elle est embauchée par l’Inspection générale des Finances pour être scientiste en données (data scientist en français). Nul doute que Catherine Sueur (X 96), patronne de l’IGF, comprend mieux ses papiers sur la Fondation d’une théorie écologique de l’intelligence artificielle dans l’évolution humaine (2021) ou sur la Segmentation d’instance en temps réel avec des polygones (2023) qu’un énarque moyen passé par Sciences Po, surtout dans les années récentes. Malheur aux fraudeurs dont elle saura dévoiler les tricheries en passant leurs comptes à la moulinette de ses algorithmes d’IA. Bon courage, chère Katia, puisses-tu aider notre ministre de l’Economie Antoine Armand à trouver des économies intelligentes pour nous éviter d’avoir à accueillir bientôt une équipe du FMI…

PS. Au moment de diffuser cette lettre, j’ai reçu un message de Katia, disant qu’elle ne souhaitait pas que ce portrait élogieux (probablement trop élogieux, dit-elle), soit diffusé. Comme pour Joseph Haddad ci-dessus, je ne divulgue aucun secret et ne puis donc me plier à ce souhait.

  • Pierre et Olivier Le Blainvaux (X 06), technofondateurs
Pierre Le Blainvaux
Olivier Le Blainvaux

Après un MS à Columbia et 3 ans chez McKinsey, Pierre crée en 2014 avec son jumeau Olivier (X 06) et Yves Matton (X 06) la société Technofounders, qui se présente comme un « startup studio » destiné aider à la création de jeunes sociétés technologiques, à leur financement et à leur accélération. Pierre est président alors qu’Olivier se borne au rôle de consultant. Appuyés par la BPI, ils ont contribué à lancer une quinzaine de sociétés (Cerbair, Digeiz, Stimuli, Nodia, Plazsana, UV Boosting, Néofarm, Bliss Ecospray, Bioinspir, Bioprotection, Hiqute, Ion-X) dans des domaines aussi variés que la santé, l’agriculture, la chimie, l’espace, l’énergie, l’intelligence artificielle, avec un taux enviable de 80 % de succès, comme Bioinspir, qui produit des ingrédients verts pour la cosmétique, qui a valu à Pierre le premier Prix Patrick Fauconnier de Challenges l’année dernière. Et ils ne se bornent pas à injecter de l’argent dans leurs start-ups mais ils mettent à leur disposition des équipes qui gèrent tous les aspects administratifs, financiers, juridiques, la communication et le marketing jusqu’à ce qu’ils considèrent que leurs bébés soient à même de vivre de leurs propres ailes. Lancé en 2017, le fonds TF Participations I vient d’être clos avec 30 M€. Vous pouvez souscrire au fonds TF Participations II dont l’objectif est de lever 100 M€Bravo les zéro-six, continuez jusqu’à six chiffres !

*** PETITS POTINS ***

Jacques Attali (X 63) sort son 88ème livre : Histoire et avenir des villes (Flammarion 2024). Il y explique qu’il existe une ville habitée depuis dix mille ans, que l’Atlantide a sans doute vraiment existé, qu’il y avait des systèmes d’égouts et des salles de bains avec de l’eau chaude dans une ville d’Orient il y a quatre mille ans, qu’il existait des ascenseurs au Moyen Âge, que 4 milliards d’humains s’entassent sur moins de 3 % des terres émergées et que demain, si on n’applique pas douze principes simples, beaucoup de villes, où vivront les deux tiers de l’humanité, ne seront plus que des déserts ou des prisons à ciel ouvert. Mais le premier principe est sans nul doute le freinage de la démentielle explosion démographique de certaines parties de l’humanité !

Olivier Coste (X 86), ingénieur des Mines, entrepreneur à New York, ancien membre de cabinet du cabinet de Lionel Jospin à Matignon en charge de sujets industriels, vient de sortir L’Europe, la Tech et la Guerre (Amazon, 290 p.). Dans ce livre qui a eu le prix Strasser de l’Académie des Sciences Morales et Politiques en 2013, Olivier constate que le monde connait une troisième révolution industrielle, celle des technologies de l’information et de la communication, la Tech, et que l’Europe a décroché du peloton. La troisième révolution industrielle se passe aux Etats-Unis et en Chine. Investissant dans la Tech 5 fois moins que les Etats-Unis ou la Chine, l’Europe se met hors-jeu. Il n’y a pas de Google ni de Microsoft ni de Huawei européen. Pour Olivier, le principal frein est le droit européen des restructurations. L’Europe continentale punit la prise de risque. Elle bloque les projets innovants et risqués, moteurs de cette révolution industrielle. Elle anesthésie l’innovation de rupture.

Après ce constat sans concession, Olivier énonce une liste de recommandations de ce qu’il conviendrait de faire pour revenir dans la course. Cliquez ici pour plus de détails.

Henri Cukierman

Henri Cukierman (X 64), président de la Chambre de commerce France-Israël, se réjouit de la décision du Tribunal de commerce de Paris, présidé par Patrick Sayer (X 77, ma lettre de novembre 23), d’ordonner aux organisateurs du salon Euronaval, comme il l’avait fait en juin dernier pour Eurosatory,  de suspendre l’exécution des mesures adoptées à l’encontre des sociétés israéliennes exposantes dont les stands ont été prohibés au Salon Euronaval 2024. Le tribunal n’a pas été dupe du double langage macronien selon lequel il n’a jamais été question d’interdire la participation des entreprises israéliennes à des salons commerciaux en France. Les entreprises israéliennes qui le souhaitent pourront évidemment accéder à Euronaval… ».

Alain Finkielkraut, de l’Académie française, professeur d’Histoire des idées à l’X pendant un quart de siècle (1989-2014), défenseur d’une école qui allie transmission et émancipation, d’une université qui préserve la liberté de la recherche contre l’idéologie et d’une société respectueuse de la liberté de conscience, publie La modernité à contre-courant. Il y regroupe des articles qu’il a écrits depuis près de 4 décennies et 7 livres dont 5 entretiens : Nous autres modernesL’Humanité perdueLes Battements du monde (avec Peter Sloterdijk), Le Livre et les livres (avec Benny Lévy), En terrain miné (avec Élisabeth de Fontenay), L’Ingratitude (avec Antoine Robitaille), L’Explication (avec Alain Badiou). Bouquins, 2024, 1152 p.

Christian Gerondeau (c) F.Froger Z9 France Soir

Christian Gérondeau (X 57, ma lettre d’avril 22), ancien président de la Caisse nationale des monuments historiques, pense que Rachida Dati, ministre de la Culture, a raison de vouloir faire payer l’entrée à Notre-Dame de Paris, à la fois pour financer les travaux d’entretien et pour limiter le nombre de visiteurs. Ceux qui viennent prier n’en seraient pas exonérés. Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, est farouchement opposé à cette mesure qui serait, d’après certains juristes, contraire à la loi de 1905. Auteur de La Vérité des prix (Seuil, 1975), je suis partagé !

Olga Givernet

Olga Givernet (M 24), ministre déléguée chargée de l’énergie, qui vient de passer sa thèse le 7 octobre, travaille activement, avec Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, à la PPE (programmation pluriannuelle de l’énergie), notre feuille de route pour aller vers la neutralité carbone en 2050. Notre dépendance aux énergies fossiles diminuerait de moitié, passant de 59 % en 2022 à 30 % en 2035. Cette réduction profiterait un peu à l’électricité (de 27 à 39 %) mais surtout aux renouvelables qui doubleraient (de 14 à 30 %). Attendez-vous donc à avoir bientôt une éolienne sous vos fenêtres, où que vous soyez !

Olivier Herz

Olivier Herz (X 79) me fait remarquer que notre gouvernement a non seulement un fils d’X : Benjamin Haddad, ministre de l’Europe, fils de Joseph Haddad (X 80) mais aussi un arrière-petit-fils : Antoine Armand, ministre de l’économie, arrière-petit-fils de Louis Armand (X 24), qui illustre l’annuaire 2024, auteur avec Jacques Rueff (X 19S) d’un important rapport sur les obstacles à l’expansion économique (1959), et une toute fraiche Master de l’X : Olga Givernet (M 24, voir ci-dessus). Merci Olivier et bravo Olga !

Eric Labaye

Eric Labaye (X 80), ancien président de l’X, actuel président du comité de surveillance de France 2030, explique dans News Tank les critères essentiels que doivent respecter les investissements pour l’avenir : fort degré d’ambition et quantification claire de l’impact, alignement des priorités françaises et européennes, focalisation sur le développement des écosystèmes, effet de levier sur le financement privé, rapidité d’instruction des projets, cohérence de la vision stratégique de la France au travers des plans d’investissement. Vaste programme !

Roland Lescure

Roland Lescure (X 87), ancien ministre de l’Industrie, membre du Cercle des ministres disparus (ma lettre d’octobre), néanmoins rescapé de la navrante dissolution macronienne et consolé avec une des 7 vice-présidences de l’Assemblée nationale, invente un néologisme pour décrire son positionnement dans le socle dit commun aux groupes LR, EPR et Modem : la majopposition. Résultat : une vice-présidence qui devait revenir à la droite a été attribuée à une députée LFI ; idem pour la présidence de la Commission des affaires économiques ! Félicitations !!

Franck Lirzin (X 03), ingénieur des Mines, directeur à la SNCF, auteur de plusieurs livres sérieux dont Marseille, itinéraire d’une rebelle (Aube, 2013) ou Paris face au changement climatique (Aube, 2022, déjà réédité en format poche), sort Quand un arbre raconte le monde (Aube, 2024) où il donne la parole à Robinier 1er, un faux acacia qui observe silencieusement les passants, tous indifférents, sauf une jeune fille, Sixtine, qui prend le temps de le regarder, de l’écouter. Grâce à ce regard, l’arbre franchit l’interdit et lui raconte son histoire. À travers le récit de Robinier, nous découvrons un voyage extraordinaire, de sa naissance comme simple graine sur des terres lointaines aux forêts vénérées des Indiens d’Amérique, en passant par les conflits entre Européens et autochtones, jusqu’à son arrivée à Paris, où il se dresse sur le square René Viviani, à côté de Saint Julien le Pauvre, face à Notre-Dame dont il connait peut-être le nom des incendiaires.

Pauline Rossi (HEC 08), chercheuse au CREST, professeur au département d’économie de l’X, nominée au prix du meilleur jeune économiste 2023 avec Pierre Boyer (prix Malinvaud 2017), explique sur France Culture avec Maxime Sbaihi, auteur de Le Grand vieillissement (Observatoire, 2022) que la démographie influence tous les pans de notre société, interroge l’actualité, nos modèles économiques et sociaux, et constate que les media n’en parlent pourtant presque jamais. Alors que le régime démographique mondial est en plein bouleversement, quels défis sont à relever, tant en Europe qui est en plein hiver démographique, France comprise, avec ses conséquences pas seulement sur nos régimes de retraite, qu’en Afrique dont il est de bon ton de considérer comme une donnée intangible la dramatique explosion démographique, avec ses conséquences sur les phénomènes migratoires qu’on n’a qu’entre-aperçues à ce jour, prophétisées par Jean Raspail il y a un demi-siècle (Le camp des Saints, Robert Laffont, 1973)  ?  Cliquez pour en savoir plus sur Démographie : le péril vieux.

Rolland Russier (X 67, ma lettre d’avril 23), auteur de Insouciantes tribulations (Amazon, 2022), vient de publier un brûlot qui devrait vous amuser. Intitulé Sous les pavés, il décrypte avec un peu de dérision les manipulations qui ont permis à une minorité active de déclencher les évènements de mai 68. Et il attire l’attention sur ce qui se passe en ce moment, où on reconnait bien des ressorts qui ont joué à plein en ce beau mois de mai 68.

*** PETITS POULETS ***

Bonjour Hubert, quelle bonne idée d’avoir inclus Paul-Henri Bourrelier (X 52) parmi les Xtraordinaires ! Avant de quitter la région parisienne, je l’avais croisé lors de soirées culturelles du 6e arrondissement. Nous avions un intérêt commun pour la fin du XIXe siècle, période qu’il raconte si bien dans son remarquable ouvrage sur La Revue Blanche. Cette curiosité partagée est à rechercher sans doute dans les origines de nos épouses respectives : famille Natanson pour lui, famille de Toulouse-Lautrec pour moi. J’aurais aimé interagir plus longuement avec lui. Les circonstances ne l’ont pas permis et ne le permettront plus, dommage. Bien cordialement et continue de nous enchanter avec ta galerie de portraits. Jean Louis Bobin (X 54).

« Dire non à la violence russe », un des thèmes du bas de ta page. Ridicule quand on analyse un peu la situation et que l’on sait que l’Otan et les néoconservateurs américains n’ont cessé de provoquer la Russie depuis la révolution orange de 2004. Sincères salutations. Michel Goniak (X 76). Tu pouvais faire valoir ton point de vue le 18 octobre à la galerie Schwab. HLL

Cher Hubert, Il y a bel et bien une ministre polytechnicienne dans le gouvernement Barnier. Le site de l’AX la présente comme étudiante (Executive Master 2023). Paris Match nous apprend qu’elle a passé sa soutenance de Master le 7 octobre. Olivier Herz (X 79). Effectivement, Olga Givernet est ministre déléguée chargée de l’énergie. Voir ci-dessus. HLL

Dans la biographie de Robert Hirsch (X32, ton portrait d’avril 23), tu pourrais rappeler que l’un de ses fils, Daniel, a épousé Odile Lévi, fille de Bernard Lévi (Xbis41), qui avait été fondateur d’X-Résistance (je lui avais succédé comme Secrétaire de l’association). A. Moati (X78). Bien noté, merci. HLL. PS Tu as perdu un « t » dans la connexion ??

Bonjour Hubert, Je lis toujours avec intérêt tes portraits de polytechnicien célèbres. Je ne me souviens plus si tu as consacré l’un d’entre eux à Robert Dautray (X 49) … Un colloque a lieu à sa mémoire le 19 novembre… Amicalement. Denis RANQUE (X 70). Cher Denis, tes désirs sont des ordres, Dautray était sur ma liste d’attente mais je l’ai mis en haut de la pile et je me rendrai au colloque. Voir plus haut. HLL

Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance !

Hubert Lévy-Lambert (X 53), fondateur du groupe X Démographie, hélas en sommeil 😭😭😭😭

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #40

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

Voici, de Paul-Henri Bourrelier (X 52) à Valérie Sion (X 82), mes nouveaux portraits de polytechniciens Xtraordinaires et, de Gérard Araud (X 73) à Thierry Schwab (X 66), mes petits potins du mois écoulé.

*** PETITS PORTRAITS ***

  • Paul-Henri Bourrelier (X 52), mineur
Paul-Henri Bourrelier

Né en 1932, Paul-Henri entre à l’X en 1952 et en sort dans le Corps des Mines. Parmi ses nombreuses activités, on citera qu’il a été directeur général du Bureau de Recherches géologiques et minières (1975-84), président des Houillères du Centre Midi (1984-92) et président du conseil scientifique de l’Association française pour la prévention des catastrophes naturelles (1996). Il s’est également illustré dans un domaine fort éloigné de la mine, avec une biographie de Gaston Moch (X 1878), père de Jules Moch (X 1912), le seul des camarades de promotion de Dreyfus (X 1878) à prendre publiquement sa défense et un monumental ouvrage de 1.200 pages sur La Revue Blanche, une génération dans l’engagement, 1890-1905 (Fayard, 2008) qui a eu le prix Jacques de Fouchier de l’Académie française et avait fait à l’époque l’objet d’une grande exposition dans les salles royales de l’Eglise de la Madeleine. Créée par Alexandre Natanson et ses 2 frères, juifs polonais, cette revue n’a duré qu’une quinzaine d’années mais elle a joué un rôle essentiel dans des domaines aussi variés que la peinture, la musique, la littérature, le théâtre, la poésie, voire la politiques avec l’affaire Dreyfus, le colonialisme ou le génocide arménien.

Paul-Henri vient de nous quitter le 15 septembre après une vie bien remplie. Toutes nos condoléances à son épouse Brigitte, petite-fille d’Alexandre Natanson, et à ses 4 enfants, ses 8 petits-enfants et ses 2 arrière-petits-enfants.

  • Marc-Antoine Dubanton (X 88), discjockey
Marc-Antoine Dubanton

Entré à l’X en 1988, Marc-Antoine a une carrière assez originale par rapport au commun des X : après quelques années à la Générale des eaux puis à McKinsey et chez Manpower, il fonde en 1999 avec son épouse Anne-Sophie Pastel (X 88) et Cyril Vermeulen la start-up Au féminin.com, cotée en bourse dès 2000, vendue en 2007 à Axel Springer qui l’a revendue en 2018 à TF1 pour 380 M€.

Avec les 75 M€ qu’il a touchés de la vente de sa société, Marc-Antoine s’installe à Ibiza et se convertit en DJ (disk jockey) ! Réputé dans le monde entier, il officie sous le pseudo de Marc Antona, dans les plus grandes discothèques de la planète. Bravo, Marc-Antoine, si la musique adoucit les mœurs, il y a beaucoup de pays où ta visite serait utile !

  • Bruno Durieux (X 64), sculpteur
Bruno Durieux

Né le 23 octobre 1944, septième enfant d’un père Conservateur des eaux et forêts, Bruno entre à l’X en 64 après des études secondaires à Sèvres et une prépa à Louis le Grand. Il en sort dans le corps des Administrateurs de l’INSEE où il est notamment chargé de la conjoncture et du plan, puis rédacteur en chef de la revue Économie et Statistique et rapporteur des comptes de la Nation (1975). Il est nommé en 1976 membre du cabinet de Raymond Barre au ministère du Commerce extérieur. Il le suit à Matignon jusqu’en 1981.

Député du Nord (1986-90),ministre de la Santé (1990-92) puis ministre du Commerce extérieur (1992-93), nommé Inspecteur général des Finances en 2001, Bruno n’a pas que des connexions nationales : il est aussi maire de Grignan (Drôme) depuis 1995. Il y a créé en 1996, en hommage à Madame de Sévigné, le Festival de la correspondance, qu’il a présidé jusqu’en 2021 avant de céder sa place à Eric-Emmanuel Schmitt. Il a écrit plusieurs ouvrages dont Sculptures (1994) ou Contre l’écologisme (2019). Il est aussi sculpteur sur fer et a exposé non seulement en France mais aussi en Chine et en Pologne.

Cher Bruno, tu vas fêter dans quelques jours ton quatre-vingtième anniversaire. Je te souhaite une longue vie et j’espère que, dans les décennies à venir, on se souviendra plus de tes sculptures que de ta signature sur la lettre envoyée à l’ONU en 2019 par la Climate Intelligence Foundation : There is no Climate Emergency.

  • Thomas Grenon (X 83), mouvement perpétuel
Thomas Grenon

Né en 1963 d’un entrepreneur du BTP et d’une critique d’art, Thomas entre à l’X en 83 après une prépa à Louis le Grand et en sort dans le Corps des mines. Comme il comprend vite, il change de job tous les 2 ans avec la régularité d’un métronome :  stage chez Saint-Gobain à Philadelphie (87-89), direction générale de l’Énergie et des matières premières du ministère de l’Industrie (89-91), secrétaire du conseil économique, financier, industriel et commercial franco-russe à la Direction des relations économiques extérieures (91-93), responsable du financement des entreprises à la Direction du trésor (93-95), conseiller au cabinet de Philippe Douste-Blazy Ministre de la culture (95-97), directeur général adjoint de Financière Agache (97-99), secrétaire général  d’AXA (99-01), directeur à la Royal Bank of Scotland  (01-03), directeur général de la Cité des sciences et de l’industrie (03-04). Un peu assagi, il passe alors de 2 à 5 ans : administrateur général de la Réunion des musées nationaux (05-10), puis directeur général du Muséum national d’histoire naturelle (10-15).

Depuis 2016, apparemment fatigué de changer périodiquement de job, Thomas les accumule : il est à la fois membre du conseil scientifique et technique de la Fondation Prince Albert II de Monaco, directeur général du Laboratoire national de métrologie et d’essais, président du Laboratoire central de surveillance de la qualité de l’air, président d’Eurolab France et vice-président du Pôle culture, sport, loisir de l’Académie des technologies. Thomas avait été retenu par le jury en 2023 pour succéder à Eric Labaye (X 80) à la présidence de l’X. Il n’a pas eu le job mais il n’a sans doute pas dit son dernier mot : sa devise ne pourrait-elle être quo non ascendam ?

  • Alfred Richard (X 18), XHEC
Alfred Richard

Alfred entre à l’X en 2018 après des études secondaires à Fénelon Sainte Marie puis une prépa à Ginette. Il ne s’ennuie pas à l’X grâce à des occupations polytechniciennes comme le Styx, XVX ou le Binet le Fun, voire extra-scolaires comme brancardier ou alpiniste. Il poursuit sa formation en suivant le cursus de master X-HEC Entrepreneurs (promo 22), quelques années après moi (promo 62).

Alfred lance alors la start-up Nelson, dont l’objet est d’aider les entreprises à réduire leur empreinte carbone, à maîtriser leurs coûts de mobilité et à utiliser l’énergie de manière efficace, avec un logiciel basé sur les données qui leur permet de mettre en oeuvre une stratégie d’électrification réussie pour leur flotte automobile. Il est lauréat en 2023 de Raise sherpas, le premier accélérateur philanthropique dédié aux startups françaises. Toutes mes félicitations, cher Alfred, mais j’espère que le curieux choix de Nelson pour nommer ta société ne cache pas un coup de Trafalgar !

  • Valérie Sion (X 82), choriste
La chorale αἰσθάνομαι
Valérie Sion

Fille de parents pédagogues arrivés de Tunisie en 1957 et installés dans un village très pauvre du Nord, Valérie entre à l’X en 82 après des études au lycée Beaupré à Haubourdin puis au lycée Faidherbe à Lille. A la sortie de l’X, elle passe 12 ans au sein de TECSI, une société de services informatiques. A son troisième enfant, et déjà convaincue par la sobriété heureuse, elle décide de devenir mère au foyer. Peu après, elle ajoute à son arc une activité de professeur de danse égyptienne pendant 10 ans. Après l’informatique et la danse, Valérie entame une troisième vie en devenant cheffe de chœur ! Avec Polyphonies du monde et jazz, elle intervient au Centre Pompidou ou dans les installations culturelles de la Mairie de Paris Centre. Pour elle, l’univers du possible est insoupçonné en chacun de nous. Pédagogue attentionnée et intuitive, avec un vrai talent de maïeuticienne, Valérie nous propose d’explorer diverses directions telles que le lâcher corporel, l’aisance vocale, la confiance en soi, le plaisir d’utiliser ses canaux d’expression personnelle. 

Pour en savoir plus sur la chorale Un Monde Qui Bouge, ouverte à tous, chanteurs de salle de bain ou choristes expérimentés, cliquez sur Aisthanoumai (pour les non-héllénistes, αἰσθάνομαι c’est percevoir par nos sens).

*** PETITS POTINS ***

Gérard Araud (c) La Croix

Gérard Araud (X 73, ma lettre de mars 22), ancien ambassadeur de France en Israël, habitué de nos potins, se demande dans Le Point (29 septembre) pourquoi la guerre à Gaza suscite tant de haine à l’encontre d’Israël, notamment chez la France insoumise qui a mené sa campagne pour l’élection du Parlement européen sur ce thème et dont le chef Mélenchon a condamné l’exécution du terroriste Hassan Nasrallah, responsable de la mort de nos 58 paras au Drakkar en 1983, que des grands journaux comme Le Monde n’ont pas hésité à qualifier de chef charismatique ! Pendant ce temps, constatant que le Liban était un pays à majorité chrétienne au début du siècle dernier, certains observateurs voient avec angoisse la France se libaniser à grande vitesse…

Bernard Arnault (c) Forbes

Bernard Arnault (X 69), patron de LVMH, considérant qu’il existe des passerelles entre le luxe et le sport, se lance dans le football en prenant, via son holding personnel, 55 % du Paris Football Club, actuellement en Ligue 2, en association avec Red Bull qui en prend 15 %, Pierre Ferracci, actuel président, conservant 30 %. Le PFC bientôt en Ligue 1 ?

Philippe Bonnamy (X 61), fondateur de X Entrepreneurs et auteur de divers ouvrages dont un livre sur La stupidité humaine (des lois fondamentales de Cipolla à la relativité générale, autant en rire !),imagine une rencontre au début des années 50 entre Einstein et Churchill. Ecrite sous forme d’une pièce de théâtre à 5 personnages, Jusque là, ça va, elle vient d’être publiée chez L’Harmattan en attendant d’être jouée pour sa promotion et à l’X si le binet Spectacles le souhaite. Souhaitons à cet ouvrage le même succès qu’au Sentiment des crépuscules (Robert Laffont, 2024) où Clémence Boulouque imagine une rencontre entre Dali, Freud et Zweig en 1938.

Elisabeth Borne (X 81, ma lettre de mai 22), députée du Calvados, ancienne première ministre, espère prendre la tête du parti macroniste Renaissance, poste que son successeur Gabriel Attal, député des Hauts de Seine, convoite également. Elle a pris pour cela le temps d’écrire son premier livre, intitulé naturellement Vingt mois à Matignon (Flammarion 2024). Sur ce point, elle a fait beaucoup mieux qu’Attal qui ne peut annoncer que 8 mois au compteur !

Jean-Marc Daniel (X 74ma lettre de septembre 22) publie ses Nouvelles leçons d’histoire économique : Dette, inflation, transition énergétique, travail (Odile jacob, 2024, 288 p.). Dans ces dix leçons, JMD nous donne sa réponse à des questions que tout le monde se pose : Un pays peut-il s’endetter indéfiniment ? À qui profite l’inflation ? Quel est le taux optimal de l’impôt ? Le progrès technique détruit-il de l’emploi ? Limiter le réchauffement climatique pénalise-t-il la croissance ? A-t-on raison de vouloir se protéger de la concurrence chinoise ? Un livre à lire par les citoyens lambda, qui sont malheureusement mal informés par les medias, d’où ce que JMD appelle la rente de l’imposture. A lire aussi par les princes qui nous gouvernent, qui ne savent pas comment réagir face à ceux qui veulent à la fois travailler moins et gagner plus et qui ne savent pas que trop d’impôt tue l’impôt…

Pierre-Etienne Girardot

Pierre-Etienne Girardot (X 09), ingénieur des Mines, directeur Stratégie, Fusions & Acquisitions chez Orano, fait partie de la promotion 2024 des Young leaders engagés de l’Institut Aspen. Pour en faire partie, il faut avoir de 25 à 40 ans et avoir démontré un parcours d’excellence dans les sphères privée ou publique et, dans le cadre de son parcours professionnel et personnel, des qualités de leadership ainsi qu’un engagement très fort au service du bien commun.On trouve dans les précédentes promos Blandine Antoine (X 01), Thibaud Frossard (X 12), Charles-Henri Levaillant (X 96) et Adrien Zakhartchouk (X 07) ainsi que Othman Nasrou, secrétaire d’Etat à la citoyenneté et Laurent Saint-Martin, ministre du budget.Toutes nos félicitations aux lauréats et au jury qui les a choisis !

Jean-Laurent Granier (c) Les Echos

Jean-Laurent Granier (X 85), DG de Generali France, a décidé de déposer des recours au civil contre l’État pour demander à être remboursé des sommes versées aux assurés touchés par les émeutes en Nouvelle-Calédonie, qui ont coûté environ 2,2 G€ dont 50 M€ à la charge de Generali. Si on y ajoute les indemnités de chômage versées aux 6.000 personnes qui ont perdu leur emploi et à ceux qui sont en chômage partiel du fait des destructions, on se demande où ce pauvre Barnier va trouver les 40 G€ d’économies qu’il nous a annoncé ?

Christel Heydemann aux JO

Christel Heydemann (X 94, ma lettre de mars 22), directrice générale d’Orange, est l’invitée du matin d’HEC au Pavillon Vendôme, 7 place Vendôme, vendredi 18 octobre de 8h15 à 9h30. Cliquez ici pour y participer, mais ce n’est pas donné !

Théo Hoffenberg avec Justin Trudeau au sommet de la Francophonie

Théo Hoffenberg (X 80, ma lettre d’août 24), fondateur de Reverso, a présenté ses outils de traduction automatique lors du Sommet de la francophonie organisé par Emmanuel Macron les 4 et 5 octobre à Villers-Cotterêts. Il y a parlé des nouveaux outils à base d’IA, qu’il a développés et qui pourraient contribuer au rayonnement du français. Pour commencer, il pourrait expliquer à Macron comment on traduit des mots simples comme Choose France !

Roland Lescure
Patrice Vergriete

Roland Lescure (X 87) et Patrice Vergriete (X 89) ont rejoint Elisabeth Borne (X 81) en septembre dans le Cercle des ministres disparus. Il serait intéressant de se demander pourquoi aucun X n’a été appelé à participer au gouvernement Barnier qui comprend 2 Enarques et 7 HEC ? Mais ce n’est peut-être que partie remise car il semble que ce gouvernement aura du mal à survivre face à des oppositions qui ne lui feront pas de cadeaux dès le vote du budget.

Nicolas Maes

Nicolas Maes (X 95), directeur général d’Orano, vient de poser la première pierre de l’extension de l’usine d’enrichissement Georges Besse 2 au Tricastin. Nommée en hommage à Georges Besse (X 48), constructeur de l’usine de Pierrelatte en 1964, assassiné par Action directe en 1986 (ma lettre d’octobre 23), cette usine passera de 7,5 à 10 millions UTS d’ici 2030, réduisant d’autant notre besoin d’importer de l’uranium enrichi de Russie.

LE DESSOUS DESCARTES

Alexandre Moatti (X 78, ma lettre de janvier 23) sort un nouveau livre : Le dessous Descartes (Editions B2, 112 p.). Sous-titré itinéraire d’un raider gâté et postfacé par un itinéraire-bis signé Boris Veblen, architecte et sociologue, ce véritable livre de poche (10 x 15 cm x 8 mm) relate le parcours de Bernard Arnault (X 69) et critique, à la manière de François Ruffin (Merci, patron), la manière dont il a fait fortune et s’attaque à son projet de construction d’un centre de conférences internationales à l’emplacement de la Boite à claque, rue Descartes (d’où le titre du livre). Ce projet a fait l’objet d’un permis de construire accordé en 2019 à l’X qui l’a transféré en 2021 à LVMH. Sa modification en 2023 a donné lieu à des contestations de quelques associations médiatiques dont la SphinX, créée par Thomas Vezin (X 15, ma lettre de mars 22), et X Alternative, dont le vibrionnant Alexandre est vice-président (voir plus bas son petit poulet). Il parait que la Jaune et la Rouge aurait refusé de publier une recension de ce brulot. En ce qui me concerne, je ne suis pas d’accord avec ce que dit Alexandre mais, comme Voltaire, je me bats pour qu’il ait le droit de le dire !

Frédéric Oudéa (c) Fortune de star

Frédéric Oudéa (X 81, ma lettre de septembre 22), président de Sanofi, vient d’entrer en exclusivité avec le fonds américain CD&R (Clayton, Dubilier & Rice) pour la vente de sa filiale santé grand public Opella, qui fabrique notamment le Doliprane, de préférence au fonds français PAI Partners (ex Paribas Affaires Industrielles) qui offrait pourtant un prix équivalent. Une telle décision fait grincer des dents chez les tenants du maintien en France de nos fleurons industriels…

Jean-Eric Schoettl

Jean-Eric Schoettl (X 67, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, ma lettre de juin 22), explique dans le Figaro du 3 octobre, en réaction à la polémique soulevée par des déclarations incomprises de Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, que l’Etat de droit ne doit pas empêcher de modifier l’état du droit. « Lorsqu’on parle, comme aujourd’hui, de mieux armer la société contre la délinquance, l’islamisme ou le désordre migratoire, on n’entend pas abolir l’Etat de droit mais déplacer le curseur à l’intérieur de cet Etat de droit. Celui-ci n’impose pas l’intangibilité des règles… »

Thierry Schwab (X 66, galeriste, ma lettre de septembre 23) organise vendredi 18 octobre à 18 h un débat avec Olga Medvedkova, directrice de recherche au CNRS, écrivaine et historienne de l’art, auteur de Dire non à la violence russe et Philippe de Lara, philosophe du droit et de la politique, son préfacier. Le débat se tiendra au milieu d’une grande exposition de peintures, dessins et photographies de 15 artistes qui se tient jusqu’au 9 novembre à la Galerie Schwab, 35 rue Quincampoix.

*** PETITS POULETS ***

Bonjour Hubert, Merci pour tes portraits périodiques qui sont délicieux et traduisent de vrais dons d’auteur de ta part. Tu as peut-être déjà lu le commentaire que j’ai laissé sur ta dernière édition dans lequel je propose d’écrire le tien. Il est sincère et je serais heureux de le faire… Amitiés
Ph. Bonnamy (X 61).

Cher camarade, Tu mentionnes dans ta lettre #39, à propos de Pouyanné, et des associations qui se sont opposées à son projet de bâtiment Total à l’intérieur du campus de Palaiseau, « l’agressivité de cette minorité prétendant agir au nom de l’intérêt général ». C’est toi que je trouve un peu agressif, pour le coup. Nos associations (parmi lesquelles X-Alternative), défendant une vision différente des politiques publiques, ne prétendent certainement pas « agir au nom de l’intérêt général », ce serait prétentieux. Dans l’affaire c/Total-Polytechnique, nous n’avions rien contre cette entreprise, ni contre les entreprises en général : nous souhaitions simplement une frontière nette entre emprise académique (le campus de l’École) et localisation des entreprises (à l’extérieur du campus, derrière les « Maréchaux », comme EDF ou Thales) ; c’est ce que nous avions exprimé avec d’autres camarades (dont des académiciens) dans une tribune du Monde de juillet 2020. C’est le même esprit de séparation public-privé qui nous anime, après l’arrêt des projets Total puis LVMH au sein du campus de Palaiseau, pour défendre le patrimoine public du « Carva » (la rue Descartes, Paris 5e) d’une intrusion programmée du groupe LVMH (ma tribune du Monde juillet 2022, mon récent ouvrage Polytechnique, le dessous Descartes, sept. 2024). Bien à toi, Alexandre Moatti, ingénieur général des Mines (X78), vice-président d’X-Alternative. Merci pour ton message, récupéré dans les spams, comme il se doit 🙂. Voir ci-dessus ma critique du Dessous Descartes. HLL

*** PETITS SOUVENIRS

Bicentenaire de l’X : il y a 30 ans, en 1994, j’avais organisé un voyage d’X en Israël afin d’y célébrer le bicentenaire de l’X. Un groupe d’une soixantaine d’X, dont le sénateur Pierre Laffitte (X 44) ou l’ancien ministre de la défense André Giraud (X 44), avait arpenté le pays de Tel Aviv à Jérusalem en passant par Jéricho, la Mer morte, le plateau du Golan et Saint-Jean d’Acre où une prise d’armes avait eu lieu dans un cimetière militaire français, en présence d’un détachement de la FINUL. A cette époque, on croyait à la paix avec l’opération dite Jéricho et Gaza d’abord.

Cérémonie avec la FINUL en 1994 au cimetière français de Saint Jean d’Acre

Pour ceux qui ne savent pas ce que signifie le « I » de FINUL, sachez qu’il signifie Intérimaire : elle a été créée par les résolutions 425 et 426 (1978) du Conseil de sécurité pour aider le gouvernement libanais à restaurer son autorité dans le sud de son territoire en formant une zone tampon au sud du fleuve Litani. Suite au double attentat du Hezbollah contre les contingents français et américain (2003), la FINUL a été renforcée par la résolution 1701 (2006) qui prévoyait le désarmement du Hezbollah et son retrait au Nord du fleuve Litani. On sait ce qu’il en est : le Hezbollah est resté et s’est renforcé, en construisant des casemates et des tunnels tout le long de la frontière, au nez et à la barbe de la FINUL. Celle-ci se plaint de recevoir quelques éclats d’obus visant le Hezbollah qui s’est installé près de ses campements. Mais oubliant sa mission, elle n’a pas bougé le petit doigt pour empêcher le Hezbollah d’envoyer depuis le 8 octobre 2023 des roquettes et des drones qui viennent de tuer plusieurs jeunes Israéliens loin de la frontière, près de Césarée. Alors, à quoi sert la FINUL ? A protéger le Hezbollah ??

Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance !

Hubert Lévy-Lambert (X 53), fondateur de X Israël

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #39

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

Voici, de Jacques de Guillebon (X 30) à Claudia de Rham (X 97), mes nouveaux portraits de polytechniciens Xtraordinaires et, de Gérard Araud (X 73) à Jean-Luc Tavernier (X 80), mes petits potins du mois écoulé.

*** PETITS PORTRAITS ***

  • Jacques de Guillebon (X 30), libérateur
Jacques de Guillebon (c) Harcourt

Né en 1909, Jacques entre à l’X en 1930. Il y fait partie de la khomiss et en sort dans l’Arti Colo (artillerie coloniale) qui l’envoie en Côte française des Somalis (35) puis au Tchad (39). Il se rallie à la France libre dès 1940, ce qui lui vaut d’être condamné à mort au procès de Riom et d’être nommé compagnon de la Libération (1941). Chef d’Etat-major de la Colonne Leclerc, il participe aux combats du Fezzan et de Tunisie contre les troupes du Maréchal Rommel, puis au débarquement en Normandie le 1er août 44. Il convainc les Américains de le laisser aller à Paris qu’il est un des premiers à atteindre, ce qui lui permet de co-signer la reddition des Allemands du 25 août 44, ainsi que le rappelle une plaque à la gare Montparnasse. Il poursuit les Allemands jusqu’à Strasbourg et finit la guerre dans le nid d’aigle d’Hitler à Berchtesgaden où il a l’honneur de faire flotter le drapeau français. A cette époque, personne ne demandait aux Alliés, nonobstant les importantes pertes civiles des deux côtés, de cesser le feu avant la capitulation de l’ennemi, contrairement aux pressions que subit Israël dans sa guerre contre le Hamas. Je sais de quoi je parle, moi dont le père est mort en août 1944 dans la Drôme sous les bombes américaines.

L’allée de-Guillebon (Montparnasse)

Après la guerre, le général de Guillebon est envoyé en Indochine puis en Suisse et en Tunisie. Il est commandant de l’X de 57 à 59 et finit sa carrière en 62 comme directeur de l’IHEDN et du CHEM (66-69). Il meurt en 1985. Sa fille adoptive Jeanne-Claude, née le 13 juin 1935 à Casablanca, avait épousé le grand artiste Christo, né le même jour qu’elle.

  • Michel Leveau (X 51), collectionneur
Michel Leveau (Archives Dapper)

Passionné par la culture africaine, Michel crée en 1983 la Fondation Dapper, dont la mission est de contribuer à la préservation et à la promotion des arts anciens de l’Afrique subsaharienne en Europe comme en Afrique. Il préside cette fondation jusqu’en 2012, assisté par sa deuxième épouse Christiane Falgayrettes, qui dirige le Musée qu’il ouvre en 1986 avenue Victor Hugo.

Père de 6 enfants dont 4 de sa première épouse Sylvie Ozanne et 2 de Christiane, Michel meurt brutalement en 2012 sur l’ile de Gorée. Le musée Dapper, qui contenait l’une des plus abondantes collections d’art africain en Europe et avait fait de magnifiques expositions, ferme malheureusement ses portes en 2017.

Aurélie Filipetti, ministre de la culture, lui avait rendu cet hommage le 16 novembre 2012 :

En fondant le musée Dapper, l’un des plus beaux musées de Paris, Michel Leveau avait voulu faire partager son amour et sa profonde connaissance du continent africain. Grâce à lui, de nouveaux publics avaient pu découvrir toute la richesse du patrimoine culturel de l’Afrique et de ses diasporas, ses grandeurs passées mais aussi l’extraordinaire vitalité de sa vie artistique. En consacrant sa vie à sa passion et au dialogue des cultures, il s’était fait artisan de paix.

  • Olivier Lluansi (X 89), industrieux
Olivier Lluansi

Né en Savoie en 1969 d’un père ingénieur à UgiTech et d’une mère assistante sociale, Olivier entre à l’X en 89 et en sort dans le corps des Mines. Très éclectique, tout en suivant un fil conducteur rattaché à l’innovation et à l’industrie, il a travaillé dix ans dans l’industrie chez Cacharel (92-93) et surtout dans plusieurs postes de direction chez Saint-Gobain au siège puis en Europe de l’Est (03-12). Il cumule également une décennie de fonction publique « à tous les étages » : Banque mondiale (93-94), Commission européenne (95-99), Conseil régional du Nord- Pas de Calais (99-03), avant d’entrer à l’Elysée comme conseiller industrie et énergie (12-14) puis d’être le premier Délégué aux Territoires d’industrie (19-20). Il passe presque autant d’années dans le conseil : associé chez EY (16-19) puis associé chez PwC (20-24). Désormais, il est Professeur Titulaire de Chaire au Conservatoire des Arts et Métiers, complétant ainsi ses fonctions de Senior Fellow de ESCP Business School et enseignant à l’Ecole des mines de Paris. Il est également membre du comité d’orientation de la Fabrique de l’industrie et de BPI France le Lab.

Chargé par Bercy, avant la catastrophique dissolution, d’une mission sur la réindustrialisation de pays à l’horizon 2035, Olivier a proposé dans les Echos du 7 juillet 8 initiatives concrètes pour les 100 premiers jours du nouveau premier ministre : promouvoir les achats Made in France, mettre en place un fonds d’accélération des projets pour les PMI et les ETI, flécher 3% de l’épargne du pays vers l’investissement productif, sortir du marché un volume de 60 TWh d’électricité nucléaire, sanctuariser 25.000 ha de foncier industriel, confirmer la trajectoire de baisse des impôts de production,  étendre l’usage du pouvoir de dérogation des préfets pour motif d’intérêt régional, créer une fondation pour soutenir les initiatives qui reconnectent l’image des métiers industriels à leur réalité. Le compteur tourne, espérons que Michel Barnier aura exécuté ton message avant Noël, cher Olivier !

  • Julien Marchal (X 2003), renouveleur

Ce portrait m’a été proposé par Julien lui-même. On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même !

Julien Marchal

Né en 1982 à Beaumotte lès-Pin, village perdu de Franche Comté, d’un père enseignant, maire de sa commune pendant 15 ans (2001-15) et d’une mère professeur d’éducation physique, Julien fait sa prépa à Besançon et entre à l’X en 2003, en même temps que son frère jumeau Olivier, quelques années après sa voisine Sandrine Pivard (X 97), ce qui fait de son village de 200 habitants un candidat au Guinness des records en matière de densité d’X par habitants.

Sorti dans le corps des Ponts, Julien passe 3 ans à la Direction générale de l’énergie et du climat (09-12) avant d’être nommé conseiller énergie et logement de Hollande à l’Elysée (12-14) puis conseiller énergie et environnement de Macron à Bercy (14-17). Il passe chez Naval Group pour s’occuper des énergies marines renouvelables (17-21) puis à la Compagnie nationale du Rhône pour s’occuper des activités solaires et éoliennes (21-23). Il est maintenant directeur de la stratégie et de la RSE de EDF Renouvelables. J’espère qu’il ne va pas couvrir tout le pays d’affreuses éoliennes qui marchent quand on n’en a pas besoin, alors que l’EPR de Flamanville va bientôt fonctionner enfin 24 h/24 à pleine puissance.

Père de 2 enfants et très sportif comme ses parents, Julien est aussi philosophe : Après L’humanité au tournant : pour un nouveau contrat social (Ed. Point d’orgue, 2021), il récidive en sortant Déjouer le populisme : bâtir le contrat social du XXIe siècle (Editions de l’Aube, 2024). Son épouse Claire est conseillère de Macron. Même si elle est fana de renouvelable comme son mari, j’espère que ce n’est pas elle qui lui a suggéré de renouveler l’assemblée 😊

  • Pierre Peytier (X 1811), géographe

Ce portrait est dû à Christian Saint-Guilhem (X 56), que je remercie.

Monument à la gloire des géodésiens Corabeuf, Hossard, Peytier, Testu

Né en 1793, Pierre entre à l’X en 1811. Il en sort dans le corps des ingénieurs-géographes. Géodésien, il est chargé de la triangulation des Pyrénées en vue de réaliser les cartes d’état-major de la France, avec son collègue Paul-Michel Hossard (X 1817), 1797-1862. A cette fin ils escaladent plusieurs sommets dont le Pic du Midi d’Ossau et le Palas. Ils sont les premiers, en 1825, à gravir le Balaïtous, difficile sommet de 3.144 m. Pris par des tempêtes de neige, ils doivent abandonner leur matériel après avoir construit une tourelle. En 1864, une équipe de grimpeurs débouche au sommet et, croyant avoir fait une première, découvre avec stupéfaction la tourelle et le matériel abandonné par nos 2 pionniers. On peut monter au Balaïtous en passant par le Cap Peytier-Hossard ainsi dénommé en leur honneur. Leurs noms sont inscrits, ainsi que ceux de Jean-Baptiste Coraboeuf (X 1794) et de Jean-Prosper Testu (X 1816) sur le monument à la gloire des géodésiens que l’on trouve sur la route du col du Soulor (1471 m).

Pierre a également participé à l’expédition scientifique de Morée (1829-36) et fait la première carte scientifique de la Grèce (1852) et de nombreux dessins. Il est mort en 1864.

  • Claudia de Rham (X 97), physicienne
Claudia de Rham (Imperial College)

Fille de cadres d’une organisation internationale d’aide au développement, Claudia nait en 1978 à Lausanne. Après des études primaires à Madagascar, elle poursuit ses études à Paris et entre à l’X en 97. Elle poursuite ses études avec un master de physique à l’EPFL (2001) puis un doctorat sur la cosmologie branaire à Cambridge (2002). Tout en apprenant à piloter et en tentant d’être astronaute, elle poursuit ses études de cosmologie à Montréal (2006-10) puis à Genève (2010), Cleveland (2011) et Londres (2016). Elle a reçu de nombreux prix pour ses travaux sur un modèle de gravité qui pourrait expliquer l’accélération de l’expansion de l’Univers. Son nom a été donné, avec 2 collègues, à la théorie de Rham-Gabadadze-Tolley (dRGT) qui explique la gravité massive et l’énergie sombre. 

Claudia est membre de l’Académie américaine des Arts et Sciences (2023). Elle vient de publier son autobiographie : La beauté de la chute, une vie à percer les mystères de la gravité (Ed. Quanto, 2024, 280 p.). Il parait qu’Einstein aurait passé commande d’un exemplaire en ligne !

Bravo, chère Claudia, tu fais le poids pour le Nobel 😉

*** PETITS POTINS ***

Gérard Araud (X 73, ma lettre de mars 22), ancien ambassadeur de France en Israël, publie sa discussion récente sur France 5 avec l’historien Stéphane Audoin-Rousseau sur la possibilité du retour de la guerre en France dans un petit livre intitulé Faire la guerre sans l’aimer (Philo Magazine, 152 p.). Bernard-Henri Lévy en 2011 et André Malraux en 1944 avaient déjà choisi ce titre. Nul être sensé n’aime la guerre. Mais que faire d’autre quand on est attaqué par un ennemi insensé qui veut notre mort ?

Sébastien Bohler



Sébastien Bohler (X 92, ma lettre de juin 23), neurobiologiste, rédacteur en chef de la revue Cerveau & Psycho et ancien chroniqueur sur France Inter et sur Arte, fait un exposé le 26 septembre à 18 h à l’Institut du cerveau (ICM) sur le thème : notre cerveau nous pousse-t-il à détruire la planète ? Pour en savoir plus sur cette malédiction, cliquez sur ce lien et donnez un peu d’argent à l’ICM. Votre cerveau vous en sera reconnaissant !

Antoine Compagnon (X 70, ma lettre de mars 22), de l’Académie française, sort un nouveau livre au titre curieux : La littérature, ça paye ! (Equateurs, 192 p). Selon lui, si la littérature ne paye pas la plupart des écrivains, car les Français lisent de moins en moins, elle profite grandement aux lecteurs et il nous en donne des exemples. Alors, lisez son livre, ce sera pour vous une sérendipité et vous vous enrichirez ! C’est un spécialiste de l’analyse coûts-avantages qui vous le dit !!

Pierre-Olivier Gourinchas

Pierre-Olivier Gourinchas (X 87, ma lettre d’avril 22), chef économiste du FMI, met l’accent, dans une déclaration reprise par l’AFP, sur la dangereuse situation de nos finances publiques. Il est important, dit-il, de rassurer les marchés et de se redonner des marges de manœuvre. Ce n’est malheureusement pas le chemin pris par notre nouveau premier ministre qui parle plus d’augmenter les impôts que de diminuer les dépenses, alors que la France bat déjà tous les records en matière de pression fiscale et de dépenses publiques.

Me Patrice Holiner

Patrice Holiner, X d’honneur, ma lettre d’octobre 22, célébrera le 11 novembre à 15 h à l’église Saint-Eustache, avec Le Requiem de Mozart et la Messe du couronnement, le vingtième anniversaire de la chorale qu’il dirige avec maestria depuis sa création, avec la participation de l’Orchestre des Concerts Colonne. Bloquez la date !

Philippe d’Iribarne (X 55, ma lettre de mai 22) vient de sortir un nouveau livre qui sort des thèmes auxquels il nous avait habitués : Au-delà des fractures chrétiennes (Salvator, 356 p). Il nous y explique que, depuis des décennies, les catholiques sont profondément divisés. Certains adhèrent au grand projet qui a pris corps dans les années 50 : créer une humanité nouvelle, unie au-delà des nations, des cultures, des religions, des choix de vie. Ils mettent en avant les valeurs évangéliques d’accueil et de partage. D’autres dénoncent un ralliement à une religion séculière et un abandon du Christ dont l’intransigeance face au monde est allée jusqu’à la Croix. L’auteur analyse les ressorts de cet affrontement et propose des voies pour le surmonter. Mais il ne nous dit pas ce qu’aurait dit le Christ s’il avait dû faire face à l’islam conquérant que nous connaissons depuis quelques siècles ?

Patrick Pouyanné Actu.fr

Patrick Pouyanné (X 83), pdg de TotalEnergies, a été mis hors de cause par le PNF dans l’action engagée contre lui par 3 associations (Greenpeace, Anticor et la Sphinx, créée par quelques X) lui reprochant une soi-disant prise illégale d’intérêts dans le projet de construction d’un bâtiment sur le campus de l’X. Face à l’agressivité de cette minorité prétendant agir au nom de l’intérêt général, le projet de bâtiment de 10 000 m2, devant accueillir 400 personnes pour travailler sur la « décarbonation des énergies », a malheureusement été abandonné.

Thierry Schwab (X 66, ma lettre de septembre 23), galeriste, éditeur et écrivain, vient de sortir Un si lointain passé, recueil de 24 nouvelles sombres, poétiques ou drôles, entre fantastique et réalisme magique, dont beaucoup traitent de préoccupations de notre temps.

Jean-Eric Schoettl


Jean-Eric Schoettl (X 67, ma lettre de juin 22), ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, dresse dans le Figaro du 12 septembre un vibrant réquisitoire contre l’élection des députés à la proportionnelle, qu’elle soit totale ou panachée. Ce serpent de mer est prôné par beaucoup de bons esprits qui ne se rendent apparemment pas compte qu’il en résulterait une majorité encore plus introuvable que dans l’assemblée actuelle. Il nous rappelle que les modes de scrutin servent à faire émerger des majorités cohérentes et que l’Espagne, la Belgique ou Israël nous montrent les dégâts causés par la proportionnelle, sans parler de la IVème République !

Didier-Roland Tabuteau



Didier-Roland Tabuteau (X 78, ma lettre du 31 mars 2022), vice-président du Conseil d’Etat, traite de la souveraineté de la France dans son étude annuelle. Il y affirme à la fois que la Constitution l’emporte toujours sur les autres normes, y compris européennes et que son article 55 consacre la supériorité des traités sur la loi nationale. Comprenne qui pourra ! Il n’y dit mot de la scandaleuse annulation par le Conseil d’Etat, en novembre dernier, de la dissolution des Soulèvements de la terre. Puisqu’il semble compétent en matière de dissolutions, on aurait préféré qu’il annule la désastreuse dissolution de l’Assemblée nationale 🙂

Jean-Luc Tavernier (Miguel MEDINA / POOL / AFP)



Jean-Luc Tavernier (X 80), directeur général de l’INSEE, constate, dans une interview aux Echos du 31 août, que l’inflation reflue en dessous du seuil de 2% mais que la consommation des ménages reste stable et leur taux d’épargne reste élevé. Il n’écarte pas le risque de récession. Rien d’étonnant si on considère l’état de délabrement des finances publiques, l’incertitude sur la politique du nouveau gouvernement et les retombées des guerres en Ukraine et à Gaza.

*** PETITS POULETS ***

Merci Hubert, excellente nouvelle fournée ! camaradement. Ivan Gavriloff (X 81)

Bonjour Monsieur Lévy-Lambert, Je lis régulièrement vos portraits d’Xtraordinaires et je vous sollicite pensant que vous pourriez être intéressé par mon profil… Julien Marchal (X 2003). Cher Julien, je reçois régulièrement des suggestions de portraits à faire mais c’est la première fois que la suggestion émane de l’intéressé lui-même. Mais on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même ! Alors d’accord. HLL.

*** PETITES ANNONCES ***

Familles polytechniciennes : depuis l’entrée des femmes à l’X 1972, des couples se sont formés entre X de sexe différent, voire, comme Anne Chopinet et Jean-Marie Duthilleul, entre X de la même promotion. Je suis à la recherche des X dont père et mère sont X et, puisque certains d’entre eux sont déjà arrivés à l’âge adulte, je suis à la recherche de ceux qui ont, à leur tour, formé un couple d’X. Enfin, cerise sur le gâteau, je tiens un prix à la disposition du premier X qui m’indiquera avoir ses 4 grands-parents X !! Merci d’avance. Hubert Lévy-Lambert.

Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance et bonne rentrée !

Hubert Lévy-Lambert (X 53), fondateur de X Israël

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #38

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

Voici, de Fulgence Bienvenüe (X 1870) à Paul Vieille (X 1872), mes nouveaux portraits de polytechniciens Xtraordinaires et, de Gérard Araud (X 73) à Eric Wehrli (X 80), mes petits potins du mois écoulé.

*** PETITS PORTRAITS ***

  • Fulgence Bienvenüe (X 1870), métronome
Fulgence Bienvenue (c) RTL

Né en 1852 à Uzel (Côtes d’Armor), treizième enfant d’un notaire breton, Fulgence fait ses études primaires chez les Eudistes de Valognes, secondaires au Lycée Saint-Martin de Rennes et supérieures chez les Jésuites à Sainte-Geneviève. Il entre à l’X en 1870, période troublée, et manque d’être fusillé en mai 1871 par les Fédérés. Sorti dans le corps des Ponts, il est affecté dans l’Orne où il construit des chemins de fer. Il perd malheureusement son bras gauche en 1881 dans un accident mais cela ne l’empêche pas de continuer à construire des voies ferrées, de percer des avenues et de préparer en 1895 avec Edmond Huet (X 1846) le projet de métro qui le rendra célèbre. La ligne numéro 1 est inaugurée en 1900.

Bien que manchot et âgé de 62 ans, Fulgence insiste pour être mobilisé en 1914. Il prend sa retraite en 1932, à l’âge de 80 ans, qu’en dirait Mélenchon ? Il meurt en 1936, laissant derrière lui 12 lignes de métro de Paris s’étendant sur 130 km ainsi que son fils Paul-Frédéric (X 1899) et son petit-fils Jean Frédéric (X 1934). Son buste par Bernard Potel, offert par la ville d’Uzel en 2000, figure à la station Montparnasse-Bienvenüe. Il était honoré dans une exposition sur le métro de Paris qui vient de se terminer à la Cité de l’architecture et du patrimoine : Métro !

  • Jean-Louis Gergorin (X 66), complotiste
Jean-Louis Gergorin

Né en 1946 à Paris, Jean-Louis entre à l’X en 66. Il fait ensuite l’ENA (promotion 72 Charles de Gaulle) dont il sort auditeur au Conseil d’Etat. Après un bref passage à la Rand Corporation et au Commissariat du Plan où je le rencontre fréquemment, il participe en 73 à la fondation du Centre d’analyse et de prévision (CAP) du Ministère des affaires étrangères, aux côtés de Thierry de Montbrial (X 63) qu’il remplace en 79 lorsqu’il crée l’IFRI. Il y recrute le jeune Dominique de Villepin. Il pantoufle en 84 pour devenir directeur de la stratégie du groupe Matra, directement rattaché à Jean-Luc Lagardère qu’il aide à réaliser la fusion avec l’Aérospatiale pour créer EADS, dont il est nommé vice-président exécutif en 2000, tout en enseignant la géopolitique avec Renaud Girard à Sciences Po et en se perfectionnant en 89 à la Business School de Stanford, dont il revient armé du concept de sanctuarisation agressive.

Les rivalités faisant suite à la mort subite de Lagardère en 2003 puis les affaires Clearstream où il est impliqué avec Imad Lahoud, frère de notre ancien président Marwan, l’amènent à quitter ses fonctions en 2006 au profit de Noël Forgeard (X 65) pour pouvoir mieux se défendre à l’aide de son avocat Thibaut de Montbrial, fils de Thierry. Il est néanmoins condamné en appel en 2011 à 3 ans de prison dont 30 mois de sursis, pour usage de faux et de dénonciation calomnieuse.

Jean-Louis a depuis lors créé des sociétés de conseils : JLG Strategy (2007) et Ravel Technologies (2020) et écrit plusieurs essais remarqués par la critique, dont Rapacités (Fayard, 2007), où il raconte les dessous de Clearstream et Cyber. La guerre permanente (avec Léo Isaac-Dognin, Cerf, 2018) où il décrit les risques de guerre cyber et propose des moyens de s’en prémunir. Je le rencontre régulièrement à l’Institut Aspen. Ses malheurs n’ont point abattu sa fierté…

  • Théo Hoffenberg (X 80), technolinguiste
Théo Hoffenberg

Fils d’un ingénieur Supelec d’origine polonaise rescapé de la shoah et d’une mère également polonaise, Théo entre à l’X en 80. Il y participe en tant que kessier aux activités sociales de sa promo. A sa sortie de l’X, il travaille quelque temps pour la société américaine Lotus qu’il aide à s’installer en Europe. Il décide en 86 de se mettre à son compte en créant Softissimo, une appli linguistique, rebaptisée Reverso en 97. A cette époque des débuts d’internet et des ordinateurs personnels, Reverso était un pionnier en matière d’outils de traduction, de correction grammaticale et d’apprentissage de langues. Reverso a aujourd’hui des concurrents sérieux comme Google, Microsoft ou l’allemand DeepL, mais reste, grâce à l’utilisation de l’IA générative, leader des applis linguistiques avec plus de 70 millions d’utilisateurs mensuels, tant particuliers qu’entreprises petites et grandes, comme Orange, Renault ou Thalès. Reverso est capable de jongler sur plus de 150 combinaisons de 15 langues, dont le chinois, l’arabe, l’anglais, le russe et même l’hébreu. Grâce à Théo, vous ne pouvez donc plus dire : « pour moi c’est de l’hébreu » !

Diplômé de l’Executive Education de Stanford (1997) et père de 3 enfants tech entrepreneurs et finance dispersés aux 4 coins du monde, Théo se vante, grâce à un mélange d’abonnements et de recettes publicitaires, d’être rentable et de ne jamais avoir eu à lever des fonds. Félicitations, cher Théo ! Si tu as le temps, pourrais-tu réfléchir à une appli qui permettrait aux princes qui nous gouvernent de gérer le budget de la France sans avoir à emprunter près de 1 G€ par jour ?

  • Pascal Imbert (X 77), conseil
Pascal Imbert

Pascal est né en 1958 à Boulogne-Billancourt, d’une mère psychologue et d’un père ingénieur Supélec, originaire de Barcelonnette, près de Gap – une région des Alpes de Haute-Provence qui me rappelle le Galoubet avec Baptistin et son tambourin… Il fait ses études au Lycée Montaigne puis au Lycée Louis-Le-Grand. Il entre à l’X en 77 et en sort dans le corps des Télécom qui l’envoie poursuivre sa formation à l’école Télécom ParisTech. Il passe ensuite 8 ans comme ingénieur chez Télésystèmes, société de services informatiques, absorbée depuis par Atos, puis 2 ans comme DGA de Cyrel systèmes, avant de créer en 1990 avec son associé Michel Dancoisne (HEC) la société de conseil Solucom, devenue en 2016 Wavestone.

Cotée en bourse depuis 2000, avec à la fois des investisseurs institutionnels et de nombreux membres du personnel au capital, Wavestone se présente comme le plus technologique des grands cabinets de conseil en management, avec une expertise reconnue dans le digital, la data, l’architecture et la cybersécurité. En joignant croissance organique et acquisitions, avec notamment le rachat de l’allemand Q_Perior en 2023, Wavestone approche le milliard d’euros de chiffre d’affaires avec 3000 employés déployés dans 8 pays.

Marié et père de 5 enfants, Pascal a été Président de MiddleNext de 2010 à 2014 et est administrateur de l’éditeur de logiciel Axway depuis 2011. Glassdoorl’a inscrit en 2017 numéro 3 des patrons français dans le Top des PDG France, juste derrière Satya Nadella et Bill McDermott. Bravo, cher Pascal, continue !

  • Hervé Mariton (X 77), russophile
Hervé Mariton

Né en 1958 à Alger, d’un père militaire originaire de la Drôme et d’une mère juive d’origine algérienne, Hervé fait de brillantes études secondaires. Il obtient un premier prix au concours général de russe en 1974 et entre à l’X en 77 après une prépa à Louis le Grand. Il sort de l’X dans le Corps des instruments de mesure, absorbé depuis lors par le Corps des mines. Il complète sa formation avec un DEA de gestion à Dauphine et un diplôme de Sciences Po en 82. Entré très tôt en politique, il est successivement conseiller municipal de Chevreuse (83), conseiller général de Rhône-Alpes (86), conseiller municipal de Valence (89), député UDF de la Drôme (93-97), vice-président du conseil général de Rhône-Alpes (94), maire de Crest, joli village de la Drôme (95-24), candidat malheureux pour la présidence de l’UDF contre Bayrou (98), député UMP de la Drôme (2002-17), ministre de l’Outre-mer sous Villepin (49 jours en 2007, interrompus par l’élection de Sarkozy). Il crée en 2006 avec François Goulard le club Réforme et Modernité qu’il rebaptise Droit au cœur en 2013, ce qui me vaut, entre autres, de voir Carmen à Orange en 2015 ! Il est candidat malheureux pour la présidence de l’UMP contre Sarkozy (2014) et met la pédale douce en 2017, suite à des ennuis de santé.

Longtemps président du groupe d’amitié France-Russie à l’Assemblée nationale, Hervé explique qu’on peut être russophile sans être poutinien. C’est ainsi qu’il a célébré le 40ème anniversaire du discours de Soljenitsyne à Harvard en le déclamant personnellement en solo au théâtre en 2018. Plus récemment, il a écrit L’Impossible Guérison de la Russie ? 50 ans après L’Archipel du Goulag (Commentaire 2023/4, pp 771-8).

Marié avec une normalienne et père de 4 enfants, Hervé a écrit 3 livres politiques : Transmettre pour construire (Pygmalion, 2010), Le bonheur regarde à droite (2014), Le printemps des libertés (Archipel, 2016). Infatigable, il préside Le plus beau détour de France (depuis 2013), le Conseil franco-britannique (depuis 2019) et la Fédération des entreprises d’outre-mer (depuis 2021). Il vient à ce titre de signer une lettre inquiétante sur la situation en Nouvelle-Calédonie. Comme les meilleures choses ont une fin, il vient de laisser sa place de maire de Crest, qu’il occupait sans discontinuer depuis 29 ans, à son adjointe Stéphanie Karcher. Qui a dit qu’il fallait de temps en temps un coup de Karcher ?

  • Bertrand Rondepierre (X 10), intelligent
Bertrand Rondepierre

Né en 1989 à Fontenay aux Roses de Alain Rondepierre (X 67), énarque et préfet et d’une mère normalienne prof de maths, Bertrand entre à l’X en 2010 après des études préparatoires à Pasteur, Bertrand s’y occupe de diverses activités qui ne comptent pas forcément dans le classement, comme le jumping, le binet magie, l’oenologie, ou le quadrille du bal de l’X ! Il poursuit sa formation à l’Ecole des Télécom tout en faisant un master en Mathématiques-Vision-Apprentissage (MVA) à l’ENS Cachan (2013-14).

Bertrand passe 5 ans à la Direction générale de l’armement (2013-18) puis autant chez Google Brain, le labo d’IA de Google (2018-23). Ses connaissances en IA font qu’il a été choisi comme co-rapporteur de la mission Villani, chargée de proposer une stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle (2017).

Bertrand vient d’être nommé directeur de l’AMIAD (Agence Ministérielle pour l’Intelligence Artificielle de Défense), qui vient d’être créée pour, selon le futur ex-ministre de la Défense Sébastien Lecornu, permettre à la France de maîtriser souverainement les technologies de l’IA pour ne pas dépendre des autres puissances dans des domaines aussi variés que la formation des pilotes, la lutte contre la désinformation ou l’assistance aux « oreilles d’or » dans les sous-marins…

Cliquez ici pour plus de détails sur les ambitions de Bertrand qui prévoit de recruter 300 personnes d’ici 2026 tant sur le platâl que sur un site de la DGA près de Rennes. Cher Bertrand, nous te souhaitons un grand succès pour nous aider à préparer les guerres du futur, voire à les éviter en dissuadant nos ennemis. Si vis pacem, para bellum !

  • Armand Thiberge (X 02), breviste
Armand Thiberge

Armand est né en 1982 à Paris de parents psychanalystes. Après des études à Passy-Buzenval et une prépa à Fénelon Ste Marie, il entre à l’X en 2002. Il fait sa 4e année à l’ENSAE, tout en faisant un master de sociologie à Sciences Po. Il part en Inde en 2007 pour créer Dual Technologies Services, startup dédiée à la création de sites Internet pour les acteurs souhaitant se mettre à l’e-commerce. Revenu à Paris en 2012, il transforme Dual en Mailinblue puis Sendinblue. Il lève successivement 1 M€ auprès de Caloga en 2013, 30 M€ auprès de Partech Ventures en 2017 puis 140 M€ auprès de Bpifrance et Bridgepoint en 2020. Il change de nom en 2023 pour Brevo, pour marquer son ambition de développer une plateforme marketing tout en un, englobant le routage de messages publicitaires à un grand public en mode SaaS en s’appuyant massivement sur l’IA pour éviter qu’ils tombent dans la case spam, ainsi que toutes les fonctionnalités relatives à la relation client, comme les notifications sur smartphone ou les cartes de fidélité digitalisées. Malgré toutes ces activités prenantes, Armand trouve le temps de se marier et d’avoir 3 enfants !

Leader européen du CRM 360, Brevo affiche une belle croissance, avec un chiffre d’affaires qui approche les 150 M€, plus de 500.000 utilisateurs actifs, provenant de 2.000 clients, dont pas seulement des PME mais aussi de grands groupes comme Carrefour ou Michelin, sans oublier la Sabix, dont vous pouvez lire le dernier bulletin en cliquant ici. Les géants comme Hubspot n’ont qu’à bien se tenir ! Bravo, cher Armand, déjà sesquicentaure, bientôt licorne ?

  • Paul Vieille (X1872), poudrier
Paul Vieille

Né à Paris en 1854, Paul entre à l’X en 1872 après une prépa au lycée Thiers (Marseille) et en sort dans les Poudres. Il est professeur de physique et examinateur à l’X de 1882 à 1912.

Paul est le découvreur, avec Marcellin Berthelot, de l’onde explosive et l’inventeur, en 1884, de la poudre sans fumée, à base de nitrocellulose. Celle-ci encrasse peu et consomme 3 fois moins de poudre que la poudre noire et est plus discrète. Elle est adoptée très vite par l’Armée française, avec le Lebel 1886, et, malheureusement, par beaucoup d’autres armées.

Il est élu en 1904 membre de l’Académie des sciences. Mort en 1934, l’AF3P (Association française des spécialistes en produits explosifs et en pyrotechnie) perpétue son souvenir avec un Prix Paul Vieille créé en 1988 pour récompenser un Français ayant fait des travaux originaux en pyrotechnie.

*** PETITS POTINS ***

Gérard Araud (X 73, ma lettre de mars 22), ancien ambassadeur de France en Israël, revient sur son dernier livre (Israël : Le piège de l’Histoire. Tallandier, 2024, ma lettre de juin) dans une longue interview accordée le 31 juillet à InfoJmoderne . Il y parle de sa vie en Israël, pays de paradoxes, de sa découverte du judaïsme, de son lien avec le pays, sa culture, sa cuisine et ses paysages et, bien sûr, sa politique…

Jean-Laurent Bonnafé (c) Les Echos

Jean-Laurent Bonnafé (X 81), patron de BNP Paribas, annonce l’achat prochain, pour 5,1 G€, d’AXA IM, filiale d’AXA qui a 860 G€ sous gestion, afin de créer un géant de la gestion d’actifs qui aura 1.500 G€ sous gestion et deviendra numéro 2 en France derrière Amundi, créée par Crédit Agricole et Société générale, qui dépasse les 2.000 G€.

L’escalier du château de Médavy

Jean-Louis et Béatrice Charon (X 76, ma lettre de janvier 24) organisent leur manifestation annuelle « Théâtre au jardin », dans le magnifique château de Médavy (Orne) dimanche 8 septembre de 9h30 à 17h. Au programme : théâtre sur tréteaux, représentation équestre, visite libre du château, jeu de piste en autonomie et restauration sur place. 10€ par personne / gratuit pour les moins de 12 ans. Cliquez ici pour vous inscrire.

Hommage à Vaneau

Arthur Chausse (X 22), généK de la 22,dirigeait avec autorité une division de 180 polytechniciens en GU venus le 14 juillet au cimetière Montparnasse rendre l’hommage traditionnel à Louis Vaneau (X 1829) mort sur les barricades pendant les trois Glorieuses de juillet 1830. Comme à l’accoutumée, ils ont chanté l’Ode à Vaneau – créée par Marc Nègre (X 12)- sous la direction de Me Patrice Holiner, X d’honneur (ma lettre d’octobre 22).

Patrick Drahi

Patrick Drahi (X 83) multiplie les ventes pour réduire sa montagne de dettes, supérieure à 60 G€ !  Après la vente de sa filiale Altice Media (BFM TV et RMC) à CMA-CGM pour 1,5 G€, il vient de vendre ses 24,5 % de British Telecom à l’indien Bhartel pour près de 4 G€ et une partie du capital de Sotheby’s au fonds souverain d’Abu Dhabi pour 1 G€ et va vendre sa filiale Teads, pépite française de l’adtech, achetée 300 M$ en 2017, à l’israélien Outbrain pour 1 G$,

Christel Heydemann relaie la flamme !

Christel Heydemann (X 94, ma lettre de mars 22), dg d’Orange, partenaire premium des JO et parrain du Marathon pour tous, dont elle a fait personnellement 10 km le 10 août, a participé au relais de la flamme olympique le 16 juillet : « C’est un immense honneur, un moment de partage et d’émotions intenses. Cette flamme, qui relie continents et générations, symbolise la transmission du savoir et des valeurs de l’olympisme, nous rappelant que nous sommes tous liés par un héritage commun. C’était un moment hors du temps, quelque chose qui ne se produit qu’une fois dans une vie et que je n’oublierai jamais. »

Éric Wehrli (X 80), auteur de nouvelles et de romans, dont La mer, imagine, des polytechniciens et la mer, recueil de nouvelles sur la mer, dont Oceano Nox 2025 par votre serviteur (L’Harmattan, 2016), vient de publier le chapitre X du roman feuilleton du corsaire de Toulon « MISSION 1793 ». Eric anime régulièrement des ateliers d’écriture. Le prochain stage, du 4 au 8 septembre à labbaye de Mazan sur le plateau ardéchois, a pour thème « Écrire une nouvelle champêtre ». Plus de détails sur Éric écrit la mer.

*** PETITS POULETS ***

Encore merci de ta lettre périodique et amitiés. Philippe Bonnamy (X 61).

Bonjour cher ami et merci de m’envoyer si régulièrement ces portraits d’Xtraordinaires dans lesquels je retrouve parfois de mes anciens élèves !!! Il est toujours intéressant de « voir » le parcours d’es uns (unes) et des autres… Bon 14 juillet ! Nous aurons l’après-midi à 16h00 le traditionnel hommage rendu à Louis Vaneau au cimetière du Montparnasse. Les élèves présents – 280 l’an passé – y chanteront l’Ode à Vaneau après une allocution du GénéK 2022. Bon été. Patrice Holiner. Merci, j’y serai. HLL

*** PETITES ANNONCES ***

Sapper Intelligence, entreprise innovante dans la détection d’explosifs par Radar à Synthèse d’Ouverture Pénétrant le Sol (GPSAR), soutenue par la société de capital-risque Antler, recherche un jeune ingénieur pour participer en CDD à la phase clé de conception d’un système SAR.

Si vous avez une expertise en télédétection et voulez aider à rendre le monde plus sûr, cliquez ici ou appelez Carmen au 07 49 76 52 63 pour plus de renseignements.

Annonce déposée par Carmen Loew, petite-fille de Hubert Lévy-Lambert

***

Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance et bonne rentrée !

Hubert Lévy-Lambert (X 53), vice-président de la SABIX

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #37

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

Voici, de Adeline Agut (X 06) à Yves Weisselberger (X 79), mes nouveaux portraits de polytechniciens Xtraordinaires et, de Gérard Araud (X 73) à Jean Tirole (X 73), mes petits potins du mois écoulé.

*** PETITS PORTRAITS ***

  • Adeline Agut (X 06), philanthrope
Adeline Agut

Née à Paris en 87 d’un père médecin et d’une mère prof de maths, Adeline entre à l’X en 2006 et poursuit sa formation avec un Master à Stanford en 2009. Elle commence sa carrière chez Sofreco où elle s’occupe pendant 4 ans d’études d’environnement qui l’amènent à vivre 7 mois au Cameroun. Elle passe ensuite 2 ans chez OHT puis 2 ans comme consultante en innovation durable, ce qui la fait travailler pour Roger Voice, Linkee ou la Coface. Elle passe ensuite 2 ans chez Vinci puis co-crée en 2020 Iroco, complété en 2023 par Rezofora, avec pour objet d’accompagner les organisations dans la transformation environnementale et sociale.

Pour Adeline, qui est mariée avec 2 enfants, le bénévolat est une seconde nature : elle participe à des formations à l’X sur la RSE, anime des ateliers ludiques de la Fresque du Climat et de la Fresque du numérique. Elle a été en 2007 tutrice de l’association Partage qui s’adresse aux lycéens issus de ZEP (une grande école, pourquoi pas moi) ; elle a travaillé pour l’association Local energy network, notamment pour l’étude d’impact d’une centrale hydroélectrique au Népal (2012-14) ; elle a été administratrice de L’énergie d’apprendre et elle s’occupe du groupe X solidarité. Vous en saurez plus à son sujet dans son interview par Lisliere Dantas Une carrière dans le développement durable (mars 2020). Bravo, chère Adeline !

  • Bruno Angles (X 84), assureur
Bruno Angles

Né en 1964 à Paris, Bruno passe son enfance au Luxembourg où son père dirigeait les services de la Commission juridique du Parlement Européen, sa mère étant professeur de français. Après une prépa à Ginette, il entre à l’X en 84 et réussit, tout en étant capitaine de l’équipe de rugby, à en sortir dans le Corps des ponts. Il passe quelques années à la DDE d’Ille-et-Vilaine, puis est nommé au cabinet de Bernard Bosson, ministre de l’Équipement et devient en 94 DG de la Société du Tunnel du Mont-Blanc. En 96, attiré par le vent du privé, il pantoufle chez McKinsey, qu’il quitte en 2004 pour Vinci qu’il quitte peu après pour Mercer Delta, puis, sans temps morts, enchaine avec Macquarie, Crédit Suisse puis AG2R la Mondiale dont il est DG depuis 2 ans.

Malgré toutes ses activités professionnelles, Bruno trouve le temps de se marier, de faire 4 enfants, de passer un MBA au Collège des Ingénieurs, d’être administrateur de la RATP et de la Fondation de France et de présider l’AX à une époque où je pensais pouvoir apporter un sang neuf à cette vénérable institution. Ceux qui lisent Dallax savent que je n’y ai pas réussi mais, comme il est dit dans l’Ecclésiaste, que Bruno connait bien, il y a un temps pour la guerre et un temps pour la paix : c’est sous son successeur Marwan Lahoud (84) que j’ai pu célébrer mon succès en citant lors de l’AG de l’AX de 2021 les Trompettes de Jéricho de Victor Hugo : A la septième fois, les murailles tombèrent…

Au moment du confinement en 2020, peu habitué à ce genre de temps mort, Bruno trouve un passe-temps : écrire un livre : De Temps en temps (Cerf, 2024,227 p.). Sous-titré Les multiples visages d’un trésor, il s’y demande : Qu’est-ce que le temps ? Quelle est sa nature ? Quels sont ses pouvoirs ? Comment bien l’allouer pour en faire le meilleur usage ? Ce livre est plein de références qui montrent l’immense culture de l’auteur, non seulement scientifique, d’Alain Aspect à Schrödinger en passant par Darwin, Einstein, Hawking ou Planck, mais aussi littéraire et poétique, de Balzac à Zola en passant par Baudelaire, Borgès, Char, Clausewitz, Gary, Hergé, Hugo, La Fontaine, Lamartine, Morand, Péguy, Pérec, Pessoa, Poe, Proust, Rimbaud, Ronsard, Rostand, Rowling, Saint-Exupéry, Sénèque, Valéry ou Voltaire, ainsi que philosophique, d’Arendt à Spinoza en passant par Aristote, Bachelard, Bergson, Confucius, Hegel, Heidegger, Jankelevitch, Kant, Maritain, Nietzsche, Platon ou Sartre, voire religieuse, avec les Evangiles et les saints Augustin, Bernard de Clairvaux ou Thomas d’Aquin. On regrette toutefois qu’il n’ait pas pris le temps de faire un index et qu’il ait omis le cinéma avec les Temps modernes de Chaplin, la chanson avec le Temps des cerises de Clément et, surtout, l’économie avec Jean-Pierre Dupuy (X 60) sur Valeur sociale et encombrement du temps (CNRS, 1975) ou René Mayer (X Ponts 47), sur les relations entre Prix du sol et prix du temps (PCM, 1965), voire votre serviteur avec le Péage sur les autoroutes et la théorie économique (Transports, 1965) qui montre qu’un péage n’est justifié que sur les autoroutes urbaines, à raison du temps perdu du fait de la congestion. Finalement, lire ce livre prend du temps mais, quand on l’a refermé, on n’a pas l’impression d’avoir perdu son temps même quand on habite dans le Quartier de l’Horloge au pied du Défenseur du temps !

Si vous n’avez pas le temps de lire ce livre, vous ne saurez pas si Bruno est INFJ ou ESTP mais vous pouvez en savoir plus sur lui en un rien de temps en lisant son interview par Alix Verdet et Pierre-René Séguin (X 73) dans la Jaune et la Rouge de mai 22. Et si j’ai fait des erreurs, au temps pour moi 😊

  •  Xavier Barbaro (X 96), énergéticien
Xavier Barbaro (c) François Bouchon Le Figaro

Xavier entre à l’X en 96. Il y est actif à la Kès et au binet Inde espoir. Il fait une formation complémentaire à l’Ecole des ponts (99-01) puis passe 4 ans comme manager chez Neuf Telecom (2001-04) avant de partir faire un MBA à Harvard (2004-06). A son retour, il est adjoint du patron de Louis-Dreyfus Commodities puis directeur du développement de Direct Energy et enfin, en 2008, PDG de Neoen, la pépite créée par Jacques Veyrat (X 83, cf infra), qui a aujourd’hui un portefeuille de 5 G€ d’actifs énergétiques dans le monde, qu’il prévoit de doubler à moyen terme.

Xavier a reçu a obtenu en 2023 le Grand Prix des marchés boursiers Euronext pour une Opération secondaire Large Cap et le prix de l’Entrepreneur de l’année aux BFM Awards. Juste avant les dernières élections législatives, il était l’invité de Laure Closier dans Good Morning Business. Il s’est dit inquiet de l’absence des énergies renouvelables dans le programme du RN, concentré sur l’énergie nucléaire. Cher Xavier, te voilà rassuré maintenant ???

  • Jean Borotra (X 20 S), tennisman
Borotra à Berlin en 1931 – Bundesarchiv

JO oblige, notre grand champion de tennis devait avoir son portrait ici ! Né à Biarritz en 1898 d’un père homme de lettres né au Mexique et d’une mère au foyer, Jean interrompt ses études au Lycée St Louis en 1916 pour s’engager dans l’armée comme canonnier. Il finit la guerre sous-lieutenant artilleur et entre à l’X en 20 dans la promo spéciale d’après-guerre. Il est embauché à la sortie par la SATAM comme ingénieur commercial, ce qui ne l’empêche pas de passer beaucoup de temps sur les courts de tennis. Surnommé le Basque bondissant, il gagne 18 tournois du Grand Chelem et fait partie, avec Jacques Brugnon, Henri Cochet et René Lacoste, des Quatre Mousquetaires qui s’illustrent en Coupe Davis dans l’entre-deux-guerres. 

Sur le morne Platâl

Jean épouse en 37 Mabel de Forest-Bischoffsheim, sulfureuse riche héritière, qui lui donne un fils et dont il divorce en 48. Il s’illustre malheureusement de manière douteuse en politique en adhérant dès 1933 aux Croix de feu et en étant commissaire général à l’éducation physique et aux sports de Vichy de 40 à 42, contribuant activement à ce titre à la politique anti-juive de Pétain. Après la guerre, il échappe curieusement à l’épuration et reçoit même le titre de déporté-résistant et la cravate de commandeur de la Légion d’honneur en 52, tout en s’affirmant ouvertement pétainiste ! Toujours vert, il remporte encore des tournois à plus de 50 ans et se remarie en 88, à 90 ans ! Il meurt en 94 à Arbonne. Il a son avenue à l’X.

  • François Durvye (X 03), otiste
François Durvye

Né en 1983 d’un haut fonctionnaire et d’une enseignante, comme sa grande sœur Isabelle Mordant (X 92, ma lettre de janvier 24), François entre à l’X en 2003 et poursuit sa formation à l’ENSAE en 2006. Il entre en 2007 chez Schlumberger où il occupe différents postes jusqu’en 2019, en passant un an en 2014 à l’International Institute for Management Development (IMD) à Lausanne. Il passe ensuite 2 ans au BCG puis 1 an au groupe Hager. Il est nommé en 2022 DG de Otium Capital, société de placements privés créée en 2019 par Pierre-Edouard Stérin, fondateur de Smartbox, qui a actuellement 1,5 G€ sous gestion et ambitionne d’atteindre 5 G€ d’ici 2030. Il est à ce titre administrateur de nombreuses sociétés dont Jimmy, Oasis House, Quantum Genomics, Néolithe, Ligerio, Atraltech, Prosper ou Alfeor.

François a récemment défrayé la chronique avec l’annonce de la suspension brutale des négociations entreprises pour la vente de Marianne par Daniel Kretinski à P-E Stérin. Daniel Kretinski voulait vendre l’hebdo Marianne car il n’apprécie pas beaucoup la ligne éditoriale de sa directrice Natacha Polony, mais celle-ci n’apprécierait pas beaucoup les fréquentations de François, qui apparait depuis quelque temps sur les photos de l’Etat-major du Rassemblement national, aux côtés de Marine Le Pen et de Jordan Bardella. François aurait-il su les convaincre, s’ils étaient arrivés au pouvoir, de ne pas distribuer ce qui n’est pas produit, comme le recommande par exemple Patrick Artus (cf infra).

  • Tatiana Orlovic (X 20), écolo
Tatiana Orlovic

Née en 1999 à Créteil, Tatiana est reçue à l’X en 2020. Eclectique, elle y trouve le temps de présider le bureau des arts, l’association Festiv’Arts d’Hiver et ApicultiX qui entretient 7 ruches sur le platâl. Elle effectue son stage dans un atelier artistique d’enfants à Marseille, s’inscrit en licence de design et arts appliqué à l’Université PSL pour son année de césure et prépare en dernière année un master de robotique. S’intéressant à l’agriculture urbaine, elle crée en 2023 Vertile (pour verticale et fertile), qui imagine un carrousel vertical à poser sur une façade, dont un prototype vient d’être inauguré à l’Agrocité, projet d’écologie urbaine participative, sis à Gennevilliers.

Vertile, dont le siège est à Bagneux (Hauts de Seine), vaut à Tatiana d’être la lauréate pour les Hauts de Seine du concours « 101 femmes entrepreneurs » en mars 2024. Bravo, chère Tatiana, tu es une véritable écologiste !

  • Jacques Veyrat (X 83), investisseur
Jacques Veyrat (c) Who’s who

Né en 1962 à Chambéry, Jacques intègre l’X en 83. Il en sort dans les Ponts puis passe un MBA au Collège des ingénieurs. Il commence sa carrière professionnelle au CIRI (89-91). Il est ensuite secrétaire général adjoint au Club de Paris (91-93) puis conseiller technique de Bernard Bosson, ministre de l’Équipement, en même temps que Bruno Angles (X 84, voir ci-dessus). Il pantoufle en 95 chez Louis-Dreyfus Armateurs. Il en devient Directeur Général en 97 puis président de sa filiale Louis-Dreyfus Communications (LD Com), qu’il développe à coup d’acquisitions et rebaptise Neuf Telecom puis Neuf Cegetel, qu’il quitte en 2008 après sa vente à SFR. Il devient alors président de Louis Dreyfus SAS qu’il quitte en 2011 pour créer Impala, holding investissant dans la gestion d’actifs, l’industrie, le textile, la sécurité et surtout l’énergie, avec Direct Energy, qu’il vend à TotalEnergies en 2018 pour 1,9 G€, ou Neoen qui est aujourd’hui un des premiers producteurs français d’énergie renouvelable avec le plus grand parc solaire d’Europe, à Cestas (Gironde) et la plus grosse centrale de stockage au monde avec des batteries lithium-ion, en Australie. Valorisée 1,4 G€ lors de son introduction en Bourse en 2018, Neoen vient de faire l’objet d’une OPA amicale du fonds canadien Brookfield qui la valorise 6,1 G€ !

A ses moments perdus (?), aidé de ses 3 fils, Jacques trouve le temps d’être président de Fnac Darty et conseiller de KKR pour la France. Chevalier de la Légion d’honneur, il était 49ème fortune française en 2020 selon Challenges. Bravo cher Jacques, mais, comme disait Philippe de Valois, garde-toi à gauche !

  • Yves Weisselberger (X 79), chauffeur
Yves Weisselberger

Né en 1960 à Paris, d’un père représentant de commerce et d’une mère traductrice, Yves entre à l’X en 1979. A sa sortie de Telecom Paris en 1984, il est d’abord ingénieur en système d’exploitation chez Bull. En 1989 il co-fonde avec deux camarades l’ESN Klee Group, intégrateur et conseil pour les grands comptes et le service public, employant aujourd’hui 1000 ingénieurs.  En 1994 il est le co-fondateur de KDS, éditeur d’un logiciel de gestion des voyages d’affaires leader européen de sa catégorie, devenu Neo suite à son rachat par American Express. Infatigable, il crée en 2012 Snapcar, société de VTC (Voitures de Tourisme avec Chauffeur). En 2019, Snapcar décide d’opérer sous la marque Le Cab, suite à l’absorption de cette société de VTC fondée en 2012, passée entre temps entre les mains de Keolis, filiale de la SNCF.

Business Angel à ses moments perdus, Yves est père de 3 enfants et actionnaire de 50 start-ups qu’il accompagne dans leurs levées de fonds en Seed et Série A. Très éclectique, on trouve à son tableau de chasse des sociétés aussi variées que Kactus, leader français des technologies dédiées à l’événementiel, Beyond Aero concepteur d’un avion d’affaires à hydrogène ou encore Mayday qui révolutionne le service client grâce à l’intelligence artificielle.

Poursuivant sa politique de croissance externe, Yves vient d’annoncer fin mai le rachat de son concurrent Marcel, créé en 2014, ce qui lui permet d’afficher 18.000 voitures et un million d’utilisateurs dans 65 villes de France. Son objectif avoué est de concurrencer Uber et les taxis traditionnels. Bon courage, cher Yves. Espérons que tu n’auras pas le sort de la grenouille de la fable !

*** PETITS POTINS ***

Gérard Araud

Gérard Araud (X 73, ma lettre numéro 1), ancien ambassadeur de France en Israël et aux Nations Unies, vient d’être élu président de la prestigieuse société des Amis du Louvre en remplacement de Louis-Antoine Prat dont le portrait d’un marchand dénommé Nicky Schwarz dans un ouvrage récent (Bien trop près du feu. Et autres nouvelles) avait suscité une polémique.

Bernard Arnault (X 69), PDG de LVMH, n’a pas, contrairement aux années précédentes, financé le gala annuel des anciens de Sciences Po qui avait lieu le 14 juin. Il n’a pas voulu associer le nom de son groupe à une institution qui a défrayé la chronique au cours des derniers mois par ses manifestations anti-israéliennes. Voilà qui confirme qu’il n’a rien à voir avec son homonyme Raphaël, chef de la Jeune Garde, qui vient d’être élu sous la bannière LFI avec 55 % des voix dans le Vaucluse !

Patrick Artus (X 70, ma lettre d’avril 22) met l’accent sur les risques de dégradation de l’attractivité de l’économie française dans Quelle France en 2050 ? (Odile Jacob, 2024, 216 p). Dans ce livre écrit avec Marie-Paule Virard et sous-titré Face aux grands défis en France et dans le monde, il nous enjoint de relever six défis majeurs : le vieillissement démographique, la fragmentation du monde, la transition énergétique, le réarmement industriel, la bataille de l’épargne et le passage d’une économie d’abondance à une économie de rareté. Pour lui, rien ne serait pire que de stimuler la demande en distribuant du pouvoir d’achat, ce qui semble malheureusement être au programme des deux partis qui se partagent les faveurs des Français…

Sébastien Bohler

Sébastien Bohler (X 92, ma lettre de juin 23), neurobiologiste,rédacteur en chef de la revue Cerveau & Psycho et ancien chroniqueur sur France Inter et sur Arte, fait un exposé le 26 septembre à l’Institut du cerveau sur le thème : notre cerveau nous pousse-t-il à détruire la planète ? Pour en savoir plus sur cette contradiction, cliquez sur ce lien et donnez un peu d’argent à l’ICM. Votre cerveau vous en sera reconnaissant !

Elisabeth Borne

Elisabeth Borne (X 81, ma lettre de mai 22), ancienne première ministre, candidate aux législatives dans la circonscription de Vire (Calvados), qui avait obtenu 29 % des voix au premier tour derrière le RN Nicolas Calbrix (36 %), a été élue au second tour avec plus de 56 % des voix grâce au désistement du LFI Noé Gauchard (23 %). Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, elle est promue au grade de Commandeur de la Légion d’Honneur dans la promotion du 14 juillet. Toutes nos félicitations, chère Elisabeth, mais, comme je le recommande à Jacques Veyrat (cf supra), garde-toi à gauche !

François Charbonnier (X 07), spécialiste du financement de la cybersécurité et des nouvelles technologies, vient de publier Le souffle du soleil, un roman d’anticipation lié au thème des éruptions solaires (L’ombre rouge, 2024, 378 p.). Une tempête solaire d’exception provoque sur la Terre une gigantesque panne électrique : Internet, téléphone, télévision, voitures, trains, avions, GPS, éclairage, plus rien ne fonctionne ! L’ombre rouge est une petite maison d’édition située au cœur de la galerie d’art de Thierry Schwab (X 66, ma lettre de septembre 23).

Benoit Coeuré (X 87, ma lettre d’avril 22) , président de l’Autorité de la Concurrence, appelle à la vigilance sur le marché de l’IA dans un avis publié le 28 juin qui met en garde contre la multiplicité des pratiques anticoncurrentielles qui menacent cette jeune industrie et risquent, eu égard aux énormes barrières financières à l’entrée, de conduire à une répétition de l’histoire des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft).

Caroline Cohen (D 14), chercheuse au LadHyX, sort en collaboration avec Christophe Clanet, Marc Fermigier et David Quéré, Physique Olympique, les sports expliqués par la science (Albin Michel, 240 p). Elle nous y répond à des questions comme : Peut-on soulever trois fois son propre poids ? Est-il possible d’aller à 100 km/h sur l’eau ? Quelles sont les lois de la performance sportive ? …

Antoine Compagnon (X 70, ma lettre de mars 22) a fait une conférence le 30 avril sur Les chaires scientifiques au XIXe siècle au Collège de France, à l’occasion d’une belle exposition scientifique intitulée, JO oblige, A bras le corps ! Cette expo, où on pouvait voir un diapason prêté par le Mus’X, s’est hélas terminée le 12 juillet mais vous pouvez lire les articles d’Antoine Compagnon sur Le Collège de France et les X dans les numéros 796 et 797 de la Jaune et la Rouge.

Bernard Esambert (X 54, ma lettre de mars 22), homme d’influence, président de l’Institut Georges Pompidou, ancien président du conseil d’administration de l’X (1985-93), qui vient de fêter ses 90 ans, est promu au grade de Grand-Croix de la Légion d’Honneur dans la promotion du 14 juillet. Bon anniversaire et toutes nos félicitations !

Pierre-Louis de Guillebon (X 85), directeur d’Orange Events, partenaire des Jeux Olympiques, est en charge de la connectivité des sites des JO et de la transmission des images des différentes épreuves qui convergeront de toute la France dans l’IBC (International Broadcast Center) installé dans un site de 48.000 m2 au Bourget, près du Musée de l’aéronautique et de l’espace. Espérons qu’il n’y aura pas de bug !

Valérie Faudon (X 84), DG de la SFEN (Société française de l’Energie Nucléaire), s’inquiète des conséquences de la dissolution sur l’avenir de nos programmes de construction de centrales nucléaires. Voilà sans doute quelqu’un qui, contrairement à Xavier Barbaro (X 96, cf supra), regrette le mauvais score du RN ?

Simon Henochsberg

Simon Henochsberg (X 12) annonce qu’Eramet, dont il est directeur de la stratégie, est en passe de devenir le premier producteur de lithium européen, grâce à son usine qui vient d’être inaugurée à Salta, dans le Nord-Ouest de l’Argentine, à 4.000 m d’altitude. Cerise sur le gâteau, cette usine utilise un procédé breveté d’extraction directe qui consomme beaucoup moins d’eau et a un meilleur rendement que les méthodes traditionnelles.

Ariane 6 a décollé !

Franck Huiban (X 94), ingénieur des mines, directeur des programmes civils d’Arianespace, se réjouit du succès du vol inaugural d’Ariane 6 qui intervient avec 4 ans de retard, un an après le dernier vol d’Ariane 5. Grâce au nouveau BAL (bâtiment d’assemblage des lanceurs), il escompte pouvoir faire à terme 2 lancements par mois. Pour l’instant, il faudra se contenter de 2 lancements par an. Pendant ce temps, Elon Musk, dont les fusées sont réutilisables, enchaîne 2 lancements par semaine !!!

Le site d’Emili

Patrick Kron (X 73), président d’Imerys, peut se féliciter que son projet de mine de lithium à Echassières (Allier) vienne d’être classé Projet national majeur par décret paru au JO juste avant le deuxième tour des élections. Ce classement permettra à Emili (Exploitation de Mica Lithinifère) de bénéficier de procédures administratives accélérées. Espérons que le débat public sur les impacts environnementaux et socio-économiques de ce projet « bas-carbone », qui recyclera 90 % de l’eau utilisée, n’aboutira pas, comme cela arrive souvent chez nous, à un blocage par une minorité agissante.

Roland Lescure (X 87), ministre de l’industrie sortant, candidat Renaissance, a été élu au second tour comme représentant des Français de l’étranger en Amérique du Nord, avec 54 % des voix contre 46 % pour le NFP Oussama Laraichi. Il se dit prêt à travailler avec des républicains des deux bords, même avec des LFI, pour avancer sur une démarche de compromis et éviter d’avoir Madame Le Pen à l’Élysée dans trois ans. Alors, tu préfères Mélenchon peut-être ?

Patrick Pouyanné (X 83), président de TotalEnergies, qui vient de fêter ses cent ans, a expliqué à la commission d’enquête du Sénat que l’accord de Paris, qui implique l’abandon progressif des énergies fossiles, n’est pas réaliste car l’intermittence des EnR doit être compensée par des énergies plus disponibles comme le pétrole ou plus flexibles comme le gaz naturel, même si elles sont fortement émettrices d’émissions de gaz à effet de serre. La solution préconisée par la commission d’enquête : l’entrée de l’État dans le capital de Total. Bon sang, mais c’est bien sûr !

Jean-Eric Schoettl

Jean-Eric Schoettl (X 67, ma lettre de juin 22), ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, s’associe avec le professeur Jean-Pierre Camby pour comparer la situation dans laquelle Macron a plongé la France au problème des trois corps dont on sait, depuis Henri Poincaré (X 1873), que la solution peut être erratique. Dans Trois corps, trois astres, trois blocs, un ticket pour le chaos ! JES ne se réfère toutefois pas à Henri Poincaré (X 1873) mais à Liu Cixin, un écrivain chinois de SF contemporain ! Quoi qu’il en soit, il recommande à Macron de nommer une personnalité « expérimentée, détachée des enjeux partisans, dévouée au bien public et d’une forte stature intellectuelle et morale ». Espérons qu’il trouvera mieux que le général Gaëtan Grimaudet de Rochebouët (X 1831) qui, à la suite de la dissolution de l’assemblée par MacMahon en 1877, a été nommé à la tête d’un gouvernement technique qui a duré 3 semaines…

Jean Tirole © Remy Gabalda – AF

Jean Tirole (X 73), prix Nobel d’économie, décrypte dans une tribune de La dépêche les risques que font peser sur l’économie française certaines des mesures phares de LFI et du RN. Il leur reproche notamment de vouloir donner du pouvoir d’achat aux Français tout en défavorisant la création de richesse. Ainsi, revenir sur la réforme des retraites, déjà insuffisante 2 ans après, est une folie. Malheureusement, les Français semblent aimer les fous.

*** PETITS POULETS ***

Bonsoir Hubert, Toujours intéressante ta rubrique qui fait passer un très bon moment ! … Philippe Bonnamy (X 61). Merci HLL

Je partage pleinement votre avis sur les personnes que vous citez, notamment Nathalie Charles que je connais bien. Ces personnes d’exception ont ennobli l’X…  Bien à vous. Daniel Cohen, coach de dirigeants et d’équipes de direction.

Merci, cher Hubert pour m’avoir cité à nouveau. Tu as sûrement consacré une fiche à Maurice Lauré, l’inventeur de la TVA, Pourrais-tu avoir la gentillesse de me la renvoyer ?

Très amicalement et bravo pour cette initiative ! Peux tu me renvoyer aussi la mienne ? Christian Gérondeau (X 57). Lauré était dans ma lettre de nov 22. La tienne en avril 22. Amitiés. HLL

Excellent, comme toujours. Deux petites remarques : Giscard est X44, pas X45 (deux occurrences). A propos de Jean-Eric Schoettl, voici un article qui fait la transition entre Patrick Sayer et lui.). Olivier Herz (X 79). Merci. J’ai aussitôt rectifié pour Giscard et complété pour Schoettl. HLL

Cher Hubert, 1) Suite à ta dernière lettre Xtraor, suis retombé sur le nom de Froissart (X 53), [dans le portrait de Philippe Roqueplo (X 45)] et en surfant ai trouvé l’hommage que tu lui rends. Très sympa cet hommage. 2) le rabbin Korsia n’a pas trois thèses (!), tu as dédoublé la seconde, qui est une thèse de 2017 à l’université Paris-Saclay « préparée à l’X » (à l’époque où l’X ne s’était pas encore séparée de l’UPS, divorce très dommageable, pour se mettre dans un improbable IPP), et qui fait de lui un D17. Tu peux le vérifier ici. 3) je ne suis pas sûr qu’avoir « contribué à la réussite de l’OPA de Mittal Steel sur Arcelor » soit Xtraordinaire ; surtout pour un corpsard des Mines, compte tenu du poids historique et de l’attachement qu’a eus ce corps pour établir et maintenir, à partir de 1820 et pendant 180 ans, une sidérurgie française. Bien à toi, Alexandre Moatti (X 78). Merci de ta lecture minutieuse. 1) Effectivement, j’ai écrit la notice nécrologique de Froissart : un physicien dans son siècle (la Jaune et la Rouge juin/juillet 2016) en mentionnant qu’il était à l’origine de l’Appel des 400 physiciens contre le développement de l’énergie nucléaire civile en France… 2) J’ai rectifié pour Korsia. 3) Xtraordinaire n’est pas un jugement de valeur ! HLL

Bonjour Hubert, Bravo et merci pour cette lettre et pour la belle surprise – un article sur Haïm Korsia ! Amicalement, Gala Vinogradova (D 14).

Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance, bonne fête Nationale et bon été si c’est possible !

Hubert Lévy-Lambert (X 53), fondateur de X Sursaut 😪 😪 😪

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #36

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

Voici, de Nathalie Charles (X 84) à Romain Zaleski (X 53), mes nouveaux portraits de polytechniciens Xtraordinaires et, de Pierre-Marie Abadie (X 88) à François Villeroy de Galhau (X 78), mes petits potins du mois écoulé.

*** PETITS PORTRAITS ***

  • Nathalie Charles (X 84), fonceuse
Nathalie Charles

Née en février 1966 d’un père ingénieur et d’une mère chimiste, Nathalie Botek fait ses études secondaires au collège Sainte Marie et sa prépa à Ginette. A sa sortie de l’X en 87, elle entre à la Compagnie bancaire comme analyste puis directrice du recouvrement de la filiale de crédit immobilier. En 92, elle devient directeur de projets chez Natixis avant de rejoindre en 96 la foncière Unibail Rodamco (devenue Westfield), où elle dirige notamment la méga opération Cœur Défense aux côtés de l’emblématique patron Léon Bressler. Elle entre en 2008 à EDF pour gérer son immense parc immobilier, tout en étant parallèlement membre du Conseil immobilier de l’Etat. Elle entre en 2013 chez AXA- IM comme directrice de l’asset management et du développement pour 3 pays, poste qui s’étend rapidement sur l’ensemble de l’Europe, avec pas moins de 50 G€ d’actifs à gérer ! Elle termine sa carrière corporate comme DGD de BNP Paribas Real Estate (2019-23) mais reste membre de nombreux conseils d’administration.

Qualifiée de Terrienne fonceuse dans Femmes de progrès (AX 2013), Nathalie fait en effet partie des femmes de qualité recherchées par les grandes entreprises pour atteindre le quota de 40 % de femmes requis par la loi d’ici 2030. C’est ainsi qu’elle a été membre du conseil du Crédit foncier (2012-16) et est membre depuis 2021 du conseil d’un fonds de Blackstone et vient de rejoindre ceux de Gecina et de Cofinimmo. Toutes ces activités, qui lui ont valu la Légion d’honneur en 2011, lui laissent un peu de temps pour être trésorière du groupe de Scouts de St François de Sales et mentor dans l’association Culture prioritaire.

Mariée avec un normalien, CIO d’AG2R la Mondiale, et mère de 3 enfants, Nathalie est aussi très impliquée dans sa communauté. Kessière à vie de sa promo, elle vient d’en organiser les 40 ans avec brio. Elle a fondé X au féminin et a été vice-présidente de l’AX. Elle est aussi grande donatrice de la Fondation de l’X. Merci, chère Nathalie.

  • Haïm Korsia (D 17), rabbin
Haïm Korsia

Né en 1963 à Lyon d’un rabbin né à Oran et d’une mère née à Tlemcen, qui venaient d’être rapatriés d’une Algérie que curieusement personne n’a jamais accusée de nettoyage ethnique, qui se réfugient successivement à Lyon, à Meaux puis dans un HLM de banlieue parisienne, Haïm accumule les peaux d’âne après un bac passé par correspondance : diplôme de la Reims Management School, DEA de l’École pratique des hautes études, doctorat à Poitiers sur Jacob Kaplan, doctorat de l’Université Paris-Saclay sur le suicide dans les armées, qui a fait de lui un docteur de l’X en 2017. Il exerce la fonction de rabbin quelque temps au Mans puis à Reims en 1988. Il devient en 2000 assistant du grand rabbin de France Joseph Sitruk puis Gilles Bernheim auquel il succède en 2014 après une longue campagne électorale contre 9 candidats. Il est parallèlement aumônier des Armées et aumônier de l’X. Pour la petite histoire, je l’avais invité à participer à une prière interreligieuse avec un prêtre et un pasteur lors du grand magnan que j’avais organisé en mai 2013 et il avait curieusement décliné en me disant : je ne travaille pas le samedi !

Membre de l’Académie des sciences morales et politiques, Haïm a écrit plusieurs livres remarqués par la critique, dont Être juif et Français (2006), Réinventer les aurores (2020) et, tout récemment, Comme l’espérance est violente, dont le titre est inspiré de Guillaume Apollinaire (Flammarion, mai 2024, 208 p.), ce qui lui a valu une interview par Canal Académie le 12 juin, titrée : l’espérance à toute épreuve. Il est manifestement de l’avis d’un autre Guillaume, celui d’Orange, qui disait qu’il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre !

Marié et père de 3 enfants, Haïm est officier de la Légion d’honneur, commandeur du Mérite, chevalier des Palmes académiques, médaillé de l’Aéronautique et commandeur des Arts et lettres. C’est à ce dernier titre qu’Il a remis le 29 mai, au nom de la future ex-ministre de la culture Rachida Dati, la médaille des Arts et lettres décernée le 2 novembre dernier par l’ex ministre de la culture Rima Abdul-Malak à Anne-Marie Mitterrand, gouverneur de l’Université de Jérusalem et auteur de livres fameux dont Un nom dur à porter (Ed. du Rocher, 2003), référence à son second mari Olivier Mitterrand (X 62) ou Musique russe (Séguier, 2017), référence à son premier mari.

  • Jean-Bernard Lafonta (X 80), investisseur
Jean-Bernard Lafonta (c) Challenges

Né en 1961 à Neuilly, d’un père entrepreneur et d’une mère ingénieur, Jean-Bernard fait ses études au lycée de St Cloud et sa prépa à Louis le Grand. Il entre à l’X en 80, suivi de près par et en sort dans le corps des mines. Sa sœur Florence, née en 63, le suit de près (X 83). Après un an chez Schneider, il passe 3 ans auprès du préfet de la région Lorraine puis un an à la DGEMP avant d’être nommé conseiller technique auprès de Michel Delebarre, ministre de la ville puis de Jean-Pierre Soisson, ministre de l’environnement. Il pantoufle en 93 chez Lazard qu’il quitte en 96 pour la BNP comme devenir directeur de la stratégie puis directeur des marchés de capitaux et président de la mal nommée Banque directe. Il est embauché en 2001 par le baron Seillière qui le nomme directeur général de Wendel Investissement puis président du directoire du groupe Wendel en 2005. Il y fait merveille !

Dans un contexte de plaintes tous azimuts qui le visent ainsi que son patron, classées sans suite ou suivies de relaxe, à l’exception d’un redressement fiscal curieusement porté au pénal en dépit d’un accord transactionnel, Jean-Bernard quitte Wendel en 2009 pour fonder avec Jean-Philippe Hecketsweiler et Philippe Donnet (X 80, futur patron de Generali, ma lettre de mai 22) , suivis par des pointures de la finance comme Claude Bébéar (X 55) ou Jean-Pierre Mustier (X 81), le fonds d’investissement HLD qui grossit rapidement et détient aujourd’hui une vingtaine de participations industrielles variées.

HLD défraye actuellement la chronique doublement : en introduisant le 7 juin en bourse Exosens, ex Photonis, dirigée par Jérôme Cerisier (X 92, ma lettre d’octobre 23). Cette opération est un gros succès, avec 350 M€ levés et une capitalisation supérieure au milliard, soit 3 fois le prix payé par HLD en 2021 ! Et en venant à la rescousse de Clariane en prenant 20 % de son capital pour en devenir actionnaire de référence aux côtés de Crédit Agricole Assurances (24,6 %). Anciennement dénommée Korian, Clariane a subi le contrecoup des avatars du groupe Orpéa, rebaptisé Emeis, suite à la publication du livre de Victor Castanet Les Fossoyeurs.

Bonne pioche, cher Jean-Bernard, car le nombre de vieux va augmenter régulièrement dans les années à venir. Mais trouvera-t-on assez de jeunes pour s’en occuper car les Françaises ne font plus assez d’enfants pour ne serait-ce que renouveler les générations. Mais ce n’est pas ton cas, puisque, avec ton épouse avocate, vous avez 3 enfants !

  • Philippe Roqueplo (X 45), dominicain
Philippe Roqueplo

Né en mai 1926, Philippe entre à l’X en 45. Il commence sa carrière en programmant la gestion des réserves en eau d’EDF tout en devenant membre de l’ordre des prêcheurs dominicains, depuis sa vestition en 48 jusqu’à son ordination sacerdotale en 57. Passionné par la relation entre la foi et les sciences, il enseigne la philosophie des sciences à l’Institut catholique de Paris et tient la chronique scientifique à Politique hebdo. Signataire de l’Appel des 400, lancé par mon major de sortie Marcel Froissart (X 53) en 75 contre le nucléaire civil, heureusement non suivi d’effet, il adhère au Groupement des Scientifiques pour l’Information sur l’Énergie Nucléaire (GSIEN), créé en 76. Il décide en 77 de quitter l’ordre des Dominicains et entre peu après au CNRS où il développe son analyse de l’expertise scientifique. Il est nommé responsable du secteur énergie au cabinet d’Huguette Bouchardeau, ministre de l’Environnement de Pierre Mauroy (83-84).

Philippe a écrit plusieurs ouvrages marquants, depuis Le Partage du savoir : science, culture, vulgarisation (1974) jusqu’à Entre savoir et décision, l’expertise scientifique (1997). Ses travaux ont servi à l’élaboration de la Charte de l’expertise de l’Académie des sciences (2012). Il est mort le 13 mai 2024 après une vie bien remplie, à l’aube de ses 98 ans.

  • Jean-François Saglio (X 55), écologiste

Né en 1936 de Georges Saglio, officier de marine et de Suzanne Pitavy, Jean-François fait ses études secondaires à Janson et sa prépa à Saint-Louis. Il entre à l’X dans la brillante promo 55 et en sort dans le corps des mines qui l’envoie un an à Alger en 1960 dans le cadre du plan de Constantine avant de l’affecter en Lorraine où il passera 7 ans au service des mines avant d’être nommé directeur de l’agence de l’eau Rhin-Meuse, créée par la loi de 64 à laquelle j’ai eu l’honneur de contribuer aux côtés d’Ivan Chéret (X 44, ma lettre de novembre 2020) auquel il succède en 69 à la tête du Secrétariat permanent pour l’étude des problèmes de l’eau tout en étant chargé de mission à l’Elysée auprès de Pompidou pour les questions d’éducation nationale. Il est nommé en 73 directeur de la prévention des pollutions et des nuisances, ce qui en fait le Monsieur Sécheresse en 76 puis, en 78, délégué à la qualité de la vie au ministère de l’environnement. Il comprend vite car on le retrouve en 79 à la tête de l’agence foncière et technique de la région parisienne et en 81 directeur de l’innovation puis DGA d’Elf Aquitaine. Il est quelques mois directeur général de l’industrie en 88 puis secrétaire général de Roussel Uclaf en 89, directeur général de CEA Industrie en 92 avant de revenir à ses premières amours pour présider l’agence de l’eau Rhin-Meuse jusqu’en 97. Il est ensuite ingénieur conseil et préside de nombreuses organisations dont l’Institut français de l’environnement, Airparif, BNFL, Dexter et Carlo Tassara, aux côtés de Romain Zaleski (X 53, cf ci-dessous).

Les 3 âges de la vie de Jean-François Saglio

Membre du conseil d’administration de l’Institut Georges Pompidou, Jean-François a publié en 82 avec Claude Pompidou Pour rétablir une vérité, « mémoires » de Georges Pompidou. Il avait aussi son franc-parler. Je me souviens d’un colloque organisé à Royaumont vers 1960 par le corps des mines pour réfléchir à son avenir. Il y avait pris la parole au nom des jeunes générations de corpsards qui se demandaient s’ils allaient longtemps moisir en service ordinaire et avait conclu en paraphrasant Saint Matthieu : « Vous nous dites que nous sommes le sel de la terre. Alors ne nous laissez pas moisir sous le boisseau… ». Mais sa brillante carrière montre qu’il n’a pas vraiment moisi ! Et il était encore vert en 2020, comme le montre son interview dans Le Point du 5 juillet 2020.

Officier de la Légion d’honneur, du mérite, du mérite agricole et des palmes académiques et croix de la valeur militaire, Jean-François est mort le 7 juin. Une messe a eu lieu en sa mémoire dans l’église Notre Dame des Champs noire de monde, avec d’émouvants discours de son épouse Odile et de ses 3 enfants, dont Marc-Antoine (X 89), ingénieur des ponts et prof de maths, qui a demandé à son père s’il avait trouvé là-haut la solution de la conjecture de Riemann. Mais n’aurait-il pas pu poser cette question plutôt à son frère Pierre-Olivier, magicien de son état ? Toutes mes condoléances à ceux qui restent et au revoir là-haut, cher Jean-François ? 

  • Fleur Thesmar (X 92), fleuriste
Fleur Thesmar devant ses fleurs

Née à Paris en 1972 de Paul Deheuvels, éminent statisticien et d’une mère au foyer, Fleur entre à l’X en 92 après des études secondaires à Lakanal et une prépa à Louis le Grand. Elle fait son appli à Télécom Paris suivi d’un master en ingénierie électrique à l’Imperial College à Londres. Elle commence son activité professionnelle en 97 chez Bouygues Telecom puis entre en 99 chez Tele2 France et devient consultante en 2007 dans le cabinet Lysios Public Affairs. Elle part aux USA en 2015 pour suivre son mari David Thesmar (X 92, ma lettre d’avril 22) nommé professeur au MIT. Depuis lors, elle ne se consacre plus qu’à la peinture.

Mère de 4 enfants, Fleur est une grande artiste, reconnue en France et aux USA. Ses œuvres, exposées dans diverses galeries d’art aux États-Unis, utilisent des médias allant de la vidéo à l’aquarelle et au textile.

Fleur exposait en mai ses Fleurs de Paris à la Galerie de Paris au Village Suisse (15ème) et présente actuellement au Sixième son, 4 rue Scipion (5ème) son Penrose project, projet auquel elle travaille depuis 4 ans. Vous pouvez y admirer jusqu’au 26 juin une vidéo et des photos d’arbres par Fleur et des portraits d’Arlésiens par Nicolas Sultan recouverts d’un léger pavage polygonal fait par Fleur en s’inspirant des théories du prix Nobel Roger Penrose. Courez-y, les dédales de ce sixième son valent le détour !

Cliquez ici pour en savoir plus sur le remarquable CV de Fleur et lisez son portrait par Pierre Laszlo dans la Jaune et la Rouge de mai 2023.

  • Romain Zaleski (X 53), tapissier

Romain est né en 1933 à Paris d’un père professeur de lettres à la Sorbonne et d’une mère infirmière puis médecin dans l’armée de la renaissance polonaise de l’année 1920. Tous deux feront de la Résistance et seront déportés par les nazis, l’un à Buchenwald, l’autre à Ravensbrück, mais ils en reviendront heureusement. 

Après des études secondaires à Janson de Sailly, Romain entre à l’X en 53 et en sort dans le corps des Mines. Après l’Ecole d’Artillerie à Chalons sur Marne et la guerre d’Algérie faite au Régiment d’Artillerie Coloniale du Maroc ( 1/RACM) à Batna, il est affecté au service des mines de Clermont Ferrand en 60 puis de Lille en 63 puis au Secrétariat Général de l’Energie en 66 où il devient collaborateur de Jean Couture (X 32). Il est nommé en 68 Secrétaire Général Adjoint du SGCI où il collabore avec Jean René Bernard, proche de Georges Pompidou, puis entre en 69 au cabinet de François-Xavier Ortoli, Ministre de l’Industrie où il s’occupe des affaires internationales. 

Il pantoufle en 72 chez Revillon-Compagnie Internationale de Banque où il apprend le métier d’homme d’affaires. Il en part en 79 pour devenir trésorier de l’UDF, parti de Valéry Giscard d’Estaing (X 44), poste qu’il occupe jusqu’au changement de régime en 81.

Romain se voit alors confier une mission en Italie par Michel Leveau (X 51) patron de la Compagnie Minière de l’Ogoué (Comilog), pour redresser un client, la société Carlo Tassara, qui contrôle la moitié du marché italien du manganèse mais – grave défaut – qui n’arrive pas à payer son fournisseur, la Comilog. Il réussit si bien dans cette mission que, dans la foulée, il prend le contrôle de la société Carlo Tassara dont il fait le bras armé d’une succession mirobolante d’opérations financières dans l’électricité, la banque et la sidérurgie. Parmi ses faits d’armes qui en ont fait à un moment la quatrième fortune française, il a organisé la prise de contrôle d’Edison par EDF, a contribué à la réussite de l’OPA de Mittal Steel sur Arcelor et a créé une banque en Pologne, la ALIOR BANK, dont la vente à l’Etat polonais lui a procuré une substantielle plus-value. Champion international de bridge, plusieurs fois champion de France et champion d’Italie, Romain a une fille, Hélène, d’un premier mariage avec Hania et deux fils, Wladimir et Konstantin, de son second mariage avec Hélène de Prittwitz, fastueusement célébré à Rome avec une bénédiction privée du pape polonais Jean-Paul II.

Collectionneur de peintures anciennes et de tapis d’Orient, Romain vient de créer à Brescia, dans le cadre de la Fondation Tassara à laquelle il a apporté une partie de sa fortune, la MITA (Musée International des Tapis Antiques) qualifié par la gazette DROUOT de « Louvre du Tapis ». Il a aussi créé à Amsterdam la Fondation ZYGMUNT ZALESKI en mémoire de son père. Il est en outre un donateur significatif de la Fondation de l’X et de celle des Mines de Paris et chevalier de la Légion d’honneur qui lui a été remise par Giscard en 2005 lors d’une belle cérémonie à l’Ambassade d’Italie. Normal pour un Romain ? 😊

*** PETITS POTINS ***

Pierre-Marie Abadie

Pierre-Marie Abadie (X 88), directeur général de l’ANDRA, devrait succéder à Bernard Doroszczuk comme président de l’ASN avant de prendre la tête de la nouvelle Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), qui résultera début 2025 de la fusion, longtemps contestée, entre l’ASN et l’IRSN.

Christine Lagarde
Bruno Bensasson

Maurice Allais (X 31), prix Nobel d’économie, était à l’honneur le 7 juin à l’Ecole des Mines où il a enseigné de nombreuses années, dans le cadre d’une journée d’études des voies d’une croissance verte, avec de brillants exposés de Bruno Bensasson (X 92, ancien président d’EDF Renouvelables, ma lettre de décembre 23) sur les grands défis écologiques du siècle et de Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, sur le rôle des banques centrales dans une économie en mutation.

Olivier Andries

Olivier Andries (X 81), DG de Safran (ex SNECMA), associé avec GE depuis 50 ans pour faire le moteur CFM 56 puis le Leap, annonce qu’il renouvelle jusqu’en 2050 son association avec GE pour relever le défi de l’avion vert avec un moteur baptisé Rise, réduisant de 80 % les émissions de carbone.

Gérard Araud (X 73, ma lettre numéro 1). Après Nous étions seuls, une histoire diplomatique de la France entre les deux guerres, vient de sortir un livre sur Israël, le piège de l’histoire (Tallandier, 208 p). Notre ancien ambassadeur en Israël se demande comment organiser la coexistence pacifique de sept millions de Juifs et de huit millions de Palestiniens ? Mais ne faut-il pas élargir le débat et se demander comment organiser la coexistence pacifique des Israéliens avec les milliards de musulmans qui occupent 13 millions de km2, comme Donald Trump en avait eu l’idée avec les accords d’Abraham que le Hamas a tenté de torpiller avec son pogrom du 7 octobre ?

Gilles Cosson (X 57) vient de sortir un opuscule sur La Russie de demain à la lumière de son histoire littéraire (Ed de Paris Max Chaleil, 78 p).À l’heure où plus d’un péril nous menace, Gilles observe que tout semble se résumer à une opposition, qu’il qualifie d’absurde, entre la Russie de Poutine et un Occident ayant perdu ses racines spirituelles. Pour lui, le moment est venu de se pencher sur ce que la Russie de demain peut apporter à notre univers éclaté. Soit. Mais ne faut-il pas d’abord que Poutine débarrasse le plancher ?

Guillaume-Henri Dufour

Guillaume-Henri Dufour (X 1807), général suisse, vient de voir une place baptisée à son nom dans le centre historique de Corfou, tout près du Palais de justice, en remerciement de sa contribution au renforcement des fortifications de la cité ionienne contre les Anglais en 1810, quand il était jeune officier tout juste sorti de l’X. Mais ne dites pas aux Corfiotes que leur héros se plaignait amèrement d’avoir à restaurer les fortifications de cette ile perdue au lieu d’accompagner l’Empereur à la conquête de la Russie. Il n’en serait sans doute pas revenu et n’aurait pas pu jouer un grand rôle un demi-siècle plus tard dans la fondation de la Croix-Rouge internationale avec Henri Dunant.

Arabelle © Jean-Francois Badias APSIPA

Bernard Fontana (X 81), président de Framatome, vient d’être nommé président d’Arabelle Solutions, la société qui fabrique et entretient les turbines, fabriquées à Belfort, qui équipent nos centrales nucléaires actuelles et futures. Pour la petite histoire, Arabelle avait été vendu par Alstom à General Electric en 2015, avec la bénédiction de Macron, alors ministre de l’économie. EDF vient de les racheter à GE après de longues négociations. Le même Macron pourra donc faire cocorico lorsqu’il ira à Flamanville inaugurer la turbine Christine s’il est encore à l’Elysée après le tsunami qu’il vient de créer !

Gérard Gastaud (X 59), ingénieur des Ponts, vient de sortir un petit livre très documenté et illustré sur la Mer Noire, mer des conflits (Kindle, 2024, 95 p.). Il nous y raconte l’histoire complexe et variée de cette mer qui fut mer des Barbares, mer romaine, mer byzantine et italienne, ottomane, russe inachevée, mer des guerres du vingtième siècle et, aujourd’hui, au milieu du conflit entre la Russie et l’Ukraine. Ce petit livre permet de mieux comprendre le conflit actuel et aide à tenter d’écrire des scénarios pour le futur parmi 4 possibilités : mer russo-européenne, mer russe, mer OTAN ou mer ouverte ?

Christian Gérondeau (X 57, ma lettre d’avril 22), climatosceptique par excellence, récidive en publiant Climat, tout ça pour rien (L’Artilleur, 2024), avec un avant-propos de Henri Proglio. Il ne s’y demande pas si l’homme est pour quelque chose dans les variations du climat mais explique que ce que les pays développés peuvent faire ne sert quasiment à rien, par comparaison avec les effets de l’explosion démographique des pays sous-développés, qu’il n’est pas question d’inciter à freiner. On ne s’étonnera pas que Christophe Béchu, ministre de la transition écologique, qualifie ce livre de dictionnaire des idées reçues du climatoscepticisme !

Alexandre de Juniac
Bruno Cattan X 93
Olivier Guaitella D 06

Alexandre de Juniac (X 81), président du comité de campagne de la Fondation de l’X, a fait un vibrant appel au peuple en clôture d’un petit déjeuner réunissant les grands donateurs de la Fondation pour écouter Bruno Cattan (X 93), directeur de l’entrepreneuriat et de l’innovation à l’X et quelques brillants échantillons de la jeune classe comme Olivier Guaitella (D 06) du labo de physique des plasmas. Nous lui souhaitons un grand succès dans sa campagne !

Michel Kahan (c) Thierry-Lewenberg-Sturm

Michel Kahan (X 86), lointain successeur de Guy Saïas (X 44, ma lettre de janvier 24) à la tête de la SETEC et président de Syntec-Ingénierie, se félicite du succès des ingénieurs français, et pas seulement des X, auprès des patrons étrangers réunis au sommet Choose France.

Thierry Koskas (c) RTL

Thierry Koskas (X 84), DG de Citroën, a la lourde tâche de gérer le rappel de plus de 600.000 véhicules Citroën et DS dont l’airbag fabriqué par le japonais Takata a tué quelques automobilistes en leur explosant au visage. Et pas question d’obtenir une indemnisation de Tanaka qui a fait faillite car il avait livré ces airbags défaillants à plusieurs autres constructeurs ! Mais apparemment pas à Renault, où Thierry avait été embauché en 1997 par Carlos Ghosn (X 74) et qu’il a quitté en 2019 pour rejoindre l’autre grand Carlos, Tavarès.

Pierre de Lauzun (X 69, ma lettre de mars 24), Président de l’Association des économistes catholiques, auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation financière, vient de sortir Epargner en vue du bien commun (Boleine, 2024). Il nous y explique que nous devons intégrer le fait qu’en épargnant, nous influençons le devenir de l’économie et de la société. Car l’épargne, c’est la matière première de l’investissement, et l’investissement, au niveau collectif, c’est ce qui façonne l’avenir. Epargner éthiquement, investir éthiquement, c’est donc tout simplement s’efforcer à son niveau d’influer sur la vie économique pour l’orienter dans le sens du bien commun.

François Mayer (X 45, brillant ingénieur, tromboniste et essayiste, ma lettre d’août 22), publie à 99 ans son 5ème roman, qui est la suite de  La digue de sable (2003), passionnante saga d’une famille bourgeoise dans la France de l’entre-deux-guerres, vue par Joël Bauer, un enfant curieux qui n’est autre que l’auteur. Dans A chacun son Occupation
1942-45
, il nous raconte avec sa verve habituelle la vie de la France pendant la guerre vue par un jeune juif qui réussit à entrer à l’X en 45 malgré les difficultés de la vie sous l’occupation. Il y rencontre beaucoup de gens qui deviendront célèbres, dont on reconnait facilement les pseudos transparents, comme l’Aristo qui deviendra Président de la République …  Un livre
qui se lit d’une traite, avec délectation, comme le précédent, qui mériterait sans conteste le prix Goncourt ! Editions Ovadia, 2024, 530 p.

Arthur Mensch © Toby Melville APSIPA

Arthur Mensch (X 11, cofondateur de Mistral AI, ma lettre de juin 23), qui a levé 385 M€ il y a 6 mois et signé des partenariats avec des pointures comme Cap Gemini ou Microsoft, récidive en levant 600 M€ pour poursuivre le déploiement de sa prochaine génération de grands modèles de langage. Cette jeune startup est déjà valorisée 6 G€ ! Bravo, Arthur !!

Jean-Pierre Mustier (X 81), président d’Atos, a réussi à  faire approuver le 10 juin par son conseil un projet de reprise d’Atos. Après de longues palabres arbitrées par la conciliatrice Hélène Bourbouloux, le projet de David Layani , fondateur de OnePoint, associé à Walter Butler et Econocom, l’a emporté sur celui du milliardaire Daniel Kretinski qui demandait aux créanciers un effort un peu plus grand que son concurrent. Mais cela n’empêche pas le dépeçage d’Atos qui va commencer avec la cession de Worldgrid à Alten et des activités de défense à l’Etat.

Patrick Sayer (X 77, président du tribunal de Commerce, ma lettre de novembre 23), saisi en référé d’heure à heure à la demande de la Chambre de commerce France Israël contre le honteux boycott d’Israël décidé par le gouvernement français et accentué par le tribunal de Bobigny, s’est honoré en jugeant le 18 juin que la mesure d’exclusion des sociétés israéliennes du salon de l’armement Eurosatory est discriminatoire et en ordonnant de la faire cesser sans délai. Félicitations à Henri Cukierman (X 64), président de la Chambre de commerce France-Israël pour avoir lancé ce référé ! Pour en savoir plus sur cette ténébreuse affaire, lisez l’excellent article de Noëlle Lenoir et Jean-Eric Schoettl (X 67) dans Le Point du 17 juin.

Jean-Eric Schoettl

Jean-Eric Schoettl (X 67, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, ma lettre de juin 22), explique dans le Figaro du 12 juin, avec le professeur Camby, qu’aucune dissolution n’a eu lieu sous la Vème République pour répondre à un désaveu infligé par l’électorat à un président engagé dans une campagne comme celle des Européennes. Pour lui, Macron expose imprudemment sa propre responsabilité politique et, si le pays devient ingouvernable, il en portera la responsabilité. Mais n’est-ce pas écrit d’avance ? Sachant que le scrutin majoritaire va éliminer les Macronistes et les Républicains au premier tour, il ne nous restera au second tour qu’à choisir entre la peste et le choléra !

Thomas Tranier

Thomas Tranier (X 10, ma lettre de mai 24) n’a pas été élu au conseil de l’AX, n’ayant recueilli que 990 voix malgré le battage que j’avais fait autour de sa candidature indépendante. Répondant à ma critique du système de quasi-cooptation, le président Loïc Rocard (X 91) a expliqué que le comité de recrutement avait pour objectif de faciliter le vote des électeurs et de favoriser la diversité au sein du conseil. Il est vrai que Thomas semble être un mâle blanc hétérosexuel mais je ne sais pas ce que les autres candidats recommandés par Jean-Pierre Mustier (X 81), qui était lui-même candidat, ont de plus – ou de moins – que lui ? J’ai dû partir avant la fin car j’étais aussi convié à l’AG de HEC à laquelle assistaient plus de 800 personnes dont 500 en présentiel. Quel contraste avec les 70 pelés qui étaient à l’AG de l’AX dont 50 en présentiel !

F Villeroy de Galhau

François Villeroy de Galhau (X 78, ma lettre de mai 22), gouverneur de la Banque de France, a réussi à faire reconnaitre par le Monde qu’un article du 17 mai mettant en cause son goût pour les hôtels de luxe et les vols en classe affaires avait été « publié par erreur » ! Le Monde a ainsi fait amende honorable en annonçant qu’il retitrait cet article mais qu’il n’irait pas jusqu’à le dépublier. Je suis preneur d’explications sur le sens des substantifs « retitrer » et « dépublier » ? Ne lisant plus depuis longtemps ce quotidien, je ne savais pas qu’il marchait maintenant sur les plates-bandes du Canard Enchainé.

*** PETITS POULETS ***

  • Bonjour Hubert, Encore merci pour ton portrait polytechnicien. Dans sa suite nous organisons la Première de notre film au mk2 Odéon le 29 juin ! Je serai très content de t’y croiser, n’hésite pas à partager l’évènement avec un maximum de monde : https://billetto.fr/e/premiere-officielle-du-documentaire-billets-1019194. Florian Coupé (X 06). Fait ! HLL
  • Bonjour Hubert, Comme convenu, voici quelques informations sur mon oncle, Philippe ROQUEPLO (X 45). Ce fut un homme remarquable et je souhaitais proposer d’en faire un article dans tes fort intéressants portraits. Bien amicalement. Benoit Deveaud (X 71). Mission accomplie. Voir ci-dessus. HLL
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  • Cher Camarade, Merci de m’avoir une seconde fois honoré d’une présence dans les PORTRAITS. Bien amicalement. Michel Galiana-Mingot (X 68).
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  • Un grand merci à Hubert Lévy-Lambert pour cet excellent article [dans la Jaune et la Rouge] et à la rédactrice en chef Alix Verdet pour son soutien 🙏 Hannah Mergui (M 22).

Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance.

 Et votez bien, si tant est qu’il y ait un bon vote !



Hubert Lévy-Lambert (X 53 et MBA HEC 62), fondateur de X Israël

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #35

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

Voici, de Marcel Cassou (X 61) à Thomas Tranier (X 10), mes nouveaux portraits de polytechniciens Xtraordinaires et, de Valérie Attia (fille de Samuel Attia X 56) à François Villeroy de Galhau (X 78), mes petits potins du mois écoulé.

*** PETITS PORTRAITS ***

  • Marcel Cassou (X 61), banquier voyageur
Marcel Cassou

Né en 1941 à St Savin (33) d’un officier des Douanes et d’une institutrice, Marcel passe sa jeunesse dans le Nord et montre déjà son goût pour les voyages en gagnant des Bourses Zellidja pour l’Allemagne en 57 et le Sénégal en 58. Entré à l’X en 61 après une taupe à Faidherbe (Lille), il en sort dans l’Armée de l’air qui l’affecte au CERAM pour diriger le poste d’In Amguel où la France procédait à des essais atomiques souterrains. Il réalise en 69 la première ascension estivale de la Garet el Djenoun, Montagne sacrée des Touaregs, qu’il affrontera à nouveau en 71, en faisant Paris-Abidjan en 4 L en un mois, seul à travers le désert du Tanezrouft, sans GPS bien sûr ! Infatigable, il lance en 73 une opération Sahel en détresse qui distribuera 4.000 t de vivres et construira un barrage d’irrigation dans le nord du Niger.

Veuf avec 6 enfants et 11 petits-enfants, Marcel a eu une vie professionnelle variée : constructeur d’engins balistiques à la SEREB (1964-70) ; co-fondateur en 72 de la SG2, filiale informatique de la SG où il entre en 73 comme ingénieur conseil puis directeur du département du commerce extérieur et enfin banquier conseil. Il a à son actif des financements en Chine (usine Citroën, barrage des 3 Gorges), en Iran (3 usines pétrochimiques) ou en Corée du Sud (turbines pour une centrale nucléaire). Son équipe obtient 3 années de suite le titre mondial de Best arranger.

Parti en retraite en 2001, Marcel prend la direction d’une maison de retraite et écrit de nombreux livres dont son cocon Philippe Bonnamy (X 61) – avec lequel il a créé X Auteurs, devenu XMA – a écrit moult recensions pour la Jaune et la Rouge. En 2005 : Le Transsaharien, l’échec sanglant des missions Flatters, à la recherche d’un itinéraire pour une voie ferrée entre l’Algérie et l’Afrique Noire, dont la seconde, en 1881, où toute l’équipe, qui comprenait Jules Roche (X 1872), fut assassinée par les Touaregs peu soucieux de voir les Français interférer avec leur juteux trafic d’esclaves ; en 2008 : Feu nucléaire sur l’Iran ; en 2011 : Sur les routes de la faim et La vengeance des terres rares ; en 2013 : D’un continent à l’autre ; A travers le Sahara ; en 2016 : Tombouctou vivra ; en 2020 : Cette Chine qui n’existe plus.

  • François Jacq (X 86), atomiste
François Jacq

Né en 1965 au Havre d’un père agent de maitrise, François entre à l’X en 86 après une prépa à Louis-le-Grand. Il en sort dans le corps des mines tout en obtenant un DEA de sociologie. Après quelques mois chez Rhöne-Poulenc puis à la direction des technologies avancées du CEA, il entre en 93 au Centre de sociologie de l’innovation à l’Ecole des mines dont il sort docteur. Il bifurque en 96 vers le ministère de l’Education nationale comme chargé de mission à la DG recherche-technologie puis chef du département énergie, transport, environnement et ressources naturelles. En 2000, il est nommé DG de l’ANDRA et fonde Storengy avec Gérard Mestrallet (X 68) pour stocker le gaz naturel. Il en part en 2005 pour être directeur à la direction générale de l’énergie et des matières premières jusqu’en 2007 puis conseiller technique de François Fillon à Matignon. En 2009, il est nommé PDG de Météo France qu’il quitte en 2013 pour présider l’IFREMER où il reste 5 ans. Il est nommé en 2018 administrateur général du CEA puis président en 2019. Reconduit en 2022, il y est encore au bout de 6 ans, un record pour quelqu’un qui n’est jamais resté aussi longtemps dans la même boite ! Mais il voit vraiment les choses de haut, avec sa taille de 2 m !!

François a 3 enfants de son épouse Véronique Jacq, ingénieur civil des mines (88), intégrée dans le corps des mines au tour extérieur en 93, longtemps chargée de la sûreté des installations nucléaires au ministère de l’Industrie. On imagine de quoi ils parlent le soir après le boulot 😊

  • Thomas Métivier (X 06), discounteur
Thomas Métivier

Né en 1987, Thomas entre à l’X en 2006 où, tout en faisant d’excellentes études, il trouve le temps de présider la junior entreprise X Projet, l’association sociale ASK et la Communauté chrétienne. Sorti dans le corps des mines, il est nommé en 2012 adjoint au chef du Pôle 3E (économie, emploi et entreprise) et conseiller économie du préfet de région Aquitaine à Bordeaux avant de devenir 2 ans après chef du Pôle 3E et directeur régional adjoint au SGAR, DIRECCTE Aquitaine. Deux ans après, il entre chez Cdiscount, filiale bordelaise de Cnova, filiale de Casino cotée à Amsterdam, leader français du e-commerce. Il y est successivement directeur de la stratégie, directeur de la market place, PDG de la filiale Octopia, expert en places de marché. Nommé en 2023 DG de Cnova et de C Discount, il vient d’en être nommé PDG. Alors que, suite aux déboires de Jean-Charles Naouri, le Groupe Casino ouvre une nouvelle page de son histoire avec sa reprise par Daniel Kretinski , Thomas écrit : « Je suis très heureux de faire partie du nouveau comité exécutif constitué par Philippe Palazzi pour contribuer … au redressement du groupe et à sa croissance sur le long terme ». Bon courage, cher Thomas !

  • Dominique Sénéquier (X 72), ardiante
Dominique Sénéquier

Née en 1953 à Toulon, fille de Henri Sénéquier (X 42) et petite-fille d’une prof de maths au lycée Lyautey à Casa, Dominique fait sa prépa au lycée Thiers (Marseille) et entre à l’X en 72, dans la première promo qui accueillait officiellement des femmes. Sortie dans le corps de contrôle des assurances, elle passe un DEA en économie monétaire et bancaire de l’Université Paris-Sorbonne en 76. Elle entre en 80 au Groupe des Assurances Nationales (GAN) où elle deviendra DG de Gan Participations. Le GAN était alors, avec l’UAP et les AGF, un des 3 grands groupes d’assurances français, mangés respectivement par le CIC, AXA et Allianz. Sic transit gloria mundi. Mais Claude Bébéar (X 55), qui avait fondé AXA en 85, la débauche en 96 pour fonder Axa Private Equity, une société de capital investissement qui prendra son indépendance en 2013 sous le nom d’Ardian, devenant un des leaders mondiaux de l’investissement dans le non-coté, gérant actuellement plus de 160 G$ dans de nombreux fonds implantés en Europe, en Asie et en Amérique.

Dominique a une fille, Estelle. Son compagnon Philippe Rein est malheureusement mort en 22. Elle a repris le dessus car elle est une femme combative, comme elle est qualifiée dans Femmes de Progrès (AX, 2013, 112 p), dont elle a dirigé la rédaction. Elle a été plusieurs fois classée dans la liste des femmes influentes de Forbes, juste derrière Christine Lagarde. Elle a participé à la Commission Attali en 2007. Elle a créé en 2010 la Fondation Ardian. Elle a été promue en 2021 officier de la Légion d’honneur et vient d’être élue à l’Académie des Sciences morales et politiques au siège qu’occupait Bertrand Collomb (X 60). Toutes nos félicitations !

Pour la petite histoire, Dominique et ses 6 coconnes, dont la major Anne Chopinet, ne sont pas les premières femmes X. Vous connaissez tous l’histoire de Sophie Germain (X 1794) mais vous pouvez trouver dans la Bible mon cocon Jennifer Guillermin (X 53, ma lettre de mars 23). Et vous avez peut-être oublié que l’admission des femmes en 72 avait suscité un retentissant procès intenté par une certaine C.Hameau qui avait largement dépassé la limite d’âge en 72 car née comme moi en 35 et demandait que soit refait le schicksal de 53 ! Par itération, risquaient d’être annulés tous les autres schicksals antérieurs à 72 ! Naturellement, l’AX avait réussi à étouffer l’affaire qui avait néanmoins eu droit à un article dans la Jaune et la Rouge (fév. 86, pp 32-33), intitulé L’affaire Hameau contre AX.

  • Bruno Sportisse (X 89), inriatiste
Bruno Sportisse

Né en 1970, Bruno entre à l’X en 89. Il fait un an de service à l’Ecole de l’Air à Salon et sort de l’X dans le corps des Ponts. Après un an à l’Aérospatiale où il travaille sur le projet Hermès, il passe un an à l’Agence spatiale européenne (ESA) avant d’entrer chez EDF où il travaille sur la modélisation de la qualité de l’air (projet A3UR). Il obtient en 99 un doctorat en maths app. sous la direction de Bernard Larrouturou (X 77) et travaille avec l’Ecole des ponts sur un projet de recherche sur la qualité de l’air, ce qui l’amène à créer en 2002 le CEREA (centre de recherche sur la qualité de l’air atmosphérique) qu’il va diriger jusqu’en 2007, date à laquelle il obtient une habilitation à diriger des recherches en géophysique. Il est nommé en 2008 directeur du transfert et de l’innovation de l’INRIA (Institut national de recherche en sciences et technologie du numérique) qu’il quitte en 12 pour entrer au cabinet de Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, comme conseiller innovation puis directeur adjoint de cabinet, en charge notamment du lancement de la Mission French Tech. Il devient en 14 vice-président de Thuasne, entreprise spécialisée dans les dispositifs médicaux, qu’il quitte en 16 pour créer New Argonauts, pour accompagner les dirigeants dans la transformation digitale de leur entreprise, qu’il abandonne en 17 pour crééer Skopai, start up de veille économique basée sur l’IA, avant, enfin assagi, de revenir comme Pdg à l’INRIA où il est depuis 6 ans et a été renouvelé l’année dernière ! Malgré des contestations internes, Bruno peut se targuer d’avoir plus que doublé depuis 2020 le nombre de chercheurs de l’INRIA et d’avoir lancé en décembre dernier avec Dassault et des IHU le projet Meditwin pour positionner la France comme leader européen de l’innovation en santé numérique.

Bruno a écrit 3 livres chez Springer : Air pollution, modeling and simulation (2002), Pollution atmosphérique. Des processus à la modélisation (2007)et Fundamentals in Air Pollution : From Processes to Modelling (2014) et, dans la Jaune et la Rouge, un article sur l’IA en 2019 et un sur la Souveraineté numérique en 2021.

  • Ulrich Tan (X 02), albertiste
Ulrich Tan

Né en 1980, Ulrich entre à l’X en 2002 et en sort dans le corps de Contrôle des assurances, absorbé depuis lors par le corps des Mines. Il affine sa formation à Sciences Po en 2007, à une époque où cette éminente institution n’était pas encore gangrenée par des voyous qui ne connaissent ni l’histoire ni la géographie. Il commence sa carrière de commissaire contrôleur des assurances à l’ACP (autorité de contrôle des assurances, devenue ACPR) qui l’envoie 3 ans à New York d’où il revient comme adjoint au chef de brigade. Il passe ensuite 3 ans en Asie comme représentant de la banque de France pour le Japon et la Corée. Il passe au privé en 2014 comme gérant d’Iterilum, producteur de films (?), qu’il quitte peu après pour entrer à Faurecia, fabricant d’équipements pour l’auto, comme responsable d’unité de production à Augsburg. Il y reste 7 ans, un record pour ce touche-à-tout, jusqu’à ce qu’il soit séduit, l’année dernière, par le projet d’incubateur des produits de data sciences de l’État (DataLab) lancé par la Direction interministérielle du numérique (Dinum) en vue de faire de la France « un État plus efficace, plus simple et plus souverain grâce au numérique ». Vaste programme, auquel il décide de se consacrer pour développer une IA générative souveraine française, dénommée Albert, avec l’ambition de concurrencer ChatGPT, rien de moins ! Encore un hommage à Einstein (?), à ne pas confondre avec Albert School, créée par Grégoire Genest (X 13, ma lettre de décembre 23).

Le 23 avril, dans une maison France Services à Sceaux, Gabriel Attal a inauguré l’usage d’Albert qui permettra « des procédures plus simples dans des délais plus rapides avec des réponses plus sécurisées pour des politiques publiques plus efficaces ». Bravo Albert ! Mais on espère que Gabriel a pensé à créer un nouveau ministère pour donner du travail aux 25 % de fonctionnaires que, selon la dernière lettre de l’IREF, l’IA va priver de travail ! Et qu’Albert ne sera pas le pire des bureaucrates, comme le craint Gaspard Koenig dans Les Echos du 10 mai ?

  • Thomas Tranier (X 10), indépendant
Thomas Tranier

Thomas me plait beaucoup car il a le courage de se présenter en candidat libre aux prochaines élections au conseil de l’AX, bravant la règle non écrite qui veut qu’il faut avoir été adoubé par un soi-disant « comité de recrutement » pour avoir une chance d’être élu. Seule exception qui confirme la règle : l’élection de Serge Delwasse (X 86) il y a quelques années. A noter que, curieusement, le comité de recrutement a sélectionné 2 candidats nouveaux mais n’a pas pris position sur les 8 candidats qui se représentent pour un second mandat de 4 ans. Qu’est-ce à dire ? Ont-ils tous autant de mérite qu’en 2020 ? Il est vrai que le président du comité de recrutement, Jean-Pierre Mustier (X 81) est lui-même candidat à son renouvellement. Ceci explique sans doute cela !

Une autre raison qui me pousse à vous recommander de voter pour Thomas : sa profession de foi comprend curieusement le souhait que chaque polytechnicien puisse … acheter un bien immobilier pour y faire vivre sa famille à Paris à 30 ans. En tant que fondateur de Paref, foncière cotée, je ne puis qu’acheter une telle idée, même s’il est patent que la propriété de son logement est un obstacle à la mobilité !

*** PETITS POTINS ***

Valérie Attia (2è à g.) dans le contraire de l’inverse
  • Valérie Attia (MBA HEC 87),fille du regretté Samuel Attia (X 56) et nièce du regretté André Scheimann (X 53) et de moi-même, nous a séduits en jouant avec la Compagnie du mardi au Théâtre St Jo de Clamart, avec Stéphanie Pomeau, Jacky Goupil et Laurent Korchia, Le contraire de l’inverse, une suite ébouriffante de saynètes insensées écrites par Jacky Goupil pour « spectateurs déraisonnables ». Elle envisage de jouer bientôt au Théâtre Théo. Ne la ratez pas si vous voulez vous dilater la rate !
  • Joëlle Barral (X 01, ma lettre de juillet 23), lauréate 2019 du prix Pierre Faurre (X 60), membre du conseil de l’AX, directrice de la recherche en IA de Google DeepMind, spécialiste des liens entre santé et IA, a fait une conférence le 6 mai à l’X.
La Maison de Tante Léonie à Illiers-Combray
  • Jérôme Bastianelli (X 90, ma lettre de décembre 22), directeur général du musée du quai Branly et président de la société des amis de Marcel Proust, annonce la réouverture, après 2 ans de travaux, de la maison de Tante Léonie à Illiers-Combray (Eure et Loir), le village où Marcel passait ses vacances dans sa jeunesse, qui s’appelait seulement Illiers à l’époque !
Elisabeth Borne
  • Elisabeth Borne (X 81, ma lettre de mai 22), ancienne première ministre, devient présidente du conseil stratégique des Forums Sistemic, un mouvement créé par Aude de Thuin pour engager les femmes dans la 4ème révolution industrielle, féminiser les métiers, (re) donner aux jeunes filles le goût des mathématiques et qu’il y ait plus de femmes dans les métiers d’avenir. Elle démarre sa nouvelle fonction sur les chapeaux de roues avec un Forum le 22 mai au Mucem de Marseille sous le haut patronage d’Emmanuel Macron. Le FORUM suivant aura lieu les 11 et 12 octobre à la Station F. Comme quoi il y a une vie après Matignon !
Estelle Brachlianoff veolia
  • Estelle Brachlianoff (X 92, ma lettre de mars 22), DG de Véolia, surnommée la générale des eaux, a emmené tout son état-major à New York le 18 avril pour présenter devant un parterre d’investisseurs et de journalistes son programme stratégique 2027 Green Up. Ce programme triennal est axé sur la décarbonation de 18 Mt de CO2, la régénération de 1,5 Gm3 d’eau douce et la dépollution de 10 Mt de déchets dangereux et de polluants. Estelle prévoit de doubler le volume d’activité de Veolia aux USA d’ici 2030. Bonne route, chère Estelle !
  • Sadi Carnot (X 1812), né en 1796, fils ainé de Lazare Carnot (le Grand Carnot)vous accueille au Mus’X jusqu’au 20 décembre avec une exposition axée sur le Bicentenaire des Réflexions sur la puissance motrice du feu et sur les machines propres à développer cette puissance, son seul ouvrage, publié en 1824, quelques années avant sa mort en 1832 des suites du choléra. A ne pas confondre avec son petit-neveu Sadi Carnot (X 1857), né en 1837, élu président de la République en 1887, assassiné à Lyon en 1894 par un anarchiste italien juste après avoir présidé les cérémonies du centenaire de l’X.
  • Daniel Dewavrin (X 58), ancien président de Ratier Figeac, de Luchaire, de Faurecia, de l’UIMM et de l’AX (2006-10), fils de André Dewavrin (X 32, grand résistant, alias Colonel Passy, ma lettre d’octobre 23), est mort le 21 avril. Une messe a été célébrée le 16 mai en l’église de la Madeleine par Mgr Patrick Chauvet, curé de la Madeleine.
  • Pierre-Noël Giraud (X 67), professeur d’économie à l’Ecole des Mines, sort un nouveau livre : Du pain et des Jeux (Odile Jacob, 2024). Il y prévoit que nous allons disposer de plus en plus de temps libre du fait de la robotisation et l’intelligence artificielle qui réduisent fortement le temps consacré aux activités productrices. A côté ceux qu’il appelle les nomades et les sédentaires (respectivement appelés anywhere et somewhere par Dadid Goodheart) qui devraient pouvoir tirer leur épingle du jeu, PNG craint pour un tiers-état qu’il appelle les inutiles, qui n’arriveront pas à s’intégrer et dont le nombre risque d’augmenter du fait du développement de l’IA.
  • Antoine Guyot (X 13, fondateur de Jimmy, ma lettre d’octobre 22 et Des X pour la planète) avance dans son projet de réalisation d’un SMR (petit réacteur modulaire) : il a déposé fin avril auprès de l’ASN une demande d’autorisation pour construire un réacteur de 10 MW destiné à fournir de la chaleur à la sucrerie de Cristal Union à Bazancourt (Marne). Mais il y a loin de la coupe aux lèvres : l’instruction du dossier devrait prendre au moins 3 ans. Courage, Antoine, la construction de notre premier EPR  a pris quelques années de plus !
  • Christel Heydemann (X 94, DG d’Orange, ma lettre de mars 22) réclame publiquement, conjointement avec Catherine MacGregor, DG d’Engie, Benoit Bazin (X 89), DG de St Gobain et Thomas Buberl, DG d’Axa, une volonté politique qui soutienne indiscutablement la transition écologique, tant au niveau national qu’au niveau européen. Pour tout dire, notre quatuor de grands patrons réclame une transition juste, sans menace ni contrainte, qui renforce notre cohésion sociale. Spécialiste de guerre juste, Geoffroy d’Aumale (X 61, potin de ma lettre d’avril) nous préparera peut-être un livre sur la transition juste ?
Xavier Huillard
  • Xavier Huillard (X 73), PDG de Vinci, ancien président de campagne de la Fondation de l’X, a fait approuver le 3 mai par le conseil d’administration de Vinci la nomination de Pierre Anjorlas (X 85) comme DG opérationnel avec vocation à lui succéder comme DG en avril 25. Une succession qui devrait se passer sans encombre, contrairement au cirque qui avait prévalu lors de la succession d’Antoine Zacharias entre 2006 et 2010. Il faut dire que Pierre est X Ponts, comme Xavier et que ce dernier pourrait rester président du conseil d’administration jusqu’en 2029 !
  • Franck Le Vallois (X 94),ingénieur du corps des mines, chargé du cours de Réglementation prudentielle en assurance à l’ENSAE, anciennement membre du Comité Exécutif d’Allianz France puis Directeur général de France Assureurs, vient de passer dans le monde du courtage en devenant PDG de la filiale française d’AON, multinationale britannique. Toutes nos félicitations.
  • Christian Marbach (X 56, immortel organisateur du bicentenaire de l’X et auteur de nombreux ouvrages, dont Portraits de Polytechniciens, ma lettre numéro 1) vient de publier X 56, Récit et réflexions (Sabix, 2024, 142 p) où, en égrenant ses souvenirs de son passage à l’X en 56, il se pose – et nous pose – quelques questions existentielles qui formaient le titre d’une œuvre de Gauguin de 1897-98 : D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? Si vous êtes X 56 ou pas 56 ou pas X, ce livre vous plaira ! Vous pouvez le commander en ligne dans la boutique Sabix.
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  • Olivier Martin (X 77) me signale que sa promotionécrit à tour de bras : Analyse quantitative des schémas numériques pour les équations aux dérivées partielles par Daniel Bouche (X 77) ; Etude sur la preuve originelle de l’identité combinatoire dite de Li Shanlan (1811-1882) par Félix Debierre (X 77), consacrés aux mathématiques de la Chine ancienne ; Escaliers vers le ciel, par Pierre Loiret (X 77), en quelque sorte une actualisation du pari de Pascal. A bons lecteurs, salut !
Bismuth, par Seffa Klein
  • Jérôme Poggi, Piston 91 – personne n’est parfait – mais aussi Master en histoire de l’art et diplômé de l’EHESS, fils du Raymond Poggi (X 58) et neveu de mon regretté cocon Jean-Charles Poggi (X 53), vient d’ouvrir sa galerie éponyme dans de magnifiques locaux 135 rue St Martin, juste en face du centre Pompidou. Après une exposition consacrée à Christian Bonnefoi, Jérôme a inauguré le 15 mai une belle exposition de la petite-fille du grand peintre Yves Klein, Seffa Klein, dont les tableaux ont la particularité d’être faits non pas en bleu Klein mais en Bismuth 83 !
  • Patrick Pouyanné (X 83), pdg de TotalEnergies, a signé le 22 avril un accord avec le sultanat d’Oman pour construire Marsa LNG, une usine de liquéfaction de 1 Mt/an de gaz naturel destinée à alimenter le transport maritime, alimentée elle-même par un parc solaire de 300 MWe. Premier de la classe, Total affecte cette année 5 G$ aux énergies renouvelables, soit un tiers de ses investissements.
Rouge ou Jaune, le prochain dividende de Total ?

A noter qu’avec 9 G€ d’actions rachetées en 2023, TotalEnergies est nolens volens, conjointement avec BNP Paribas (5 G€) à l’origine du projet de taxation des rachats d’actions, pratique que Macron qualifie de cynique. Il n’est pourtant pas nécessaire d’être inspecteur des finances pour comprendre qu’une société qui rachète des actions ne rémunère pas ses actionnaires mais leur rembourse ce qu’ils ont payé, souvent avec une moins-value, et que, si elle le fait, c’est parce qu’elle n’a pas l’usage des fonds correspondants et parce que le cours de l’action est déprimé. En quoi serait-ce une pratique cynique ? N’est-ce pas plutôt la rétroactivité de la mesure qui serait cynique ? PP va-t-il se venger en transférant sa cotation principale à Wall Street où Apple n’hésite pas à lancer un programme inédit de rachat d’actions de 110 G$ ?! Ou bien distribuer un dividende en liquide ? 🙂

  • Loïc Rocard (X 91) n’est pas seulement président de l’AX. Il est également, à ses moments perdus, président de Technicatome, dont il vient d’annoncer les excellents résultats. Cette ancienne filiale d’Areva construit et assure la maintenance des chaudières nucléaires destinées aux sous-marins et aux porte-avions de la marine nationale. Outre ses activités militaires, qu’il est seul à maitriser avec les USA et la Russie, Technicatome travaille aussi sur le projet Nuward de petits réacteurs civils français. Bravo, cher Loïc !
  • Eric Schoettl (X 67, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, ma lettre de juin 22)s’émeut dans le Figaro du 15 mai de la récente décision du Conseil d’Etat qui valide la décision de la Mairie de Paris d’attribuer une subvention de 100.000 € à l’association SOS Méditerranée. Financer légalement l’immigration irrégulière, voilà ce que nous devons au gouvernement des juges ! Bien qu’ayant été naguère rapporteur d’un groupe de travail sur la liaison Mer du Nord-Méditerranée, j’ignorais que Paris était sur son itinéraire. Fluctuat et mergitur 😊
  • Patrice Vergriete (X 89, ma lettre de février) approuve l’accord passé par le PDG Jean-Pierre Farandou avec les syndicats de la SNCF pour annuler quasiment la mini-réforme des retraites votée l’année dernière avec peine, en permettant aux cheminots de partir 30 mois en avance. Notre ministre des transports, apôtre des transports gratuits, affirme froidement que le contribuable ne paiera pas un centime pour financer cet accord qui devrait coûter 35 M€/an, le client étant protégé par la concurrence ! On suppose qu’il ne fréquente pas beaucoup la Gare du Nord et qu’il utilise plutôt un hélicoptère pour se rendre de son ministère bd St Germain à son fief de Dunkerque !
  • Philippe Vesseron (X 65), ingénieur général des mines, ancien délégué aux risques majeurs, s’interroge dans Le pont des idées sur les défis posés par la loi du 9 avril 2024 sur la fusion de l’ASN et de l’IRSN pour créer l’ASNR. Il insiste sur le fait que la fusion va obliger la nouvelle institution à mieux expliciter la dimension d’arbitrage « coûts-bénéfices » de ses décisions. L’ancien promoteur de La rationalisation des choix budgétaires ne peut qu’applaudir à une telle approche qui gagnerait à s’appliquer également dans des domaines aussi différents que la santé ou l’éducation.
  • François Villeroy de Galhau (X 78, ma lettre de mai 22), gouverneur de la Banque de France, fait la leçon à Macron dans sa lettre du 22 avril : L’efficacité publique…, c’est naturellement de maîtriser les déficits et la dette publique. Et c’est pour cela d’arriver à une meilleure efficacité de l’ensemble des dépenses centrales, locales et sociales. Le redressement budgétaire s’impose d’abord pour la France : c’est une illusion trop longtemps entretenue que d’espérer résoudre la dérive de nos dépenses en pariant seulement sur une future accélération de la croissance… La cause profonde du « mal français », c’est la croissance continue des dépenses publiques… Aucune mesure fiscale réaliste ne sera à la mesure de la dérive des dépenses… On aimerait savoir si FVdG considère comme réaliste la taxation des rachats d’actions (cf supra) ?

*** COURRIER DES LECTEURS ***

  • Cher camarade, Merci d’avoir cité mon ouvrage. Mais je ne suis pas un descendant du duc d’Aumale qui a pris la smala en Algérie. Le titre a été pris par la couronne de France début du 17ème siècle, suite à leur engagement avec la ligue contre Henri IV. Bravo pour tes travaux. Amicalement. Geoffroy d’Aumale (X 61). Merci. J’ai rectifié mais je note que tu es le fils d’un ambassadeur de France. Pas mal non plus ! HLL
  • Cher camarade, Merci pour ton résumé paru dans la Jaune et la Rouge de mai. Amicalement. Geoffroy d’Aumale (X 61). Mon projet de recension a été censuré de tout ce qui parlait de la guerre de Gaza. HLL. Incroyable cette censure !!! Amitiés. Geoffroy.
  • Mon cher Hubert, Je suis admiratif et interrogatif : où trouves-tu le temps -et les sources documentaires- pour mener toutes ces activités… Sous le statut d’X d’honneur -Marcel Boiteux avait été désigné ainsi par les quelques 200 membres d’EDF qui formaient le bataillon de l’X, tu pourrais -si tu ne l’as déjà fait- lui attribuer une rubrique d’Xtraordinaire… Amicalement, Alain Bernard (X 61). Bonne idée. Je l’inscris sur la liste d’attente ! HLL
  • Bonjour Hubert, Je lis toujours avec intérêt ta rubrique périodique sur les X extraordinaires. Ce mot pour te signaler ce que je crois être une erreur en ce qui concerne Geoffroy d’Aumale… Philippe Bonnamy (X 61). Merci, j’ai rectifié. Voir ci-dessus. HLL
  • Bonjour, Je souhaite me désabonner de ces portraits régulièrement encombrés de remarques qui n’ont pas l’heur de me plaire… Je suis un irréductible laic. Et je comprends mal, et c’est la seconde raison, que des gens intelligents s’évertuent encore de nos jours à défendre les pétroliers qui continuent de saccager NOTRE planète et à défendre les salaires indécents que s’octroient certains… Cordialement, Jean-Pierre Jouannaud (X 67). Tu es désabonné. Mais je ne comprends pas bien tes raisons. HLL
  • Tu es formidable Hubert ! Quel travail remarquable et précieux. Fais un lumen calameo qui est automatiquement mis à jour et peut tout récapituler. Sinon nous te le ferons à la société d’encouragement pour l’industrie nationale. Amitiés. Dr Catherine Le Louarn Déléguée générale. Ф La Société & Cie. Merci. Lumen calameo c’est koi ??? HLL
  • Cher Hubert, tes portraits sont toujours intéressants ! Bon dimanche. Marie-Louise Tronc (X 74). Merci HLL

Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance !

Hubert Lévy-Lambert (X 53), fondateur de X Monument