Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #13

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

Voici une nouvelle moisson de camarades jeunes ou vieux, vivants ou morts, qui ont attiré mon attention au cours du mois écoulé. Ce sont des personnages pas très ordinaires, comme d’habitude. Jugez-en !

  • Jean-Loup Bertaux (X 1961), astéroïde

Jean-Loup est né en 1942 à Toulouse. Entré à l’X en 1961, il fait toute sa carrière au CNRS (service d’aéronomie puis Laboratoire Atmosphères & Observations spatiales (Latmos). Il est spécialiste du milieu interstellaire, des vents solaires et des atmosphères planétaires. Il a écrit De l’autre côté du soleil en 1987 et reçu la Médaille Huygens en 2010. L’astéroïde (5235) Jean-Loup découvert en 1990 à Palomar, lui a été dédié.

Quand il a les pieds sur terre, Jean-Loup a un important violon d’Ingres : la démographie. Il est membre du conseil scientifique de l’association Démographie responsable et auteur de Démographie, climat, migrations : l’état d’urgence (2017) et co-signataire de la tribune « Réduire la population contribuerait à l’atténuation du réchauffement climatique » (Le Monde du 9 novembre 2022). Jean-Loup participait le 15 novembre avec Hervé Le Bras (63) à l’émission C ce soir : 8 milliards : sommes-nous trop nombreux ? Et il nous recommande de lire le dernier numéro de Charlie Hebdo qui aborde la question fort sérieusement.

Il a certainement raison mais il ne semble pas politiquement correct de faire remarquer que si la population du globe augmente d’un milliard tous les dix ans, cette augmentation résulte surtout de l’explosion démographique africaine qui, on le voit tous les jours, se déverse sur une Europe en hiver démographique où on discute très sérieusement de constitutionnaliser l’avortement…

  • Auriane Cano-Chancel (X 05), oncologue

Après l’X, Auriane passe un MBA en Bioscience à Cambridge, puis commence sa carrière en tant que consultante en stratégie au sein du cabinet L.E.K. Après quelque temps chez Ipsen, elle intègre en 2014 la filiale France d’AstraZeneca, où elle occupe plusieurs postes en direction marketing et ventes en psychiatrie, en cardio-vasculaire métabolisme, puis en oncologie. Elle rejoint ensuite les équipes Globales d’AstraZeneca à Cambridge, où elle passe 3 ans en tant que Lead Commercial Global de la Franchise Immuno-Oncologie. De retour en France, elle vient d’être nommée vice-présidente responsable de la stratégie et des activités commerciales et médicales de la division française de l’oncologie d’AstraZeneca qui a l’ambition de doubler le taux de survie à 5 ans dans 5 tumeurs et ainsi tendre vers la guérison de tous les cancers, actuellement de 50 %. Faisant partie des 50 % de chanceux, je ne puis que lui souhaiter de réussir.

  • Amédée Courbet (X 1847), amiral
Amédée Courbet par Eugène Appert_BNF_Gallica

Né en 1827 à Abbeville, Amédée Prosper Anatole Courbet est le fils d’un négociant en vins qui meurt en 1836. Il rentre à l’X dans les premiers en 1847 et en sort dans la Marine en 1849 après avoir participé activement à la révolution de 1848. Affecté à Toulon, il embarque sur la Capricieuse puis participe à la guerre de Crimée. Après plusieurs années à Lorient, il part aux Antilles en 1870. Capitaine de vaisseau en 1873, il est nommé gouverneur de Nouvelle Calédonie en 1879. Nommé contre-amiral, il part en Indochine en 1883 à bord du Bayard pour mater la rébellion des Pavillons Noirs et des Annamites appuyés par la Chine. Hué reconquis et la paix revenue, grâce à la victorieuse descente de la rivière Min, il est promu amiral en 1884 et reçoit l’ordre de s’emparer de Formose, ce qu’il réussit après avoir détruit la flotte chinoise à Fuzhou (alias Fou-Tcheou) en 1884. Il meurt peu après du choléra à bord du Bayard. François Coppée lui dédia ce poème :

Courbet, grand et vénéré nom !
Il vient. Il apparut et disparut trop vite,
Et sa gloire brille pour s’éteindre subite,
Ainsi que l’éclair d’un canon.
Ce qu’il fut : un marin. – Un marin c’est-à-dire
L’homme qui n’est heureux qu’en mer, sur le navire
Qui peut devenir son tombeau ;
L’homme qui, pour servir son pays, sacrifie
Et risque chaque jour, à chaque instant, sa vie…
Un marin!… et rien n’est plus beau.
Il eut ces deux amours : la patrie et l’espace…

A l’époque, Alain Peyrefitte n’était pas né et le monde ne tremblait pas encore devant la Chine !

  • Olivier Dellenbach (X 81), sérial entrepreneur

Né en 1961, fils d’un gynécologue alsacien, Olivier Dellenbach passe quelques années dans le conseil à sa sortie de l’X avant de créer la société Nat System en 1988 pour accompagner le déploiement d’ordinateurs PC dans les entreprises. Il la revend en 1998 au canadien Cognicase. Dès 1999, rejoint rapidement par sa femme Béatrice, ESCP 1988, il crée la société e-Front, plateforme technologique visant à développer des applications logicielles verticales dédiées à l’entreprise, qu’il introduit sur Alternext en 2006. Après divers changements d’actionnaire, dont Bridgepoint en 2015, elle est acquise en 2019 par BlackRock pour 1,5 G$ !

Infatigable, il crée aussitôt ChapsVision, éditeur de référence de solutions Big Data d’investigation, avec pour ambition de devenir un acteur majeur souverain de la cyberintelligence pour les entreprises et les administrations françaises, afin de leur fournir une alternative crédible à l’américain Palantir. Et pour ne pas perdre de temps, il accumule les acquisitions externes, dont Coheris, Sparkow, Flandrin, Elektron et Deveryware, financée par la BPI et Tikehau, pour développer sa plateforme d’analyse de données Argonos.

Reconnu par ses pairs, Olivier vient d’être nommé Président du Cluster Data Intelligence du GICAT (Groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres) qui rassemble une trentaine d’acteurs du renseignement.

Directement concerné, il a créé avec sa femme Béatrice la fondation HappyCap, destinée à faciliter les dispositifs permettant aux handicapés moteurs de mieux communiquer avec leurs proches.

  • Jacques Gounon (X 72), tunneliste
Jacques Gounon et Yann Leriche

Né en 1953 à Créteil, Jacques Gounon entre à l’X en 1972 et en sort dans le Corps des ponts. Après quelques années à la DDE d’Indre et Loire où il reconstruit le pont Wilson à Tours, puis au Syctom de Paris, il pantoufle en 1986 au groupe Comatec puis passe en 1991 chez Eiffage. Il fait ensuite un peu de cabinet ministériel, chez Michel Giraud puis Anne-Marie Idrac avant de devenir en 1996 Président de GEC Alsthom. Il est élu en décembre 2004 administrateur d’Eurotunnel et en est nommé PDG en juin 2005, suite à une action concertée des petits porteurs initiée par le sulfureux Nicolas Miguet, jamais vue en France – sauf peut-être à l’AX en 1975 lors des débats sur le déménagement – qui débarque la totalité du conseil en place.

Divisant cette fonction en 2 après 15 ans de pilotage unique, il quitte en 2020 ses fonctions de PDG pour devenir simple président du conseil d’administration, Yann Leriche (X 94), ancien de Transdev, étant nommé directeur général. Pour la petite histoire, je fais partie des petits investisseurs de 1987, presque tous Français – les Anglais avaient sans doute suspecté l’erreur de calcul – qui, impressionnés par les perspectives d’évolution du cours de l’action annoncées dans le prospectus d’introduction, ont été totalement lessivés lors de la restructuration du capital en 1997 puis en 2007 * . Les perspectives de trafic étaient trop optimistes et le coût réel avait été multiplié par le facteur Pi, classique à l’époque en matière de grands projets comme Concorde mais aujourd’hui porté au carré pour l’EPR. Sans y voir un retour d’ascenseur, j’ai eu le plaisir de recevoir quelques années plus tard une donation de Getlink pour le Musée de l’X !

* Voir les commentaires faits par Jacques Gounon in fine

  • Benoit Halgand (X 17), ecolofranciscain

Né à Angers dans une famille très chrétienne de 6 enfants, Benoit fait sa prépa à Ginette et entre en 2017 à l’X où il préside la communauté chrétienne tout en militant pour la cause écologique, ce qui le conduit malheureusement à participer à la lutte de certains élèves contre l’implantation d’un centre de recherche de Total sur le campus. A sa sortie de l’X, il se lance dans une année de formation à l’abbaye d’Hautecombe, au bord du lac du Bourget, en quête d’un équilibre entre militantisme et vie de prière. Début 2019, il s’engage dans le mouvement Pour un réveil écologique, mouvement d’étudiants créé en 2018 avec la volonté de « prendre leur avenir en main en intégrant dans leur quotidien et leurs métiers les enjeux écologiques et en appelant au réveil la société ». En 2020, il passe quelque temps en retraite chez les Franciscains à Vézelay en suite de quoi il envisage de fonder une nouvelle communauté chrétienne pour concilier vie de prière et engagement dans le monde. Nous lui souhaitons le plus grand succès.

  • Maurice Lauré (X 1936), père de la TVA

Né en 1917 à Marrakech où son père était officier, Maurice Lauré passe sa jeunesse à Rabat puis à Saïgon. Il entre à l’X en 1936 et en sort dans le corps des PTT. Fait prisonnier en 1940, il passe son doctorat en droit après la guerre et entre en 1945 à l’Inspection des Finances et en 1952 à la Direction générale des impôts où il invente la Taxe à la valeur ajouté, maintenant adoptée dans de nombreux pays, remplaçant les anciennes taxes sur le chiffre d’affaires qui avaient l’inconvénient d’être en cascade. Il est nommé en 1967 directeur général de la Société générale dont il devient président en 1973. J’ai eu le plaisir d’y travailler à ses côtés de 1972 à 1977. Remercié par la gauche en 1981, il entame une nouvelle carrière à 65 ans à la tête du groupe BHV-Nouvelles Galeries où il reste jusqu’en 1991.

Il est mort en avril 2001. André Babeau a écrit un grand article sur ses idées économiques dans la Jaune et la Rouge de septembre 2002. Pour la petite histoire, une exposition en novembre 2010 à Bercy, à l’occasion du bicentenaire du corps des mines, montrait les portraits des grands noms du corps depuis sa création en 1794. Maurice Lauré aurait été bien surpris de s’y trouver, entre le sénateur Pierre Laffitte et le professeur Paul Lévy ! Comme les Mormons qui baptisent tous les ancêtres de leurs nouvelles ouailles, le Corps des mines, qui venait d’absorber les Télécom en 2009, avait intégré dans cette exposition des personnes qui n’en avaient jamais fait partie de leur vivant !

  • Arnaud Prost (X 12), astronaute de réserve

Né en 1992, Arnaud entre à l’X en 2012 et en sort dans le corps de l’Armement. Il participe en 2015-2016 au projet Moonwalk à Marseille et obtient à cette occasion un brevet de plongeur professionnel. Il fait ensuite Supaéro et passe un master « Astrophysique, Sciences de l’Espace et Planétologie » à l’Université Paul Sabatier de Toulouse. Il complète sa formation par des stages à l’Institut de physique nucléaire de Moscou et au Jet Propulsion laboratory de Pasadena. Il obtient son brevet de pilote de chasse en 2020. Il a également un brevet de parachutiste et une licence de pilote commercial.

Actuellement affecté au Centre d’essais en vol d’Istres, Arnaud vient d’être nommé dans la réserve du Corps européen des astronautes de l’Agence spatiale européenne, en tant qu’astronaute remplaçant. Avec toutes ses peaux d’âne, espérons qu’il ne sera pas en surpoids 😊

  • Gilles Wainrib (X 03), Owkiniste

A sa sortie de l’X, Gilles fait une thèse en 2007 à l’Institut Jacques Monod (Paris Diderot) à l’interface math-bio sur le rôle du bruit dans le traitement de l’information par les neurones. Il s’intéresse, lors de son postdoc à Stanford en 2010, aux algorithmes d’intelligence artificielle qui s’inspirent du vivant, en particulier en utilisant le hasard et le désordre au coeur de leur processus de fonctionnement. De retour en France en 2011, à l’Université Paris 13 puis à l’ENS, il développe plusieurs collaborations avec des biologistes et des médecins pour l’étude des réseaux d’interactions biologiques en vue d’une meilleure compréhension du fonctionnement du vivant et d’applications à la médecine personnalisée. En 2016, associé avec Thomas Clozel, il crée Owkin, société dont l’objectif est d’introduire l’intelligence artificielle dans la médecine afin de découvrir de nouveaux médicaments. Owkin s’intéresse notamment à la lutte contre le cancer, et collabore avec Amgen pour améliorer la prédiction en matière cardiovasculaire. Sanofi y a investi 180 M$ l’année dernière, valorisant Owkin plus de 1 G$, en faisant une des licornes françaises les plus prometteuses du secteur de la santé, à l’instar de Doctolib ou Dental Monitoring.

Actualités

  • Redécouvrir les physiocrates, par Jean-Marc Daniel (74)

Infatigable, juste après Comprendre les crises économiques (notre lettre du 22 septembre), Jean-Marc Daniel appelle à la rescousse les physiocrates ! Dans un plaidoyer pour une économie intégrant l’impératif écologique, JMD plaide pour une troisième voie entre la destruction progressive et irrémédiable de la nature et celle, tout aussi irrémédiable, de la liberté, notamment d’entreprendre, dont il trouve les prémices chez les physiocrates, de François Quesnay à Pierre Samuel Dupont de Nemours…

Odile Jacob, 2022, 224 p.

Courrier des lecteurs

  • Merci Hubert. Quel honneur ! Le portrait est parfait. A bientôt, Guillaume Benski (97).
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  • Hubert, tu fais maintenant dans les fake news ? Je ne t’ai pas dit que le comité avait validé ta position lors de sa séance du 15 septembre. J’ai dit au contraire, que le comité, après avoir entendu un exposé de Pierre Laszlo sur la façon dont il concevait ses portraits et la transmission de témoin à Jérôme Bastianelli (X 90) qu’il organise, a approuvé la décision de ne pas retenir ta proposition de publication de tes portraits dans la JR. Tu auras le compte rendu quand il sera validé par le conseil le 17 novembre. Michel Berry (63). Cher Michel, je ne comprends pas bien ta réaction car j’ai scrupuleusement reproduit ton message dans mon courrier des lecteurs du numéro 11 ! Ce serait bien d’ailleurs si la Jaune et la Rouge avait un courrier des lecteurs ? …. HLL.
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  • Bonjour Hubert, Tu trouveras ci-joint, comme convenu, le compte rendu du comité éditorial traitant des portraits de Pierre Laszlo et de ta proposition. Bien à toi. Michel Berry : « … Michel Berry fait le point sur la candidature d’Hubert Lévy-Lambert pour publier dans la JR ses portraits « Xtraordinaires ». Ces portraits ne sont pas du tout dans l’esprit du travail de Pierre Laszlo, qui convient parfaitement à la revue, et en outre il a déjà organisé sa succession. Pas d’objection au sein du comité pour décider de ne pas publier HLL. ». Cher Michel, bravo ! Tu as présenté mes mini-portraits comme concurrents de ceux de Pierre Laszlo, ce qui est notoirement faux car j’en aurai fait cent cette année contre 10 pour Lazszlo (dont le mien, qui était excellent !). Sur cette base erronée, tu as fait prendre à ton comité de 16 personnes, sans que personne ne moufte, une décision unanime digne de l’ère soviétique. HLL.
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  • Je découvre des profils originaux qui nous changent de platitudes convenues sur les polytechniciens : merci. Jean de Bodman (69).
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  • Merci beaucoup pour cet article… Bien à vous. Laura Chaubard (99).
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  • Cher Hubert, merci pour cette nouvelle fournée. Peut-être pourrais-tu envisager une annonce sur le groupe X Facebook, 6100 membres ?… Tru Do-Khac (79). Fait, merci. HLL
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  • Bravo pour cette nouvelle édition des portraits, aussi passionnante et instructive que les précédentes… Olivier Herz (79).
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  • Merci, cher Monsieur, pour cet amical « mini-portrait » qui me touche beaucoup. L’Ecole maintient mon poste et nous parlons déjà du programme d’incorporation des X 2023 ! Bien à vous et croyez bien que je suis très sensible à votre fidélité. Patrice HOLINER.
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  • Merci Hubert, très sympa de ta part. Bien cordialement. Benjamin Revcolevschi (94).
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  • Bonjour Hubert, C’est une jolie lettre bravo… Gala Vino (D 14).

Vous connaissez des Xtraordinaires ? N’hésitez pas à me les signaler mais ne vous impatientez-pas si vous ne les trouvez pas dans ma prochaine lettre car j’ai déjà une belle liste d’attente. Il y a manifestement beaucoup d’Xtraordinaires, pas toujours connus !

Merci d’avance et bonne lecture

Hubert Lévy-Lambert (X 53), fondateur du Musée de l’X

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #12

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

Voici une nouvelle moisson de camarades jeunes ou vieux, vivants ou morts, qui ont attiré mon attention au cours du mois écoulé. Ce sont des personnages pas très ordinaires, comme d’habitude. Jugez-en !

  • Guillaume Benski (X 97), superproducteur
Guillaume Benski et HLL

Né en 1977, père deux enfants joliment prénommés Pamina et Léonard, diplômé de l’X et de Télécom, Guillaume est tombé très vite dans le chaudron du cinéma avec un premier job de superviseur financier chez ARSAM, entreprise de conseil et de financement à destination des producteurs télé et cinéma. Il devient producteur chez Divine Productions en 2006 puis il fonde Superbe Films en 2010.

Il produit un film pour moi en 2016 à l’occasion de l’appel à projets que j’avais lancé pour l’installation d’une statue d’Arago à la place de celle fondue par les Allemands en 1942. Le lauréat a été Wim Delvoye, le seul candidat non interviewé dans le film ...

Après différents films dont A good woman is hard to find (2019), Guillaume nous régale à partir du 2 novembre avec Une robe pour Mrs Harris avec Isabelle Huppert, Lesley Manville et Lambert Wilson. Découvrez-le film et courez le voir !

  • Laura Chaubard (X 99), GénéraliX
Laura Chaubard (c) Jérémy

Née en 1980 de parents respectivement profs de philo et d’histoire, Laura entre à l’X en 99 et en sort dans l’Armement. Elle passe un doctorat d’algorithmique à l’Université Paris Diderot puis passe 6 ans à la DGA en tant qu’experte du big data et de l’intelligence artificielle puis cheffe du bureau des PME stratégiques. Elle entre en 2017 au cabinet de Florence Parly comme conseillère pour l’innovation et le numérique. Elle y portera notamment avec succès la création de l’Agence Innovation Défense, du fonds d’investissement Definvest et d’une Direction Générale du Numérique. Elle est nommée en octobre 2019 DG de la Villette, à la place de la bien nommée Marie Villette, qu’elle quitte 3 ans plus tard pour être DG de l’X à la place de François Bouchet (X 86), nommé Contrôleur général des armées en mission extraordinaire. Je lui ai proposé de lui faire visiter le musée de l’X. Elle le trouvera sans doute un peu rikiki par rapport à la Villette mais elle trouvera peut-être un algorithme pour le faire grandir ! Vous pouvez voir son parcours plus détaillé dans l’exposition 50 ans…

  • Pierre de Cossé-Brissac (X 1918), mémorialiste
May Schneider,_duchesse de Brissac

Pierre de Cossé Brissac (1900-1993), 12e duc de Brissac, entre à l’X en 1918 et en sort dans dans le groupe Schneider, appartenant à la famille de son épouse May (1902-1999), épousée en 1924, qui s’affichera ouvertement avec Paul Morand (1888-1976), grand écrivain vychiste, anglophobe et antisémite, et ira après la guerre en prison pour collaboration. Il était non seulement industriel mais aussi mémorialiste avec de nombreux écrits entre 1950 et 1980, dont En d’autres temps, premier volume d’une chronique du xxe siècle, prix Saint-Simon 1975.

Contre l’avis de ses parents qui la destinaient plutôt à Rainier de Monaco ou à Jean d’Ormesson, sa fille Marie-Pierre, née en 1925 et encore active, a épousé Simon Nora, rencontré dans la Résistance, avant d’épouser un autre juif, Maurice Herzog (1919-2012), grand alpiniste dont la statue a été déboulonnée par sa fille Félicité dans Un héros (2012).

  • Antoine Guyot (X 13), nucléariste

Entré à l’X en 2013 après une prépa à Stan, Antoine passe un an à Berkeley pour apprendre à créer son entreprise puis passe un MS à l’Université Pierre et Marie-Curie. Après quels petits jobs alimentaires, dont assistant free-lance à X-HEC Entrepreneurs, il participe en 2020 à la création de JIMMY, le fournisseur de chaleur qui décarbone l’industrie grâce à son générateur thermique atomique modulaire SMR.

Après un premier tour de table de 2 M€ au début de, Jimmy Energy vient de lever 15 M€ avec l’aide de Polytechnique Ventures (voir Denis Lucquin infra), pour un petit réacteur produisant non pas de l’électricité mais de la chaleur, afin de rendre l’industrie moins dépendante au gaz. Vaste programme !

Jimmy présentait ses ambitieux projets sur BFM Business le 24 octobre.

  • Patrice Holiner (X X), maitre de chapelle
Me Patrice Holiner

Je sais qu’on peut être membre d’honneur de l’AX, selon l’article 3 des statuts mais je ne sais si on peut être polytechniciens d’honneur. Je n’en ai pas trouvé dans la Bible mais si quelqu’un mérite ce titre, c’est sans conteste Maitre Patrice Holiner qui a été directeur musical de l’Ecole pendant quasiment un demi-siècle, des années 70 à 2020.

Vous trouverez plus de détails sur sa carrière dans l’article de Pierre-René Séguin paru à l’occasion de son départ en retraite dans la Jaune et la Rouge de septembre 2020. Mais les grands hommes ne prennent jamais leur retraite et vous pourrez le voir diriger la chorale de l’X le 19 novembre à 10 h 30 à l’Eglise St Etienne du Mont, dans la messe en la, Panis angelicus de César Franck, dans le cadre de la messe solennelle organisée chaque année par X Mémorial à la mémoire des X décédés dans l’année.

  • Abdelouafi Laftit (X 86), ministre de l’intérieur
Abdelouafi Laftit Photo MAP

Né en 1967 à Tafersit (Rif oriental), Abdelouafi entre à l’X en 1986 et fait ensuite l’Ecole des Ponts. Après un bref passage dans le domaine financier en France, il rejoint en 1992 l’Office Marocain d’Exploitation des Ports (ODEP) où il est successivement directeur des ports d’Agadir, Safi et Tanger, avant d’être nommé directeur du Centre régional d’investissement de Tanger-Tétouan en 2002 puis gouverneur de la province Fahs-Anjra en 2003, gouverneur de la province de Nador en 2006, PDG de la Société d’aménagement pour la reconversion de la zone portuaire de Tanger ville en 2010, gouverneur (wali) de la région Rabat-Salé-Zemmour-Zaer en 2014 et ministre de l’intérieur en 2017.

C’est sur sa proposition qu’à la suite des accords d’Abraham, initiés par Donald Trump et non remis en cause par son successeur, SM Mohammed VI a entériné en juillet dernier une importante réorganisation des instances représentatives juives marocaines, la troisième seulement depuis 1918 !

Abdelouafi est marié et a 4 enfants.

  • Denis Lucquin (X 77), aventurier
Denis Lucquin

Après l’X, le Génie Rural et Paris Dauphine, Denis commence sa carrière au transfert de technologie de l’INRA puis rejoint le monde du capital risque : Innolion (Crédit Lyonnais), puis Sofinnova Partners où il est pendant 17 ans spécialisé en santé. Il a été Président de Sofinnova pendant 10 ans et a fondé France Biotech, l’association française des entrepreneurs en biotechnologie avant de créer Polytechnique Ventures en juillet 2021 avec Cécile Tharaud (84). Plus de détails dans la Jaune et la Rouge de septembre 2021.

  • Benjamin Revcolevschi (X 94), technologue
Benjamin Revcolevschi

Né en 1974, Benjamin entre à l’X en 94 puis fait Télécom et Dauphine. Il passe 7 ans au BCG (Boston Consulting Group), où il s’occupe des nouvelles technologies. En 2007, il entre chez Neuf Cegetel, où il s’initie à la direction opérationnelle. Il passe ensuite à SFR Business team puis est nommé DG de Fujitsu France. En 2022, il est nommé DG France et Benelux de DXC Technology, leader des services IT appartenant au classement Fortune 500. C’est ainsi que DXC France est Supporteur Officiel de #Paris2024 et fournisseur de logiciels d’entreprises préconfigurés qui permettent au Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 de planifier ses ressources et de gérer ses processus de ressources humaines. 

  • Emmanuel de Straschnov (X 03), nocodeur
Emmanuel de Straschnov

Né en 1983 à Paris de parents sinologues et sinophiles, Emmanuel fait sa Taupe à Louis le Grand, entre à l’X en 2003 et en sort dans le corps des Ponts. Il passe quelques années de conseil en stratégie chez Roland Berger à Shanghai, puis passe en 2012 un MBA à la Harvard Business School. Il y rencontre Joshua Haas et fonde avec lui Bubble, une société qui développe un langage de programmation visuel permettant la réalisation d’applications et de sites internet complexes sans avoir de compétences informatiques, en résumé no code ! Après avoir levé 6 M$ en 2019, Bubble fait un nouveau tour de table en 2021 de 100 M$ !

Emmanuel a épousé en 2019 Fala Chen, une actrice sino-américaine. Ils ont une fille Minnie, née en 2021.

  • Catherine Sueur (X 96), inspectrice
Catherine Sueur photo Eric Malot

Née en 1975 à Orléans, fille d’un sénateur socialiste, Catherine entre à l’X en 1996 puis à l’ENA (promotion René Cassin) dont elle sort dans l’Inspection des finances. Elle a un parcours professionnel impressionnant par sa diversité comme par sa rapidité : quelques années en inspection comme il se doit, puis administratrice générale adjointe du Louvre en 2007, secrétaire générale du Monde en 2011, directrice générale déléguée de Radio France en 2012, directrice générale adjointe de l’APHP en 2017. Elle revient au Monde en 2018 et préside Télérama en 2019. Elle est nommé chef du service de l’IGF le 1er mai 2022 en remplacement de Marie-Christine Lepetit. Elle aura le triste privilège de diriger un corps en extinction suite à la suppression de l’ENA. Qu’en dirait Michel Debré qui avait créé l’ENA pour éviter que les membres des grands corps de l’Etat soient choisis à la tête du client ???

Actualités

  • Le grand déclassement, par Philippe d’Iribarne

Sous-titré « Pourquoi les Français n’aiment plus leur travail », ce livre nous explique que l’entreprise se découvre depuis peu une vocation sociale. L’épanouissement des salariés, le pouvoir partagé, la survie de la planète deviennent brusquement des objectifs prioritaires. Mais cette vision angélique du monde du travail correspond-elle à la réalité ? Ne faudrait-il pas expliquer aux adeptes de la grande démission, qui bénéficient souvent des prestations de l’assurance-chômage, qu’il n’est pas raisonnable de faire venir à grands frais des étrangers pour occuper des postes dont les Français ne veulent pas.

Vous pouvez voir sa biographie dans notre lettre du 30 mai.

Albin Michel, 2022, 176 p.

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Courrier des lecteurs

  • Pour information, le comité éditorial a validé ma position lors de sa réunion du 15 septembre. Amitiés. Michel Berry (X 63). J’apprécierais de recevoir le procès-verbal. Merci d’avance. HLL
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  • Mon cher, La banalisation de l’OAS devrait te couvrir de honte de même que tes commentaires et raccourcis de cette parution au même titre que, en son temps, la banalisation de Bichelonne par certains d’entre nous. Tu finis très mal. Dommage. Michel Chappat (X 73). Il faut me lire au deuxième degré. Je ne crois pas avoir écrit en faveur de l’OAS ni de Bichelonne. HLL
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  • Cher ami Merci. A côté de tes mérites, que dire des miens ? Très amicalement René Coulomb (X 51).
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  • Bonjour, Tu aurais pu, au moins, mettre des guillemets à « tyrannicide ». Très cordialement Alain Crémieux (X 55).  J’aurais alors dû en mettre à tous mes qualificatifs ! HLL
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  • Cher Hubert, Merci beaucoup pour cette publicité. [J’espère être] aussi vaillant que toi à ton âge. Mais qui peut dire ce qu’il en sera ? Vertige de l’avenir inconnu. Tibi, Jean-Pierre Dupuy (X 60).
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  • Clairement pas toujours des modèles, à parcourir la galerie. J’aurais préféré un peu de dérision, du genre “ les gros nuls de l’X, les anti-pougne, la Kes , le Styx , le Bobar … La dérision et l’humour potache, c’est quand même plus en phase avec l’esprit de cette école qui faisait sérieusement son travail sans se prendre au sérieux. Olivier Khayat (X 83).  J’aime bien ta réaction car on me reproche généralement le contraire : trop de dérision, trop d’esprit potache ! HLL
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  • Cher Hubert, …S’agissant des portraits, je me délecte toujours autant à leur lecture… Amitiés fidèles. Marwan Lahoud (X 84). 
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  • C‌her camarade, je viens juste de lire ton message qui m »avait échappé dans la semaine de transition professionnelle entre la direction de la maintenance aéronautique et l’inspection générale des armées-armement. Je n’ai pas de commentaires à faire sur ce mini-portrait où tu cites gentiment les membres polytechniciens de ma famille ! Je te remercie. Bien cordialement. Monique Legrand-Larroche (X 82).
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  • Regretter que Bastien-Thiry ne figure pas sur le monument des X mort pour la France est une ignominie. Retire-moi de ta liste de diffusion. Henri Sterdyniak (X 70). Tu as mal lu. Ce n’est pas moi qui exprime ces regrets ! HLL
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  • Toujours aussi punchy cher Hubert. Richard Toper (X 71).
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Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance et bonne lecture

Hubert Lévy-Lambert (X 53), fondateur de X Sursaut

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #11

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

Voici une nouvelle moisson de camarades jeunes et vieux, vivants et morts, qui ont attiré mon attention au cours du mois écoulé. Ce sont des personnages pas très ordinaires, mais pas forcément des modèles. Jugez-en !

  • Jean Bastien-Thiry (X 47), tyrannicide

Né en 1927 à Lunéville, Jean-Bastien-Thiry est l’ainé de 7 enfants. Son père Pierre (X 20 S), était lieutenant-colonel d’artillerie et son grand-père capitaine de cavalerie. Sorti de l’X puis de Supaéro comme ingénieur militaire de l’air, il conçoit le missile SS10 qui sera utilisé par les armées française, américaine et israélienne. Partisan de l’Algérie française, il considère que la politique algérienne du général de Gaulle est un crime contre l’humanité, terme curieusement repris par Macron dans son discours d’Alger du 14 février 2017 ! S’appuyant sur des écrits de Saint Thomas d’Aquin, il considère le tyrannicide comme légitime et organise plusieurs attentats contre le général de Gaulle, dont Pont sur Seine en septembre 1961 et le Petit Clamart le 22 août 1962, auquel le général échappe miraculeusement, sa voiture ayant été criblée de balles. Condamné par la Cour militaire de justice, il est passé par les armes en mars 1963 au fort d’Ivry. Malgré certaines requêtes, son nom ne figure pas sur le monument aux morts de l’Ecole, pas plus que celui de Louis Rossel (X 1862), délégué à la guerre de la Commune de Paris, fusillé en 1871 par les Versaillais pour trahison.

  • Nicolas Bouleau (X 65), mathématicien philosophe

Né en 1945 à Paris, Nicolas entre à l’X en 1965 et en sort dans le corps des Ponts et Chaussées et passe en même temps un diplôme d’architecte. Il s’occupe quelque temps de la création des villes nouvelles mais bifurque rapidement vers les mathématiques et crée le centre de recherche en mathématiques de l’Ecole des ponts dont il est aujourd’hui professeur émérite. Très éclectique, il s’intéresse aux probabilités, à l’économie et à la philosophie des sciences. Parmi ses nombreux ouvrages dans ces 3 domaines, on peut citer Processus stochastiques et applications (1988), Mathématiques et Risques financiers (2009), Introduction à la philosophie des sciences (2017), Théorie des erreurs (2019) ou Ce que Nature sait, La révolution combinatoire de la biologie et ses dangers (2021), pour lequel il a été interviewé par Robert Ranquet dans la Jaune et la Rouge de mai 2021.

Nicolas tient un blog dont le dernier article, daté du 17 juin 2022, s’intitule Sauver le climat. Il y explique que la crise des subprimes ayant fait l’objet d’un concert médiatique autour du risque systémique, rapidement l’opinion publique a été effrayée, les gouvernements ont remis à flot les banques et les principaux départs de feu ont été éteints. Rien de tel pour le climat…  Cliquez ici pour lire la suite.

  • René Coulomb (X 51), porteur d’eau
Entre les Forums de La Haye et Marseille (2012)
Jusqu’au Forum de La Haye (2000)

Sorti de l’X dans le corps des Ponts et Chaussées, Licencié es Sciences, René Coulomb a fait toute sa carrière dans le secteur de l’eau, étant successivement Ingénieur en Chef des services techniques de la Ville de Paris, Chef du service des Barrages-réservoirs de la Préfecture de la Seine, puis à la Lyonnaise des Eaux en tant que Chargé de la division eau, Directeur adjoint, Directeur, puis Directeur général avant de devenir Membre du Conseil de Surveillance de Suez-Lyonnaise des Eaux puis Conseiller du Président de Suez-Lyonnaise des Eaux. René Coulomb a également exercé de nombreuses responsabilités dans plusieurs organisations professionnelles. Au niveau national en tant que Président de la Société Hydrotechnique de France, Président du SPDE, Président du CI-Eau, Administrateur de l’Agence Seine-Normandie. Il fonde en 1996 le Conseil Mondial de l’Eau dont il devient Vice-Président puis Gouverneur. Il a écrit en 2011 une présentation en 2 volumes de cette structure originale, créée pour alerter les responsables des différents pays, à tous les niveaux, sur la nécessité de donner la priorité à la résolution des problèmes de l’eau au niveau mondial.

  • Jean-Marc Daniel (X 74), économiste libéral

Jean-Marc Daniel est né en 1954 à Bordeaux. Entré à l’X en 1974, il en sort dans le corps des administrateurs de l’Insee. Economiste libéral, il est professeur émérite à l’ESCP et directeur de la revue Sociétal. Très présent sur les réseaux sociaux, il fait des chroniques pour le Monde et pour BFM. Il a écrit de nombreux ouvrages dontLe Gâchis français. 40 ans de mensonges économiques (2015), Histoire de l’économie mondiale (2021) ou La Politique économique (2022). Il a été président éphémère de X Sursaut, entre moi et Laurent Daniel. Il vient de sortir un nouveau livre : Comprendre les crises économiques, fatalité ou nécessité, avec Cristina Peiculi (Puf, 2022, 250 p.). Il y explique que tout le monde parle de crise, tout le temps. Dans ces conditions, la crise devient la normalité. Chercher à comprendre ce qui mérite d’être appelé une crise est essentiel. Et analyser comment les crises naissent, comment elles évoluent, comment elles se résorbent et pourquoi elles sont nécessaires permet de s’y adapter au lieu de les subir.

  • Philippe Hayat (X 85), entrepreneur

Né à Neuilly/Seine en 1964, Philippe Hayat est également diplômé de l’Essec. Il a fondé en 2008 l’association 100 000 Entrepreneurs, visant à transmettre l’envie d’entreprendre aux jeunes, notamment dans les zones dites « sensibles ». Il a écrit plusieurs livres dont Entreprenez ! À l’indignation, préférez l’action (2012), Momo des Halles (2014, lauréat du Festival du premier roman de Chambéry), L’avenir à portée de main (2015) et Où bat le cœur du monde (2019, Prix Filigranes). Son dernier roman, La loi du désordre (2022), se passe à l’aube de la guerre de 14.

  • Jean-Bernard Lévy (X 73), électrocuté

Né en 1955 à Suresnes dans une famille d’origine lorraine, d’un père médecin et d’une mère professeur agrégée, Jean-Bernard entre à l’X en 1973 et en sort dans le Corps des Télécom, absorbé depuis lors par le Corps des mines. Après quelques années aux Télécom, il entre chez chez Matra, puis dirige le cabinet de Gérard Longuet à l’Industrie de 1993 à 95 puis devient Pdg de Matra, Dg d’Oddo, Dg puis Président de Vivendi, Pdg de Thales. Nommé Pdg d’EDF en 2014 et renouvelé en 2019, il vient d’annoncer qu’il souhaite quitter ses fonctions avant l’échéance de son mandat. Il est question qu’il soit remplacé par Luc Rémont (X 88, Armement), directeur chez Schneider Electric, mais le gouvernement tergiverse, hésitant entre la gouvernance à une ou à deux têtes.

Critiqué pour la mauvaise disponibilité des centrales nucléaires, Jean-Bernard n’a pas hésité à mettre les pieds dans le plat lors des journées du Medef du 29 août 2022 en expliquant que la loi du 17 août 2015 avait contraint EDF à fermer des centrales nucléaires, ce qui ne fait pas appel aux mêmes corps de métiers que la construction de nouvelles centrales. Macron a vivement réagi mais c’est bien lui qui a ordonné la fermeture de Fessenheim, en croyant se faire bien voir des écolos, avant de virer un peu tardivement sa cuti.

  • Jean Muzard (X 34), aviateur libre

Né le 17 mai 1914 à Santiago de parents franco-chiliens, Jean Jacques Muzard entre à l’X en 1934, comme son cousin Jean Robert Muzard (X 1930). Il en sort sous-lieutenant dans l’Armée de l’Air et est breveté pilote à Avord en 1937. Retourné au Chili en 1940, il entend l’appel du 18 juin et s’enregistre aux FAFL en mars 1942 à Santiago, comme pilote de chasse. Arrivé en Grande-Bretagne, il est nommé au Squadron 64 de la RAF puis au Squadron 329 « Cigognes » qui participe au Débarquement au-dessus de Caen et Bayeux. Son Spitfire devant atterrir en catastrophe en Normandie occupée, il est sauvé par un boulanger français qui le cache des nazis. Il finit la guerre comme capitaine avec la médaille de la Résistance française, avec rosette, la Croix de guerre avec palmes et la Légion d’honneur. Il meurt le 12 août 1990 au Chili.

François Mitterrand le cite dans la Lettre à Anne n° 830 (12.11.1971) lors de son voyage au Chili, comme un des rares Chiliens à avoir participé au Débarquement.

  • Frédéric Oudéa (X 81), pharmacien

Né en 1963 à Paris, Frédéric Oudéa est le fils d’un brillant gastro-entérologue d’origine hongroise, mort prématurément en 1976, et d’une chercheuse dans l’industrie pharmaceutique. Il entre à l’X en 1981 et fait ensuite l’ENA (promo 87) dont il sort dans l’Inspection des finances. Après la tournée traditionnelle des Inspecteurs et un bref passage au cabinet de Nicolas Sarkozy aux Finances, il entre à la Société générale en 1995. Il est propulsé brutalement en 2008 du poste de directeur financier au poste de directeur général puis de Pdg en remplacement de Daniel Bouton, poussé à la sortie suite à l’affaire Kerviel. Mais ce n’est pas parce que la SG a perdu 3 G€, soit un demi-Kerviel bien tassé, dans la cession de sa filiale russe que Frédéric vient d’annoncer son prochain départ de la SG, pour prendre la présidence de Sanofi. Il ne sera pas le premier Pdg de la SG à se reconvertir : Maurice Lauré (X 36), dont nous parlerons dans une prochaine lettre, n’est-il pas devenu Pdg du BHV et des Nouvelles Galeries à l’âge de 65 ans suite à son éviction par Mitterrand en 1982 ?

Frédéric a 5 enfants dont 2 avec Véronique Morali et 3 avec Amélie Oudéa-Castéra, ancienne championne de tennis, actuellement ministre des sports. Il vient d’être nommé président de la Fondation de l’Ecole polytechnique en remplacement de Denis Ranque (X 70). Cliquez ici pour plus de détails.

  • Angel Prieto (X 16), ange ou bête ?
ANNA WANDA GOGUSEY

Né en 1997, Angel Prieto fait partie, avec Kadi et Laviolette (notre lettre du 28 juillet), des jeunes contestataires qui ont mis un peu d’ambiance à la cérémonie de remise des diplômes du 24 juin sur le platâl. Sorti de l’X dans le corps des Mines, il a suivi la formation du Campus de la Transition. Il a cofondé le Manifeste étudiant pour un réveil écologique et est membre du groupe de travail sur l’ESG de l’Institut français des administrateurs (IFA). D’abord analyste pour Engie, il rejoint fin 2020 The Shift Project (présidé par Jean-Marc Jancovici, X 81, notre lettre du 31 mars), pour piloter le projet Administration publique. Il prend ensuite un poste d’analyste chez McKinsey au Maroc où il conseille des acteurs publics sur la transition bas-carbone en Afrique. Il participe en 2021 en tant qu’élève du corps des Mines à l’élaboration d’un tronc commun pour la formation initiale des hauts-fonctionnaires à la transition écologique et forme un groupe de travail inter-écoles pour verdir les formations de services public.

Cliquez ici pour plus de détails sur les actions d’Angel.

Actualités

Cette nouvelle rubrique vous fait part d’évènements concernant des camarades déjà cités, qui ont récemment défrayé à nouveau la chronique.

  • Antoine Compagnon (X 70, notre lettre du 2 mars et notre recension du 23 avril) après les étés avec Montaigne (2013), Baudelaire (2014) et Pascal (2020), nous a fait passer un été avec Colette (Ed. Equateurs, 2022). Elle a, selon lui, créé quatre mythes : Claudine ; Sido, Gigi, et Colette, elle-même, grand écrivain national, monstre sacré. Admirée par Simone de Beauvoir, pionnière de la transgression et de la provocation, elle fait souffler dans ses romans ce vent de liberté qui nous manque tant aujourd’hui. Un été avec Colette (Ed. Equateurs, 2022, 248 p.)
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  • Jean-Pierre Dupuy (X 60, notre lettre du 27 juin) a publié en 2018 un livre intitulé La Guerre qui ne peut pas avoir lieu. Essai de métaphysique nucléaire. Il y concluait que si une guerre nucléaire mondiale devait se produire dans les prochaines décennies, elle mettrait initialement aux prises les États-Unis d’Amérique et non la Corée du Nord, dont le leader à l’époque se moquait cruellement du président américain, ni la Chine, mais la Russie. L’actualité fait que son livre est redécouvert aujourd’hui. Une publication en anglais va paraître, ainsi que plusieurs autres, dont une au Japon et une en Corée du Sud. Les éditions du Seuil vont le publier en collection de poche Points, actualisé pour tenir compte de la guerre larvée qui oppose la Russie aux puissances de l’OTAN et complété par une nouvelle préface de 30 pages. L’auteur serait heureux de recevoir critiques, objections, réfutations.
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Courrier des lecteurs

  • Je vois que tu n’as rien compris aux raisons qui font que j’objecte à la publication de tes portraits dans la Jaune et la Rouge. C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de place, et qu’il y a déjà une rubrique de portraits nettement plus originale et intéressante, celle de Pierre Laszlo. Il y a aussi pas mal d’inexactitudes ou de lacunes dans tes portraits, qui seraient évitées si tu montrais tes portraits aux personnes concernées (concernant le mien, je ne vois pas ce que tu dis d’intéressant pour un lecteur, à part le fait que je te résiste). Surtout, je n’ai pas dit qu’il était malvenu de mettre de l’emphase sur les qualités des X, mais qu’aujourd’hui, les X fassent leur auto-éloge par un auteur X, me semble malvenu. Ça irait pour une revue d’anciens élèves un peu potache et nombriliste, mais j’ai une autre vision de la JR. Michel Berry (63). Cher Michel, les raisons de ton opposition me paraissent spécieuses. J’aimerais connaitre l’avis des membres du Comité éditorial dont le silence est assourdissant. Et, pourquoi pas, l’avis des lecteurs de la Jaune et la Rouge ? HLL
  • Merci Hubert pour ta publication périodique de ces portraits qui me font découvrir à chaque fois des personnalités très intéressantes. Bien cordialement, Pascal Bouillon (79).
  • Cher ami, Si je lis avec intérêt tes portraits, je partage ce que dit Michel Berry. On ne peut faire paraitre dans la Jaune et la Rouge des éloges d’X déclarés « Extraordinaires » par un X. Certains en arrivent même à compléter tes « portraits » pour faire leur auto-éloge ! Quant à François Mayer il demande son portrait ! Même si le Corps des Mines est exceptionnel, la proportion de ses membres dans ta « liste » est sans commune mesure avec leur nombre dans les promotions ! J’ai préféré les articles que tu as publié dans la Jaune et la Rouge sur des X exceptionnels que nous avons connu tous les deux, Pène et Herz. Cordialement. René Coulomb (51). Crois bien que c’est involontaire. J’essaye déjà de panacher les âges et les sexes, les vivants et les morts ainsi que les bons et les mauvais car, contrairement à ce que Berry croit, extraordinaire n’est pas synonyme d’excellent. Je vais essayer d’équilibrer aussi les Corps mais je dois également veiller aux couleurs car il parait que j’ai mis 51 % de jaunes😊 HLL
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  • Cher Hubert, Merci de ton envoi, une fois de plus, fort intéressant. Anecdote qui m’a été rapportée par Jean Touz (X 30 ou 29 (?)) longtemps DRH d’EDF, témoin oculaire de la scène. Lors de l’inauguration de l’usine marémotrice de la Rance, les principaux acteurs furent salués chacun personnellement par De Gaulle. Arrivé au niveau de Robert Gibrat, De Gaulle lui dit : “Je sais tout de vous, M. Gibrat”, faisant allusion à la fois à la période vichyste et à la Rance où Gibrat avait joué un rôle essentiel. Tout De Gaulle, n’est-ce pas !… Michel Gérard (55)
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  • Cher Hubert, Merci pour ce portrait très complet. Deux petites remarques : Je ne suis que l’arrière-petit-neveu d’Amédée Mannheim, et non son arrière-petit-fils, Je suis tromboniste et non trompettiste (coquille corrigée dans la suite de l’article). C’est vraiment secondaire   Ce qui l’est beaucoup moins, c’est l’émotion éprouvée en retrouvant, dans ta lettre, Jean Coutrot qui avait été camarade de lycée, puis de Promo, de mon père Armand Mayer, et était resté un ami intime. François Mayer (X 45). Coquilles corrigées, avec mes excuses. HLL
  • Bonjour Hubert, Je lis toujours avec intérêt tes portraits. Pour répondre à ton appel je te signale 2 camarades : 1 Jean Muzard X 34 Franco-chilien qui s’est engagé dans l’aviation FFL comme pilote de Spitfire. Mais je n’ai pas beaucoup de détails. 2 Pierre Berest X70 qui vient de mourir. Voir ici. Charles-Henri Pin (56). Fait dans le précédent numéro pour Berest et dans le présent pour Muzard. HLL
  • Bonjour Hubert, merci à toi pour faire connaître mon camarade de promo Jean-Michel Pilc et son oeuvre. Bonne rentrée. Tru (79).
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Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance et bonne lecture

Hubert Lévy-Lambert (X 53), fondateur de X Sursaut

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #10

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

Voici une nouvelle moisson de camarades jeunes et vieux, vivants et morts, qui ont attiré mon attention au cours du mois écoulé. Ce sont des personnages pas très ordinaires, jugez-en !

  • Pierre Berest (X 70), mécanicien

Né le 10 mars 1950, Pierre Berest entre à l’X en 1970 et en sort dans le corps des mines. Grand spécialiste du comportement mécanique des ouvrages souterrains, il a notamment dirigé le Laboratoire de mécanique des solides de l’X (LMS) et présidé le Comité français de mécanique des roches. Il présidait depuis 2004 le Groupe permanent d’experts pour les déchets nucléaires (GPD) auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Pierre est mort le 28 juillet 2022. J’adresse une carte postale de condoléances à son épouse Lelia Picabia, à ses filles Isabel, Anne et Claire et à ses petites-filles.

La nuit n’est jamais complète, Il y a toujours puisque je le dis,

Puisque je l’affirme, au bout du chagrin,

Une fenêtre ouverte, une fenêtre éclairée

Paul Eluard

  • Michel Berry (X 63), éditorialiste

Né en 1943 à Paris, d’un père commissaire de police et d’une mère enseignante, Michel fait ses études à Lakanal et à Louis le Grand et entre à l’X en 1963. Sorti dans le Corps des mines, comme son jeune frère Gérard (X 67), qui aura l’honneur d’une prochaine lettre, il commence sa carrière comme chercheur au centre de gestion scientifique de l’Ecole des mines (1969-73) puis dirige le Centre de recherche en gestion de l’X (1974-91) avant de de devenir membre du conseil scientifique du CNRS (1992-97) et membre du conseil général des mines (1999-2008). Il a été aussi responsable de la revue Gérer et Comprendre pendant 30 ans (1985-2015), responsable de l’Ecole de Paris du management depuis 1993 et président des Amis de la musique de Deauville depuis 2015 et président du comité éditorial de la Jaune et la Rouge depuis 2013. C’est lui qui, malgré l’avis favorable de Marwan Lahoud, président de l’AX, refuse la diffusion de mes lettres dans la Jaune et la Rouge, pour trois raisons qui sont loin d’être rédhibitoires : pas de place pour une rubrique de plus, portraits incomplets ou inexacts, pas de relecture par les personnes citées et pour une quatrième raison qui me parait inappropriée : trop d’emphase sur les qualités des X, au risque de déplaire aux lecteurs non X de la revue. Peut-être les deux portraits ci-après, et d’autres passés, qui lui ont échappé,  comme David (01) ou Vezin (15) ou à venir comme Bastien-Thiry (47) ou Gergorin (66), lui montreront-t-ils que mes Xtraordinaires ne sont pas toujours des modèles en tout point. Mais un Gascon peut-il se déjuger ?

  • Jean-René Coutrot (X 1913), transhumaniste

Né en 1895, Jean-René Coutrot intègre l’X en 1913, promotion dont un quart des membres, dont le major Charles Carcopino-Tusoli, meurent à la guerre de 14-18. Grand sportif, il perd malheureusement sa jambe droite devant Craonne en septembre 1915. Plein d’énergie, il travaille plusieurs années dans une société de papeterie. Chantre de la rationalisation de l’économie, il participe aux activités du Comité national de l’organisation française et de la Commission générale d’organisation scientifique du travail. Il est en 1931 l’un des fondateurs du groupe X-Crise, dont X Sursaut est un lointain avatar. Ce groupe est dissout en 1940, certains de ses membres étant pour la Résistance, d’autres, dont Coutrot, plutôt pour Vichy. Il travaille à l’Ordre nouveau, comme Robert Gibrat (voir plus bas) et milite pour le service civil. Il publie De quoi vivre (1935), dirige les Entretiens de Pontigny et, précurseur du transhumanisme, crée avec Aldous Huxley, auteur du Meilleur des mondes et Alexis Carrel, sulfureux prix Nobel de médecine, la Fondation pour l’étude des problèmes humains, dissoute à la Libération. Déprimé, il se suicide en 1941. On le rencontre souvent dans la Digue de sable de François Mayer (45) sous le pseudo transparent de Pierre Courbot (voir plus bas).

  • Robert Gibrat (X 1922), marémoteur

Né en 1904 à Lorient, Robert Gibrat entre à l’X en 1922 et en sort major dans le Corps des mines. Il enseigne 6 ans à l’Ecole des mines de St Etienne puis travaille 5 ans à la Société générale d’entreprise et participe aux activités du groupe Ordre Nouveau. Il est nommé en 1940 directeur de l’électricité au ministère de la Production industrielle puis secrétaire d’État aux Communications dans le Gouvernement Laval en avril 1942. Bien qu’ayant démissionné dès novembre 1942 lors de l’invasion de la zone libre, il passe un an à Fresnes à la Libération et est condamné à dix ans de dégradation nationale.

Rapidement relevé de sa condamnation, rien à voir avec le sort d’un autre brillant major, Jean Bichelonne (X 1923), ministre de Vichy jusqu’à sa fin, ni avec Jérôme Carcopino, également ministre de Vichy, qui révoqua tous les juifs de l’Education nationale en 1941, ce qui ne l’empêcha pas d’être élu à l’Académie française en 1955, Robert participe après la guerre à la construction de l’usine marémotrice de la Rance puis devient directeur général du Groupement de l’Industrie Atomique (INDATOM), président du Conseil scientifique et technique d’Euratom et Président de la Société des ingénieurs civils de France et de la Société de statistique de Paris.

Mort en 1980, Robert a eu 3 filles : Corinne, épouse de François Mayer (X 45, voir plus bas), Mowgli et Fleur. Cliquez ici pour lire son éloge funèbre par Jacques Dontot (X 1935) pour la Revue des ingénieurs.

  • Laurence Jacques (X 88), biosourcière

Entrée à l’X en 1988 comme son mari Vincent Guigueno, Laurence fait les Mines à titre civil en 1990 et commence sa carrière chez Lafarge, où elle reste près de 20 ans. En 2013, elle rejoint Minafin, société de chimie fine et de chimie biosourcée. Elle y travaille sur un ambitieux projet consistant à mettre sur le marché de l’industrie alimentaire une alternative biosourcée et non toxique à l’hexane.  

Laurence est présidente du groupe Sciences ParisTech au féminin et de la plateforme publique-privée PEPPER.

Cliquez ici pour découvrir son interview de mars dernier pour l’AX et cliquez ici pour lire sa notice dans Femmes de Polytechnique (mars 2013).

  • Monique Legrand-Larroche (X 82), généralissime

Née en janvier 1962, Monique Legrand vient d’avoir sa cinquième étoile. Entrée à l’X en 1982, elle en sort dans l’armement et y occupe diverses fonctions importantes, notamment dans les hélicoptères, dont elle a le brevet de pilote. Elle est depuis 2018 directrice de la maintenance aéronautique du ministère des Armées.

Première femme à décrocher les 5 étoiles, Monique fait partie d’une famille polytechnicienne digne du Guinness des records avec ses deux frères : Marc (X 74, constructeur du viaduc de Millau, mort en 2021) et Henri (X 75), son père : Gilles (X 45, 1926-2016), ses cinq oncles paternels : Michel (X 32), Marc (X 35, mort pour la France en 1940), Jean-Claude (X 38), Luc (X45), Olivier (X 49), son grand-père : Yves Legrand (X 08) et son arrière-grand-père Lucien Maréchal (X 1875) ! Et elle a bien sûr épousé un polytechnicien, Frédéric Larroche (X 81) !! On peut ajouter que sa sœur Marie-France, la seule de sa fratrie à ne pas avoir fait l’X, est quand même ingénieure générale de l’Armement !

Les 6 frères Legrand aux Contamines en 1936. de g à dr Olivier, Gilles, Luc, Jean-Claude, Marc, Michel

Cliquez ici pour plus de détails sur la brillante carrière de Monique.

  • François Mayer (X 45), tromboniste
Photo récente des Dixieland Seniors avec François Mayer 3ème à gauche

Né en 1925, François Mayer est l’arrière-petit-neveu d’Amédée Mannheim (X 1848), qui a laissé son nom à une règle à calcul, le petit-neveu du capitaine Armand Mayer (X 1877), tué en duel en 1892 par le Marquis de Morès, deux ans avant l’affaire Dreyfus et le gendre de Robert Gibrat (X 1922, cf supra). Il a exercé des activités et des responsabilités variées dans l’industrie, jusqu’à être PDG de Creusot Loire Entreprise. Il a réalisé une centaine d’ensembles industriels dans plus de cinquante pays, tout en jouant du trombone dans un groupe New Orleans créé avec des cocons de la 45. Toujours actif après sa retraite, il a écrit La digue de sable (2003), passionnante saga d’une famille bourgeoise dans la France de l’entre-deux-guerres, vue par un enfant curieux, qui n’est autre que l’auteur,

Blues en si bémol majeur (2006) et Un portrait peut en cacher un autre (2010). Reconstitué en 1995 sous le nom de Dixieland seniors, son groupe a joué pour nous lors du premier grand magnan que j’avais organisé en 2013. Il joue encore régulièrement au Petit Journal Saint Michel, juste en face de l’Ecole des Mines. Cliquez ici pour les voir en pleine action et cliquez ici pour lire En coulisse d’un trombone, l’article Atypix que lui a consacré la Jaune et la Rouge à la suite du grand magnan de 2015.

  • Jacques Napoly (X 45), banjiste

Jacques Napoly, missaire de la Promo 45, est mort à 97 ans le 30 juillet 2022. Expert reconnu internationalement en matière de mines métalliques, il a fait toute sa carrière professionnelle au sein du groupe IMETAL (antérieurement Penarroya). 

C’était aussi un homme attachant, véritable athlète, sportif accompli, un ami fidèle, un esprit cultivé, grand lecteur, passionné par tous les nouveaux domaines, dont la physique quantique.

Excellent banjiste, Jacques a été avec François Mayer (cf supra) un des fondateurs de l’orchestre de jazz de la promo 45, et un des piliers de la formation des Dixieland Seniors.

  • Jean-Michel Pilc (X 79), pianiste

Né en 1960 à Paris, pianiste dès son jeune âge, Jean-Michel entre à l’X en 79 et en sort comme ingénieur au CNES à Toulouse (1984-87) avant d’entamer dès 1989 une carrière de musicien professionnel qui le mène en 1995 à New York, où il enseigne à NYU, puis en 2012 à Montréal où il enseigne à McGill. Interprète et compositeur aventureux, Jean-Michel a travaillé avec plusieurs légendes du jazz, a été directeur musical et pianiste de Harry Belafonte et a joué en duo avec Jessye Norman. Il est reconnu pour sa musique qui fusionne le jazz, le classique et la chanson, avec une grande invention mélodique et rythmique, un toucher magique, et une technique exceptionnelle qui captive tous les publics. Outre une riche discographie, on lui doit un livre :  It’s About Music: The Art and Heart of Improvisation (Glenn Lyon books, 2012). Cliquez ici pour voir son site personnel et cliquez ici pour le voir jouer Rimouski sunset.

Bis repetita

  • Gérard Araud (X 1973), ambassadeur

Nous vous avons présenté dans notre lettre de mars cet ambassadeur atypique qui avait écrit ses mémoires en 2019. Le voici qui récidive avec Histoires diplomatiques (Grasset, 2022, 320 p.). Dans ce livre sous-titré Leçons d’hier pour le mode d’aujourd’hui, considérant que l’invasion de l’Ukraine par Poutine nous oblige à tout réinventer, Gérard Araud propose de nourrir le réarmement intellectuel de l’opinion publique française à partir d’exemples tirés de notre histoire pour mettre en lumière toute la gamme des obstacles inhérents aux relations internationales. Allant de la Guerre de succession d’Espagne à l’invasion de l’Irak en passant par le Congrès de Vienne et le Traité de Versailles, il nous livre un véritable manuel de diplomatie avec, à chaque fois, un rappel historique des faits suivi de l’explication des choix diplomatiques et de leurs conséquences.

Courrier des lecteurs

  • Plein de nouvelles biographies pour la base famille polytechnicienne ! Olivier Azzola, bibliothécaire
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  • Merci Hubert. Très sympa 🙂 amicalement. Jean-François Clervoy (78).
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  • Cher Camarade, je ne sais pas si je le mérite mais je vous remercie pour la parution dans ce bulletin qui est bien Xtraordinaire ! Bien à vous, Djamchid Dalili (79).
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  • Cette lettre est un vrai levier de changement, mais il semble que les instances de gouvernance de l’AX soient plutôt conservatrices ainsi que 80% des camarades ayant voté lors des dernières élections AX… En tout cas, super sympa, cette lettre qui montre une vraie diversité de parcours, ce qui m’invite à réfléchir à en faire une recension sur X-Diversité. Tru-DO-KHAC (79).
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  • Pour compléter mon «mini portrait » [paru dans la lettre numéro 1], voici quelques éléments sur un « guerrier  » bien pacifique : – premier président de la commission française du développement durable – ancien président de l’Institut Pasteur – créateur de la Fondation de l’Ecole Polytechnique , de la Fondation Française pour la Recherche sur l’Epilepsie ( FFRE ) , de la  Fondation pour la Recherche sur le Cerveau ( FRC-Neurodon ) – président de l’Institut Georges Pompidou – auteur d’Une vie d’influence (Flammarion, 2013), prix Saint Simon… Amitiés et bravo pour ton incessante activité pour compléter l’image de marque de l’Ecole… Bernard Esambert (54).
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  • Merci, cher Hubert de m’avoir fait figurer sur ta liste des polytechniciens Xtraordinaires ! Il est vrai que peu d’entre nous ont pu avoir une influence nationale voire internationale, puisque j’ai été à trois reprises responsable européen de la lutte contre les accidents de la route et ai également agi sur les autres continents.​

S’agissant de notre pays, le nombre des victimes annuelles n’a-t-il pas régressé de 18.000 tués en 1972 à 3.000 environ de nos jours malgré un trafic qui a presque triplé entre temps ? Quant au nombre des blessés évités, c’est par millions qu’il se compte. Et la décroissance a été dans l’ensemble similaire ailleurs en Europe, les mêmes causes produisant les mêmes effets.

Tu ne peux évidemment tout dire, mais il se trouve également que j’ai été l’auteur en 1971 des plans actuels du RER de l’Ile-de-France, qui a doté contre les vues de la RATP et de la SNCF de l’époque la région capitale du plus puissant réseau de transports en commun d’Europe, avec notamment la grande station centrale « Chatelet-les-Halles » qui a bouleversé les conditions de transport de millions de Franciliens. Ceci restera ma plus grande fierté d’ingénieur (Cf mon livre  » La saga du RER »).

Je termine sur une suggestion sans doute inutile. Je pense que tu as fait figurer sur ta liste Maurice Lauré, l’inventeur de la TVA qui a conquis et bouleversé le monde. Le Chinois qui achète aujourd’hui une voiture ou le Brésilien un vêtement et acquittent la TVA lui rendent hommage sans le savoir. Il n’est pas beaucoup d’hommes – ou de femmes – dont l’invention ait conquis la planète. Comment se fait-il d’ailleurs que l’Ecole ne lui ait pas consacré une salle alors que ce devrait être l’une de ses plus grandes gloires ? Merci encore. Amitiés. Christian Gérondeau (X 57). Réponse : ce sera bientôt fait mais j’ai une grande liste d’attente ! HLL

  • Merci beaucoup Hubert pour ce portrait ! Je suis un peu jeune pour être un boomer, mais dans ma tête c’est sans doute un peu le cas ! Amitiés, Vincent Le Biez(X 04)
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  • Bravo pour ta précision et ton humour. Les titres de tes rubriques sont toujours très spirituels. CLL
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  • Bonjour Hubert, Tu nous demandes de te signaler les noms de polytechniciens atypiques. Je vais faire preuve d’immodestie : Pourquoi pas moi ?   Je crois avoir été assez atypique, dans ma carrière professionnelle comme dans les activités de retraité.   Mais peut-être pas au niveau suffisant.   A toi de voir ! Sens-toi très libre.   Amicalement François Mayer (45).  R : tes désirs sont des ordres ! HLL
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  • Cher camarade, A la suite de l’article élogieux que tu as fait à mon sujet, je te dois un double merci, d’abord pour m’avoir inclus dans les Xtraordinaires…mais surtout pour avoir créé un nouveau critère dans ce classement, celui de la vie familiale. Tu as toute mon admiration pour l’activité que tu dépenses au profit de notre promo et de l’Ecole. Continue encore longtemps ! Avec toute mon amitié. Michel Perreau (53).
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  • Cher Hubert, « ni cet excès d’honneur, ni cette indignité ». Grande surprise de trouver mon mini portrait parmi les X qui sortent de l’ordinaire. Grand plaisir aussi et surtout de découvrir des camarades dont la diversité des devenir témoigne que les X sont tout sauf normés. Il serait intéressant de rechercher ce que tous les X, si divers soient-ils, ont en commun. Sans doute l’exigence, la rigueur, la passion et une certaine humilité qui les distingue de bien d’autres…  Jean Salmona (56).
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Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance et bonne lecture

Hubert Lévy-Lambert (X 53), fondateur de X Sursaut, de X Monument et d’Amusix…

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #9

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

Voici, pour occuper votre été, une nouvelle moisson de camarades jeunes et vieux, vivants et morts, qui ont attiré mon attention au cours de ce mois. Ce sont des personnages pas très ordinaires, jugez-en !

  • Charles Chanson (X 22), artilleur des rizières
Charles Chanson en 1922 (c) Ecole Polytechnique

Né en 1902 à Grenoble, fils du général Henri Chanson (X 1890), petit-fils du général Achille Chanson (X 1858), Charles Chanson sert en Algérie et au Maroc de 1924 à 1932. Il est ensuite inspecteur des études à Polytechnique puis sert à l’État-Major de la 6e armée. Il est affecté à Alger après l’armistice. Après le débarquement de 1942 en Afrique du Nord, il dirige le groupe français de réarmement.et rallie les forces de la France libre. Colonel en 1945, commandant l’artillerie de la 3e division d’infanterie coloniale en Indochine en 1946, il est promu général en 1947 et reçoit en 1948 le commandement des forces terrestres du Tonkin. En 1949, commandant des forces françaises du Viêt-Nam Sud et commissaire de la République, il réunit pouvoirs civils et militaires. Son action de « pacification » est louée par le général de Lattre. Il est victime d’un kamikaze caodaïste en juillet 1951 à Vinh Long (Vietnam). Voir plus de détails sur wikipedia et dans La Jaune et la Rouge d’octobre 1999 et sa biographie par Pierre Guillet Pour l’honneur : le général Chanson en Indochine, 1946–1951 (1992).

  • Jean-François Clervoy (X 78), lunatique
Jean-François Clervoy

Né en 1958 à Longeville les Metz, Jean‑François fait ses études au lycée franco-libanais de Beyrouth puis au Collège militaire de Saint-Cyr-l’École et sa prépa au Prytanée de La Flèche. Sorti de l’X dans l’Armement, il intègre SUPAERO en 1983. Sélectionné pour faire partie du deuxième groupe d’astronautes français en 1985, il obtient son brevet d’Ingénieur Navigant d’Essai à l’EPNER en 1987. Il intègre en 1992 le corps des astronautes de l’ESA qui le détache auprès de la NASA à Houston. Avec deux vols sur Atlantis (1994 et 1997) et une sur Discovery (1999, pour réparer Hubble), il totalise 675 heures dans l’espace. Il a raconté sa mission vers Hubble dans Histoire(s) d’Espace (2009).

Jean-François a pris en 2006 la présidence de Novespace, créée par le CNES en 1986 pour promouvoir des transferts de technologies spatiales vers d’autres secteurs industriels. Il a dans ce cadre créé Air Zéro g pour ouvrir au public les vols paraboliques. Cliquez ici si vous voulez voler en apesanteur avec lui dans un Airbus A 310 !

  • Marc Darmon (X 83), cybermélomane
Marc Darmon

Né en 1964 à Paris, Marc rêve dans sa jeunesse d’être chef d’orchestre, sans doute inspiré par son père Jacques Darmon (X 59, inspecteur des finances) qui présida l’Opéra de Paris mais il finit par entrer à l’X en 1983, et en sort dans les Télécom. Après un début de carrière chez Alcatel, il est aujourd’hui DGA de Thalès et grand spécialiste de la cyber-sécurité, ce qui ne l’empêche pas de faire la chronique des DVD sur la Jaune et la Rouge depuis 2016, en attendant que l’indéboulonnable Jean Salmona (X 56, voir plus bas) lui cède sa page après plus de six décennies de bons et loyaux services !

  • Grégoire Genest (X 13), relativiste
Grégoire Genest

Né en 1994, Grégoire entre en 2013 à l’X, en sort dans la finance, puis crée en 2016 Chrysothemis (en hommage à Sophocle ?) et co-fonde en 2017 NEOS, une nouvelle solution de paiement en magasin. Infatigable, il crée maintenant l’Ecole Albert (en hommage à Einstein) avec Matthieu Heurtel (X 12), ancien du cabinet de Cédric O, qui s’installera dans les anciennes faïenceries de Choisy le Roi, rue de Paradis. A pour ambition de former des promotions de 800 matheux à l’analyse des données pour les entreprises, pour en faire des data scientists.

  • Sirine Kadi (X 17) et Salomé Laviolette (X 17), contestataires
Bifurqueurs-le Monde-Gala Vanson

Le 24 juin, lors de la cérémonie de remise des diplômes de l’X, dont le fil rouge était trouver sa place, ces deux Xettes sont montées sur la scène et, rejointes par une cinquantaine d’autres élèves de leur promo, se sont lancées, à la grande surprise des familles et de la « strass », dans une vive critique du capitalisme en général et notamment de la non-prise en compte de l’urgence climatique et sociale.

Cliquez ici pour lire l’article forcément dithyrambique consacré par le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) à cette initiative et à des évènements analogues survenus lors de la remise des diplômes de Centrale Nantes, Sciences Po ou AgroParisTech.

Curieusement, Sirine travaille comme économiste à la Direction générale du Trésor. Le loup dans la bergerie !

Vincent Le Biez (04), qui les suit opportunément dans l’ordre alphabétique, leur répond ci-après !

  • Vincent Le Biez (X04), boomer
Vincent Le Biez

Originaire du Cotentin, Vincent Le Biez sort de l’X dans le Corps des Mines. Il débute sa carrière en 2010 à la Direction de l’énergie et de l’environnement d’Ile-de-France (DRIEE-IF). Il rejoint ensuite en 2013 la Direction générale du Trésor où il participe notamment aux négociations conduisant à feu l’accord de Vienne (JCPOA) de 2015. Il rejoint l’Agence des participations de l’État en 2015.

Proche de Hervé Mariton (X 77), il a été secrétaire général de son club de réflexion Réforme et modernité. Passionné de philosophie, il se demande ce que la politique peut apprendre des sciences des systèmes complexes comme la biologie, la théorie des jeux, la physique statistique ou la thermodynamique loin de l’équilibre dans Platon a rendez-vous avec Darwin (Les Belles Lettres, 2021).

Face à la débauche de contestations de la part de jeunes diplômés de grandes écoles qui veulent renverser la table, comme les susvisées Sirine et Salomé (X 17), Vincent leur signale gentiment que la France attend vos solutions, pas vos états d’âme ! (Le Figaro du 28 juin)

  • Aurélie Moy (X 13), redirectionniste
Aurélie Moy, redirectionniste
Vincent Rabaron

Née en 1995, Aurélie intègre l’X en 2013 et commence sa carrière dans un grand cabinet de consultants mais comprend vite que ce n’est pas ainsi qu’elle pourra contribuer à résoudre l’urgence écologique et le dérèglement climatique. C’est ainsi qu’elle crée Ty Villages, un village de maisons minimalistes à St Brieuc avant de partir pour la Drôme, dans un château du XIXème siècle transformé en lieu de vie participatif intergénérationnel pour créer avec Vincent Rabaron (X 02), qui a commencé sa carrière dans une grande entreprise de travaux publics mais a, comme Aurélie, viré sa cuti très vite, Vingt-et-un Vingt-deux, une agence de redirection écologique, et pour enseigner l’acroyoga.

Le château Pergaud
  • Théau Quazza (X 20) et Rémi Soulas (X 20), 4L’éctriXiens
Théau Quazza et Rémi Soulas
4L dans le désert

Théau et Rémi se lancent dans un projet pionnier de participation en équipage électrique à l’édition 2023 du rallye-raid 4L Trophy : 6.000 km à faire en dix jours en février 2023 de Paris à Marrakech à bord d’une Renault 4L convertie en électrique. Actuellement en stage de fin de deuxième année, Théau et Rémi cherchent des sponsors pour les aider à financer l’achat et la conversion d’une 4L et montrer la robustesse de l’électrique jusque dans les profondeurs du désert marocain. 

Cliquez ici pour plus de détails.

  • Jean Salmona (X 56), mélomane
Jean Salmona X Insights

Jean est issu d’une famille séfarade que l’Histoire a promenée de l’Espagne à l’Empire ottoman et la Grèce avant d’arriver à Marseille où il fait ses études et habite encore.  Sorti de l’X dans le corps des Administrateurs de l’INSEE, Jean a fait l’essentiel de sa carrière dans le secteur public. Il a créé en 1971 l’ONG Data for Development dont il a été président jusqu’en 1996. Il a été PDG de CESIA, privatisée en 1998, et qui est devenue Unilog consultants. Il a lancé en 2009 la revue ParisTech Review, devenue Polytechnique Insights. Il est maintenant Associé-gérant de J&P Partners et senior advisor chez Ardian

Grand mélomane et musicien, Jean a écrit Une Fugue de Bach (2015) et fait depuis 1961 la chronique des CD sur la Jaune et la Rouge, accompagné depuis 2016 par Marc Darmon (X 83, voir ci-dessus) qui s’est spécialisé dans les DVD en attendant patiemment qu’il prenne sa retraite !

Cliquez ici pour lire sa biographie par Pierre Laszlo dans la  Jaune et la Rouge de décembre dernier.

  • Michel Virlogeux (X 65), pontificateur
Michel Virlogeux Global pulse magazine.com
Le viaduc de Millau

Né en juillet 1946 à Vichy, Michel fait ses études au Prytanée de La Flèche, entre à l’X en 1965 et en sort dans le corps des Ponts et chaussées. Il commence sa carrière en construisant des routes en Tunisie, à une époque où cette activité n’était pas encore considérée comme un crime contre l’humanité. Dès 1974, il entre au Service technique des routes et autoroutes (Setra) et se spécialise dans la construction de ponts en acier et béton, qui fera sa gloire, avec la conception de plus de 100 ponts en France et à l’étranger : il a à son actif le pont de l’Ile de Ré (1988) ; le pont de Normandie (1995), le pont Vasco de Gama à Lisbonne (1995) ou le viaduc de Millau (2004), dont la renommée de l’architecte Norman Foster a quelque peu éclipsé la sienne.

Mais, comme il dit dans Les grand projets modernes, l’ingénieur et l’architecte (la Jaune et la Rouge n° 614, avril 2006), « quel que soit l’apport de l’architecte, c’est l’ingénieur qui peut seul porter la responsabilité du projet et de sa conception ».

Courrier des lecteurs

  • J’ai écrit qu’à partir de 80 ans, on n’était plus dans la lumière, mais c’était oublier qu’il y avait Hubert qui après avoir fait connaître les polytechniciens morts pour la France, s’occupe de faire sortir de l’ombre des camarades polytechniciens encore vivants. Tu es un vrai Deus ex machina pour nous ! Un grand merci ! Amitiés Jean Brilman (X 59, auteur de Moriturus, notre lettre du 27 juin).
  • Tu nous avais annoncé la publication de tes portraits tous les mois dans la Jaune et la Rouge. Qu’en est-il ? SA

R Effectivement j’envisageais une telle publication et Marwan Lahoud (83), président de l’AX et directeur de la publication, avait déclaré à réception du numéro 1 en mars qu’il trouvait l’idée excellente. Après plusieurs relances, Michel Berry (63), président du comité éditorial, vient toutefois de me faire savoir qu’une telle publication, faisant selon lui double emploi avec les portraits de Pierre Laszlo, « ne lui parait pas cadrer avec la ligne éditoriale de la Jaune et la Rouge ». HLL

  • Merci Hubert de ce portrait de Djamchid DALILI (X78) dans ta lettre #8. Je suis moi-même touché par cette maladie, ceci depuis plus de vingt ans et probablement à la suite d’un immense stress professionnel qui m’a été infligé en 1998 par un « cher camarade » de promotion : J’ai perdu à cette occasion gravement la mémoire (ne sachant plus comment s’appelaient mes enfants). Cette perte a duré plus d’un an, la distinction qui m’a été remise à cette occasion a failli me tuer, et je ne m’en suis sorti qu’en réétudiant…SP.

Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance et bon été.

Hubert Lévy-Lambert (X 53), fondateur de X Sursaut

Portraits de polytechniciens #8

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

De Bouchard à Yanka, voici neuf X de tous âges qui ont attiré mon attention au cours de ce mois. Ce sont des personnages pas très ordinaires, jugez-en !

  • Pierre-François-Xavier Bouchard (X 1796)
PFX Bouchard regarde la Pierre de Rosette

Né en 1771 à Orgelet (Jura) et mort en 1822 à Givet (Ardennes), PFX Bouchard sort de l’X dans le Génie et participe à la Campagne d’Égypte. Il est à l’origine de la découverte de la Pierre de Rosette en 1799 lors de travaux de réfection des fortifications de la ville éponyme. Une grande exposition a lieu jusqu’au 24 juillet à la Grande Bibliothèque pour célébrer le bicentenaire non pas de sa mort mais du déchiffrement des hiéroglyphes par Champollion. Plus de détails sur Bouchard dans la Jaune et la Rouge d’avril 1991 (pp 14-22) et de juin 2021 (pp 68-71).

  • Jean Brilman (X 59), moriturus

Jean Brilman a été notamment consultant en gestion financière, conseiller d’un ministre des finances, professeur d’évaluation des entreprises et directeur à la CEGOS. Il a écrit une vingtaine d’ouvrages sur le management des organisations, sur l’aventure coloniale et sur ses voyages en Chine. Dans son dernier livre, sous-titré le reste à vivre, en référence aux gladiateurs qui saluaient ainsi César avant leur dernier combat, il appelle morituri  les personnes de plus de 80 ans, qui sont 4,2 millions en France dont lui et moi et moi et moi !

  • Djamchid Dalili (X 79), parkinsonien

Atteint par la maladie de Parkinson, Djamchid a fondé à 60 ans la start-up DiamPark, – « une nouvelle méthode pour diagnostiquer et contrôler la maladie de Parkinson« . DiamPark a intégré l’incubateur et pépinière d’entreprises Paris-Salpêtrière (iPEPS-ICM), l’incubateur de l’Institut du Cerveau, en juillet 2021. Cliquez ici pour en savoir plus sur lui et Cliquez ici pour le voir raconter sa dixième vie à l’Institut du cerveau.

  • Jean-Pierre Dupuy (X 60), philosophe

Jean-Pierre Dupuy vient d’écrire dans la revue Cités un article sur la faillite des clercs, où il dénonce la place toute minuscule qu’occupe la culture scientifique dans l’intelligentsia française.

Né en 1941 à Paris, JPD est sorti de l’X dans le Corps des Mines. Avant de créer le CREA (Centre de sciences cognitives et d’épistémologie de l’X) en 1982 et de passer de nombreuses années à Stanford, JPD avait enseigné l’économie appliquée à mes côtés. On peut sans doute trouver aux Puces quelques exemplaires des Choix économiques dans l’entreprise et dans l’administration (Dunod, 1973, 2 tomes). Il a depuis écrit de nombreux livres dont le dernier est La Catastrophe ou la vie : pensées par temps de pandémie (Seuil, 2021).

  • Paul Midy (X 03), marcheur
Gif-sur-Yvette, le 15 juin 2022. Tractation sur le marché de la place de Chevry avec le candidat LREM Paul Midy qui est opposé à Cédric Villani .

Né en 1983 à Fontainebleau, Paul Midy entre à l’X en 2003. Après un master de recherche opérationnelle à Columbia, il entre chez McKinsey, tout en enseignant l’économie de l’entreprise à l’X. Il dirige ensuite Jumia, une start-up du e-commerce en Afrique, devenue la première licorne africaine. Il passe quelques mois chez Frichti en 2018. Impliqué chez les Jeunes de l’UMP dans sa jeunesse, il est nommé directeur général de La République en Marche en 2019. Il vient d’être élu député de l’Essonne ric-rac, avec 18 687 voix contre 18 668 à Cédric Villani qui s’était présenté comme insoumis.

  • Elodie Ziegler Perthuisot (X 96), transformatrice
© Nicolas Gouhier

Née en 1976, Élodie Ziegler Perthuisot a un CV impressionnant : diplômée de l’X, des Télécom et de l’IEP, plus MBA de l’ESSEC. Elle a travaillé successivement chez France Télécom, à l’ART, au cabinet de Jean-Jacques Aillagon à la Culture, au cabinet de Claudie Haigneré aux Affaires européennes, à la Cité des Sciences et de l’Industrie, à la Réunion des Musées Nationaux et à nouveau au Ministère de la Culture comme DirCab de Frédéric Mitterrand. Passant dans le privé, elle entre à la FNAC en 2012, qu’elle quitte en 2018 pour être nommée directrice du marketing de Carrefour qui l’a promue l’année dernière au poste de directrice exécutive E-Commerce, données et transformation numérique, en remplacement d’Amélie Oudéa-Castera, épouse de notre camarade Frédéric Oudéa (81), qui devient patronne de la FFT avant d’être nommée ministre des Sports le mois dernier.

  • Luc Ravel (77), archevêque visité
Mgr Luc Ravel (c) Jean-Marc Loos-MAXPPP

Fils du général Roger Ravel, Luc Ravel est né le 21 mai 1957 à Paris. Après l’X, il fait des études de philosophie et de théologie et est ordonné prêtre en 1988. Nommé par Benoit XVI Evêque aux Armées en 2009, il est nommé archevêque de Strasbourg par François en 2016. Sa devise épiscopale est « Est, Est », qui se traduit par « Oui, Oui », mais il est loin d’être un Béni-oui-oui ! Fermement opposé à l’avortement, il n’hésite pas à écrire en 2015 que …l’idéologie de la bien-pensance fait chaque année 200.000 victimes dans le sein de leur mère. L’IVG devenue droit fondamental est une arme de destruction massive… En 2017, parlant de ses conséquences sur le taux de fécondité de la France, il évoque le grand remplacement. Plus récemment, il est le seul évêque à avoir appelé à voter pour Macron.

Le Pape François vient d’ordonner une visite apostolique, i.e. un audit approfondi, de l’Archidiocèse de Strasbourg. Nous souhaitons que cette visite se passe bien pour notre camarade qui la qualifie d’« attention bienveillante du Pape » et dit l’accueillir « dans la foi et la confiance »

  • Jean-Eric Schoettl (X 67), populiste

Après l’X et un DEA d’informatique et un doctorat en gestion des entreprises, JES commence sa carrière comme maître de recherche en linguistique mathématique à Paris VIII puis fait l’ENA en 1977. Sorti dans le Conseil d’État, il est notamment conseiller technique au secrétariat général du gouvernement, directeur général du CSA, directeur au secrétariat général du gouvernement et secrétaire général du Conseil constitutionnel.

JES a écrit de nombreux articles et vient de sortir La démocratie au péril des prétoires, de l’état de droit au gouvernement des juges (Gallimard, 2022), où il affirme qu’une fissure s’est ouverte, depuis une cinquantaine d’années, entre juge et démocratie représentative. « La montée en puissance du premier anémie la seconde :  l’ascendant croissant du pouvoir juridictionnel sur les autres, loin d’amener davantage de rigueur et de transparence dans le fonctionnement démocratique, n’a fait que remplacer le caprice du prince par le caprice du juge. » Comme quoi un constitutionnaliste déçu peut devenir populiste !

  • Charles-Victor Yanka (X 1903), protonotaire
René Duval (03), Hubert Lévy-Lambert (53) et Charles-Victor Yanka (03) au magnan des 50 ans de la 03

Né en 1882 à Niort et mort en 1980, Mgr Charles-Victor Yanka était Protonotaire apostolique en 1953. Les démêlés de notre camarade Luc Ravel (voir plus haut) avec le Nonce apostolique m’ont rappelé un mémorable déjeuner de 1953 où j’étais assis à la droite d’un autre représentant du Pape.

C’était le déjeuner du cinquantenaire de la promo 1903 à laquelle j’avais été invité en tant que major de la 53. C’est ce qui m’a donné l’idée, cinquante ans après, d’inviter Frank Lirzin, major de la 2003, aux festivités du cinquantenaire de ma propre promo au théâtre du Gymnase où j’avais fait représenter une pièce jouée pendant notre campagne de Kès : « La Tour Eiffel qui tue » et de créer en 2013 les Magnans décennaux. Cliquez ici pour plus de détails sur l’origine de ce qui est devenu Grands magnans.

Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance.

Hubert Lévy-Lambert (X 53), fondateur de X Sursaut

A suivre …

Portraits de polytechniciens #7 spécial AG

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire » d’après Ch. de Gaulle

Léa et Steven

J’ai regretté de ne pouvoir assister à l’AG du 20 juin , étant alors à Berlin pour marier ma petite-fille Léa, mais j’avais demandé à Laurent Daniel de porter ma voix en disant :

  • que je suis content que les statuts et le RI soient enfin mis à jour, 
  • mais que je ne comprends pas pourquoi le vote à distance ne s’applique pas à toutes les résolutions ? 
  • ni pourquoi alphavote m’a traité de collaborateur 😒
  • Et que je suis ravi qu’il y ait maintenant un grand nombre de candidats, dont un ticket jeune fort sympathique (Vania M 17 et Denis X 13), malencontreusement écartelé par le comité
  • mais que je regrette que soient ignorées les promos 34 à 76, qui font quand même 76 pages de la Bible et sont la mémoire vivante de la Montagne !
  • et que personne n’ait repris mon projet de maison de retraite, alors que tous devront y passer ☹
  • et qu’il subsiste encore deux catégories de candidats
  • même si les « spontanés » sont maintenant inscrits sur le bulletin de vote, ce qui n’était pas mon cas
  • alors que le comité a le droit de proposer plus de candidats que le nombre de postes à pourvoir.

Connaissance prise du résultat du vote, j’adresse mes félicitations aux deux camarades réélus au conseil de l’AX (Sébastien Dessillons et Laurent Vitse) et, plus encore, aux trois nouveaux élus (Ariane Chazel, Vania Hernandez Bello et Loïc Rocard) et particulièrement à Vania qui va apporter un sérieux coup de jeune au conseil, tout en regrettant qu’aucun candidat « spontané » n’ait été élu. L’exploit de Serge Delwasse de l’année dernière n’a pas été renouvelé.

PS Je remercie la Jaune et la Rouge d’avoir publié dans le numéro 776 mon portrait par Pierre Laszlo, qui me qualifie gentiment de « brillant et tenace » mais je regrette qu’elle n’ait pas pour l’instant cru bon de publier mes portraits mensuels.

Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

A suivre…

Hubert Lévy-Lambert (X 53)

Portraits de polytechniciens #6

Voici le 6ème numéro des portraits de polytechniciens Xtraordinaires.

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

Ce numéro spécial est consacré à Bernard Zimmern (X 49), à l’occasion de l’hommage qui vient de lui être rendu par l’iFRAP à la Maison des X le 8 juin 2022, date de son anniversaire. Il reprend la notice nécrologique que je lui avais consacrée dans la Jaune et la Rouge d’octobre 2020.

Bernard Zimmern (X 49), grand défenseur des libertés contre les bureaucraties

Par Hubert Lévy-Lambert (X 53), président d’honneur de X Sursaut

Homme d’exception, infatigable entrepreneur, innovateur, chercheur, défenseur des libertés contre toutes les bureaucraties, [i] Bernard Zimmern aura marqué notre époque par la création de l’iFRAP.

Bernard Zimmern interrogé par Bernard Pivot dans Apostrophes

Ingénieur et inventeur, il préférait les faits aux grandes idées et les attaques directes aux démonstrations ennuyeuses. Le succès de son premier livre, Les profiteurs de l’État, a merveilleusement montré l’efficacité de cette tactique. Il préférait les chiffres et les statistiques aux citations des grands auteurs. Il avait au moins dix idées par jour agrémentées d’innombrables formules assassines sur l’État et les fonctionnaires. Il se mettait à trembler quand il entendait le nom de Bercy ou de l’ENA (dont il avait pourtant été un brillant élève !). [ii]

Bernard Zimmern, né le 8 juin 1930 de Fernand Zimmern, industriel et de Marcelle Bernheim et mort le 19 août 2020, est notamment le fondateur de l’Institut Français pour la Recherche sur les Administrations publiques [iii] , plus connu sous son acronyme iFRAP, mais il a fait moult autres choses dans sa longue carrière.

L’X puis l’ENA

Elève du lycée Janson de Sailly où il décroche des prix au concours général de physique et de version latine, il entre à l’X en 1949 à la 44ème place sur 180. Il en sort 29ème pour entrer à l’ENA dans la promo 1955 Albert Thomas, dans laquelle il retrouve son ancien Michel Pomey (X 1948) qui sort dans le Conseil d’Etat et devient un grand spécialiste des fondations d’utilité publique. A l’époque 2 places étaient offertes aux X sans concours à condition d’être sortis de l’X dans le premier tiers mais on ne sait trop pourquoi Bernard a choisi l’ENA car il était entrepreneur dans l’âme.

Son cocon Jean Cordier, MIT 54, voisin de casert à Lourcine, témoigne : «Il fut un des premiers à formuler des critiques constructives des programmes de l’ENA. Entrepreneur et inventeur, il a développé une nouvelle taille des engrenages hélicoïdaux sans frottement, sans usure ni échauffement. J’ai été un des premiers adhérents de l’iFRAP, excellent organisme indépendant et intègre. Le gouvernement aurait dû prendre en compte les recommandations, spécifiques et pratiques, résultant de leurs enquêtes approfondies et objectives, qu’il a fait publier ! Je suis fier de son amitié fidèle. Oui, ce fut un vrai X, convaincu de la primauté de l’intérêt national et désintéressé : BRAVO et MERCI ».

De Renault à la Cegos

Curieusement, Bernard sort de l’ENA comme administrateur civil dans la Marine marchande qui le détache aussitôt chez Renault. Il y crée le groupe de recherche opérationnelle (1955-57) et invente en 1956 une résolution de programmes linéaires de transport par la méthode de séparation en étoile. Il est ensuite chef de l’atelier de boulonnerie (57-59) puis adjoint du chef de la préparation mécanique (59-61).

Il quitte Renault en 1961 pour entrer à la Cegos (anciennement dénommée Commission générale de l’organisation scientifique du travail, créée en 1926 par Jean Milhaud (X 1917). Il y est nommé en 1963 directeur du département Recherche et Développement puis en 1966 directeur de l’Institut pour la recherche scientifique Cegoserai.

En 1971, il crée la société Omphale en France mais, se heurtant aux difficultés que rencontre tout inventeur en France, il s’installe à contre-coeur aux USA où il crée en 1981 la société SSCI (Single Screw Compressor Inc) pour développer ses inventions de compresseurs et détenteurs rotatifs à grande vitesse qui feront sa fortune, pour lesquels il dépose plus de 500 brevets, dont les premiers sont curieusement déposés par son père Fernand Zimmern dès les années 60. [iv]

La création de l’iFRAP

De retour en France, convaincu de l’importance des organismes de réflexion privés, communs aux Etats-Unis sous le nom de think tanks mais alors inconnus en France, il crée en 1985 l’Institut iFRAP, qu’il réussit à transformer en fondation d’utilité publique en 2009. Il le préside pendant plus d’un quart de siècle et passe la main en 2012 à Agnès Verdier-Molinié qui poursuit avec succès son action de lutte contre tous les dysfonctionnements de l’Etat et tous les obstacles à la croissance de l’économie française.

Infatigable, devenu président d’honneur de l’iFRAP, tout en continuant à pratiquer la natation à haute dose, il crée en 2012 l’Institut de recherche IRDEME [v], pour développer une discipline économique quasiment ignorée en France : la démographie des entreprises. Il y prône sans relâche l’importance des business angels, nécessaires pour permettre aux jeunes pousses de passer le stade des premières années, qui sont 5 fois moins nombreux en France qu’en Angleterre et 10 fois moins aux Etats-Unis. Il crée aussi les blogs « Emploi 2017 » et « holdupmédiatique » et l’association « Entrepreneurs pour la France (EPLF » [vi] qui publie régulièrement depuis 2013 des articles de chefs d’entreprises au service de l’emploi.

La lutte contre les excès bureaucratiques

Bernard est l’un des fondateurs de Contribuables associés [vii], association créée en 1990, dirigée de 2005 à 2013 par Alain Mathieu (X 57), ainsi que du groupe X Sursaut [viii] , que j’ai créé en 2005 à la suite du rapport éponyme de Michel Camdessus et qui est présidé actuellement par Laurent Daniel (X 96), qui œuvrent tous les deux pour évaluer l’action publique et dénoncer les incohérences de nos politiques qui, depuis des décennies, augmentent les impôts, les dépenses publiques et la dette extérieure, sans pour, autant augmenter le bien-être des Français.

Selon Wikipedia [ix], il aurait été membre du Club de l’Horloge [x], ce qui peut se comprendre du fait qu’il avait un sens critique très poussé, et je ne serais pas surpris qu’il ait été membre du jury du prix Lyssenko – dont la composition est tenue secrète pour éviter les pressions – quand on voit certains récipiendaires de cet antiprix : Hervé le Bras (X 63) pour « son analyse de l’immigration étrangère et de la natalité française » en 1991 ou  Gilles Kepel et Bruno Étienne pour « leur analyse du déclin de l’islamisme » en 2001 ou Thomas Piketty pour « son analyse du capitalisme et des inégalités » en 2015 !

Bernard a reçu de nombreuses récompenses professionnelles dont la médaille d’or de l’Institute of Refrigeration (Londres), qui récompense les contributions les plus remarquables à l’industrie de la réfrigération (1977, la médaille Giffard de la Ville de Paris (1989), le prix Renaissance de l’économie, attribué par le Cercle renaissance, pour avoir fondé l’iFRAP (1999) et le prix Grammaticakis-Neumann de l’Académie des sciences morales et politiques (2015).

Un auteur prolixe

Quelques livres écrits par Bernard Zimmern

Il a écrit de nombreux ouvrages de référence, dont Développement de l’entreprise et innovation (Hommes et Techniques, Puteaux, 1969), À tout fonctionnaire son chômeur (Odilon media, 1999), Les profiteurs de l’État (Plon, 2001),  Les Fabricants de chômage (Plon, 2002), La dictature des syndicats : FO, CGT, SUD… nos nouveaux maîtres (Albin Michel, 2003), Changer Bercy pour changer la France : les riches sont la solution, pas le problème (Tatamis, 2015).

Et, bien sûr, il a écrit de nombreux articles pour la Jaune et la Rouge [xi]  : Le tandem investisseur-entrepreneur aux États-Unis (n° 549) ; Comment évaluer l’effet des politiques publiques (n° 584) ; Création d’entreprises et Business Angels (n °619) ; La santé aux États-Unis, coûteuse et complexe, mais performante et dynamique (n°630) ; Créer des « petits boulots » ? (n° 673).

Bernard avait épousé Marie Ducas en août 1952 et était père de 2 enfants (Philippe [xii] et Irène, épouse Audouard). Mais l’enfant dont il peut être le plus fier est sans doute l’iFRAP, qui lui survivra longtemps. Comme le disent ses amis de l’iFRAP en conclusion de la tribune qu’ils ont écrite sur Figaro Vox en son hommage [xiii] : « Bernard Zimmern peut, dans sa dernière demeure, avoir confiance en ceux qui l’ont aimé, suivi, soutenu. Son action sera perpétuée, les fondations qu’il a créées sont solides ».


[i]https://www.irdeme.org/

[ii]https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/Bernard-Zimmern

[iii]https://www.ifrap.org/

[iv]http://www.freepatentsonline.com/3133695.html

[v]https://www.irdeme.org/

[vi]https://entrepreneurs-pour-la-france.org/

[vii]https://www.touscontribuables.org/

[viii]http://www.x-sursaut.org/

[ix]https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Zimmern

[x]http://www.clubdelhorloge.fr/

[xi]https://www.lajauneetlarouge.com/auteur/bernard-zimmern-49/

[xii]Professeur d’urologie à University of Texas Southwestern Medical center

[xiii]https://www.lefigaro.fr/vox/histoire/hommage-au-fondateur-de-l-ifrap-bernard-zimmern-20200826


Portraits de polytechniciens #5

Voici le cinquième numéro des nouveaux portraits de polytechniciens Xtraordinaires.

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire » d’après Ch. de Gaulle

  • Elisabeth Borne (X 81), rêveuse

Trois décennies après Edith Cresson, enfin une femme à Matignon, et pas n’importe laquelle ! Mais souhaitons-lui de durer plus longtemps qu’Edith !!

Inspirée par Jean-Jacques Goldman, elle recommande aux petites filles d’aller au bout de leurs rêves. Mais quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limite, peut-on lire dans La famille Fenouillard, de Georges Colomb, l’immortel créateur du Sapeur Camember. Nous lui avons donc fait dédicacer le Livre noir des gaspillages de Contribuables Associés, afin qu’elle y mette vite des bornes. Hélas, le projet de loi sur le pouvoir d’achat ne va pas tout à fait dans le bon sens alors que chacun sait que la France vit largement au-dessus de ses moyens. Mais, en tant qu’ancienne socialiste, notre Première sait sans doute qu’il faut se préparer au tournant de la rigueur

  • Eric David (X 01), survivaliste

Né en 1981 à Marseille, Eric fait l’X en 2001 et en sort dans les Télécom. Il travaille de 2006 à 2013 dans l’administration (Finances, Affaires étrangères, Santé). En 2013, il pantoufle chez ELCA Informatique à Lausanne, avant de se mettre à son compte en 2016. Le 24 mars, il a sauté du 7ème étage de son domicile de Montreux avec sa fille de 8 ans, son fils de 15 ans qui a miraculeusement survécu, sa femme Nasrine, dentiste, et la jumelle de celle-ci Narjisse, ophtalmologue, petites-filles de l’écrivain Mouloud Feraoun, assassiné par l’OAS en 1962. Son appartement était rempli jusqu’au plafond de cartons de nourriture, de boîtes de conserve, de médicaments, de quoi soutenir un long siège. 

  • Philippe Donnet (X 80), généraliste

Né en 1960, Philippe entre à l’X en 1980. Diplômé de l’Institut des actuaires français, il entre chez Axa en 1985. Il y reste jusqu’en 2007. Après quelques années chez Wendel puis comme consultant, il entre chez Generali en 2013 comme DG de l’Italie avant d’être nommé DG du groupe en 2016, le deuxième français à ce poste après l’emblématique Antoine Bernheim.

Philippe vient d’être reconduit brillamment le 29 avril avec 55,4 % des voix dans ses fonctions de dg de l’assureur italien Generali, malgré les efforts des papys flingueurs Gaetano Calragirone (79 ans) et Leonardo di Caprio (87 ans). Pour la petite histoire, il n’avait pas eu le même succès en 2019 pour sa candidature au conseil de l’AX qui l’avait déclaré inéligible, comme votre serviteur (voir plus bas).

  • Claude Helffer (X 42), pianiste

Né en 1922, le grand pianiste Claude Helffer aurait eu 100 ans cette année. Etudiant la musique dès son plus jeune âge avec Robert Casadesus, il est reçu à l’X en 1942 puis devient résistant dans le maquis du Vercors. Après la guerre, il étudie la théorie musicale et la composition auprès de René Leibowitz. Il fait ses débuts en tant que concertiste à Paris en 1948 et se produit à partir de 1954 au sein des concerts du Domaine musical en compagnie de Pierre Boulez. Il a créé de nombreuses œuvres. Sa discographie comprend les intégrales de la musique pour piano de Schönberg, Debussy et Ravel ainsi que les trois sonates de Boulez, la Sonate de Berg et celle de Barraqué. Il meurt en 2004. Le conservatoire de Vitry lui consacre un festival du 14 mai au 3 juin 2022, en écho de la place unique qu’il a occupée dans le monde musical. Cliquez ici pour lire sa nécro par Bertrand Maury (X 88) dans la Jaune et la Rouge de juin-juillet 2005.

  • Vania Hernandez Bello (M 18), candidate

Candidate au conseil de l’AX dans un sympathique binôme avec Denis Mérigoux (X 13) dont les affiches couvrent les murs du Plâtal. A eu l’insigne honneur de figurer dans les candidatures proposées par le comité de recrutement alors que son « binôme » est relégué dans les ténèbres extérieures des candidatures « spontanées ». Comprenne qui pourra ! Il y a quand même un grand progrès par rapport à l’époque, pas si lointaine, où l’AX tentait de dissuader les candidatures « spontanées » et ne les inscrivait même pas sur les bulletins de vote, ce qui était le cas en 2019 où j’étais le seul candidat spontané ! Beaucoup d’eau a depuis coulé sous les ponts. Merci Marwan ! ! Cliquez ici pour plus de détails.

  • Philippe d’Iribarne (X 55), sociologue

Né en 1937 à Casablanca dans une vieille famille originaire de Basse Navarre, Philippe d’Iribarne entre à l’X en 1955 et en sort dans le Corps des Mines. Il est également diplômé de Sciences Po (1960). Après quelques années de service ordinaire, je le retrouve en 1968 à la Direction de la prévision. Il crée en 1972 le Centre de recherches sur le bien-être (CEREBE) qu’il dirige jusqu’en 1988. Il est ensuite directeur de Gestion et Société, puis directeur scientifique de l’Institut de l’homme et de la technologie. Il a écrit une vingtaine de livres touchant aux défis contemporains liés à la mondialisation et à la modernité, depuis La science et le prince (1970) et La politique du bonheur (1973), jusqu’à L’Islam devant la démocratie (2013) et Islamophobie : Intoxication idéologique(2019). Il écrit régulièrement des chroniques dans Le Figaro et vient de sortir La nation, une ressource d’avenir (avec Bernard Bourdin, Ed. Artege, 2022). Il y défend le besoin de penser à nouveaux frais la question de la souveraineté et de la cohérence des communautés politiques, spécialement quand les enjeux liés à l’immigration et au multiculturalisme mettent en évidence la nécessité de retrouver une substance commune.

  • Tidjane Thiam (X 81), fils de pub

Né à Abidjan en 1962, issu de deux familles africaines influentes, Tidjane entre à l’X en 1981 puis fait les Mines de Paris à titre civil en 1983. Il rejoint McKinsey en 1986 puis devient directeur général du Bureau national d’études techniques et de développement de Côte d’Ivoire en 1994 puis ministre du Plan et du Développement en 1998. Après être retourné chez McKinsey en 2000, il entre chez Aviva en 2002 puis devient DG de la compagnie d’assurances Prudential en 2009. Il devient en 2015 DG du Crédit Suisse qu’il doit quitter en 2020 suite à une sombre affaire d’espionnage interne.

Diplômé de l’INSEAD, Tidjane a été nommé Alumnus of the year en 2007 et un des « 50 anciens élèves qui ont changé le monde » en 2009. Il est administrateur de Kering depuis 2020. Il vient d’être nommé administrateur de Publicis.

  • André Turcat (X 40), pilote d’essai
Turcat et Giscard – fonds André Cros, archives municipales de Toulouse

Né en 1921, le grand pilote André Turcat aurait eu cent ans l’année dernière. Après des études secondaires à Marseille, il est reçu à l’X en 1940 et devient pilote dans les forces aériennes de la France Libre et poursuit sa carrière dans l’Armée de l’air après la guerre, notamment en Indochine. Breveté pilote d’essai en 1951, il bat de nombreux records avant de devenir en 1962 le premier pilote d’essai du Concorde et est aux commandes pour son vol inaugural de 1969. Il a été député européen en 1980 et a fondé l’Académie nationale de l’air et de l’espace en 1983. Il meurt en 2016 à l’âge de 94 ans. Cliquez ici pour lire sa nécro par Jacques Bouttes (X 52) dans la Jaune et la Rouge de mai 2016.

  • François Villeroy de Galhau (X 78), fabuliste

Lors d’une conférence organisée par le Haut conseil des Finances publiques, le gouverneur de la Banque de France – dont on pouvait se demander à quoi elle sert alors que notre monnaie est gérée par la BCE – a mis en garde contre le risque d’une crise de la dette en France. A l’appui de sa thèse, il a cité L’hirondelle et les petits oiseaux, une fable de La Fontaine de 1668 dont la morale est Nous …ne croyons le mal que quand il est venu. Plus récemment, Michel Pébereau (X 61) avait tiré le signal d’alarme en 2006 alors que notre dette était la moitié de la dette actuelle !

Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance.

Hubert Lévy-Lambert (X 53), fondateur de X Sursaut

A suivre …

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #4

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire » d’après Ch. de Gaulle

Actualité oblige, ce mois-ci pas moins de douze X ont défrayé la chronique, depuis Artus jusqu’à Thesmar, sans parler de récidivistes comme le cinéaste Vecchiali ou l’actrice Vinogradova…

  • Patrick Artus (X 70), économiste distingué

Dans Pour en finir avec le déclin, les priorités économiques et sociales de la France [i], Patrick Artus nous propose 6 priorités en matière économique et sociale pour que la France (re)devienne une nation forte et entreprenante et que nous retrouvions confiance et foi en l’avenir, du pouvoir d’achat des plus modestes à la modernisation de notre appareil industriel en passant par la transition énergétique et, en premier lieu, l’éducation et la formation pour ceux qui en ont le plus besoin : les jeunes, les chômeurs, les seniors.

Né en 1951 à Lille, Patrick Artus est sorti de l’X dans le corps des administrateurs de l’INSEE. Directeur de la recherche et des études de Natixis, il a enseigné l’économie à l’X de 1996 à 2011. Il a écrit de nombreux ouvrages depuis Le choix du Système de retraites (1999) jusqu’à La dernière chance du capitalisme (2021) en passant par La France sans ses usines (2011). On attend la suite de ces 3 ouvrages avec intérêt…

  • Karine Berger (X 93), tribunicienne
(c) Le Monde.fr

Unies dans une tribune au « Monde » pour promouvoir les maths auprès des filles, 50 ans après l’entrée fracassante d’Anne Chopinet comme major de la 72, 50 polytechniciennes expliquent que les mathématiques offrent des possibilités de carrières infinies et une rigueur nécessaire dans un monde surinformé. Parmi les signataires, outre Karine Berger, on trouve des Pdg comme Estelle Brachlianoff (X 92) ou Christel Heydemann (X 94) mais aussi Nathalie Kosciusko-Morizet (X 92) dont le nom apparait, bien qu’elle ait quitté la vie politique après avoir lancé la fermeture de Fessenheim lorsqu’elle était ministre de l’environnement en 2011, dans la liste des premières ministrables à côté d’une Xette de la 81 qui, contrairement à son patronyme, n’aurait pas de limites. On en saura plus très bientôt…

Née en 1973 à Limoges dans une famille de professeurs de maths, Karine Berger est sortie de l’X dans le corps des administrateurs de l’INSEE où elle a fait une grande partie de sa carrière. Elle a été député PS des Hautes Alpes et membre de la Commission des finances de 2012 à 2017. Parmi ses violons d’Ingres, on peut citer l’aviation, la peinture et Olivier Messiaen. Elle a écrit plusieurs livres dont Les Trente Glorieuses sont devant nous (2011). Tous les espoirs nous sont donc permis !

  • Patrice Caine (X 89), industrieux
(c) L’usine nouvelle

Est-ce la réponse du berger à la Berger ? Cosignataire avec 30 grands patrons dont Bernard Arnault (X 69), Jean-Laurent Bonnafé (X  81), Christel Heydemann (X 94), Xavier Huillard (X 73 ), Frédéric Oudéa (X  81) ou Patrick Pouyanné (X  83), d’une tribune dans Challenges, intitulée « Sauver les maths », Patrice Caine enfonce le clou dans un entretien au Figaro : « On manque déjà d’ingénieurs dans des domaines de pointe comme la cybersécurité, la ‘data science’ ou l’intelligence artificielle. Demain, on risque de faire le même constat d’une pénurie de compétences dans des disciplines révolutionnaires comme le quantique. » Idem dans un article dans les Echos, cosigné avec Alexandre Saubot (X 86), président de France Industrie : « Donnons aux jeunes l’envie d’industrie ! ».

Né en 1970 à Paris d’un père ingénieur des ponts né en 1936 à Bizerte, Patrice Caine est lauréat à 17 ans du concours général de maths et de physique. Il sort de l’X dans le corps des mines comme son grand frère Stéphane (X 86). Après quelques années dans l’industrie pharmaceutique, la banque, l’administration puis les cabinets ministériels, il entre en 2002 chez Thalès, où il gravit les échelons jusqu’à en être nommé PDG en 2014. Il est aussi président de l’ANRT et vice-président de France Industrie..

  • Benoit Coeuré (X 87), concurrent

Né en 1969 à Grenoble, Benoit Coeuré est sorti de l’X dans le corps des administrateurs de l’Insee. Après quelques années au Trésor, il est nommé membre du directoire de la Banque centrale européenne (2012-19). Nommé en janvier 2022 président de l’Autorité de la concurrence, il a déclaré : “La politique de la concurrence, j’en suis convaincu, est un puissant levier au service du pouvoir d’achat et de la compétitivité de nos entreprises et je tenais à vous dire à quel point je suis honoré et enthousiaste de diriger cette belle institution qui devra relever dans les prochaines années de nombreux défis et jouer pleinement son rôle au service de l’économie française.” Il a écrit plusieurs ouvrages économiques dont Quelles réformes pour sauver l’État ? (avec JP Betbèze, 2011).

  • Rose Dieng-Kuntz (X 75) cover girl
(c) Polytechnique

Première femme africaine à intégrer l’X, Rose Dieng-Kuntz est née en 1956 à Dakar. Sortie de l’X dans les Télécom, elle est la première cheffe de projet à l’INRIA en 1992. Elle investit le web sémantique en 1995 puis l’intelligence artificielle en 2005. Cela lui valut le prix Irène Joliot-Curie de scientifique de l’année 2005. Rose est malheureusement décédée en 2008.

Elle est honorée par l’AX en couverture de la dernière Bible. Plus de détails dans la Jaune et la Rouge 642 (février 2009) [ii].

  • Jean-Baptiste Fantun (X 91), bridgeur fIAble
Photo La jaune et la rouge

Avec Véronique Ventos, Jean-Baptiste Fantun a créé NukkAI, un laboratoire privé spécialisé dans l’intelligence artificielle, dont la spécificité est de proposer des résultats explicables. Démontrée au bridge où il a battu des champions, la capacité de ce système à comprendre la stratégie adverse et à exploiter ses faiblesses intéresse aussi des gens sérieux dans l’industrie, l’éducation, la santé ou la finance. Cliquez ici pour voir l’interview de JBF par Hervé Kabla pour la Jaune et la Rouge de mars 2021 et cliquez ici pour voir son interview du 23 mars 2022 sur BFM TV.

X 1991, agrégé de Mathématique et titulaire d’un DEA d’Intelligence Artificielle, Jean-Baptiste Fantun est entré en 2007 au cabinet du Secrétaire d’Etat chargé de la Prospective et du Numérique puis est devenu Conseiller Diplomatique du Ministre de l’Immigration. Il a fondé en 2010 un cabinet de conseil en relations institutionnelles avant de fonder NukkAI en 2018.

  • Christian Gérondeau (X 57), climatosceptique

Né en 1938 à Paris, fils de Jean Gérondeau (X 24) et père de Guillaume Gérondeau (X 81), Christian Gérondeau est sorti de l’X dans les Ponts et Chaussées. Il a été en 1972 le premier Délégué à la sécurité routière. Il y avait alors 18.000 morts par an sur nos routes ! On lui doit les limitations de vitesse, le port obligatoire de la ceinture de sécurité et du casque de moto. Nommé en 1993 président de l’Union routière de France, il devient partisan du tout-automobile. Il a été président de la Caisse nationale des monuments historiques et un éphémère président de l’AX en 2010. Il a écrit une vingtaine de livres dont La mort inutile (1979), Les danseuses de la République, SNCF… (2004), Ecologie, la grande arnaque (2007), Oui, vous pouvez acheter un Diesel (2019 et, cette année, Les 12 mensonges du GIEC[iii] où il met en cause les conclusions du GIEC concernant l’origine humaine des dérèglements climatiques et Vincennes, ressusciter le château des rois de France [iv] où il se fait fort de trouver auprès de quelques amis philanthropes les 30 M€ nécessaires pour reconstituer le fort de Vincennes tel qu’il était du temps de Charles V, avant que l’Armée n’en démantèle les tours au XIXème siècle, afin d’en faire un grand musée du Moyen Age... Quand il aura fini, j’espère qu’il s’attaquera à la reconstruction des Tuileries scandaleusement détruites par la Commune et qu’il m’aidera à trouver les 12 M€ requis pour faire un grand musée du Monde séfarade…

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  • Pierre-Olivier Gourinchas (X 87), FMIste

Né à Montpellier en 1968, Pierre-Olivier Gourinchas sort de l’X dans les Ponts puis passe un DEA à l’EHSS (1991) et un PhD au MIT (1996). Il enseigne la macroéconomie et la finance internationale à Stanford, Princeton, Berkeley et travaille pour le FMI qui vient de le nommer chef économiste (janvier 2022). Il a eu le prix du meilleur jeune économiste en 2008, juste après David Thesmar (X 92, voir plus loin).

Lors de la réunion du FMI du 19 avril, Pierre-Olivier a déclaré qu’il ne faut plus compter sur le rebond lié à la sortie de la crise du Covid car la guerre en Ukraine se traduira par un choc important pour l’économie mondiale, particulièrement en Europe du fait de sa dépendance à l’énergie russe. Normalement, grâce à ses centrales nucléaires, la France devrait moins en souffrir que l’Allemagne, très dépendante du gaz russe dont on peut espèrer que le robinet sera bientôt fermé.

  • Christophe Louis Léon Juchault de Lamoricière (X 1824), colonisateur

Né en 1806 à St Philbert de Grand Lieu, près de Nantes, et mort en 1865, Lamoricière sort de l’X dans le Génie, participe à l’expédition d’Alger en 1830. Nommé général en 1840, il participe à la prise de la smala d’Abd El Kader en 1843. Il a ensuite une carrière politique (député de la Sarthe en 1843, ministre de la guerre en 1848). Exilé par Napoléon III après le coup d’Etat de 1851 auquel il s’était opposé, il se porte en 1860 au secours du Saint-Siège menacé par Garibaldi et devient commandant de l’armée pontificale.

Selon wikipedia, «ses actions décisives sur le plan militaire ont contribué à la colonisation rapide de l’Algérie ». Mais ce n’est pas pour cette raison qu’il a l’honneur d’être cité ici, 60 ans après les accords d’Evian, d’autant plus que Christian Marbach lui a consacré un chapitre entier dans Portraits de polytechniciens [v]. Il est ici en raison d’une polémique bien française concernant sa statue, érigée en 1909 à Constantine, mais déboulonnée en 1962 et installée en 1969 à St Philbert de Grand Lieu après quelques années de purgatoire. Mais c’était sans compter sur le journaliste Jean-Michel Apathie, wokiste assumé qui, après avoir dénoncé l’existence d’une école Lamoricière à Paris, milite pour que cette malheureuse statue soit détruite. A quand le tour de l’Arc de Triomphe ?

  • Christian Mégrelis (X 57), poutinophile

Cher Vladimir Vladimirovitch, Voilà trente ans que nous nous sommes rencontrés pour la première fois à la mairie de Léningrad, fraîchement rebaptisée Saint-Pétersbourg. Vous développiez un Comité international pour la renaissance de Saint-Pétersbourg et m’aviez aimablement proposé d’y participer… Cliquez ici pour lire la suite de cette lettre ouverte adressée le 2 mars par Christian Mégrelis à Poutine !

Né en1938 à Chamalières d’un père grec et d’une mère auvergnate, Christian Mégrelis sort de l’X dans l’Armement. Après une carrière à la DGA puis à la BFCE, il prend le contrôle d’EXA, société de promotion des exportations françaises, créée par le patron du Crédit Lyonnais Jacques Chaine, assassiné en 1976 par un anarchiste. Seul économiste étranger dans l’équipe resserrée chargée par Gorbatchev d’élaborer, en 1991, le « Plan des 500 jours » qui devait gouverner la transition stratégique dénommée perestroïka, il raconte son expérience dans « Le naufrage de l’Union soviétique : choses vues » [vi]. Pierre Laszlo lui a consacré une biographie dans la Jaune et la Rouge. [vii]

  • Heorhii Pliatsok (B 21), poutinophobe
Photo Le Parisien

Né en 2001, en 4e année à l’X après ses 3 ans de Bachelor [viii], il est déterminé à partir au front pour s’opposer à l’invasion russe. Des amis ont lancé une cagnotte pour lui financer des équipements de protection.

  • David Thesmar (X 92), économiste de prix

Né en 1972, David Thesmar est sorti de l’X dans le corps des administrateurs de l’INSEE. Après avoir enseigné l’économie à l’ENSAE, à l’X et à HEC, il a été nommé en 2016 professeur d’économie financière au MIT. Il a reçu le Prix du meilleur jeune économiste de France en 2007. Après de nombreux livres dont Le grand méchant marché (2007) ou 10 idées qui coulent la France (2013), il vient de sortir Le prix de nos valeurs[ix]. Ce livre propose d’intégrer la dimension non pécuniaire de nos vies (la liberté, l’identité, l’altruisme, la justice, la culture…) à l’analyse économique. À partir d’une vaste enquête internationale, à laquelle le lecteur peut participer, il cartographie les préférences qui sont déterminantes pour comprendre comment tranchent les citoyens. Ou pourquoi les Français se plaignent d’un pouvoir d’achat déclinant alors que les dépenses publiques explosent. Un complément valable à La vérité des prix que j’ai commis naguère [x].

Bis repetita placent !

  • Paul Vecchiali (53), cinéaste

Après l’inauguration de la salle éponyme et la projection des Ruses du diable ce 26 février au Grand Action, rue des Ecoles, vous pouvez encore voir le 27 avril à 20 h : sortie de son dernier film PAS… DE QUARTIER au Grand Action, le 28 avril à 19 h 45, jour de ses 92 ans, au Méliès, Montreuil, PAS.. DE QUARTIER, le 29 avril : VECCHIALI EN DIAGONALES (2005) puis PAS… DE QUARTIER et le 30 avril à 11 h : au cinéma LE PANTHÉON : EN HAUT DES MARCHES

  • Gala Vinogradova (D 14), actrice

Nous avons présenté dans notre premier numéro cette Docteur de l’École Polytechnique spécialisée dans l’étude des conflits, qui jouait seule en scène au théâtre de Nesle un spectacle sur Audrey Hepburn et Anne Frank : Le journal d’Audrey, Cet émouvant spectacle reprend au Studio Hébertot, 78 bd des Batignolles, les vendredis et samedis jusqu’au 28 mai. Courez-y si vous ne l’avez pas encore vue !

Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi ! Merci d’avance.

Hubert Lévy-Lambert (X 53)

A suivre …


[i] Odile Jacob, 2022, 192 p., avec Marie-Paule Virard

[ii] Rose Dieng (75), la première Africaine – La Jaune et la Rouge

[iii] L’artilleur, 2022, 161 p.

[iv] Ed. du Toucan, 2022,

[v] Chapitre 31, de Constantine à Ancône, pp 137-140, illustration de C. Gondard

[vi][vi] Transcontinentale d’éditions, 2020, 261 p.

[vii] La Jaune et la Rouge, 699, octobre 2014, Christian Mégrelis (57), Citoyen du monde – La Jaune et la Rouge

[viii] Pour les bachelors, la promotion est celle d’obtention du diplôme.

[ix] Flammarion, 2022, 272 p, avec Augustin Landier

[x] Ed. du Seuil, Collection Points, 1975, 178 p.