Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #35

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

Voici, de Marcel Cassou (X 61) à Thomas Tranier (X 10), mes nouveaux portraits de polytechniciens Xtraordinaires et, de Valérie Attia (fille de Samuel Attia X 56) à François Villeroy de Galhau (X 78), mes petits potins du mois écoulé.

*** PETITS PORTRAITS ***

  • Marcel Cassou (X 61), banquier voyageur
Marcel Cassou

Né en 1941 à St Savin (33) d’un officier des Douanes et d’une institutrice, Marcel passe sa jeunesse dans le Nord et montre déjà son goût pour les voyages en gagnant des Bourses Zellidja pour l’Allemagne en 57 et le Sénégal en 58. Entré à l’X en 61 après une taupe à Faidherbe (Lille), il en sort dans l’Armée de l’air qui l’affecte au CERAM pour diriger le poste d’In Amguel où la France procédait à des essais atomiques souterrains. Il réalise en 69 la première ascension estivale de la Garet el Djenoun, Montagne sacrée des Touaregs, qu’il affrontera à nouveau en 71, en faisant Paris-Abidjan en 4 L en un mois, seul à travers le désert du Tanezrouft, sans GPS bien sûr ! Infatigable, il lance en 73 une opération Sahel en détresse qui distribuera 4.000 t de vivres et construira un barrage d’irrigation dans le nord du Niger.

Veuf avec 6 enfants et 11 petits-enfants, Marcel a eu une vie professionnelle variée : constructeur d’engins balistiques à la SEREB (1964-70) ; co-fondateur en 72 de la SG2, filiale informatique de la SG où il entre en 73 comme ingénieur conseil puis directeur du département du commerce extérieur et enfin banquier conseil. Il a à son actif des financements en Chine (usine Citroën, barrage des 3 Gorges), en Iran (3 usines pétrochimiques) ou en Corée du Sud (turbines pour une centrale nucléaire). Son équipe obtient 3 années de suite le titre mondial de Best arranger.

Parti en retraite en 2001, Marcel prend la direction d’une maison de retraite et écrit de nombreux livres dont son cocon Philippe Bonnamy (X 61) – avec lequel il a créé X Auteurs, devenu XMA – a écrit moult recensions pour la Jaune et la Rouge. En 2005 : Le Transsaharien, l’échec sanglant des missions Flatters, à la recherche d’un itinéraire pour une voie ferrée entre l’Algérie et l’Afrique Noire, dont la seconde, en 1881, où toute l’équipe, qui comprenait Jules Roche (X 1872), fut assassinée par les Touaregs peu soucieux de voir les Français interférer avec leur juteux trafic d’esclaves ; en 2008 : Feu nucléaire sur l’Iran ; en 2011 : Sur les routes de la faim et La vengeance des terres rares ; en 2013 : D’un continent à l’autre ; A travers le Sahara ; en 2016 : Tombouctou vivra ; en 2020 : Cette Chine qui n’existe plus.

  • François Jacq (X 86), atomiste
François Jacq

Né en 1965 au Havre d’un père agent de maitrise, François entre à l’X en 86 après une prépa à Louis-le-Grand. Il en sort dans le corps des mines tout en obtenant un DEA de sociologie. Après quelques mois chez Rhöne-Poulenc puis à la direction des technologies avancées du CEA, il entre en 93 au Centre de sociologie de l’innovation à l’Ecole des mines dont il sort docteur. Il bifurque en 96 vers le ministère de l’Education nationale comme chargé de mission à la DG recherche-technologie puis chef du département énergie, transport, environnement et ressources naturelles. En 2000, il est nommé DG de l’ANDRA et fonde Storengy avec Gérard Mestrallet (X 68) pour stocker le gaz naturel. Il en part en 2005 pour être directeur à la direction générale de l’énergie et des matières premières jusqu’en 2007 puis conseiller technique de François Fillon à Matignon. En 2009, il est nommé PDG de Météo France qu’il quitte en 2013 pour présider l’IFREMER où il reste 5 ans. Il est nommé en 2018 administrateur général du CEA puis président en 2019. Reconduit en 2022, il y est encore au bout de 6 ans, un record pour quelqu’un qui n’est jamais resté aussi longtemps dans la même boite ! Mais il voit vraiment les choses de haut, avec sa taille de 2 m !!

François a 3 enfants de son épouse Véronique Jacq, ingénieur civil des mines (88), intégrée dans le corps des mines au tour extérieur en 93, longtemps chargée de la sûreté des installations nucléaires au ministère de l’Industrie. On imagine de quoi ils parlent le soir après le boulot 😊

  • Thomas Métivier (X 06), discounteur
Thomas Métivier

Né en 1987, Thomas entre à l’X en 2006 où, tout en faisant d’excellentes études, il trouve le temps de présider la junior entreprise X Projet, l’association sociale ASK et la Communauté chrétienne. Sorti dans le corps des mines, il est nommé en 2012 adjoint au chef du Pôle 3E (économie, emploi et entreprise) et conseiller économie du préfet de région Aquitaine à Bordeaux avant de devenir 2 ans après chef du Pôle 3E et directeur régional adjoint au SGAR, DIRECCTE Aquitaine. Deux ans après, il entre chez Cdiscount, filiale bordelaise de Cnova, filiale de Casino cotée à Amsterdam, leader français du e-commerce. Il y est successivement directeur de la stratégie, directeur de la market place, PDG de la filiale Octopia, expert en places de marché. Nommé en 2023 DG de Cnova et de C Discount, il vient d’en être nommé PDG. Alors que, suite aux déboires de Jean-Charles Naouri, le Groupe Casino ouvre une nouvelle page de son histoire avec sa reprise par Daniel Kretinski , Thomas écrit : « Je suis très heureux de faire partie du nouveau comité exécutif constitué par Philippe Palazzi pour contribuer … au redressement du groupe et à sa croissance sur le long terme ». Bon courage, cher Thomas !

  • Dominique Sénéquier (X 72), ardiante
Dominique Sénéquier

Née en 1953 à Toulon, fille de Henri Sénéquier (X 42) et petite-fille d’une prof de maths au lycée Lyautey à Casa, Dominique fait sa prépa au lycée Thiers (Marseille) et entre à l’X en 72, dans la première promo qui accueillait officiellement des femmes. Sortie dans le corps de contrôle des assurances, elle passe un DEA en économie monétaire et bancaire de l’Université Paris-Sorbonne en 76. Elle entre en 80 au Groupe des Assurances Nationales (GAN) où elle deviendra DG de Gan Participations. Le GAN était alors, avec l’UAP et les AGF, un des 3 grands groupes d’assurances français, mangés respectivement par le CIC, AXA et Allianz. Sic transit gloria mundi. Mais Claude Bébéar (X 55), qui avait fondé AXA en 85, la débauche en 96 pour fonder Axa Private Equity, une société de capital investissement qui prendra son indépendance en 2013 sous le nom d’Ardian, devenant un des leaders mondiaux de l’investissement dans le non-coté, gérant actuellement plus de 160 G$ dans de nombreux fonds implantés en Europe, en Asie et en Amérique.

Dominique a une fille, Estelle. Son compagnon Philippe Rein est malheureusement mort en 22. Elle a repris le dessus car elle est une femme combative, comme elle est qualifiée dans Femmes de Progrès (AX, 2013, 112 p), dont elle a dirigé la rédaction. Elle a été plusieurs fois classée dans la liste des femmes influentes de Forbes, juste derrière Christine Lagarde. Elle a participé à la Commission Attali en 2007. Elle a créé en 2010 la Fondation Ardian. Elle a été promue en 2021 officier de la Légion d’honneur et vient d’être élue à l’Académie des Sciences morales et politiques au siège qu’occupait Bertrand Collomb (X 60). Toutes nos félicitations !

Pour la petite histoire, Dominique et ses 6 coconnes, dont la major Anne Chopinet, ne sont pas les premières femmes X. Vous connaissez tous l’histoire de Sophie Germain (X 1794) mais vous pouvez trouver dans la Bible mon cocon Jennifer Guillermin (X 53, ma lettre de mars 23). Et vous avez peut-être oublié que l’admission des femmes en 72 avait suscité un retentissant procès intenté par une certaine C.Hameau qui avait largement dépassé la limite d’âge en 72 car née comme moi en 35 et demandait que soit refait le schicksal de 53 ! Par itération, risquaient d’être annulés tous les autres schicksals antérieurs à 72 ! Naturellement, l’AX avait réussi à étouffer l’affaire qui avait néanmoins eu droit à un article dans la Jaune et la Rouge (fév. 86, pp 32-33), intitulé L’affaire Hameau contre AX.

  • Bruno Sportisse (X 89), inriatiste
Bruno Sportisse

Né en 1970, Bruno entre à l’X en 89. Il fait un an de service à l’Ecole de l’Air à Salon et sort de l’X dans le corps des Ponts. Après un an à l’Aérospatiale où il travaille sur le projet Hermès, il passe un an à l’Agence spatiale européenne (ESA) avant d’entrer chez EDF où il travaille sur la modélisation de la qualité de l’air (projet A3UR). Il obtient en 99 un doctorat en maths app. sous la direction de Bernard Larrouturou (X 77) et travaille avec l’Ecole des ponts sur un projet de recherche sur la qualité de l’air, ce qui l’amène à créer en 2002 le CEREA (centre de recherche sur la qualité de l’air atmosphérique) qu’il va diriger jusqu’en 2007, date à laquelle il obtient une habilitation à diriger des recherches en géophysique. Il est nommé en 2008 directeur du transfert et de l’innovation de l’INRIA (Institut national de recherche en sciences et technologie du numérique) qu’il quitte en 12 pour entrer au cabinet de Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, comme conseiller innovation puis directeur adjoint de cabinet, en charge notamment du lancement de la Mission French Tech. Il devient en 14 vice-président de Thuasne, entreprise spécialisée dans les dispositifs médicaux, qu’il quitte en 16 pour créer New Argonauts, pour accompagner les dirigeants dans la transformation digitale de leur entreprise, qu’il abandonne en 17 pour crééer Skopai, start up de veille économique basée sur l’IA, avant, enfin assagi, de revenir comme Pdg à l’INRIA où il est depuis 6 ans et a été renouvelé l’année dernière ! Malgré des contestations internes, Bruno peut se targuer d’avoir plus que doublé depuis 2020 le nombre de chercheurs de l’INRIA et d’avoir lancé en décembre dernier avec Dassault et des IHU le projet Meditwin pour positionner la France comme leader européen de l’innovation en santé numérique.

Bruno a écrit 3 livres chez Springer : Air pollution, modeling and simulation (2002), Pollution atmosphérique. Des processus à la modélisation (2007)et Fundamentals in Air Pollution : From Processes to Modelling (2014) et, dans la Jaune et la Rouge, un article sur l’IA en 2019 et un sur la Souveraineté numérique en 2021.

  • Ulrich Tan (X 02), albertiste
Ulrich Tan

Né en 1980, Ulrich entre à l’X en 2002 et en sort dans le corps de Contrôle des assurances, absorbé depuis lors par le corps des Mines. Il affine sa formation à Sciences Po en 2007, à une époque où cette éminente institution n’était pas encore gangrenée par des voyous qui ne connaissent ni l’histoire ni la géographie. Il commence sa carrière de commissaire contrôleur des assurances à l’ACP (autorité de contrôle des assurances, devenue ACPR) qui l’envoie 3 ans à New York d’où il revient comme adjoint au chef de brigade. Il passe ensuite 3 ans en Asie comme représentant de la banque de France pour le Japon et la Corée. Il passe au privé en 2014 comme gérant d’Iterilum, producteur de films (?), qu’il quitte peu après pour entrer à Faurecia, fabricant d’équipements pour l’auto, comme responsable d’unité de production à Augsburg. Il y reste 7 ans, un record pour ce touche-à-tout, jusqu’à ce qu’il soit séduit, l’année dernière, par le projet d’incubateur des produits de data sciences de l’État (DataLab) lancé par la Direction interministérielle du numérique (Dinum) en vue de faire de la France « un État plus efficace, plus simple et plus souverain grâce au numérique ». Vaste programme, auquel il décide de se consacrer pour développer une IA générative souveraine française, dénommée Albert, avec l’ambition de concurrencer ChatGPT, rien de moins ! Encore un hommage à Einstein (?), à ne pas confondre avec Albert School, créée par Grégoire Genest (X 13, ma lettre de décembre 23).

Le 23 avril, dans une maison France Services à Sceaux, Gabriel Attal a inauguré l’usage d’Albert qui permettra « des procédures plus simples dans des délais plus rapides avec des réponses plus sécurisées pour des politiques publiques plus efficaces ». Bravo Albert ! Mais on espère que Gabriel a pensé à créer un nouveau ministère pour donner du travail aux 25 % de fonctionnaires que, selon la dernière lettre de l’IREF, l’IA va priver de travail ! Et qu’Albert ne sera pas le pire des bureaucrates, comme le craint Gaspard Koenig dans Les Echos du 10 mai ?

  • Thomas Tranier (X 10), indépendant
Thomas Tranier

Thomas me plait beaucoup car il a le courage de se présenter en candidat libre aux prochaines élections au conseil de l’AX, bravant la règle non écrite qui veut qu’il faut avoir été adoubé par un soi-disant « comité de recrutement » pour avoir une chance d’être élu. Seule exception qui confirme la règle : l’élection de Serge Delwasse (X 86) il y a quelques années. A noter que, curieusement, le comité de recrutement a sélectionné 2 candidats nouveaux mais n’a pas pris position sur les 8 candidats qui se représentent pour un second mandat de 4 ans. Qu’est-ce à dire ? Ont-ils tous autant de mérite qu’en 2020 ? Il est vrai que le président du comité de recrutement, Jean-Pierre Mustier (X 81) est lui-même candidat à son renouvellement. Ceci explique sans doute cela !

Une autre raison qui me pousse à vous recommander de voter pour Thomas : sa profession de foi comprend curieusement le souhait que chaque polytechnicien puisse … acheter un bien immobilier pour y faire vivre sa famille à Paris à 30 ans. En tant que fondateur de Paref, foncière cotée, je ne puis qu’acheter une telle idée, même s’il est patent que la propriété de son logement est un obstacle à la mobilité !

*** PETITS POTINS ***

Valérie Attia (2è à g.) dans le contraire de l’inverse
  • Valérie Attia (MBA HEC 87),fille du regretté Samuel Attia (X 56) et nièce du regretté André Scheimann (X 53) et de moi-même, nous a séduits en jouant avec la Compagnie du mardi au Théâtre St Jo de Clamart, avec Stéphanie Pomeau, Jacky Goupil et Laurent Korchia, Le contraire de l’inverse, une suite ébouriffante de saynètes insensées écrites par Jacky Goupil pour « spectateurs déraisonnables ». Elle envisage de jouer bientôt au Théâtre Théo. Ne la ratez pas si vous voulez vous dilater la rate !
  • Joëlle Barral (X 01, ma lettre de juillet 23), lauréate 2019 du prix Pierre Faurre (X 60), membre du conseil de l’AX, directrice de la recherche en IA de Google DeepMind, spécialiste des liens entre santé et IA, a fait une conférence le 6 mai à l’X.
La Maison de Tante Léonie à Illiers-Combray
  • Jérôme Bastianelli (X 90, ma lettre de décembre 22), directeur général du musée du quai Branly et président de la société des amis de Marcel Proust, annonce la réouverture, après 2 ans de travaux, de la maison de Tante Léonie à Illiers-Combray (Eure et Loir), le village où Marcel passait ses vacances dans sa jeunesse, qui s’appelait seulement Illiers à l’époque !
Elisabeth Borne
  • Elisabeth Borne (X 81, ma lettre de mai 22), ancienne première ministre, devient présidente du conseil stratégique des Forums Sistemic, un mouvement créé par Aude de Thuin pour engager les femmes dans la 4ème révolution industrielle, féminiser les métiers, (re) donner aux jeunes filles le goût des mathématiques et qu’il y ait plus de femmes dans les métiers d’avenir. Elle démarre sa nouvelle fonction sur les chapeaux de roues avec un Forum le 22 mai au Mucem de Marseille sous le haut patronage d’Emmanuel Macron. Le FORUM suivant aura lieu les 11 et 12 octobre à la Station F. Comme quoi il y a une vie après Matignon !
Estelle Brachlianoff veolia
  • Estelle Brachlianoff (X 92, ma lettre de mars 22), DG de Véolia, surnommée la générale des eaux, a emmené tout son état-major à New York le 18 avril pour présenter devant un parterre d’investisseurs et de journalistes son programme stratégique 2027 Green Up. Ce programme triennal est axé sur la décarbonation de 18 Mt de CO2, la régénération de 1,5 Gm3 d’eau douce et la dépollution de 10 Mt de déchets dangereux et de polluants. Estelle prévoit de doubler le volume d’activité de Veolia aux USA d’ici 2030. Bonne route, chère Estelle !
  • Sadi Carnot (X 1812), né en 1796, fils ainé de Lazare Carnot (le Grand Carnot)vous accueille au Mus’X jusqu’au 20 décembre avec une exposition axée sur le Bicentenaire des Réflexions sur la puissance motrice du feu et sur les machines propres à développer cette puissance, son seul ouvrage, publié en 1824, quelques années avant sa mort en 1832 des suites du choléra. A ne pas confondre avec son petit-neveu Sadi Carnot (X 1857), né en 1837, élu président de la République en 1887, assassiné à Lyon en 1894 par un anarchiste italien juste après avoir présidé les cérémonies du centenaire de l’X.
  • Daniel Dewavrin (X 58), ancien président de Ratier Figeac, de Luchaire, de Faurecia, de l’UIMM et de l’AX (2006-10), fils de André Dewavrin (X 32, grand résistant, alias Colonel Passy, ma lettre d’octobre 23), est mort le 21 avril. Une messe a été célébrée le 16 mai en l’église de la Madeleine par Mgr Patrick Chauvet, curé de la Madeleine.
  • Pierre-Noël Giraud (X 67), professeur d’économie à l’Ecole des Mines, sort un nouveau livre : Du pain et des Jeux (Odile Jacob, 2024). Il y prévoit que nous allons disposer de plus en plus de temps libre du fait de la robotisation et l’intelligence artificielle qui réduisent fortement le temps consacré aux activités productrices. A côté ceux qu’il appelle les nomades et les sédentaires (respectivement appelés anywhere et somewhere par Dadid Goodheart) qui devraient pouvoir tirer leur épingle du jeu, PNG craint pour un tiers-état qu’il appelle les inutiles, qui n’arriveront pas à s’intégrer et dont le nombre risque d’augmenter du fait du développement de l’IA.
  • Antoine Guyot (X 13, fondateur de Jimmy, ma lettre d’octobre 22 et Des X pour la planète) avance dans son projet de réalisation d’un SMR (petit réacteur modulaire) : il a déposé fin avril auprès de l’ASN une demande d’autorisation pour construire un réacteur de 10 MW destiné à fournir de la chaleur à la sucrerie de Cristal Union à Bazancourt (Marne). Mais il y a loin de la coupe aux lèvres : l’instruction du dossier devrait prendre au moins 3 ans. Courage, Antoine, la construction de notre premier EPR  a pris quelques années de plus !
  • Christel Heydemann (X 94, DG d’Orange, ma lettre de mars 22) réclame publiquement, conjointement avec Catherine MacGregor, DG d’Engie, Benoit Bazin (X 89), DG de St Gobain et Thomas Buberl, DG d’Axa, une volonté politique qui soutienne indiscutablement la transition écologique, tant au niveau national qu’au niveau européen. Pour tout dire, notre quatuor de grands patrons réclame une transition juste, sans menace ni contrainte, qui renforce notre cohésion sociale. Spécialiste de guerre juste, Geoffroy d’Aumale (X 61, potin de ma lettre d’avril) nous préparera peut-être un livre sur la transition juste ?
Xavier Huillard
  • Xavier Huillard (X 73), PDG de Vinci, ancien président de campagne de la Fondation de l’X, a fait approuver le 3 mai par le conseil d’administration de Vinci la nomination de Pierre Anjorlas (X 85) comme DG opérationnel avec vocation à lui succéder comme DG en avril 25. Une succession qui devrait se passer sans encombre, contrairement au cirque qui avait prévalu lors de la succession d’Antoine Zacharias entre 2006 et 2010. Il faut dire que Pierre est X Ponts, comme Xavier et que ce dernier pourrait rester président du conseil d’administration jusqu’en 2029 !
  • Franck Le Vallois (X 94),ingénieur du corps des mines, chargé du cours de Réglementation prudentielle en assurance à l’ENSAE, anciennement membre du Comité Exécutif d’Allianz France puis Directeur général de France Assureurs, vient de passer dans le monde du courtage en devenant PDG de la filiale française d’AON, multinationale britannique. Toutes nos félicitations.
  • Christian Marbach (X 56, immortel organisateur du bicentenaire de l’X et auteur de nombreux ouvrages, dont Portraits de Polytechniciens, ma lettre numéro 1) vient de publier X 56, Récit et réflexions (Sabix, 2024, 142 p) où, en égrenant ses souvenirs de son passage à l’X en 56, il se pose – et nous pose – quelques questions existentielles qui formaient le titre d’une œuvre de Gauguin de 1897-98 : D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? Si vous êtes X 56 ou pas 56 ou pas X, ce livre vous plaira ! Vous pouvez le commander en ligne dans la boutique Sabix.
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  • Olivier Martin (X 77) me signale que sa promotionécrit à tour de bras : Analyse quantitative des schémas numériques pour les équations aux dérivées partielles par Daniel Bouche (X 77) ; Etude sur la preuve originelle de l’identité combinatoire dite de Li Shanlan (1811-1882) par Félix Debierre (X 77), consacrés aux mathématiques de la Chine ancienne ; Escaliers vers le ciel, par Pierre Loiret (X 77), en quelque sorte une actualisation du pari de Pascal. A bons lecteurs, salut !
Bismuth, par Seffa Klein
  • Jérôme Poggi, Piston 91 – personne n’est parfait – mais aussi Master en histoire de l’art et diplômé de l’EHESS, fils du Raymond Poggi (X 58) et neveu de mon regretté cocon Jean-Charles Poggi (X 53), vient d’ouvrir sa galerie éponyme dans de magnifiques locaux 135 rue St Martin, juste en face du centre Pompidou. Après une exposition consacrée à Christian Bonnefoi, Jérôme a inauguré le 15 mai une belle exposition de la petite-fille du grand peintre Yves Klein, Seffa Klein, dont les tableaux ont la particularité d’être faits non pas en bleu Klein mais en Bismuth 83 !
  • Patrick Pouyanné (X 83), pdg de TotalEnergies, a signé le 22 avril un accord avec le sultanat d’Oman pour construire Marsa LNG, une usine de liquéfaction de 1 Mt/an de gaz naturel destinée à alimenter le transport maritime, alimentée elle-même par un parc solaire de 300 MWe. Premier de la classe, Total affecte cette année 5 G$ aux énergies renouvelables, soit un tiers de ses investissements.
Rouge ou Jaune, le prochain dividende de Total ?

A noter qu’avec 9 G€ d’actions rachetées en 2023, TotalEnergies est nolens volens, conjointement avec BNP Paribas (5 G€) à l’origine du projet de taxation des rachats d’actions, pratique que Macron qualifie de cynique. Il n’est pourtant pas nécessaire d’être inspecteur des finances pour comprendre qu’une société qui rachète des actions ne rémunère pas ses actionnaires mais leur rembourse ce qu’ils ont payé, souvent avec une moins-value, et que, si elle le fait, c’est parce qu’elle n’a pas l’usage des fonds correspondants et parce que le cours de l’action est déprimé. En quoi serait-ce une pratique cynique ? N’est-ce pas plutôt la rétroactivité de la mesure qui serait cynique ? PP va-t-il se venger en transférant sa cotation principale à Wall Street où Apple n’hésite pas à lancer un programme inédit de rachat d’actions de 110 G$ ?! Ou bien distribuer un dividende en liquide ? 🙂

  • Loïc Rocard (X 91) n’est pas seulement président de l’AX. Il est également, à ses moments perdus, président de Technicatome, dont il vient d’annoncer les excellents résultats. Cette ancienne filiale d’Areva construit et assure la maintenance des chaudières nucléaires destinées aux sous-marins et aux porte-avions de la marine nationale. Outre ses activités militaires, qu’il est seul à maitriser avec les USA et la Russie, Technicatome travaille aussi sur le projet Nuward de petits réacteurs civils français. Bravo, cher Loïc !
  • Eric Schoettl (X 67, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, ma lettre de juin 22)s’émeut dans le Figaro du 15 mai de la récente décision du Conseil d’Etat qui valide la décision de la Mairie de Paris d’attribuer une subvention de 100.000 € à l’association SOS Méditerranée. Financer légalement l’immigration irrégulière, voilà ce que nous devons au gouvernement des juges ! Bien qu’ayant été naguère rapporteur d’un groupe de travail sur la liaison Mer du Nord-Méditerranée, j’ignorais que Paris était sur son itinéraire. Fluctuat et mergitur 😊
  • Patrice Vergriete (X 89, ma lettre de février) approuve l’accord passé par le PDG Jean-Pierre Farandou avec les syndicats de la SNCF pour annuler quasiment la mini-réforme des retraites votée l’année dernière avec peine, en permettant aux cheminots de partir 30 mois en avance. Notre ministre des transports, apôtre des transports gratuits, affirme froidement que le contribuable ne paiera pas un centime pour financer cet accord qui devrait coûter 35 M€/an, le client étant protégé par la concurrence ! On suppose qu’il ne fréquente pas beaucoup la Gare du Nord et qu’il utilise plutôt un hélicoptère pour se rendre de son ministère bd St Germain à son fief de Dunkerque !
  • Philippe Vesseron (X 65), ingénieur général des mines, ancien délégué aux risques majeurs, s’interroge dans Le pont des idées sur les défis posés par la loi du 9 avril 2024 sur la fusion de l’ASN et de l’IRSN pour créer l’ASNR. Il insiste sur le fait que la fusion va obliger la nouvelle institution à mieux expliciter la dimension d’arbitrage « coûts-bénéfices » de ses décisions. L’ancien promoteur de La rationalisation des choix budgétaires ne peut qu’applaudir à une telle approche qui gagnerait à s’appliquer également dans des domaines aussi différents que la santé ou l’éducation.
  • François Villeroy de Galhau (X 78, ma lettre de mai 22), gouverneur de la Banque de France, fait la leçon à Macron dans sa lettre du 22 avril : L’efficacité publique…, c’est naturellement de maîtriser les déficits et la dette publique. Et c’est pour cela d’arriver à une meilleure efficacité de l’ensemble des dépenses centrales, locales et sociales. Le redressement budgétaire s’impose d’abord pour la France : c’est une illusion trop longtemps entretenue que d’espérer résoudre la dérive de nos dépenses en pariant seulement sur une future accélération de la croissance… La cause profonde du « mal français », c’est la croissance continue des dépenses publiques… Aucune mesure fiscale réaliste ne sera à la mesure de la dérive des dépenses… On aimerait savoir si FVdG considère comme réaliste la taxation des rachats d’actions (cf supra) ?

*** COURRIER DES LECTEURS ***

  • Cher camarade, Merci d’avoir cité mon ouvrage. Mais je ne suis pas un descendant du duc d’Aumale qui a pris la smala en Algérie. Le titre a été pris par la couronne de France début du 17ème siècle, suite à leur engagement avec la ligue contre Henri IV. Bravo pour tes travaux. Amicalement. Geoffroy d’Aumale (X 61). Merci. J’ai rectifié mais je note que tu es le fils d’un ambassadeur de France. Pas mal non plus ! HLL
  • Cher camarade, Merci pour ton résumé paru dans la Jaune et la Rouge de mai. Amicalement. Geoffroy d’Aumale (X 61). Mon projet de recension a été censuré de tout ce qui parlait de la guerre de Gaza. HLL. Incroyable cette censure !!! Amitiés. Geoffroy.
  • Mon cher Hubert, Je suis admiratif et interrogatif : où trouves-tu le temps -et les sources documentaires- pour mener toutes ces activités… Sous le statut d’X d’honneur -Marcel Boiteux avait été désigné ainsi par les quelques 200 membres d’EDF qui formaient le bataillon de l’X, tu pourrais -si tu ne l’as déjà fait- lui attribuer une rubrique d’Xtraordinaire… Amicalement, Alain Bernard (X 61). Bonne idée. Je l’inscris sur la liste d’attente ! HLL
  • Bonjour Hubert, Je lis toujours avec intérêt ta rubrique périodique sur les X extraordinaires. Ce mot pour te signaler ce que je crois être une erreur en ce qui concerne Geoffroy d’Aumale… Philippe Bonnamy (X 61). Merci, j’ai rectifié. Voir ci-dessus. HLL
  • Bonjour, Je souhaite me désabonner de ces portraits régulièrement encombrés de remarques qui n’ont pas l’heur de me plaire… Je suis un irréductible laic. Et je comprends mal, et c’est la seconde raison, que des gens intelligents s’évertuent encore de nos jours à défendre les pétroliers qui continuent de saccager NOTRE planète et à défendre les salaires indécents que s’octroient certains… Cordialement, Jean-Pierre Jouannaud (X 67). Tu es désabonné. Mais je ne comprends pas bien tes raisons. HLL
  • Tu es formidable Hubert ! Quel travail remarquable et précieux. Fais un lumen calameo qui est automatiquement mis à jour et peut tout récapituler. Sinon nous te le ferons à la société d’encouragement pour l’industrie nationale. Amitiés. Dr Catherine Le Louarn Déléguée générale. Ф La Société & Cie. Merci. Lumen calameo c’est koi ??? HLL
  • Cher Hubert, tes portraits sont toujours intéressants ! Bon dimanche. Marie-Louise Tronc (X 74). Merci HLL

Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance !

Hubert Lévy-Lambert (X 53), fondateur de X Monument

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #34

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

Voici, de Florian Coupé (X 06) à Vincent Strubel (X 00), mes nouveaux portraits de polytechniciens Xtraordinaires et, de Bernard Arnault (X 69) à Gala Vinogradova (D 14), mes petits potins du mois écoulé.

*** PETITS PORTRAITS ***

Florian Coupé (X 06), cyclo aventuriste

Florian Coupé
Florian sur la route de la soie

Né en 1985 à St Brieuc de parents pharmaciens, Florian fait sa prépa aux Lazaristes à Lyon et entre à l’X en 2006. Il poursuit son parcours à AgroParisTech-ENGREF, ce qui le conduit à travailler sur la stratégie énergétique territoriale chez Suez-Environnement puis au sein d’AEC – Energie et Climat. Mais rester dans un bureau ennuie Florian qui rêve de grands horizons. Considérant que partir est un acte de résistance, la seule issue pour ne pas s’éteindre sans s’en rendre compte, il passe un an à parcourir le monde à vélo avec sa compagne, en traversant 22 pays : Europe, Balkans, Turquie, Iran, Népal, Inde, Birmanie, Thaïlande, Laos, Vietnam, Chine
, Hong-Kong… 

Temporairement assagi, Florian consacre son temps libre à parcourir la montagne au sein de la compagnie de réserve du 27ème Bataillon de Chasseurs Alpins. Mais quand on a été touché par le virus du voyage, difficile d’en réchapper ! L’année dernière, repris par la bougeotte, il fait plus de 15.000 km en vélo en 7 mois pour rejoindre le Jamboree de Saemangeum (Corée du Sud), en partenariat avec l’Organisation Mondiale du Mouvement Scout où il a été bénévole pendant de nombreuses années. Ce sera la Cyclodyssée. Il aurait eu moins de mal pour aller au Jamboree de 1947 qui était dans la boucle de Moisson, tout près de Paris !

Florian a raconté ses pérégrinations dans Un art de parcourir le monde (Alisio et Points Aventure 2020) qu’il a présenté au Salon du livre polytechnicien en novembre dernier et qui a obtenu le Prix du Témoignage d’Aventure décerné par un jury présidé par un autre aventurier, Patrice Franceschi. Nous attendons avec impatience le docu qu’il prépare pour raconter ses aventures…

  • Virginie Galland-Ehrlacher (X 04), scientifique
Virginie Ehrlacher

Née en 1986 à Montluçon (Allier) de Alain Ehrlacher (X 73), professeur de mécanique à l’Ecole des ponts et d’une mère professeur de français en collège, Virginie grandit à Grisy-Suines, un petit village de Seine et Marne. Après des études secondaires et une prépa à Henri IV, elle entre à l’X en 2004 et en sort dans le corps des Ponts et Chaussées. A sa sortie de l’X, Virginie passe un Master d’analyse numérique et équations différentielles à Jussieu en 2008, puis enchaine en obtenant en 2012 un PhD en Math.apps au Centre de Mathématiques appliquées de l’Ecole des Ponts (CERMICS) sur des modèles mathématiques en chimie quantique. Après un post-doctorat à Los Angeles et à Erlangen, elle retourne en 2013 au Cermics pour enseigner et poursuivre ses recherches sur le développement et l’analyse mathématique de nouvelles méthodes numériques efficaces pour la résolution de problèmes de grande dimension et multi-échelle issus de divers domaines en science des matériaux, notamment la chimie quantique ou la dynamique moléculaire.

Les recherches de Virginie, qui est également membre de l’équipe projets INRIA Matherials,  lui ont déjà valu plusieurs grandes récompenses. En particulier, elle a reçu en décembre 2023 la bourse européenne ERC-Starting Grants grâce à laquelle elle compte lancer un projet de recherche nommé HighLEAP. Et elle vient de recevoir le 7 mars dernier, des mains de Sylvie Retailleau, lors de la 22e édition du prix Irène Joliot-Curie, un prix de la Jeune Femme scientifique, qui récompense des jeunes femmes ayant soutenu leur thèse depuis moins de 10 ans. Toutes nos félicitations !

Virginie a un frère, Charles, qui figure dans la Bible sous les références M14 et D18 ! Elle a épousé en 2011 son cocon Edouard Galland (X 04), ingénieur de l’Armement, formant ainsi encore un couple monopromal (ma lettre de janvier 24). Ils ont 2 enfants qui ont des chances de porter eux aussi un jour un bicorne !

  • Isabelle Loc (X 02), banquière
Isabelle Loc

Née en 1983 à Créteil, Isabelle entre à l’X en 2002 et poursuit ensuite sa formation avec un Master en relations internationales à Columbia. Elle commence sa carrière professionnelle en 2007b comme consultante chez McKinsey, qu’elle quitte en 2010 pour entrer chez BNP-Paribas. Après 3 ans au service des dérivés actions et matières premières de CIB, elle passe 3 ans comme secrétaire du Comex puis 5 ans chez CIB comme senior banker en charge des clients stratégiques puis responsable du département actifs au Moyen Orient-Afrique, avant d’être nommée en 2021 DG de la filiale de leasing de la BNP.

Grâce à son expérience diversifiée des activités d’une grande banque, Isabelle vient d’être promue par le DG Jean-Laurent Bonnafé (X 81) directrice de la Banque commerciale en France et membre du Comex de la BNP où elle côtoiera 6 autres X ! Pour la petite histoire, elle remplace une énarque, Marguerite Bérard (ENA 04) et est remplacée par un X, Neil Pein (X 01). Toutes nos félicitations !!

A ses moments perdus, Isabelle participe aux réunions du comité de culture mathématique du fonds de dotation de l’Institut Henri Poincaré.

  • Henri Rouart (X 1853), peintre
Portrait d’un polytechnicien par Degas (c) Murauchi Tokyo

Né en 1833 à Paris, Henri fait ses études à Louis le Grand où il rencontre Edgar Degas qui fera plusieurs portraits de lui dont un en GU. Après une prépa à Ste Barbe, il entre à l’X en 53 et en sort dans l’artillerie qui l’envoie à Metz pour y suivre les cours de l’école d’application. Il démissionne presque aussitôt pour entrer en 1857 dans une entreprise de constructions mécaniques, Kaulek et Mignon, avant de créer sa propre entreprise avec un associé, Jean-Baptiste Mignon et son frère Alexis. Très inventif, il dépose de nombreux brevets dont une machine à ammoniac pour créer du froid ou un système pneumatique pour transmettre des messages à travers Paris, qui existait encore dans ma jeunesse.

Henri Rouart devant son usine par Degas
La terrasse au bord de l’eau par Henri Rouart

Henri a été aussi un grand peintre, élève de Corot et de Millet, Henri a participé à de nombreuses expositions.  Vous pouvez voir jusqu’au 30 juin, accrochée entre des œuvres de Degas et de Monet, La terrasse au bord de la Seine à Melun (1874, Musée d’Orsay), dans le rappel de la première exposition impressionniste (1874). Henri a eu 5 enfants, dont Eugène et Louis qui ont épousé les sœurs Yvonne et Christine Lerolle, peintes par Renoir. Henri était également un grand collectionneur et mécène, qui a constitué une fabuleuse collection que ses enfants ont malheureusement vendue après sa mort en 1912 mais beaucoup se retrouvent maintenant au Louvre et à Orsay. Il avait transmis ses dons de peintre à son fils Ernest et à son petit-fils Augustin étaient des peintres. De nombreux livres lui ont été consacrés, dont Une famille dans l’impressionnisme (Gallimard, 2011) par son arrière-petit-fils Jean-Marie, académicien. ON peut citer aussi un article de Christian Marbach (X 56) dans le Bulletin 52 de la SABIX (février 2013) : Rouart, X 1853, l’ingénieur peintre.

Henri Rouart par Degas

Pour se délasser de l’industrie et de la peinture, Henri organisait des diners tous les vendredis chez lui rue de Lisbonne. Dans Portraits de polytechniciens (Sabix 2015), Christian Marbach explique qu’on y voyait souvent non seulement Degas mais aussi le général Mercier (X 1852), antidreyfusard notoire. Sur ses vieux jours, retiré à La Queue-en-Brie (Val-de-Marne) où sa famille avait une grande propriété, il en a été maire de 1891 à sa mort.

  • Vincent Strubel (X 00), cybersecouriste
Vincent Strubel

Né en 1980, Vincent entre à l’X en 2000 et en sort dans le corps des Télécom, absorbé depuis par le corps des Mines. A sa sortie de l’Ecole des télécom, il est affecté à  la direction centrale de la sécurité des systèmes d’information (DCSSI) devenue, en 2009, l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI). Il quitte l’ANSSI en 2020 pour être le premier directeur de l’Opérateur des Systèmes d’Information Interministériels Classifiés (OSIIC) qui vient d’être créé par la fusion du centre de transmissions gouvernemental du SGDSN et de la sous-direction Numérique de l’ANSSI. Il s’y illustre lors de la pandémie du Covid-19 en proposant des solutions novatrices pour les services essentiels de l’État. Il retourne en 2023 à l’ANSSI comme directeur général, en remplacement de Guillaume Poupart (X 92) parti à la direction de Docaposte.

Son objectif essentiel est d’assurer la sécurité informatique des JO, avec l’aide d’Atos, dont on peut se demander si la sécurité est garantie ? Il est ainsi responsable de la cybersécurité des 200 opérateurs d’infrastructures critiques (transports, télécommunications, électricité …) et des 150 acteurs de l’écosystème des Jeux (stades, logements…). Vaste programme !

*** PETITS POTINS ***

Bernard Arnault (X 69),patron de LVMH,est pour la deuxième fois sacré par Forbes l’homme le plus riche du monde, avec une fortune évaluée à 215 G€. Mais ne le dites à personne, car nombreux sont ceux qui veulent augmenter les impôts des riches…

Patrick Artus

Patrick Artus (X 70, ma lettre d’avril 22), conseiller économique de Natixis, invité de l’émission Ecorama du 3 avril, explique que taxer les riches ne rapporterait pas des milliards. Pas besoin d’avoir fait Polytechnique pour savoir que trop d’impôt tue l’impôt et que la meilleure recette pour combler les déficits est de réduire les dépenses publiques.

Geoffroy d’Aumale (X 61) vient d’écrire Guerre juste, une éthique de la guerre, préfacé par Mgr de Romanet, évêque aux Armées, qui rappelle que la doctrine de la guerre juste date du Moyen-Age, qu’il faut l’analyser sous 3 critères principaux : ad bellum, in bello et post bellum et qu’on doit distinguer 3 types de paix : d’équilibre, d’hégémonie et d’empire. Observant que les hommes s’affrontent et se tuent depuis toujours, Geoffroy s’interroge sur la justesse des nombreuses guerres dans lesquelles la France a été impliquée dans l’histoire, de la bataille de Poitiers (732) à la guerre d’Algérie, où son prestigieux homonyme Henri d’Orléans, duc d’Aumale, a participé à la prise de la smala d’Abd El Kader (1843) pour finir Gouverneur général (1847-48)… S’agissant de la guerre lancée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, Geoffroy considère le sujet « trop chaud pour être apprécié en toute sérénité » mais cite Michael Walzer, auteur du best-seller Guerres justes et injustes, qui dit dans le Figaro du 4 novembre 2023 : « le but de la guerre doit être de s’assurer que les personnes qui ont planifié et commis les atrocités du 7 octobre ne pourront plus jamais en commettre de semblables… ». Qui peut contester ? 

Bruno Bensasson (X 92, ma lettre de décembre 23), qui étaitdepuis 2018, directeur du Pôle énergies renouvelables d’EDF (hydroélectricité, éolien et solaire) et membre de son Comex, vient de dire adieu à ses collaborateurs. Où ira-t-il ?

Jacques Biot aux Folies-Bergère

Jacques Biot (X 71), ancien président de l’X, est comme Eric Labaye (X 80, ma lettre de mars 24), la preuve vivante qu’il y a une vie après la direction de l’X : outre ses fonctions de président de Huawei France, il vient d’être nommé membre du collège des personnalités qualifiées de la Fondation 15-20 pour la vision qui, comme son nom l’indique, est destinée à donner de l’argent à l’hôpital éponyme, créé il y a 7 siècles pour accueillir 300 malades des yeux. Si vous voulez y participer, vous pouvez contacter sa directrice Véronique Giacomoni, qui a exercé naguère des responsabilités analogues à la Fondation de l’X.

Patrick Drahi Eric Piermont AFP Getty Images

Patrick Drahi (X 83), PDG d’Altice, qui vient de vendre à Rodolphe Saade pour 1,5 G€ sa pépite Altice Medias (BFM TV, RMC…), poursuit ses efforts pour se désendetter. Va-t-il maintenant racheter ses dettes avec décote ou vendre SFR, sa pépite des télécom ? On peut lui faire confiance pour trouver une solution car il sait que 24 G€ de dettes représentent un problème plus pour ses prêteurs que pour lui !

Pierre-Louis Dubourdeau

Pierre-Louis Dubourdeau (X 04), mineur, vice-président de Michelin, fait partie de la fournée 2024 de l’Institut Choiseul avec le numéro 6, suivi par Geoffrey Bouquot (X 05), mineur, vice-président de Valéo (n° 16), Noémie Chocat (X 04), directrice de la stratégie de St Gobain (n° 20), Vincent Luciani (X 05), DG de Artefact (n° 22), Elina Berrebi (X 06), associée de Revaïa (n° 34), Matthieu Landon (X 08), conseiller économie à l’Elysée (n° 36), Arthur Dénouveaux (X 05), directeur de la transformation de Covéa (n° 58), Thomas Métivier (X 06), DG de Cdiscount (n° 66), Arthur Mensch (X 11, ma lettre de juin 23, n° 68), Philippe Englebert (M 15), gérant chez Lazard (n° 69), Nathalie Bouvier-Tersiguel (X 06), directrice de la stratégie d’Alstom (n° 79), Thibaut Frossard (X 12), dr de cab du DG de Cap Gemini (n° 95) et Jérémy Jawish (X 06), DG de Shift Technology (n° 97). Depuis 2013, le Choiseul 100 liste les dirigeants de moins de 40 ans qui jouent ou joueront un rôle majeur dans l’économie française. Une douzaine d’autres X, dont Vincent Le Biez (X 04, ma lettre de juillet 22), font partie de la deuxième division (100 à 200). Bravo à tous !

Jean-François Fourtou avec ses parents à l’espace Monte-Cristo

Jean-René Fourtou (X 60), ancien président de Bossard, de Rhône Poulenc, d’Aventis, de Vivendi et… du GPX, assistait avec son épouse Janelly au vernissage de La famille des Hybridus, magnifique oeuvre immersive de leur fils Jean-François au premier étage de l’exposition organisée par la Fondation Villa Datris sur les Mondes imaginaires.

La famille des Hybridus

C’est vraiment une drôle de famille ! Espace Monte Cristo, 9 rue Monte Cristo, 75020 Paris. Entrée libre du mercredi au dimanche de 11 h à 18 h 30 jusqu’au 15 décembre.

Michel Galiana-Mingeot (X 68, ma lettre de février 23), auteur des Clés secrètes de l’Univers, a fait des nouvelles découvertes sur Galilée ! Dans La légende de Galilée revisitée, MGM nous explique que, contrairement à la légende, la condamnation de Galilée ne repose pas sur l’aveuglement de l’Inquisition, mais au contraire, sur un jugement exact : il est accusé de n’avoir jamais démontré la thèse du mouvement de la Terre autour du Soleil !!

Christel Heydemann

Christel Heydemann (X 94, ma lettre de mars 22), PDG d’Orange, a annoncé le 9 avril l’extension de son partenariat avec Google Cloud, signé en 2020, dans le but de faire de l’IA générative un outil incontournable de ses services, dans le triple but de rendre les réseaux plus intelligents, d’optimiser l’efficacité opérationnelle et d’améliorer l’expérience client. Elle a déclaré : « Notre ambition est de créer plus de valeur dans tous nos métiers, nos réseaux et dans toutes nos interactions avec les clients, grâce à une IA responsable. Orange perçoit le potentiel immense de l’IA dans toutes les dimensions de son activité. »

JM Jancovici (Chang Martin SIPA)

Jean-Marc Jancovici (X 81, ma lettre de mars 22), président de Shift Project, se lance-t-il dans la politique ? Il organisait en effet le 16 avril un grand débat sur l’écologie à Angers entre toutes les têtes de liste des européennes, sauf Jordan Bardella. Ils ont notamment échangé sur le Pacte vert européen, la transition écologique, le nucléaire et les renouvelables. Pas de quoi inquiéter Roland Lescure (cf infra). Le mot de la fin est revenu, bien sûr à Jean-Marc qui se demande comment les Gilets jaunes pourront continuer à rouler en 2035 quand il y aura deux fois moins de pétrole ? Chic à la Jône !

Roland Lescure

Roland Lescure (X 87), ministre de l’Industrie et de l’Energie, a annoncé le 16 avril la création de 55 sites de sites industriels « clés en mains » permettant de construire une usine en 9 mois au lieu de 17, afin de faire sauter les verrous de la réindustrialisation. Reste à convaincre les industriels, très attirés par les milliards que leur offrent les Etats-Unis. Très actif, il avait peu avant annoncé à Manosque un pacte solaire et les objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour 2035. Ce plan fera la part belle au nucléaire, avec 6 nouveaux EPR 2 et une production de 400 TWh, ainsi qu’aux renouvelables, avec une puissance installée de près de 100 GW de solaire et autant d’éolien, moitié terrestre, moitié marin. Pas de risque que la loi soit rejetée, car il n’y aura qu’un simple décret ! Mais ces projets risquent de profiter plus à la Chine qu’à la France où Systovi, l’avant-dernier fabricant de panneaux solaires, vient d’annoncer sa cessation d’activité !

Sous-marins Barracuda

Pierre-Eric Pommelet (X 84), président de Naval Group, peut se réjouir d’avoir été sélectionné par les Pays-Bas pour remplacer leurs sous-marins de classe Walrus par des sous-marins de dernière génération de la famille Barracuda, pour renouveler les capacités opérationnelles de la Marine royale néerlandaise et pour en être partenaire stratégique à long terme. Une consolation après la mémorable claque reçue des Australiens avec Aukus …

Henri Poupart-Lafarge

Henri Poupart-Lafarge (X 88), PDG d’Alstom, devrait être rétrogradé à simple DG si la prochaine assemblée générale vote la modification de la gouvernance d’Alstom, auquel cas Philippe Petitcolin, ancien directeur général de Safran, serait nommé président. Est-ce la conséquence d’erreurs de calcul qui ont conduit Alstom à annoncer de graves difficultés de trésorerie inattendues et à chuter en bourse, malgré la réussite de la fusion avec Bombardier et un carnet de commandes bien rempli ?

de la Française des Pétroles à TotalEnergies

Patrick Pouyanné (X 83), président de TotalEnergies, ouvre largement sa bourse en offrant 100 actions à ses 100 000 collaborateurs et 100 € à ses 100 000 premiers nouveaux clients d’électricité et de carburant, pour célébrer le centenaire de la Compagnie Française des Pétroles. Voilà quelques millions d’euros qui échapperont à la razzia que prépare Le Maire contre les sociétés qui ont le tort de gagner trop d’’argent ! Créée en mars 1924 suite au traité de San Remo de 1920, qui avait attribué à la France, comme butin de guerre, un quart de la Turkish Petroleum Company, la CFP a depuis lors changé de nom plusieurs fois. Son nom actuel marque son ambition de réussir la transition énergétique aussi vite que possible pour devenir multi-énergies. Puissent nos jeunes camarades contestataires comprendre la grosse erreur qu’ils ont faite en bloquant par leur minorité agissante le projet d’implantation d’un centre de recherches de TotalEnergies sur le platâl ! Idem pour LVMH. Et on tremble à l’idée qu’ils s’en prennent aussi au Pôle recherche de la nouvelle Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de Défense (AMIAD), dirigée par Bertrand Rondepierre (X 10), dont Sébastien Lecornu vient d’annoncer l’implantation sur le campus de l’Ecole ?

Sergio Padovani

Thierry Schwab (X 66, ma lettre de septembre 23) termine en beauté l’exposition Ombres enceintes consacrée à Samuel Ackerman dans sa galerie du 35 rue Quincampoix, près de Beaubourg, avec un débat entre l’artiste et Olga Medvedkova, directrice de recherche au CNRS, spécialiste de l’art russe, le 20 avril à 17 h. Après la Russie, Thierry nous emmènera en Italie à partir du 25 avril, avec Sergio Padovani, un des plus grands peintres figuratifs italiens contemporains.

Gala Vinogradova (D 14, actrice, ma lettre de mars 22) montre qu’elle n’a pas qu’une corde à son arc. Galina vient de sortir son premier single, Couleur soleil, une chanson en hommage à Léonard Cohen, une chanson originale, une balade aux couleurs latines.

Galina chante Couleur Soleil

*** COURRIER DES LECTEURS ***

  • Cher camarade. Je suis avec intérêt vos publications celle me fait bondir. Comment avez-vous pu attendre si longtemps pour rendre hommage à Paul Andreu, qui est une vraie gloire de notre école. Bon nombre des présentés sont moins méritants. Cordialement. Achille Ferrari (X 58). Mon cher Achille, j’ai une longue liste d’attente que l’actualité bouscule quelquefois (décès, exposition, article de presse…). Si tu disposes de critères permettant de les classer par ordre de mérite, je suis preneur ! HLL
  • Cher Hubert, Je lis toujours tes portraits avec intérêt et découvre aujourd’hui celui d’un artiste, Paul Andreu.  Je n’y avais pas pensé avant, mais je peux te suggérer 3 autres artistes: Hervé Loilier (X 67), qui a longtemps été prof. à l’X ; Daniel Courgeau (X 56), chercheur à l’INED ; Alexandre d’Angelo, aka Dang, (X 93), fonctionnaire à la Commission européenne. Bien amicalement. Christian Guittet (X 70). Bien noté, merci. Je les inscris sur ma liste d’attente. HLL
  • Le portrait du ministre macronien Patrice Vergriete (X-PC89), publié dans  @Jaune_Rouge, diffère de la version originale (https://dallax.blog/2024/02/20/portraits-de-polytechniciens-xtraordinaires-32…). A notamment disparu le soupçon de népotisme à propos du recrutement de sa femme (2014). Version corrigée par le ministre lui-même ?! Alexandre Moatti (X 78).  Tu as une bonne vue ! Effectivement, le cabinet du ministre a fait des soustractions, ainsi que des additions. HLL
  • Concernant Emmanuel Constantin (X2009, ta lettre de février 24), peux-tu ajouter dans le texte, en complément de celle de la Jaune et la Rouge, une recension que la revue Commentaire m’avait demandée.  Alexandre Moatti (X 78). Je mets ton message dans le courrier des lecteurs mais je ne vais pas modifier ma lettre de février pour deux raisons : 1) personne ne s’en apercevra 2) c’est ce que faisait Staline ! HLL

Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance !

Hubert Lévy-Lambert (X 53), fondateur de X Sursaut

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #33

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

Voici, de Paul Andreu (X 58) à Xavier Ursat (X 86), mes nouveaux portraits de polytechniciens et, de Alexandre Arnault (M 16) à François Villeroy de Galhau (X 78), mes petits potins du mois écoulé.

*** PETITS PORTRAITS ***

  • Paul Andreu (X 58), artiste-architecte
Paul Andreu ph. GianAngelo PistoiaA.P.2

Paul Andreu est né en 1938 à Bordeaux-Cauderan d’un père professeur de maths et d’une mère professeur d’anglais. Après des études au lycée Michel de Montaigne puis à Louis le Grand, il entre à l’X en 58 où il perfectionne ses aptitudes au saut en hauteur et en longueur et au lancer de javelot, ce qui ne l’empêche pas de sortir dans le corps des Ponts. Après l’Ecole des ponts, il intègre en 1963 la direction de l’Equipement d’Aéroport de Paris qui n’était alors qu’à Orly. Il suit parallèlement des cours à l’Ecole des Beaux-Arts, dont il obtient le diplôme en 1969. Il conçoit le terminal 1 de Roissy (1974), novateur en France avec sa forme de camembert en béton, adoré par Tadao Ando. Succédant en 1979 à Henri Vicariot (X 30), architecte d’Orly, comme directeur de l’architecture et de l’ingénierie, il enchaine avec Roissy 2 (1993) et la gare TGV (1995).

Suite à la renommée internationale que Roissy lui donne, malgré l’effondrement de l’aérogare 2E (2004, 4 morts) qui le blesse profondément, il est amené à concevoir une vingtaine d’aéroports dans le monde entier, dont Abu Dhabi (82), Djakarta (85-91), Dar Es Salaam (84), Kansaï (88), Nice (87) ou Shanghai (99). Il est moins connu comme architecte de la centrale nucléaire de Cruas (85) ou du Transmanche (89) que pour la Grande Arche de la Défense (1989), dont il était assistant puis remplaçant de Otto von Spreckelsen, ou pour le Musée maritime d’Osaka (2000) ou l’Opéra de Pékin (2007).

Non seulement architecte mais aussi artiste-peintre, dessinateur et écrivain, Paul a réalisé le décor et les costumes de Oh les beaux jours ! de Beckett au Vieux colombier (2005) et écrit de nombreux ouvrages, dont J’ai fait beaucoup d’aérogares (1998), L’Archipel de la mémoire (2004), l’Opéra de Pékin (2007), La maison (2009), Archi-mémoires (2013) …

Elu à l’Académie des Beaux-arts en 1996, Paul a reçu de nombreuses décorations et récompenses en France et à l’étranger. Il est mort en 2018. Son cocon Dominique Descroix (X 58) a écrit sa notice nécrologique dans la Jaune et la Rouge de décembre 2018 : Paul Andreu, architecte, artiste et romancier. Une grande exposition lui est consacrée jusqu’au 2 juin à la Cité de l’architecture et du patrimoine, à l’occasion du cinquantenaire de Roissy 1 et de la donation à ladite Cité, par sa veuve Nadine Eghels, de ses 69 carnets de dessins : L’architecture est un art.

  • Nicolas Ferrand (X 92), solidiste
Nicolas Ferrand

Né en 1972 à Paris d’un père chercheur en mathématiques fondamentales et en crypto et d’une mère bibliothécaire pour enfants, Nicolas fait ses études à l’Ecole alsacienne puis à Louis le Grand. Il entre à l’X en 92 et en sort dans le corps des Ponts. Après l’Ecole des Ponts et un Master en city planning au MIT, il est nommé en 1999 chef d’arrondissement à la DDE de Reims. Il est ensuite chef du bureau des transports au ministère des transports (2003-04) avant d’être nommé au cabinet du ministre de l’Equipement Gilles de Robien puis Dominique Perben (2004-07). Il est alors chargé de fonder l’établissement public d’aménagement de St Etienne qu’il dirige jusqu’en 2012. Il dirige ensuite l’aménagement urbain de Rennes Métropole (2012-14) puis les établissements publics d’aménagement de Marne la Vallée (2014-17). Enfin, il est nommé en 2017 préfigurateur puis directeur général de la Société de livraison des villages olympiques (Solidéo). Sept ans après, il vient de remettre les clefs du village des athlètes à Tony Estanguet, président de Paris 2024, en présence du président Macron.

Village des athlètes. JO de Paris 2024.

Bravo, cher Nicolas, pour avoir, malgré les problèmes créés par le Covid et par la guerre en Ukraine et tout en participant avec ton épouse institutrice (pardon, ‘professeure des écoles’) à l’éducation de vos 3 ados et en étant secouriste bénévole à la Protection Civile à tes moments perdus ( ?), tenu les délais et maitrisé les coûts de ce village, comme pour le Stade Yves du Manoir (X 1924) à Colombes, dont les travaux se sont achevés avec quelques jours d’avance, pour le complexe sportif Max Rousié ou le complexe sportif Bertrand Dauvin à Paris. Tu mérites bien le totem que t’avaient donné les scouts : Epervier tenace ! Que ne t’a-t-on pas confié la construction de l’EPR de Flamanville qui a douze ans de retard et dont le coût dépasse le budget de plus que le facteur pi habituel !

  • Hanna Mergui (G 22), artiste
Hanna Mergui joue aux échecs avec une IA © Jérémy Barande

Née en 2000 à Paris dans une famille séfarade d’origine marocaine, Hanna se marie en 2020 et commence ses études à l’Université de Paris en math-info. Elle passe ensuite une licence Miage et un M1 Miage à Dauphine puis enchaine en 2022 avec un Master of science and technology en intelligence artificielle à l’X, tout en en suivant les cours du prestigieux Master MVA (mathématiques, vision, apprentissage) à l’ENS Paris-Saclay en 2023 comme auditeur externe.

Très éclectique, tout en poursuivant son Master à l’X, Hanna fait du cheval à ses moments perdus et a lancé avec Jérémy Barande, responsable du service photo de l’X, le projet AIxplanation, qui vise à explorer les thématiques de l’intelligence artificielle d’une manière ludique et originale, comme le montre la photo ci-jointe qui symbolise notre relation avec l’IA en représentant une partie d’échecs entre un robot et un humain. Hanna nous dit à ce sujet : Je rêve d’accomplir de grandes choses et de révolutionner le monde de la santé avec mes compétences techniques. J’aime mon ordinateur évidemment, mais l’Autre, l’humain, encore plus. C’est d’ailleurs comme ça qu’est né le projet AIxplanation…

Continue, chère Hanna, comme disait Romain Gary, tu as la vie devant toi. 😊

Pour les béotiens, dont j’étais jusqu’à hier, qui ne savaient pas ce que signifie la lettre G qui précède le millésime de la promo de Hanna, je précise que la Bible donne 7 listes d’anciens élèves et diplômés, précédées des lettres B, D, E, G, L, M et P, classées par ordre alphabétique à l’exception de la liste des X, curieusement appelée P, présentée en tête. Pour être complet, vous devez savoir que les B, D et M sont numérotés suivant l’année d’obtention de leur diplôme, alors que les E, G, L et P sont classés suivant leur année d’entrée. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? J’ai cherché dans les 112 pages de la Bible 2024 qui précèdent les listes alphabétiques et je n’y ai trouvé aucune explication si ce n’est une liste d’abréviations page 110 qui donne par exemple Bourse d’études à la lettre B, Mines à la lettre M ou Génie à la lettre G. Comprenne qui pourra !

  • Etienne-Marie Nodet (X 64), dominicain
Etienne Nodet

Né en 1944 à Bourg en Bresse, Etienne est le fils ainé de Charles-Henri Nodet, psychanalyste et de son épouse Isabelle qui ont eu 2 autres enfants, dont Dominique, X 66, ingénieur de l’Armement. Entré à l’X en 1964, il en sort dans l’ordre des Prêcheurs dominicains, comme l’avait fait 10 ans avant mon cocon Bernard Quelquejeu (X 53), qui s’est spécialisé dans la non-violence. Il est ordonné prêtre en 1983 après avoir obtenu une maîtrise de philosophie à Lyon-II (1971, une maîtrise de théologie à l’université catholique de Lyon (1974) et un BA de Talmud à l’université hébraïque de Jérusalem (1979) où il est parti en 1974. Il enseignera l’histoire juive de 1977 à 2004 à l’École biblique et archéologique française, créée en 1890 à l’emplacement d’une ancienne basilique du VIème siècle par le père Lagrange, op, lui aussi originaire de Bourg en Bresse. Le groupe X Israël l’y a rencontré en 1994 lors du mémorable voyage que j’avais organisé en Israël pour y célébrer le bicentenaire de l’X.

Exégète et historien hors pair, esprit original, libre et exigeant, pour qui rien ne coulait jamais de source, Etienne a écrit de nombreux ouvrages sur la période allant du IIème siècle avant J.-C. au IIème siècle après J.-C, en s’appuyant notamment sur Antiquités juives de Flavius Josèphe qu’il a contextualisé, expliqué et annoté en 2000 dans une traduction remarquée de Flavius Josèphe : l’homme et l’historien (par Thackeray, 1929). On peut citer Essai sur les origines du judaïsme (1992), Essai sur les origines du christianisme (avec J. Taylor, 1998), Histoire de Jésus ? Nécessité et limites d’une enquête (2004) ou Les Romains, les Juifs, et Flavius Josèphe (préfacé par Mireille Hadas-Lebel, grande spécialiste de la question, 2019). Il a participé à Corpus Christi, série d’émissions sur Arte sur la naissance du christianisme (1997-98). Sous le titre 40 ans à Jérusalem, petite histoire de la critique biblique, il a résumé ses recherches dans la Jaune et la Rouge de septembre 2017.

Nommé Chevalier des Arts et Lettres en 2005, Etienne est mort le 4 février 2024 au couvent de Saint-Étienne-Protomartyr à Jérusalem. Un grand hommage lui a été rendu le 9 février à l’Ecole biblique et archéologique de Jérusalem et une messe a été célébrée en sa mémoire le 4 mars au couvent St Jacques, rue des Tanneries (Paris 13ème), marquée par la lecture de l’Epitre de St Paul aux Romains (… c’est en lui que nous crions Abba, ie Père !…)  et le psaume Sanctus Dominus Deus Sabaoth (ie Dieu des Armées). Dors en paix, cher camarade !

  • Xavier Ursat (X 86), nucléariste
Xavier Ursat

Xavier intègre l’X en 1986. Il fait ensuite l’Ecole des télécom puis entre à EDF en 1991. Il y est encore au bout d’un tiers de siècle ! Après des débuts dans l’hydraulique en France et en Amérique du Sud pendant une dizaine d’années (91-02), il passe à la direction de la production dont il gravit les échelons en passant par Grenoble et Toulouse avant d’être nommé en 2015 directeur exécutif groupe en charge de l’ingénierie et des projets nouveau nucléaire. IL est aussi membre du Comité exécutif d’EDF et du conseil d’administration d’EDF Renouvelable, dont le PDG est Bruno Bensasson (X 92, ma lettre de décembre 2023).

Xavier a la lourde responsabilité de la réalisation du programme fixé par Macron à Belfort en février 2022 : construire 6 EPR 2 d’ici 2035 et étudier la construction de 8 de plus. La réalisation des 6 premiers (au Bugey, à Gravelines et à Penly) mobilisera plus de 30 000 emplois directs et indirects pendant la phase de construction et plus de 10 000 emplois pendant la phase d’exploitation.

Spécialiste de l’hydraulique et du nucléaire reconnu par ses pairs, Xavier est gouverneur du Conseil national de l’eau, président du Groupement des industriels français de l’énergie nucléaire (GIFEN) et président d’honneur de la Société française d’énergie nucléaire (SFEN). Il vient de sortir Lumières sur le nucléaire (Cherche-midi, 2024). Cet ouvrage collectif réunit 26 papiers de savants, d’industriels, d’élus et d’experts, dont plusieurs X comme Jean-Paul Bouttes (X 77), Claude Mandil (X 67) ou Alexandre Saubot (X 86). Ce livre évoque le nucléaire sous différents angles, en vue de permettre à chacun de mieux appréhender les enjeux liés au choix du nucléaire, principale source fiable si on veut un avenir bas carbone dans lequel le renouvelable a toute sa place mais rien que sa place.

J’espère que Xavier en a dédicacé un exemplaire à l’inénarrable Claude Bartolone, ancien président de l’Assemblée nationale, à qui j’avais proposé de décerner en 2022 le prix Nobel de l’horreur économique pour s’être félicité de la fermeture de Fessenheim – que Macron venait de décider, presque en même temps qu’il décidait la relance du nucléaire – en raison du grand nombre d’emplois que son démantèlement allait créer (sic). Le même Bartolone se réjouit sans doute également du grand nombre de voitures brulées en France pour fêter le jour de l’An !

*** ACTUALITES ***

Préparation du Métavers au Mus’X

Métavers au Mus’X : Le Mus’X, qu’on peut déjà découvrir sur Google art et culture, sera bientôt visible en métavers ! Le projet avance, avec les premières prises de vues pour la numérisation 3D d’une sélection des collections du Mus’X, par l’équipe de Télécom Sud Paris de Titus Zaharia et Marius Preda. Augustin Fresnel, Henri Poincaré, Louis-Bernard Guyton rejoindront bientôt le métavers, ainsi que le Génie de la danse de Jean-Baptiste Carpeaux. D’autres artefacts les accompagneront bientôt dans leur voyage !

Nocturnes de l’histoire : pour la 4ème édition des Nocturnes, Frédéric Brechenmacher, professeur d’histoire des sciences et des techniques et Olivier Azzola, responsable du Mus’X, organisent 3 visites guidées du Mus’X le 27 mars à 17 h, 18 h 30 et 20 h, sur le thème : 230 ans de l’École polytechnique : mutations d’une institution fille des Lumières et de la Révolution. Inscription obligatoire surpatrimoine@polytechnique.fr. Cliquez ici pour plus de détails.

Petits papiers : après Ivan Gavriloff (X81) et Karine Berger (X93), dont les portraits viennent d’être publiés dans la Jaune et la Rouge de mars, les heureux élus à paraitre dans la Jaune et la Rouge d’avril sont Patrice Vergriete (X 89, ministre) et Arthur Waller (M13, licorniste), figurant tous deux dans ma lettre de février.

Jacques Attali (X 63) est le prochain invité des diners de Hi-Team le 10 avril à partir de 18 h 30 chez Françoise à l’Aérogare des Invalides. Hi-Team est un réseau créé par d’anciens élèves de grandes écoles pour dirigeants qui veulent s’adapter aux mutations du monde. L’invitation ci-contre présente Jacques Attali d’une manière qui a dû le faire rougir ! Cliquez ici pour vous inscrire, de préférence avant le 27 mars pour avoir un tarif réduit.

Sadi Carnot

Sadi Carnot (X 1812), né en 1796, fils ainé de Lazare Carnot(le Grand Carnot), est à l’honneur au Mus’X à partir du 13 mai avec une exposition temporaire axée sur le Bicentenaire des Réflexions sur la puissance motrice du feu et sur les machines propres à développer cette puissance, son seul ouvrage, publié en 1824, quelques années avant sa mort en 1832 des suites du choléra. A ne pas confondre avec son petit-neveu Sadi Carnot (X 1857), né en 1837, élu président de la République en 1887, assassiné à Lyon en 1894 par un anarchiste italien juste après avoir présidé les cérémonies du centenaire de l’X.

Philippe Herzog (X 59, ma lettre d’avril 23) fait une conférence à l’Institut Catholique de Paris, 74 rue de Vaugirard, le 4 avril à 18 h sur le thème  » Un nouveau récit pour l’Europe » à l’occasion de la sortie de son dernier essai éponyme (coll. Europe 21) où il présente une vision d’avenir et des propositions originales à la veille des élections européennes de juin. Il sera accompagné de deux « discutants » : Alain Lamassoure et Jean-Claude Trichet. Cliquez ici pour vous inscrire (gratuitement).

*** PETITS POTINS ***

Alexandre Arnault

Alexandre Arnault (M 16), fils de Bernard Arnault (X 69) et frère de Frédéric (X 14), vice-président exécutif du joaillier Tiffany & Co, brillamment acheté par LVMH en 2021 bien que Le Drian, alors ministre des Affaires étrangères, ait demandé en 2020 l’annulation de l’opération au nom de l’intérêt national (sic), a inauguré le 6 mars une manufacture de joaillerie de sa filiale Orest à St-Dié (Vosges).

Eric Béranger

Eric Béranger (X 83), pdg de la société MBDA, a présenté les résultats 2023 de sa société qui fabrique notamment des missiles Mistral (à ne pas confondre avec la société d’Arthur Mensch, cf infra) et des missiles Aster. Le ministre des armées Sébastien Lecornu lui a demandé d’augmenter la cadence de fabrication de ses missiles, dont beaucoup partent en Ukraine. Il a de ce fait lancé un plan d’investissement de 2,5 G€ et va recruter 2600 nouveaux collaborateurs.

Cela ne vous fait-il pas penser au livre de John Kenneth Galbraith, La paix indésirable (1994) ?

Jean-Loup Bertaux (c) Europe 1

Jean-Loup Bertaux (X 61, astrophysicien, ma lettre de novembre 22) a fait une conférence le 12 Mars à l’Institut d’Astrophysique de Paris, sur le thème : Gérer le nombre d’humains pour vivre bien et longtemps sur la planète. Il nous explique que « nous devrons diminuer notre population à un niveau compatible avec les ressources que peut nous apporter notre planète Terre sans se détériorer. Et cela, pacifiquement, par attrition naturelle : moins de naissances que de décès. ». L’Europe lui obéit avec une fécondité en chute libre (1,46 enfant par femme), d’où des générations qui ne se renouvellent plus. C’est encore pire en Russie ou au Japon. Mais c’est loin d’être le cas en Afrique (4,18 enfants par femme) : déficit en deçà de la Méditerranée, excédent au-delà ! Pour mieux comprendre la question, lisez Surpopulation et environnement, le débat interdit par Jacques Spalart (News des Mines février 2024). D’un autre côté, si vous avez le temps, visionnez Birthgap, a childless world, un film glaçant de Stephen Shaw.

Verre de vin polytechnicien

Jean de Bodman (X 69), Bruno Van Parys (X 71) et Benoit Weymuller (X 70), avaient un stand le 17 mars à la Maison des X au traditionnel Salon des vignerons polytechniciens, aux côtés d’une dizaine d’autres X et de quelques anciens d’autres grandes écoles. Le point commun de ces 3 X, outre le Bandol qu’ils proposaient ? Ils ont épousé 3 sœurs ! L’une d’entre elles est la grande romancière Laurence Cossé, qui a notamment écrit l’épopée de la construction de La grande Arche (Gallimard, 2016), terminée par Paul Andreu (X 58, cf supra). Je connais au moins 3 autres X qui ont épousé 3 sœurs. Qui sait comment les humoristes appellent ces triplettes ?

Estelle Brachlianoff

Estelle Brachlianoff (X 92, DG de Véolia, ma lettre de mars 22)a présenté le 29 février sa stratégie 2024-27.  Son objectif est de protéger la santé, la qualité de vie et le pouvoir d’achat, pour une écologie qui verdit, qui transforme et qui protège. En deux mots, écolo oui, mais canal protecteur, pas punitif !

Jean-Marc Daniel (X 74, ma lettre de septembre 22) regrette dans une tribune de L’Express l’importance de notre déficit extérieur et considère qu’on aurait tort de se réjouir des 10 G€ (*) que le Qatar va investir en France : Faute de vendre assez, la France se vend aux autres 

Jean-Marc Daniel Corentin Fohlen L’Express

Il ajoute dans le Figaro du 21 mars que notre déficit extérieur n’est pas dû aux accords de libre-échange, qui sont tous les bienvenus selon lui, mais à notre énorme déficit de travail (moins d’heures par semaine, moins de semaines par an, moins d’années par personne, que la plupart des pays d’Europe, d’Amérique et, bien sûr, d’Asie).

* G (signifiant Giga) est le symbole international de milliard, pas seulement pour les watts ou pour les octets !

Christian Gollier, co-fondateur avec Jean Tirole (X 73) de l’Ecole d’économie de Toulouse, reçu le 11 mars à l’Académie de sciences morales et politiques, rappelle opportunément que j’ai critiqué dans La Vérité des prix (Seuil, 1975) le principe de prix planchers en matière agricole, que Macron a proposé d’instaurer avant de faire presque en même temps machine en arrière. J’y critiquais aussi le péage sur les autoroutes – fait où il ne faut pas et pas fait là où il faudrait – ainsi que les aides à la pierre – trop dispersées – et j’y préconisais de rendre payant l’enseignement supérieur, tout en le rendant plus démocratique.

Un bon moyen pour trouver les 20 G€ cherchés désespérément par Bruno Le Maire pour nous éviter d’être encore déclassés par les agences de notation. Avant d’écrire La voie française où il plaide pour passer d’un Etat providence à un Etat protecteur, Le Maire a sans doute relu La vérité des prix ainsi que Pour nationaliser l’Etat (Seuil, 1968) où une vingtaine de grands commis de l’Etat disaient que l’Etat ne doit ni tout faire ni laisser faire mais faire faire.

L’ensemble vocal de l’X à St Germain des Prés

Patrice Holiner (X d’honneur, ma lettre d’octobre 22), dirigeait le 15 mars dans l’église St Germain des Prés l’ensemble vocal de l’X, dont il est directeur musical depuis 1970. Une assistance nombreuse y a entendu deux messes brèves de Charles Gounod et le Requiem de Gabriel Fauré avec l’organiste Carlo Massimo et deux solistes remarquables bien que non X : la soprano Alix de Guérines et le baryton Paul-Louis Barlet. 

Eric Labaye

Eric Labaye (X 80) a fait un brillant exposé le 19 mars au Club du Rotary Paris Champs Elysées, présidé par sa coconne Nadia Frontigny (X 80), épouse de son cocon Jean-Philippe (X 80), lui-même fils de mon regretté cocon Bernard (X 53) sur Innovation et technologie : défi et opportunités pour la France, dans le magnifique cadre du salon Nimier du Fouquet’s.

Nadia Frontigny

Éric est la preuve vivante qu’il y a une vie après la présidence de l’X puisqu’il vient de fonder IDEL Partners, société de conseil sur les grands sujets de développement et de transformation, un futur MacKinsey ? Il est en outre membre du comité consultatif international de l’ESSEC et de celui de l’Université de Waterloo (Canada) et du conseil stratégique de l’École d’affaires publiques de Sciences Po Paris.

Pierre de Lauzun en 2014

Pierre de Lauzun (X 69), Président de l’Association des économistes catholiques, auteur de nombreux ouvrages dont L’avenir de la démocratie (2011), se demande dans Politique Magazine (mars 2024) pourquoi notre natalité est sinistrée, avec une fécondité très inférieure au renouvellement des générations (1,68 enfant par femme). Pour lui, au-delà de la crise économique et au-delà de l’absence cruelle d’une politique nataliste, c’est la perte de confiance qui est à la racine de ce mal qui, à défaut de retournement majeur, est à terme mortel. En d’autres termes, comme disait Chirac en 2002, la maison brûle et son successeur Macron regarde ailleurs. Témoin qu’il ait choisi d’inscrire le droit à l’IVG dans notre Constitution avec l’aval d’une écrasante majorité de députés et de sénateurs. 

Arthur Mensch © Toby Melville APSIPA

Arthur Mensch (X 11, cofondateur de Mistral AI, rien à voir avec les missiles de MBDA cités plus haut, ma lettre de juin 23), après avoir signé un partenariat avec Cap Gemini (ma lettre de février), récidive en signant un important partenariat avec Microsoft, qui lui permettra de déployer sa prochaine génération de grands modèles de langage (LLM) auprès de nouveaux clients partout dans le monde en bénéficiant de l’infrastructure IA avancée de la plate-forme Azure de Microsoft. Mais, à l’instar de Jean-Marc Daniel (cf supra), on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une prise de contrôle déguisée d’un des rares champions européens par un des 7 géants américains ?

Michel Pébereau sous la coupole

Michel Pébereau (X 61), ancien président de BNP Paribas, a participé à une cérémonie sous la coupole de l’Académie, pour célébrer sur le thème de l’engagement les 40 ans de l’Institut Aspen, dont il est président d’honneur. Il a rappelé son action lorsqu’il en fut président, succédant à Raymond Barre en 2004.

Ce n’est pas à lui qu’on peut reprocher la lente descente aux enfers de nos finances publiques (cf infra) car il est l’auteur d’un rapport remarqué mais non suivi d’effet sur la dette publique : Rompre avec la facilité de la dette publique (2005). Il y déplorait que celle-ci ait été multipliée par 5 de 1980 à 2005, atteignant alors 65 % du PIB. Les Echos disaient alors que personne ne pourra dire qu’il ne savait pas. La dette est pourtant maintenant de 112 % du PIB et personne, pas même Bruno Le Maire, ne sait comment la réduire !

Arnaud Prost
De l’X aux étoiles

Arnaud Prost (X 12, ma lettre de nov 22), ingénieur principal de l’armement,astronaute de réserve de l’Agence spatiale européenne, a fait une conférence à l’X le 7 mars à l’issue de laquelle Aurélien Génin (X 21), président du binet Astronautix lui a remis une sculpture de Jean-Michel Wienetzky, souffleur de verre, meilleur ouvrier de France : De l’X aux étoiles.

Sylvain Tesson en astronaute

Pendant ce temps, Sylvain Tesson, éphémère parrain du printemps des poétes, jouait à l’astronaute au Théâtre de Poche dans Face au Cosmos, un soliloque poétique de Platon à Mallarmé, qui se passe en l’an de grâce 2107.

Loïc Rocard

Loïc Rocard (X 91), président de l’AX, a ouvert le colloque AX-Servir-ADT Inet du 11 mars à la Maison des X sur le thème : Les chemins turbulents de la transition : comment réussir ensemble ?  Une nombreuse assistance a suivi les débats en présentiel et en distanciel. Une dizaine d’orateurs dont Frédéric Glanois (X 99), secrétaire adjoint à la planification écologique et Angel Prieto (X 16), chef du Service économique de l’Etat en Auvergne-Rhône Alpes, ont participé à deux tables rondes sur « Quelles actions pour les transitions dans les territoires » puis « Les acteurs de la transition et leur rôle ». Pour ceux qui l’ignorent, je précise que Servir est le sigle des anciens de l’ENA et de l’INSP et que ADT Inet est le sigle des dirigeants territoriaux et anciens de l’Institut National des Etudes Territoriales. Cliquez ici pour plus de détails.

Noeud gordien par Sergio Padovani

Thierry Schwab (X 66, ma lettre de septembre 23) , qualifié de courageux par Patrick Besson dans Le Point du 7 mars pour son combat contre la russophobie, qu’il appelle anti-russisme, avéré par l’exposition Gueorghi Chichkine, qui vient de se terminer, montre son éclectisme en consacrant ses prochaines expositions au peintre ukrainien Samuel Ackerman puis à l’italien Sergio Padovani.

David Thesmar (X 92, ma lettre d’avril 22), professeur d’économie au MIT, invité cette année à Sciences Po, constate dans le Figaro du 8-9 mars que Macron a fortement accru le déficit public sans pour autant réaliser les réformes de structure que ce déficit devait financer. Il regrette que l’éco-anxiété obsède la jeunesse et que les jeunes X plébiscitent les corps de l’Etat plutôt que les hautes technologies. Est-ce certain ?

Kineis Fenêtre de tir-Lancement1_VDEF

Alexandre Tisserant (X 99,ma lettre de juillet 23), fondateur de la start-up toulousaine Kinéis, qui a levé 100 M€ en 2021 auprès d’investisseurs comme la BNP, CLS ou la BPI, pour lancer une constellation de 25 nanosatellites destinés à l’Internet des objets (IoT), annonce le lancement prochain de 5 satellites révolutionnaires de 30 kg en orbite polaire à 650 km d’altitude depuis la Nouvelle Zélande via la société américano-zélandaise Rocket Lab. Cette constellation, la première du genre en Europe, doit permettre de répondre aux besoins de nombreux secteurs comme l’agriculture, la gestion des ressources en eau, la détection des feux de forêt, la logistique, les activités maritimes…

Francois Villeroy de Galhau. Hollie Adams Bloomberg

François Villeroy de Galhau (X 78, ma lettre de mai 22), gouverneur de la Banque de France, annonce une révision à la baisse de ses prévisions pour 2024 et en profite pour enfoncer le clou dans Le Figaro du 13 mars sur le risque que nos déficits persistants font peser sur notre crédibilité. Il rappelle que la France est le seul pays d’Europe qui continue à augmenter sa dette publique après la parenthèse du Covid et qui peine à respecter un déficit de 4,9 % du PIB en 2023 et 4,4 % en 2024, loin du plafond, pourtant généreux, de 3 %. Il explique que les intérêts de la dette passeront de 29 G€ en 2020 à 80 G€ en 2027 même si, comme il le laisse espérer, les taux vont commencer bientôt à baisser. Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes, enfonce également le clou en recommandant de trouver 50 G€ d’économies avant 2027 mais je serais tenté de dire, comme pour notre démographie (cf supra), que notre maison brûle et que nous regardons ailleurs.

COURRIER DES LECTEURS

  • Merci Hubert pour ces portraits d’anciens. J’ai été très content de voir ici le portrait de Patrice Holiner …. J’ai fait partie de sa chorale quand j’étais à l’X et j’en ai gardé un très bon souvenir… Si tu en as le temps, merci de lui transmettre mon bon souvenir et mes remerciements. Amitiés. Jean Cueugniet, (X73). Fait HLL
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  • Merci beaucoup. Michel LEVY (X 58).
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  • Monsieur, cher homonyme, et cher camarade, Je suis vos publications et actions depuis plusieurs années, j’apprécie vos idées, propositions et suis admiratif de votre dynamisme ainsi que de votre inépuisable énergie au service de la collectivité. … je vous adresse mes salutations les plus jônes et respectueuses. Hubert Ségot (X 83).

Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance !

Hubert Lévy-Lambert (X 53), fondateur du groupe X Démographie, hélas en déshérence

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #32

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

De Gilles Bloch et Pierre Brisac à Arthur Waller et Nadège Zarrouati-Vissière, voici la dernière moisson de polytechniciens, jeunes et vieux, vivants et morts, qui ont attiré mon attention au cours du mois écoulé.

  • Gilles Bloch (X 81), biologiste
Gilles Bloch

Né en 1961 à Pointe à Pitre, Gilles entre à l’X en 1981. Il entreprend ensuite des études de biophysique et de médecine, passant successivement un doctorat en biophysique moléculaire, un doctorat en médecine et un post-doctorat à Yale. Spécialiste du métabolisme musculaire et cérébral, il entre au département de biologie du CEA en 1989. Il en est nommé chef de laboratoire en 1997 puis directeur adjoint de la direction des Sciences du vivant en 2001.

Gilles quitte le CEA en 2002 pour rejoindre le cabinet de Claudie Haigneré à la Recherche et devient en 2004 directeur adjoint du cabinet de son successeur François d’Aubert, qui le nomme en 2005 premier directeur de la nouvelle Agence nationale de la recherche avant de le nommer en 2006 directeur général de la Recherche et de l’Innovation. Il quitte son poste en 2009 pour revenir au CEA comme directeur des Sciences du Vivant. Il est élu en 2015 président de l’Université Paris-Saclay. Il est nommé en 2018 président de l’INSERM qu’il quitte en 2023 avant d’être nommé président du Musée national d’Histoire naturelle. Je serai ravi que son comité d’acquisition accepte bientôt mon don de pointes de flèches néolithiques, que j’ai trouvées en 1960 à Hassi Messaoud (alors département des Oasis).

Vous trouverez plus de détails dans le portrait que Jérôme Bastianelli (X 90) vient de lui consacrer dans la Jaune et la Rouge de février, que je viens de découvrir a posteriori.

  • Pierre Brisac (X 19S), général
Pierre Brisac à l’X Photo Henri Manuel

Pierre Brisac est né à Paris en 1897, de Noémie Naquet, d’une vieille famille de Juifs du Pape et d’Adrien Brisac, receveur de l’enregistrement, d’une vieille famille juive lorraine qui a donné plusieurs généraux à la France. Engagé volontaire en 1915, à 17 ans seulement, il est blessé à Verdun et gagne ses galons de sous-lieutenant en 1916 et de lieutenant en 1918. Il entre à l’X dans la promo 19 Spéciale, une promo créée spécialement pour les anciens combattants, et en sort dans l’Artillerie. Après Saumur puis l’Ecole de guerre, il est nommé capitaine en 1926 et est envoyé au Levant comme chef des troupes de l’Euphrate (1927-30). Il devient commandant en 1934 et part au Maroc (1935-37). Nommé à l’Etat-major de la Vème armée en 1940, encerclé dans les Vosges, il s’évade. Nommé lieutenant-colonel puis colonel, il est maintenu dans l’armée malgré les lois anti-juives de Pétain, jusqu’à la dissolution de l’armée qui suit l’armistice. Il entre alors dans la Résistance et organise un maquis près de Grenoble puis est nommé par le général Revers chef d’état-major de l’Organisation de résistance de l’armée sous le pseudonyme de Colonel Brachet, ce qui l’amène à rencontrer le général de Gaulle à Alger. Nommé général de brigade en 1944, il dirige l’Ecole polytechnique de 1945 à 1950. Promu général de division, il dirige la 2ème division d’infanterie puis, général de corps d’armée, il commande les forces françaises en Allemagne. Il est ensuite chef d’état-major adjoint au Shape (1955-57) avant d’être nommé secrétaire général adjoint de l’Union de l’Europe occidentale (1959-64).

Pierre meurt en 1975 à St Cloud. La Jaune et la Rouge a publié un extrait de l’hommage qui lui a été rendu par son cocon le général Clément Blanc (19S) dans son numéro de mars 1976.

Grand officier de la Légion d’honneur et Croix de guerre 14-18 et 39-45, Pierre Brisac a été président de la Maison des X de 1968 jusqu’à sa mort et a participé aux activités du Consistoire central. Il avait épousé Edith Crémieux qui lui a donné quatre enfants, dont Michel Brisac, qui a choisi, comme son père, la carrière militaire et a terminé sa carrière comme général de corps d’armée.

  • Emmanuel Constantin (X 09), machiniste
Emmanuel Constantin

Né en 1990, d’un père chef d’une petite entreprise de journalisme et d’éditions et d’une mère cadre dans l’administration territoriale, Emmanuel grandit dans le 14ème arrondissement de Paris et y suit des rails confortables le menant à Louis Le Grand puis à l’X, où il entre en 2009. Il en sort dans le Corps des mines qui l’affecte, après un passage par l’Ecole des mines et des expériences dans les énergies renouvelables (Eolfi) et le traitement des déchets (Veolia), à la DIRECCTE Centre Val de Loire à Orléans. Passionné de la chose publique, il profite de son passage dans le Loiret pour s’occuper de la promotion d’un autre jeune ambitieux, comme référent d’En Marche (2015-17), mettant ses fonctions administratives entre parenthèses le temps de la campagne présidentielle. Il revient ensuite à l’Etat pour passer un an au ministère de la Transition écologique et solidaire et s’occuper notamment de la médiation relative au projet d’aéroport de ND des Landes (2017-18). On sait ce qu’il en est advenu ! Il est ensuite en charge du programme Transparences de la Direction interministérielle de la transformation publique (2018-19) puis conseiller d’Emmanuelle Wargon, fille de Lionel Stoleru (X 56) au ministère de la transition écologique (2019-21). C’est l’époque de la création de MaPrimeRenov’ et des milliards du plan de relance pour la rénovation énergétique des bâtiments.

Fin 2021, revenant à ses premières amours, Emmanuel pantoufle chez Veolia comme directeur d’usine en Grande-Bretagne. Il n’a donc pas passé beaucoup de temps dans l’administration mais il a cru utile d’en tirer les leçons à l’intention du public dans Dans la machine de l’Etat (Gallimard, 2023) où il consacre un chapitre à chacune de ses expériences. Lisez sa sympathique recension par Pierre Seguin (X 73) dans la Jaune et la Rouge de décembre et, si vous avez le temps, écoutez son interview par Alain Finkielkraut, croisée avec Jean-Pierre Jouyet, auteur de Est-ce bien nécessaire, monsieur le ministre ? (Albin Michel, 2023), dans Répliques le 9 décembre dernier sur France Culture.

Egalement altruiste, Emmanuel est administrateur bénévole du groupe SOS et envisage de se marier !

  • Yohann Leroy (X 97), lanceur
Yohann Leroy

Né en 1977 dans l’Aube, fils unique d’un ouvrier de province et d’une aide-comptable et petit-fils de cheminot, Yohann fait ses études secondaires dans un petit lycée de province mais sa prépa à Louis le Grand. Il entre à l’X en 1997 et en sort second, ce qui lui vaut le prix Jordan (X 1855) qui lui est remis par Eric Le Mer (X 71), vice-président de l’AX. Il choisit naturellement le Corps des mines qui l’affecte à la sortie de l’Ecole des mines comme chef de la division développement industriel à la DRIRE Ile de France, après des stages chez IdVector et chez Nina Ricci. Il est nommé en 2007 conseiller technique de François Fillon, premier ministre, chargé des stratégies industrielles, avant d’entrer chez Eutelsat en 2010 comme directeur de la stratégie puis de l’ingénierie puis CTO et enfin DGA.

Yohann devient en 2022 président de la société MaiaSpace, filiale d’ArianeGroup, installée à la Défense et à Vernon, dont l’objectif est de développer la première fusée réutilisable en Europe, avec retour du premier étage sur barge. Maia, dont le premier vol est prévu fin 2025, pourra emporter plus de 3 t de charges utiles en orbite basse, notamment grâce à l’ajout optionnel d’un module motorisé capable d’emporter des satellites sur des orbites spécifiques. MaiaSpace conjugue le meilleur des deux mondes : capitaliser sur l’expertise et l’excellence du secteur spatial européen, notamment de sa société mère, tout en conservant la rapidité, l’agilité et la culture du risque d’une start-up afin d’accélérer le développement de technologies stratégiques, à commencer par la réutilisation, pour la future famille de lanceurs européens de toutes tailles.

Passionné de course à pied et notamment d’ultratrail et ceinture noire de karaté, Yohann dispose des encouragements de ses trois fistons et surtout d’une équipe d’ingénieurs passionnés unique en Europe et dans le monde pour réussir cette course-là aussi, même si, ayant misé sur une filière de propulsion novatrice à l’oxygène et au bio-méthane liquides plus adaptée à la réutilisation, il n’a pas l’intention d’utiliser l’hydrogène promu par Nadège (cf infra), du moins pour l’instant ! Voir son interview dans X Passion d’octobre 23. Bonne chance, cher Yohann !

  • Patrice Vergriete (X 89), ministre
Patrice Vergriete

Né en 1968 à Dunkerque, fils d’un ouvrier chaudronnier et d’une mère au foyer, Patrice fait ses études dans le quartier populaire des Glacis mais, comme Yohann ci-dessus, fait sa prépa à Louis le Grand et entre à l’X en 1989, montrant, comme Yohann, que l’X n’est pas réservée aux fils d’archevêques ! Il en sort dans le corps des Ponts tout en y perfectionnant ses aptitudes au basket, facilitées par sa taille de 2,02 m. Après un début de carrière à l’OCDE, Patrick intègre le cabinet de Martine Aubry à l’Emploi et de Claude Bartolone à la Ville, où il s’occupe des grands projets de villes. Il revient en 2000 dans sa ville natale pour diriger l’AGUR (Agence d’urbanisme et de développement Flandre-Dunkerque). Il quitte Dunkerque en 2008 pour préparer un doctorat en urbanisme et aménagement de l’espace à l’Ecole des Ponts.

Parallèlement, Patrice adhère au PS et est membre du conseil municipal de Dunkerque sans discontinuer de 2001 à 2013, comme adjoint chargé des sports. Il quitte le PS en 2013 suite à un désaccord avec Michel Delebarre. Il est largement élu en 2014 maire de Dunkerque sur une liste dissidente puis nommé président de la communauté urbaine et du pôle métropolitain Côte d’Opale mais, peu après son élection, il est accusé de népotisme pour avoir favorisé la nomination de son épouse Vanessa Delevoye, journaliste, comme directrice de l’innovation urbaine de l’AGUR ? Réélu en 2019, il est élu député suppléant de Christine Decodts en 2022 sous l’étiquette Renaissance et nommé ministre du Logement d’Elisabeth Borne (X 81) en juillet 2023. Après un mois d’attente frustrante, on le retrouve en février 2024 ministre des Transports de Gabriel Attal, à la place de Clément Beaune, aux côtés de Roland Lescure (X 87) qui a réussi à garder l’Industrie et à y ajouter l’énergie qui n’aurait jamais dû en être séparée.

Inventeur en 2018 du bus gratuit dans toute la communauté urbaine de Dunkerque, appuyé par son épouse qui pilote depuis sa création en 2019 l’Observatoire des villes du transport gratuit, auteur de La gratuité des transports, une idée payante, Patrice profitera-t-il de ses nouvelles fonctions pour élargir cette gratuité qui a déjà été suivie à Montpellier, à l’ensemble des bus de France et, pourquoi pas, aussi aux métros et aux trains ? Ayant naguère milité pour faire payer le consommateur plutôt que le contribuable (la Vérité des prix, ed. du Seuil 1975), dois-je me préparer à une nouvelle édition ?

  • Arthur Waller (M 13), licorniste
Arthur Waller

Fils de Romain Waller (X 87), Arthur fait ses études au Lycée international de St Germain (2004-07), puis fait Sciences Po et une licence en maths à l’Université Pierre et Marie Curie (2007-10) et enchaine avec un master à l’X (2010-13) tout en faisant des stages chez Goldman Sachs à Londres et au FMI à Libreville et du tutorat à Sciences Po. Avant même d’avoir son master, il crée en 2012 PriceMatch, une start-up innovante qui fournit des solutions de gestion des revenus sur mesure aux hôtels, en créant des algorithmes prédisant la demande future et permettant aux hôteliers de fixer le bon prix au bon moment. Il vend Pricematch en 2015 à Booking.com et y reste jusqu’en 2018 comme chef de produit à Amsterdam.

Arthur crée en 2019 Pennylane, une plateforme intégrée de gestion financière et comptabilité, en s’appuyant sur un quarteron de jeunes X : Tancrède Besnard (X 09), Félix Blossier (M 12), Thierry Deo (X 10) et Quentin de Metz (X 09). Pennylane, dont le nom, une rue de Liverpool, est inspiré d’une chanson des Beatles ( !), s’adresse à la fois aux dirigeants d’entreprise et à leurs experts-comptables. Après avoir levé 110 M€ depuis sa création, Pennylane vient de lever 40 M€ auprès de Sequoia et de DST Global et est aujourd’hui valorisée un milliard, juste de quoi faire partie de la catégorie enviée des licornes. Pennylane a déjà convaincu 3.000 cabinets d’experts-comptables, emploie déjà 400 personnes et est en pleine croissance avec des tas de projets, notamment à base d’IA. Bravo Arthur ! Souhaitons que ton exemple soit suivi par beaucoup d’autres jeunes pour que la France atteigne les 100 licornes escomptées par Macron pour 2030. Et pourquoi ne serais-tu pas une des 10 décacornes souhaitées par Le Maire pour la même année ?

  • Nadège Zarrouati-Vissière (X 05), hydrogéniste
Nadège Zarrouati

Née en 1985 de Olivier Zarrouati (X 77), Nadège entre à l’X en 2005. Elle en sort dans le corps de l’Armement, comme papa ! Après 2 ans au MIT, elle poursuit ses recherches à l’Ecole des mines de Paris où elle soutient une thèse de doctorat en mathématique et automatique intitulée La réalité augmentée : fusion de vision et navigation (2013). Elle y explore des algorithmes pour des applications de réalité augmentée visuelle. Elle est ensuite affectée à la DGA comme architecte navigation puis chef du bureau d’accompagnement des PME stratégiques et, enfin, responsable finances de l’UM Horus. Elle est nommée en 2021 conseillère innovation au cabinet de Florence Parly, ministre des Armées, qu’elle quitte en 2022 pour devenir chef du programme hydrogène chez Ariane.

Pour en savoir plus sur les projets d’ArianeGroup en matière d’hydrogène, non seulement dans le spatial mais aussi dans les transports aériens, maritimes et terrestres, vous pouvez lire l’interview de son président André-Hubert Roussel (X 85) dans la Jaune et la Rouge de décembre 2022 : du spatial à la mobilité. Souhaitons que Nadège y fasse des merveilles pour aider Ariane à sortir de l’impasse stratégique où elle est fourvoyée depuis la fin d’Ariane 5 (cf le portrait de Frédéric d’Allest dans ma lettre de janvier 2024).

Actualité

Petits papiers : après Arnaud Prost (X12), qui donne une conférence à l’X le 7 mars (cf infra), Stanislas Polu (X04) et Zuzanna Stamirowska (M13), dont les portraits viennent d’être publiés dans la Jaune et la Rouge de février, les heureux élus à paraitre dans la Jaune et la Rouge de mars sont Ivan Gavriloff (X81) et Karine Berger (X93).

Bernard Arnault (X 69, président de LVMH) vient de nommer ses deux fils Alexandre (M 16) et Frédéric (X 14) au conseil d’administration de LVMH. Ils y rejoignent leur frère Antoine et leur sœur Delphine. Qui a dit népotisme ? Devinez qui a protesté ? C’est leur petit frère Jean, bien sûr, qui est quand même directeur du pôle horloger de Louis Vuitton !

Philippe Herzog (X 59, ma lettre d’avril 23) fait une conférence à l’Institut Catholique de Paris le 4 avril à 18h sur le thème  » Un nouveau récit pour l’Europe« . Il sera accompagné de deux « discutants » : Alain Lamassoure et Jean-Claude Trichet. 

Chorale des X 21 et 22 dirigée par Me Holiner

Patrice Holiner (X d’honneur, ma lettre d’octobre 22)a dirigé l’ensemble vocal de l’École dimanche 11 février à l’auditorium Saint-Germain (Paris 6e). Des élèves des promotions 21 et 22 y ont chanté des chants militaires de tradition, dont le Chant des marais, le Chant des partisans ou l’Ode à Vaneau (X 1829), en terminant traditionnellement par une belle Marseillaise à deux voix.

Arthur Mensch © Toby Melville APSIPA

Arthur Mensch (X 11, cofondateur de Mistral AI, ma lettre de juin 23) défraie encore la chronique en signant un partenariat avec Cap Gemini. Ensemble, Capgemini et Mistral AI vont accélérer le déploiement d’une IA générative plus accessible, plus polyvalente et plus efficiente. Grâce à ce nouveau partenariat, les clients de Capgemini bénéficieront non seulement des compétences reconnues de Mistral AI en matière de données et d’IA, de l’étendue de ses services d’IA générative et de son expertise sectorielle approfondie, mais également de ses modèles d’IA générative révolutionnaires. 

Asma Mhalla, enseignante à l’X depuis septembre 2022, publie Technopolitique, comment la technologie fait de nous des soldats (Seuil, février 2024). Elle y explique que les big tech (Google, Amazon, Facebook…) guident nos vies via l’Intelligence artificielle, les réseaux sociaux, les implants cérébraux, les satellites, le métavers… et que nous sommes bien trop dépendants des technologies américaines. A quand notre réarmement civique ?

Arnaud Prost

Arnaud Prost (X 12, ma lettre de nov 22), ingénieur principal de l’armement,astronaute de réserve de l’Agence spatiale européenne, fait une conférence à l’X le 7 mars à 18 h à l’amphi Poincaré, suivie d’un échange avec les élèves et le binet Astronautix.

Thomas Schlesser, Professeur d’histoire de l’art à l’X, chargé d’un MOOC sur l’histoire des relations arts-sciences du XVIème au XXème siècle, directeur de la Fondation Hartung-Bergman à Antibes défraye la chronique avec Les yeux de Mona (Albin Michel, 2024) un best-seller mondial prévendu dans de nombreux pays avant même d’avoir été publié en France ! Visitez le Louvre, Orsay et Beaubourg avec les yeux d’une petite fille de 10 ans guidée par son grand-père. Et ne vous étonnez pas si ces 3 musées élèvent une statue à Thomas !

Thierry Schwab devant L’attente par Guéorgui Chichkine 1992

Thierry Schwab (X 66, éditeur, écrivain et galeriste, ma lettre de septembre 23) expose dans sa galerie du 35 rue Quincampoix (près de Beaubourg) un grand artiste russe contemporain : Guéorgui Chchkine. Un vrai artiste qui fait de magnifiques portraits et non un robot, contrairement à Igor Bredev, le héros de son dernier livre ! Courez-y, c’est seulement jusqu’au 9 mars !

Nicolas Truelle (X 80, ma lettre de septembre 23) prend sa retraite le 1er juillet des Orphelins apprentis d’Auteuil où il officiait depuis 2015 avec brio. Il sera remplacé par Jean-Baptiste de Chatillon, qui était directeur financier de Sanofi. Nous attendons avec impatience ce que Nicolas va faire de sa retraite ?

Courrier des lecteurs

  • Bonjour monsieur, A la lecture de votre lettre, je vous signale qu’Arnaud Prost (X12) donnera une conférence à l’Ecole jeudi 7 mars, organisée par ma direction. Colonel Thibault Capdeville, chef de corps. Bien noté, merci. HLL
  • Cher Hubert, Un grand merci pour cette nouvelle moisson de camarades Xtraordinaires. Et toutes mes félicitations pour ta famille si cosmopolite, sur laquelle le soleil ne se couche jamais ! Voilà un empire bien sympathique. Bien amicalement. Philippe Georges (X 79)
  • Mon cher camarade, … [suite à mon portrait dans ta lettre de nov 23], si je suis fier de certaines réalisations, ce ne sont pas celles qui ont contribué le plus accroître ma réputation et ma notoriété.  En fait on trouve ma patte dans 3 dossiers techniques et dans un dossier économique …  1) …A Brest j’ai été l’ingénieur chef du projet du poisson autopropulsé dit PAP 104… qui a été un des tout premiers si ce n’est le premier robot sous-marin … une superbe réussite industrielle… 2) … J’ai mis en évidence … l’existence d’un seuil de rémanence magnétique [des sous-marins nucléaires] qu’il était extrêmement important de ne pas dépasser … Ces recherches nous ont donné une avance d’au moins 50 ans. 3) … la réduction de l’ouverture de l’antenne sonar de 90° à 60° a entraîné une réduction du prix d’environ 30% de tout le sonar. 4) Au sein du Conseil de politique monétaire, j’ai commis un article en 1996 dans le Monde qui est paru … à point pour que l’évolution du dollar ne soit pas contrebattue par l’action de la Bundesbank. Cela a donné à notre industrie 4 ans de répit et de stabilité de 1996 à 2000… Amitiés et merci de ton engagement pour notre école, engagement que je soutiens à fond. Jean-Pierre Gérard (X 60)
  • Hubert, Merci beaucoup. Je l’ai parcouru. C’est un très gros travail de ta part dont je tiens à te féliciter. Amitiés. Olivier MARTIN (X 77, IGA 2s)

Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance !

Hubert Lévy-Lambert (X 53), fondateur de X Sursaut

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #31

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

De Frédéric d’Allest (X 61) à Olivier Silberzahn (X 82), voici la dernière moisson de polytechniciens, jeunes et vieux, vivants et morts, dont deux couples monopromaux, qui ont attiré mon attention au cours du mois écoulé.

  • Frédéric d’Allest (X 61), spatialiste
Frédéric d’Allest (La jaune et la rouge)

Né en 1940 à Marseille de Pierre d’Allest, Fondé de pouvoir de la banque privée Maurel, Frédéric fait ses études au lycée Thiers (Marseille) et entre à l’X en 1961. Il passe son brevet de pilote militaire pendant ses obligations militaires et choisit le Corps de l’Armement, option Sup’Aéro. Dès sa sortie en 1966, il est détaché au CNES qui a été créé en 1961, pour s’occuper du premier étage du lanceur Diamant puis d’Europa III.  A partir de 1973, il est chargé de mettre en place la filière Ariane, successivement comme chef du projet, directeur du projet, directeur général du CNES et Pdg d’Arianespace. On lui doit toute la filière depuis Ariane 1 (1979-86) jusqu’à Ariane 4 (1988-2003) et au lancement d’Ariane 5.

Après avoir lancé, dès 1985, le programme de développement d’Ariane 5 (1996-2023), il bifurque en 1990 pour devenir administrateur directeur général du groupe Matra, devenu Matra Hachette en 1993. Enfin il est nommé membre du comité de direction du groupe Lagardère en 1996.

Pour la petite histoire, dans la Jaune et la Rouge de février 2021, Frédéric explique que le projet Ariane a été lancé avec l’appui du président Pompidou mais qu’il a eu du mal à vaincre l’opposition de Giscard d’Estaing (X 44), qui était inquiet, comme ministre des finances puis comme président de la République, du risque de multiplication du devis par le facteur habituel Pi, que l’on a connu pour le Concorde ou le Tunnel sous la Manche, voir Pi2 pour l’EPR !

Lancement d’Ariane 5 en 2016 (c) RTL

Leader des vols commerciaux dans les années 90 avec Ariane 4, Ariane est aujourd’hui en panne sèche avec la fin d’Ariane 5 en juillet 2023, qui ne sera pas remplacée par Ariane 6 avant plusieurs mois, l’échec de la fusée italienne Vega et l’abandon de la coopération avec les Russes. Pendant ce temps, Elon Musk parade avec 107 lancements en 2023 contre 3 pour Arianespace et des fusées réutilisables. Frédéric, reviens !

Féru d’alpinisme et de voile, Frédéric est Ingénieur Général de l’Armement, Officier de la Légion d’Honneur et Officier de l’Ordre du Mérite. Il a reçu de nombreuses récompenses dont le prix de l’Astronautique (1979), l’Européen de l’espace (1990) ou la Médaille d’or du prix James Watt (1993). Il s’est marié en 1963 et a eu 3 enfants.

  • Jean-Louis et Béatrice Charon (X76), châtelains
Jean-Louis Charon

Né en 1957 à Moulins (Allier) d’un ingénieur civil des mines et d’une professeur de lettres, Jean-Louis entre à l’X en 76. Il en sort dans le corps de Ponts et chaussées après avoir jeté son dévolu sur sa camarade de promo Béatrice Folberth, pour former ce que j’appelle un couple monopromal (comme les Mordant ci-après). Après quelque temps au Ministère de l’Industrie, puis chez General Electric et Thomson, il devient en 1996 Directeur Général du groupe CGIS, pôle immobilier de Vivendi Universal. Il organise en 2000 le LBO sur CGIS, qui donne naissance à Nexity, dont il intègre le directoire puis le conseil de surveillance. Après avoir créé Nexstar Capital en partenariat avec LBO France, il fonde en 2004 Citystar qui investit en Private Equity et en immobilier, en France et en Asie du Sud-Est. Il est également administrateur d’ELAIA, de Tikehau capital et de Vivapierre et a été administrateur de Paref jusqu’à sa prise de contrôle par Fosun. Plus de détails dans la Jaune et la Rouge d’octobre 2015

Béatrice Charon

Née en 1957 à La Tronche (Isère) d’un tanneur et d’une chimiste, Béatrice entre à l’X en 76, comme Jean-Louis et en sort dans le corps de l’Armement. Après Supaéro, elle passe 9 ans à la Délégation Générale pour l’Armement puis devient chasseuse de têtes pendant 4 ans avant de revenir à ses premières amours en 1994 comme directrice de cabinet du directeur de la division missiles du groupe Aérospatiale puis directrice commerciale Europe de MDBA, filiale d’Airbus dédiée aux missiles. Elle entre en 2003 comme vice-présidente chez Péchiney, absorbé en 2004 par Alcan, et suit en 2011 le spin-off de Constellium. Officiellement en retraite depuis fin 2022, elle est senior advisor du fonds d’investissement belge Syntagma et administrateur d’Erasteel.

Le château de Médavy, comme un voyage…

Jean-Louis et Béatrice ont 3 enfants dont 2 polytechniciens : Isabelle (X 06) et Emmanuel (X 08), l’aînée Anne-Christine ayant quand même fait HEC, bon sang ne saurait mentir ! Mais ce qui leur vaut d’être cités dans la présente lettre est un autre rejeton auquel ils consacrent beaucoup de leur temps et de leur argent depuis deux décennies : le château de Médavy, belle demeure classique du XVIIIème siècle, nichée au creux de l’Orne, dans laquelle on trouve de nombreuses merveilles :  tableaux, sculptures, meubles, cartes, globes terrestres et célestes. Les Charon ont obtenu le prix de la restauration architecturale de la French Heritage Society en 2010, font partie des 20 Aventuriers du patrimoine retenus par le guide Michelin et la Demeure Historique en 2021 et ont signé en 2022 une convention avec la Fondation du patrimoine. L’histoire du château est décrite dans Médavy, comme un voyage, un magnifique livre de A-M Royer-Pantin illustré par Ph. Abergel (VMF 2023).

  • Philippe Kourilsky (X 62), pasteurien
Philippe Kourilski

Né en 1942 à Boulogne-Billancourt dans une famille de médecins (dont un grand-père venu de Russie), Philippe fait ses études secondaires à Janson et à Louis le Grand et entre à l’X en 62. Attiré par la biologie qui était la spécialité de son grand frère François, futur DG du CNRS, il entre au CNRS et passe une thèse de doctorat en 1970 sur les bactériophages, sous la direction de François Gros. Il rejoint l’Institut Pasteur en 1972, en dirige une unité de recherche de génie génétique en 1978 et fonde en 1981 avec Pierre Chambon Transgène, la première grande start-up de biotechnologies en France. Il est nommé titulaire de la chaire d’immunologie moléculaire au Collège de France en 1998, directeur général de Pasteur en 2000, honoraire en 2005 et président du Singapore Immunology Network qu’il a créé en 2006. 

Marié et père de 4 enfants, Philippe, membre de l’Académie des sciences et professeur honoris causa de plusieurs universités étrangères, est connu en France et à l’étranger pour ses contributions scientifiques majeures sur la génétique moléculaire et sur l’immunologie. Actif auprès de l’X, Philippe a été membre de son conseil d’administration et président puis vice-président de son conseil enseignement-recherche et a œuvré pour y introduire l’enseignement de la biologie. Il a été dix ans administrateur de Veolia et a présidé le conseil scientifique d’EDF (2014-17).  Il a écrit notamment Les Artisans de l’hérédité (1987) ; La Science en partage (1998) ; Du bon usage du principe de précaution (2001), principe hélas constitutionnalisé par Chirac, sur le dévoiement duquel il revient à propos de la covid 19 dans un article de la Jaune et la Rouge de mars 2021 ; Le temps de l’altruisme (2009), où il développe les idées qui l’ont conduit à créer Resolis en 2010 ; De la science et de la démocratie (2019)  et, tout dernièrement, Mes années Pasteur (Odile Jacob, 2023, la Jaune et la Rouge de juin 2023) ou il raconte son parcours de chercheur et la formidable saga de la biologie moderne et nous explique les progrès conceptuels qui ont fondé la révolution biologique en cours, ainsi que ses retombées médicales, dont la découverte ultrarapide des vaccins contre le Covid-19, hélas pas en France !  

Dans une interview à la revue l’Arche (janvier 2024), Philippe regrette les non-dits des écologistes sur la démographie : « Les religions et les gouvernements qui refusent la régulation des naissances et l’éducation des filles ont un impact important sur le climat. L’humanité va plafonner à 10 milliards. L’environnement planétaire sera plus difficile à gérer avec dix milliards qu’avec sept et la difficulté sera plus que proportionnelle. » Ce serait bien que le groupe X démographie, que j’ai créé en 1996 avec Jacques Lesourne (X 47), aujourd’hui en déshérence, renaisse de ses cendres pour approfondir ce genre de réflexion et pour proposer des solutions, peut-être en s’inspirant du principe de précaution, pour une fois une précaution loin d’être inutile. Peut-être Jean-Loup Bertaux (voir plus bas) ?

  • Isabelle Mordant (X 92), mère courage
Isabelle Mordant

Née en 1973 d’un haut fonctionnaire et d’une enseignante, Isabelle Durvye entre à l’X en 92 après une prépa à Hoche et fait ensuite l’Ecole des ponts et chaussées. Elle épouse son camarade de promo Paul Mordant, X mines, qui lui donne deux enfants : Thomas (Ulm 15) et Pierre (X 18). Encore un couple monopromal, comme les Charon ci-dessus, mais dont la vie n’est pas un long fleuve tranquille…

Passionnée d’opéra et fana de natation comme son mari qu’elle a rencontré à la piscine de l’X, Isabelle était présente au Salon du livre X le 25 novembre à la Mairie du VIème, pour présenter Mystère de la fragilité (Le Cerf, 2019). Ce livre préfacé par Cédric Villani et recensé dans la Jaune et la Rouge d’octobre 2019, a reçu en 2020 le prix Montyon de l’Académie française, destiné aux auteurs français d’ouvrages les plus utiles aux mœurs, et recommandables par un caractère d’élévation et d’utilité morales.

Dans ce livre, qui est à la fois un hymne à la vie, malgré ou dans l’épreuve, et un cri d’alerte sur certains dysfonctionnements de notre société, Isabelle raconte le parcours de son fils Thomas, né en 1998 avec la maladie des os de verre. Diagnostiquée tardivement — Isabelle et Paul ont d’abord été accusés de maltraitance —, cette maladie qui le cloue, corseté, dans un fauteuil roulant et le rend entièrement dépendant physiquement, ne l’a pas empêché d’avoir son bac à 14 ans, d’être admis à Normale Sciences à 16 ans après une prépa à Hoche puis de préparer une thèse de géométrie algébrique à Orsay et d’obtenir son doctorat en mathématiques en 2023 pour devenir enseignant-chercheur. Bravo Thomas ! Peut-être un nouveau Stephen Hawking ? Un succès auquel Isabelle, renonçant de gaité de cœur à toute activité professionnelle, a apporté sa contribution à temps quasi-complet, tant comme auxiliaire de vie que comme auxiliaire scolaire, un véritable sacerdoce ! Bravo Isabelle, bon courage !

  • Guy Saïas (X 46), ingénieriste
Guy Saïas

Guy est né en 1924 d’un père médecin. Son adolescence est celle d’un enfant juif dans les années noires de la France. Dès l’occupation, sa famille s’installe en Zone sud, à Marseille. Il y fait ses études au lycée Perrier, faisant preuve de son caractère et de sa « baraka ». Son caractère parce qu’il refuse de porter l’étoile jaune lorsque la zone sud est aussi occupée, et convainc ses parents d’en faire autant. Sa baraka parce qu’il joint une bande de jeunes résistants, emmenée par Paul Cousseran, membre de Combat, ce qui ne l’empêchera pas de réussir en 1944 le concours de l’X, qu’il choisit plutôt que la carrière médicale lorsqu’il découvre qu’entrer à l’X signifie ne plus être à la charge de ses parents qui traversent des temps difficiles.

Sorti de l’X dans les Ponts et chaussées, Guy en démissionne dès 1957 pour créer avec Henri Grimond (X 46, mort en 2005), la Société d’études techniques et économiques (SETEC), un groupe d’ingénierie pluridisciplinaire qui relève les défis des plus grands projets de bâtiment, d’infrastructure, d’environnement ou d’aménagement urbain. Aujourd’hui implantée dans de nombreux pays, la Setec peut s’enorgueillir d’avoir travaillé sur des grands projets comme la desserte de Hassi Messaoud, le Tunnel sous la Manche, le centre spatial de Kourou, le Viaduc de Millau, l’Opéra de Pékin, le Grand Paris Express, le métro de Ryad ou la Fondation Louis Vuitton.

La vie professionnelle de Guy n’est pas seulement celle d’un génial entrepreneur. Outre son caractère et sa baraka qui ne l’ont pas quitté, il fait montre d’un profond humanisme : très altruiste, lorsque son compère Henri Grimond et lui-même prennent leur retraite en 1990, ils cèdent la Setec à ses cadres, qui en étaient déjà actionnaires depuis 20 ans, ce qui à l’époque était très novateur et s’avère une excellente manière de développer durablement une société de matière grise en France. N’y voir aucune allusion aux déboires actuels d’une grande société de services du numérique…

Fondation Guy Saïas

Après sa retraite, Guy se lance dans une seconde carrière en continuité avec sa passion d’entreprendre et, parce que son humanisme s’est élargi à des préoccupations sociétales, il se consacre à la réhabilitation de bâtiments historiques, comme l’hôtel Saint-James et Albany à Paris ou le cloître Saint-Louis à Avignon. Désireux de « rendre un peu de ce que ce métier lui a donné et d’ouvrir un peu l’accès trop étroit aux élites », il crée en 2008 la Fondation Guy Saïas avec Georges Mercadal (X 56), qui a co-écrit le présent portrait, pour faciliter l’accès au métier d’ingénieur de jeunes bacheliers méritants. Cette fondation, qu’il a richement dotée, va désigner cette année son centième boursier.

Guy a eu 2 enfants : Eric, chercheur en math à Jussieu, dont la mère est morte jeune et Daniel (X 94), fondateur d’une société d’ingénierie de capteurs, dont la mère Lone, danoise, a beaucoup œuvré pour la Fondation Saïas. Il est mort en 2012. Ses successeurs ont écrit son panégyrique dans la Jaune et la Rouge de mars 2013 : Guy Saïas, la passion de créer et d’entreprendre.

  • Olivier Silberzahn (X 82), cyclo-nageur
Olivier Silberzahn

Né en 1962 en Tunisie de Claude Silberzahn (1935-2020, successivement administrateur des colonies, préfet, patron de la DGSE…), Olivier est dans sa jeunesse ballotté d’écoles en écoles : Tunisie, Région parisienne, Martinique, Côte d’Azur, Normandie, Franche-Comté… Poussé dans la voie d’une prépa à Saint Louis sur les conseils d’un grand-oncle normalien, prof de math en prépa et syndicaliste engagé, Olivier entre à l’X en 1982. Après une formation complémentaire aux Télécom, il entre en 1986 chez Télésystèmes comme développeur à New York, puis chef de projet à Paris et enfin directeur du département multimédia. Il passe en 1992 chez Cap Gemini où il termine vice-président pour le secteur public. Il rejoint ensuite Dell EMC en 2006, où il est en charge du développement du secteur public en Europe, Moyen-Orient et Afrique. Il y gravit les échelons jusqu’à être maintenant directeur en charge de la transformation des grands clients dans le domaine du Cloud, de l’intelligence artificielle générative et de la cybersécurité. Il envisage pour cette année une reconversion professionnelle dans le cyclisme si une récente prothèse de la hanche n’y fait pas trop obstacle ! 

Marié avec une Allemande qui lui a donné 3 enfants, montagnard, cycliste, nageur, ancien champion de triathlon et écrivain à ses moments perdus, Olivier était présent au Salon du livre X le 25 novembre à la Mairie du VIème, pour présenter ses œuvres de politique-fiction matinée de sport et de science-fiction. Avec Journal d’un nageur de l’ère post-Trump (Maurice Nadeau, 2017), on vit dans une uchronie natatoire basée sur l’élection de Marine Le Pen en 2017. Nous y avons alors échappé, mais cette hypothèse ne risque-t-elle pas d’être réalité en 2027 ? Dans Augmentus, chroniques du cyclocentaure à l’ère de l’intelligence artificielle (Maurice Nadeau, 2019), Olivier invente un demi-siècle de mutation de l’humanité à l’ère de l’avènement du dieu IA et de l’hybridation homme-machine, avec l’émergence d’une véritable intelligence artificielle forte et toutes ses conséquences, soit le paradis sur Terre, soit l’enfer. Vertigineux !

Actualité

Jean-Loup Bertaux (X 61, ma lettre de novembre 22), grand astronome mais aussi brillant démographe, auteur de Démographie, climat, migrations : l’état d’urgence (2017), a écrit un des 23 chapitres de Surpopulation… mythe ou réalité ?, un livre collectif qui regrette que le passage à 8 milliards d’humains en 2022 n’ait pas provoqué un choc dans l’opinion et qu’on ne considère pas qu’un milliard de terriens de plus tous les 10 ans, c’est trop et trop vite. J’ajouterai que c’est trop déséquilibré car, en même temps que la population africaine explose, avec un indice conjoncturel de fécondité (ICF) voisin de 5, y compris à Gaza où on peut difficilement parler de génocide, l’Europe est en hiver démographique, y compris en France où la natalité est en chute libre, avec un ICF de 1,68 (dont 2,3 pour les femmes nées à l’étranger), nettement en dessous des 2,1 nécessaires pour éviter une baisse de population avec ses conséquences dramatiques sur le niveau de vie et sur les retraites. Pour certains, la solution résiderait dans l’immigration. Roland Lescure (X 87) a fait un beau discours dans ce sens au CESE en octobre dernier. D’un autre côté, Emmanuel Macron vient d’annoncer le lancement d’un réarmement démographique. Pour aider à y voir clair, ce serait bien que Jean-Loup reprenne le groupe X-démographie, dont je parle plus haut à la fin du portrait de Philippe Kourilsky.

Vianney Bollier (X 64), président de X Résistance, fait une conférence vendredi 26 janvier à 14 h au lycée Janson de Sailly, salle Clermont, sur son père André Bollier alias Vélin (X 38, 1920-44, ma lettre de mars 2023), ancien élève de Janson, artisan héroïque des journaux clandestins. Entrée libre mais inscription obligatoire

Elisabeth Borne (X 81, ma lettre du 30 mai 2022) a été remerciée par Macron pour être remplacée par Gabriel Attal. Philippe Georges (X79) m’a demandé de lui faire suivre le message qui suit : « Madame la Première Ministre, chère camarade, Apprenant avec une certaine émotion votre démission convenue, je souhaitais vous faire savoir combien j’avais apprécié votre action au service de notre pays, dans des conditions particulièrement difficiles. Votre dignité, votre résilience, votre engagement, votre fiabilité et votre loyauté forcent l’admiration et font honneur à vous-même et aux fonctionnaires que vous représentez, ainsi qu’à l’Ecole dont vous êtes issue. En une époque de voyeurisme, de victimisation et de scénarisation, comme il est rassurant de savoir des capitaines solides, dévoués et fermes à la barre. Recevez mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année et votre nouvelle vie, probablement prometteuse. Avec ma plus haute considération ».  Cher Philippe, elle doit effectivement avoir des grands projets pour avoir refusé le maroquin de la Défense mais elle peut d’ores et déjà être fière d’avoir largement battu le score d’Edith Cresson. HLL

Patrice Holiner

Patrice Holiner (X d’honneur, ma lettre d’octobre 22)dirigera l’ensemble vocal de l’École dimanche 11 février à 16h30 à l’auditorium Saint-Germain (Paris 6e). Des élèves des promotions 21 et 22 y chanteront des chants militaires de tradition. Je suis ravi de voir qu’il y a des traditions qui ne se perdent pas et j’espère qu’on y entendra le petit nange et la peau de c😊 S’inscrire auprès de Patrice Holiner avant le 28 janvier.

Elodie Perthuisot-Ziegler (X 96, ma lettre de juin 22), nommée récemment directrice exécutive E-Commerce, données et transformation numérique de Carrefour, en remplacement d’Amélie Oudéa-Castera, était en mai en Israël pas seulement pour inaugurer avec Alexandre Bompard et Philippe Houzé les 50 magasins qui viennent d’y passer sous l’enseigne Carrefour mais surtout pour nouer des partenariats avec six start-up israéliennes, dont une aide à la gestion des ruptures de produits. Succédera-t-elle à nouveau à AOC, dont les jours de ministre semblent comptés ???

Petits papiers : après Stefanie Stantcheva (M 08) et Philippe Englebert (M 15), tous deux dans ma lettre de novembre, dont les portraits viennent d’être publiés dans la Jaune et la Rouge de janvier, les heureux élus à paraitre dans le numéro de février sont Arnaud Prost (X12), Stanislas Polu (X04) et Zuzanna Stamirowska (M13).

Souvenirs

Catherine et Hubert Lévy-Lambert saluent le président Radha-Krishna – Delhi janvier 1966

Je suis allé en Inde en janvier 2023 pour la deuxième fois de ma vie. La fois précédente, c’était en janvier 1966 à l’occasion d’un congrès international de l’eau.

Les mêmes à Bhubaneshwar en janvier 2024

Cette fois-ci, c’était pour le mariage de ma petite-fille Sara qui, bien que domiciliée ainsi que son fiancé à San Francisco, a choisi de se marier en Inde, pays dont les parents de son conjoint sont originaires, loin de la Basse Californie où sa sœur jumelle s’est mariée en 2023 et de Berlin où l’ainée s’est mariée en 2022. Quand je vous dis que le soleil ne se couche jamais sur ma famille !

Courrier des lecteurs

  • Cher camarade, J’admire depuis longtemps la force qui t’anime. Je t’adresse mes vœux les meilleurs en espérant te lire encore longtemps. Bernard Basset (X 59). Merci beaucoup. HLL
  • Bonsoir Hubert, Merci beaucoup pour cette compilation. Je te signale néanmoins que certains liens … pointent dans une mauvaise direction. Avec tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année. J’aurai très grand plaisir à continuer à lire tes portraits, toujours très intéressants et bien écrits ! Amicalement, Pascal Bouillon (X 79). Merci de ton message. Cette anomalie est due au fait que le tri sur Excel ne trie pas les liens. J’ai rectifié les 200 liens un par un. Amitiés. HLL
  • Cher Hubert, Merci de cette liste alphabétique, qui permet d’avoir une belle vue d’ensemble ! Je sais que le portrait de Grimond est en préparation, mais à la consultation de cette liste un autre absent me saute aux yeux – si je peux m’exprimer ainsi : Jacques Attali ! Quelles que soient les opinions que l’on peut avoir de sa personnalité, de ses actions, de ses travaux, c’est indubitablement un X traordinaire. Amicalement. Gérard Cohen (X 70). Merci de ton message et de ta patience ! HLL
  • Merci Hubert pour cette nouvelle moisson, riche et diverse. Nous avons bien noté la qualité exceptionnelle des promos en 3 : Arago, Poincaré et HLL, beau triptyque ! Joyeux Noël… Permets-moi d’exprimer ma gratitude pour l’excellente animation régulière et ta contribution déterminante à la vitalité de notre association, pour en révéler la richesse, l’histoire et la diversité. Dans un esprit d’ouverture bienveillante et stimulante, avec un regard acéré et une plume enjouée, où les fermes convictions sont distillées subtilement. Excellente fin d’année et reçois mes meilleurs vœux pour une année 2024 au moins aussi pétillante. Au plaisir de te lire et de te revoir. Bien amicalement. Philippe Georges (X 79). Merci de ton adorable message. Paix sur la terre pour tous les hommes de bonne volonté ! HLL
  • Je voudrais te suggérer d’ajouter à ta liste Lionel Stoléru (X 56) et Laurent Schwartz (bien qu’il ne soit pas X, il a très profondément marqué les camarades qui l’ont eu comme prof.). Joyeux Noël et meilleurs voeux pour 2024. Christian Guittet (X 70). Bien noté, merci. HLL
  • Je lis tous tes messages avec plaisir et jusqu’au bout… je ne dis pas la même chose de TOUS les messages que je reçois… Bonne fête de fin d’année et même…joyeux Noël… Amicalement. Philippe Hervé (X 74). Merci HLL
  • Bonjour Hubert, Notre camarade de promotion 61 Frédéric d’Allest mérite à mon avis de figurer dans la liste…Il a été l’homme de l’espace pour la France. À toi de voir. Amitiés. Pierre Linden (X 61). C’est fait ! HLL
  • Merci pour cette mise en lumière de notre Communauté. De cette liste, peut-on mettre en évidence, à défaut de conclusions plus certaines, quelques tendances quant à des relations entre divers paramètres, tels que – en pagaille – âge à l’entrée, en 1/2 ou 7/2, Paris-Villes-Campagne, ascendants/ tradition, carrières voulues/pilotées ou providentielles, école ou premier emploi à la sortie, écart entre rangs entrée-sortie, etc. Ton quasi-contemporain, Pierre Moulin (X 49). Tu es le bienvenu, cher Pierre ! HLL

Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance et bonne année encore !

Hubert Lévy-Lambert (X 53), fondateur de X Démographie

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #30 Liste alpha

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

De A à Z, voici la liste alphabétique des portraits de polytechniciens, jeunes et vieux, garçons et filles, vivants et morts, réels et adoptés, que j’ai publiés depuis le début de ce blog en mars 2022.

PS Signalez-moi les Xtraordinaires de votre connaissance mais soyez patient car j’ai déjà une liste d’aXttente impressionnante !

Merci d’avance !

Hubert Lévy-Lambert (X 53)

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires publiés depuis mars 2022

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #29

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

De Bruno Bensasson (X 92) à François de Witt (X 64), voici la dernière moisson de polytechniciens, jeunes ou vieux, hommes ou femmes, vivants ou morts, qui ont attiré mon attention au cours du mois écoulé. Parmi eux, beaucoup d’écrivains que j’ai rencontrés le 25 novembre à la mairie du VIème au salon du livre X (mais pas nécessairement porno 😊) et trois X ayant père et mère médecins !

  • Bruno Bensasson (X 92), électricien
Bruno Bensasson

Bruno est né à Paris en 1972, d’un père né à Tunis et d’une mère née à Paris, tous deux médecins, comme les parents de Pierre Guerci (X 09) et de Jacques Mistral (X 67) dont portraits ci-dessous ! Dernier de trois enfants, il a grandi à Paris, passant notamment par le lycée Henri IV et les classes préparatoires de Louis-Le-Grand, comme moi quelques années avant !!

Il entre à l’X en 1992 (section rugby, pilier droit) et en sort dans le Corps des mines. Il y bénéficie de deux stages d’un an, le premier comme ingénieur d’essais à la centrale nucléaire d’EDF à Civaux (Vienne), le second chez Total raffinage et distribution, à Johannesburg (Afrique du Sud). Il débute son parcours professionnel à l’Autorité de sûreté nucléaire, en Normandie puis à Paris, avant d’être conseiller technique sur des sujets relatifs à l’industrie, à l’environnement et au transport, au cabinet du ministre de l’industrie puis à l’Elysée. Il entre en 2007 dans le groupe Suez, fusionné en GDF Suez, rebaptisé depuis Engie. Il y est directeur des études économiques puis directeur de la stratégie et du développement durable, avant de prendre des responsabilités opérationnelles dans la production et la commercialisation d’énergie en France, en Europe et enfin en Afrique. Depuis 2018, il a rejoint le comité exécutif d’EDF pour diriger son Pôle énergies renouvelables (hydroélectricité, éolien et solaire) à travers le monde.

Bruno était présent au Salon du livre X à la Mairie du VIème arrondissement de Paris, pour présenter son dernier livre : L’économie n’est pas qu’une affaire d’argent (Presses des Mines, 2023, préface de Jean-Marc Daniel (X 74, ma lettre de septembre 2022). Ce livre-fable débute sur une île où un certain Robinson vit seul et partage son temps entre repos, loisir et travail, produisant et mangeant des fruits, biens de consommation, au moyen d’échelles, biens d’équipement. La fable va s’enrichir au fur et à mesure des chapitres pour aborder tous les aspects de l’économie : production, consommation, échanges ; biens privés et publics ; innovation et globalisation ; épargne et investissement ; croissance et chocs ; politiques macroéconomiques ; concurrence, externalités et fiscalité ; inégalités, comptes extérieurs et richesses… A mettre entre toutes les mains, y compris des princes qui nous gouvernent et ne semblent pas avoir bien compris les rouages essentiels de l’économie…

  • Jean-Louis Bobin (X 54), graaliste
Jean-Louis Bobin

Avec des parents enseignants, des grands parents de petite bourgeoise provinciale côté maternel et paysans du côté paternel et une arrière-grand-mère sorcière de village, Jean-Louis se considère comme le produit très ordinaire de l’ascenseur social tel qu’il fonctionnait pendant la première moitié du XXe siècle. Après des études au Lycée du Parc à Lyon de la 5ème à Math Spé, il entre à l’X en 1954 et en sort comme officier des bases de l’air mais il passe aussitôt un diplôme d’ingénieur en génie atomique à l’Institut national des sciences et techniques nucléaires. Il entre en 1958 au CEA comme ingénieur de recherches et y reste jusqu’en 1981. Entre temps, il passe un doctorat-es-sciences à Paris Sud (1974). Il est professeur à l’Université Pierre et Marie Curie de 1981 à 2002, date à laquelle il est nommé professeur émérite, rattaché au laboratoire de physique atomique des plasmas denses, antenne parisienne du LULI (Laboratoire pour l’Utilisation des Lasers Intenses de l’X). « Le laser, quand on y a gouté au cours de sa vie scientifique, il est impossible de s’en défaire », nous dit-il !

Jean-Louis était présent au Salon du livre X à la Mairie du VIème arrondissement de Paris, pour présenter son dernier livre : Insaisissable Graal, la fusion nucléaire par laser au temps des pionniers (2023). Loin des pérégrinations des chevaliers de la Table ronde, il y décrit les recherches sur la fusion contrôlée depuis l’invention du laser dans les années 60 jusqu’à l’époque des grands projets qui commence au milieu des années 70. Il a auparavant écrit de nombreux livres et articles de vulgarisation dont Dialogues impertinents sur le climat (2020), Demain, quelle Terre ? dialogue sur l’environnement et la transition énergétique (2015), E=Mc2 (2010), Prospectives énergétiques à l’horizon 2100 (2013) ou L’énergie (1996). On aimerait savoir ce qu’il pense de la décision de la COP 28 de se passer des énergies fossiles et d’arriver à la neutralité carbone à partir de 2050.

  • Grégoire Genest (X 13), albertien
Grégoire Genest

Après des études secondaires à l’École internationale de Luxembourg, une médaille aux Olympiades Internationales de Mathématiques, et une prépa à Louis le Grand, Grégoire entre à l’X en 2013, initié au plaisir des maths par son père Pascal (X 85). Bon sang ne saurait mentir !

Si au vu de son parcours scolaire, on peut penser qu’il a esprit sain, à Polytechnique, Grégoire semble surtout avoir décidé de mettre en pratique la deuxième partie de la maxime. Jugez-en : responsable de la cohésion au sein de l’association X-parachutisme ; membre de la cellule chargée d’organiser la sécurité du Point Gamma (5000 personnes) ; membre de l’équipe de rugby ! Il passe ensuite un an comme aspirant à la brigade des sapeurs-pompiers de Paris sans oublier de poursuivre ses études en probabilité, finance et calcul stochastique à l’Université Pierre et Marie Curie. Il met ensuite ses connaissances algorithmiques en pratique en étant trader chez Jane Street à New York. En 2017 il crée NEOS, une fintech de scan and go, « le shopping libéré », destinée à accélérer les paiements en caisse dans les magasins, qu’il revend en 2020 à BNP Paribas. Il passe ensuite un an comme associé chez Advent International, où il s’occupe de la vente de Circet à ICG.

Grégoire Genest (à droite) signe un partenariat stratégique avec Vincent Laflèche (X 81), directeur de l’Ecole des mines de Paris (à gauche)

Si Grégoire a la bosse des maths, il aussi la bosse de l’entrepreneuriat. Il se dit qu’il va réconcilier les deux dans un projet un peu fou de créer une école mi-maths, mi-business pour former des matheux-managers (ou des managers-matheux) car pour lui l’avenir est à l’hybride capable de maitriser la data et l’IA mais avec l’objectif de développer le business.  Roi de la démonstration, Grégoire lève 8 M€ auprès d’un groupe d’investisseurs, dont Bernard Arnault, Xavier Niel et Pierre-Edouard Stérin pour créer Albert School, la nouvelle école de la data, dont j’ai déjà parlé dans ma lettre 9, avec une particularité : il y a un seul enseignement académique, les maths, le reste du cursus se fait par la pratique et des « business dives » sous la férule de managers des entreprises partenaires.

Il se dit qu’avant d’être happy at work, il faut être happy at school et il installe sa première promo de 60 pionniers dans de superbes locaux ressuscitant l’ancien Manoir de Paris (rue de Paradis). Mais l’esprit cool n’empêche pas l’exigence pédagogique. Une excellence aujourd’hui reconnue avec la signature d’un partenariat stratégique avec l’École des Mines de Paris, en lançant des doubles diplômes de bachelor et de master dans les champs de l’IA/data et du business. Bravo, cher Albert, continue ! 

  • Pierre Guerci (X 09), écrivain
Pierre Guerci

Pierre est né en 1987 à Nancy d’un grand cancérologue sexagénaire d’origine italienne qui, poussé par le démon de midi, a eu deux fils sur le tard avec une de ses jeunes internes, sans quitter pour autant son épouse et ses deux filles. Il entre à l’X en 2009 pour se consacrer à la physique quantique.

Pierre était présent au Salon du livre X à la Mairie du VIème arrondissement de Paris, pour présenter Ici-Bas (Gallimard, 2021), son premier livre qui a eu l’honneur d’être publié dans la prestigieuse collection Blanche. Dans ce roman autobiographique, il raconte l’histoire de deux fratries issues d’un même père qui a eu simultanément deux ménages. Mais c’est lui, le fils adultérin, qui se charge de l’accompagner dans ses derniers instants à son domicile de Villerupt en Moselle. Il n’hésite pas à donner des détails sordides sur la décrépitude des vieux, le lit médicalisé et la chaise percée, « ce qui reste d’un homme quand il n’en reste rien ». On comprend à la lecture de ce roman la raison d’être de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD).

Si Pierre cherche des idées pour un deuxième roman, qui pourrait s’appeler Là-haut, peut-être pourrait-il s’inspirer des réflexions de François de Witt (X 64, cf infra) sur la vie après la mort :  la Preuve par l’âme ?

  • Catherine Lucet (X 79), éditrice
Catherne Lucet

Catherine entre à l’X en 1979 et fait ensuite les Mines comme école d’appli puis l’Insead.  Elle commence sa carrière au ministère des Affaires étrangères puis rejoint le cabinet McKinsey (1986-91) avant de se tourner vers le monde de l’édition. Elle y fait ses premières armes chez Harlequin (1991-96) avant de devenir PDG des Éditions scientifiques et médicales du groupe Elsevier puis présidente des Editions Nathan en 2001 puis des dictionnaires Le Robert. Elle devient en 2007 Directrice générale du pôle Education et Référence d’Editis (Nathan, Bordas, Le Robert). Elle quitte Editis en octobre 2022 pour « se consacrer à des projets personnels » mais elle est rappelée en novembre 2023 par son président Denis Olivennes pour remplacer sa directrice générale Michèle Benbunan ! Créé en 2004 par scission de Vivendi Universal Publishing, Editis, leader français de l’édition, avec 55 maisons prestigieuses, vient de quitter le giron de Vivendi pour rejoindre la galaxie du milliardaire tchèque Daniel Kretinski avec le feu vert de la Commission européenne.

Catherine est présidente du comité éditorial de la revue Polytechnique insights. Elle a été administrateur indépendant du groupe Casino de 2011 à 2021. Elle a deux enfants.

  • Jacques Mistral (X 67), historien
Jacques Mistral

Né en 1947 de parents médecins, Jacques entre à l’X en 1967. Il commence sa carrière comme chercheur au Cepremap et obtient son doctorat en sciences économiques à Paris IX puis son agrégation en 1977. Il enseigne à l’Université Paris XIII (1978-92), à Sciences Po (1982-95), à l’X (1983-93), à l’Université des Antilles‐Guyane (1977-07) ainsi qu’aux universités de Harvard, du Michigan et de Nankin. Il a été aussi directeur-adjoint de l’ENSAE (1981-88). Il a même tâté de l’entreprise comme directeur central du groupe AXA (1992-2000).

Peu avare de ses conseils, Jacques est membre du Conseil d’analyse économique, du Cercle des économistes, du Conseil économique de la Défense, du Conseil du CEPII et du Conseil scientifique de la Fondation pour l’innovation politique et président de l’association Paul Ricoeur. Il a été président de la Société d’économie politique (2008-12), conseiller économique de Michel Rocard (1988-91) et de Laurent Fabius (2000-01) et conseiller financier à l’ambassade de France à Washington (2001-06).

Jacques a écrit de nombreux ouvrages d’économie, dont La Troisième révolution américaine (Prix du livre d’économie 2008), Guerre et paix entre les monnaies (2014) ou La science de la richesse (2019). Il vient de sortir Economie et politique en France (Gallimard, 351 p), une grande fresque de l’histoire économique et politique qui a forgé la France moderne, son État et sa société au cours des quelques 2000 ans écoulés depuis la Gaule romaine jusqu’à la Révolution de 1789.  Cette œuvre originale sera suivie de 2 tomes allant jusqu’à nos jours. Rien à voir avec Mistral AI (voir plus bas) !

  • Pascale Senellart (X 93), physicienne
Pascale Senellart

Née en 1972 à Corbeil, Pascale fait sa prépa à Louis-le-Grand et intègre l’X en 1993. Après un mastère de physique quantique à Normale et un doctorat à Paris 6, elle entre en 2001 au LPN (Laboratoire de photonique et nanostructures du CNRS), devenu C2N (Centre de Nanosciences et de Nanotechnologies) après intégration dans l’Université Paris-Saclay). Elle y étudie le couplage de boîtes quantiques semi-conductrices dans des cavités optiques, recherche située à l’interface entre les nanosciences, la physique des semiconducteurs et l’optique quantique. Elle est professeur de mécanique quantique à l’X depuis 2014 et cofondatrice en 2020 du cursus de formation ARTEQ en technologies quantique.

Pascale a co-fondé en 2017 la startup Quandela pour commercialiser une source de photons uniques et pour développer un ordinateur quantique à base de photons, qui vient de lever 50 M€. Elle a reçu en 2014 la Médaille d’argent du CNRS, a été nommée Fellow de la Société d’Optique Américaine (OSA) en 2018, a reçu en 2021 le Grand Prix Mergier-Bourdeix de l’Académie des Sciences où elle a été élue en 2022. Enfin, elle vient de recevoir le prix Jean Ricard de la Société française de physique et d’être nommée membre du Conseil présidentiel de la science créé par Emmanuel Macron pour faire le lien entre l’exécutif et le monde de la recherche. L’autre X qui fait partie de ce conseil est Jean Tirole (X 73, prix Nobel d’économie), ce qui confirme bien la grande qualité des promos en 3, que les élèves vérifient tous les jours en se rendant à l’amphi Arago (X 1803) ou au PoinK (X 1873).

  • François de Witt (X 64), journaliste
François de Witt

Né en août 1944 à Abbots Ripton (GB) d’un père qui s’était enrôlé dans l’armée britannique avant de partir aux USA puis en France, François de Witt fait ses études primaires au Greenwich country day school puis fait ses études secondaires à l’École des Roches et sa prépa à Ginette où il est ZG (président des élèves). Il entre à l’X en 1964 puis fait Sciences Po en 1968. Il commence sa carrière en 1969 comme journaliste économique à L’Expansion où il est chargé d’animer le Forum de l’Expansion. Il y reste 20 ans avant de devenir directeur de la rédaction de La Vie française en 1987 puis directeur de la rédaction de Challenges en 1993 puis rédacteur en chef de Mieux vivre votre argent en 1996. En 2007, retiré de la presse écrite, il devient président de Finansol (Finance solidaire).

François a assuré en outre régulièrement des chroniques économiques à la radio : Europe 1, Radio Monte-Carlo, Radio Classique et France Info. Il a écrit de nombreux livres de vulgarisation économique, comme Les Français à la corbeille (1985, avec Ph. Sassier), Appauvrissez-vous (2004), Argentissime (2006 avec Nathalie Cot) ou 150 Idées reçues sur l’économie (2010) et un dernier livre à connotation philosophique : La Preuve par l’Âme : Un polytechnicien démontre notre immortalité (2015).

François a eu 4 enfants de son mariage avec Natalie de Kergorlay : Nicolas, Julien, Clément et Valentine. Il est mort d’un infarctus en décembre 2016. Un émouvant hommage lui a été rendu par sa famille et ses amis au Temple protestant de l’avenue de la Grande Armée. René de Gaillande (X 64) lui a consacré une notice nécrologique dans la Jaune et la Rouge de février 2017.

Actualité

Petits papiers : après Sébastien Bohler (X 92, ma lettre de juin), Pascale Sourisse (X 81, ma lettre d’avril), Isabelle Panet (X 97, ma lettre de juillet), les jumeaux Desjardins (X 08, ma lettre d’août), Sarah Lamaison (X 12) et Nicolas Truelle (X 80), tous deux dans ma lettre de septembre, Marion Guillou (X 73, ma lettre de mars), Jérôme Cerisier (X 92, ma lettre d’octobre), les heureux élus à paraitre dans la Jaune et la Rouge de janvier sont Stefanie Stantcheva (M 08)et Philippe Englebert (M 15), tous deux dans ma lettre de novembre.

Aimant du Musix, exposé à Carnavalet

Carnavalet : Le musée Carnavalet, rue de Sévigné à Paris, présente une belle exposition sur la Régence à Paris (1715-1723) jusqu’au 25 février. Sous-titrée l’aube des lumières, on n’y trouve pas trace de l’X qui n’existait pas encore mais on y trouve un aimant naturel avec une monture de Pierre Lemaire (A l’enseigne de la pierre d’aimant, 1722), provenant de la collection Louis-Léon Pajot (1678-1754), prêté par le Mus’X.

Anciens des grandes écoles dans les ComeX

ComeX : dans ComeX, il y a X, bien sûr. Et même beaucoup d’X, nous explique Valentin Autié dans le Figaro Etudiant du 2 décembre : « l’Ecole polytechnique apparait toujours comme la voie royale pour occuper les plus hauts postes dans les entreprises françaises, n’en déplaise à Alexandre Moatti (voir son dernier livre Technocratisme) …

Mus’X : L’exposition sur Henri Poincaré (X 1873, ma lettre de juin), modèle du savant universel, est prolongée jusqu’au 9 février. Allez-y vite si ce n’est déjà fait. Cette belle exposition est ouverte en semaine de 9 h à 17 h. Elle est assortie d’un catalogue de 113 pages en vente sur place ou en s’adressant à la Sabix.

René Coulomb (X 51, ma lettre de septembre 22) présentait Jalons au salon du livre X. Sous-titré A sauts et à gambades, ce livre de poèmes écrits de 1975 à nos jours et joliment illustré de la main de l’auteur, est édité par Isidore Editions, l’éditeur du Journal de la libération de Paris, de Jean Coulomb, père de René et   des 7 chats du général Dufour de Christian Marbach (X 56, ma lettre de décembre 22).

La démonstration de Gérondeau en 3 lignes

Christian Gérondeau (X 57, ma lettre d’avril 22) présentait aussi ses œuvres au salon du livre X et y faisait une conférence très animée où il distribuait un opuscule intitulé L’impossible transition énergétique. Sous-titré « Nous nous ruinons pour rien, même le GIEC le dit sans le vouloir », cet opuscule de 6 pages se fait fort de vous faire tout comprendre en 5 minutes. Il y montre que les efforts coûteux des pays de l’OCDE, dont la France, pour réduire leur empreinte carbone sont annihilés par la croissance exponentielle des émissions de la Chine et des pays sous-développés dont la population croit sans limite…

Philippe D’Iribarne

Philippe d’Iribarne (X 55, ma lettre de mai 22)présentait également ses œuvres au salon du livre X et y faisait une conférence très animée sur Le grand déclassement dont souffre la France (pourquoi les Français n’aiment plus leur travail), dont l’origine est théorisée par Olivier Rey (X 83 cf infra).

Eric Labaye

Eric Labaye (X 80), ancien président de l’X et de l’IPP, président et co-fondateur d’IDEL Partners, rejoint le comité d’orientation d’Anticipations, présidé par Jean-Christophe Fromantin. Anticipations a pour mission d’éclairer les dirigeants sur le monde de demain, en proposant un programme d’immersion sur la prospective, pour comprendre les grandes métamorphoses de notre société et éclairer les prises de décision stratégiques.

François Mayer (X 45, ma lettre d’août 22), en pleine forme à 98 ans, présentait La digue de sable au salon du livre X. Je réitère mon avis que ce livre mérite le Prix Goncourt et j’attends avec impatience que la suite de cette passionnante autobiographie romancée soit publiée. Avec son groupe Dixieland Seniors, qu’il a créé à sa sortie de l’X, il continue à jouer du trombone tous les mois au Petit journal Saint Michel, juste en face de l’Ecole des mines.

Arthur Mensch © Toby Melville APSIPA

Arthur Mensch (X 11), DG de Mistral AI (ma lettre de juin 23), vient de lever 385 M€, portant le total levé depuis le début de l’année à près de 500 M€. Créée il y a quelques mois seulement, cette jeune pousse parisienne d’intelligence artificielle générative Open source, qui ambitionne de supplanter ChatGPT, vaudrait près de 2 G€ !

Olivier Rey (c) Fabien Clairefond

Olivier Rey (X 83, ma lettre de mars 22) déplore dans Le Figaro du 15 décembre le déclin de notre niveau en mathématiques et l’attribue à l’extension de la société de consommation, qui est antithétique à la culture scolaire et porte atteinte à la faculté d’attention, comme en témoigne le temps passé par les jeunes sur les réseaux, bien décrit par Michel Desmurget dans La fabrique du crétin digital (Le Seuil, 2019). Ce déclin est général à l’Occident mais est encore plus marqué en France par le nivellement par le bas créé par le collège unique, auquel Gabriel Attal veut s’attaquer avec la création de groupes de niveau – si les syndicats laissent faire ce qu’ils appellent un tri social – et par ce que Jean-Claude Milner appelait il y a 40 ans la « triple alliance des gestionnaires, de la Corporation et des chrétiens-démocrates » (De l’Ecole, 1985)

Des X allument les bougies au Mémorial de la shoah

Gilbert Scemla (X 38), né en Tunisie en 1918, assassiné par les Allemands le 15 juillet 1944 à Halle (Allemagne) avec son père et son frère, a été honoré le 10 décembre lors d’une cérémonie organisée par la Société d’histoire des Juifs de Tunisie (SHJT) au Mémorial de la shoah, rue Geoffroy l’Asnier, commémorant la rafle des juifs de Tunis faite par les Allemands le 9 décembre 1942. A cette occasion, des élèves de l’X en GU ont allumé des bougies du souvenir.

Gala Vinogradova

Gala Vinogradova (D 14,ma lettre de mars 2022), originaire du Caucase, entre l’Arménie et l’Ouzbekistan, joue jusqu’au 30 décembre Le Journal d’Audrey au Studio Mathurins, du jeudi au samedi à 19 h : une émouvante biographie croisée de Audrey Hepburn et d’Anne Frank. Cliquez ici pour réserver.

Bernard Zimmern (X 49, mort en 2020, ma lettre de juin 2022) vient de sortir un livre posthume : Inégalités : Ressorts de la croissance des entreprises et de l’emploi (Le Publieur, 2023). Il y explique que, depuis le début des années 2000, Thomas Piketty et quelques autres économistes ont prétendu démontrer que les inégalités de revenus et de fortunes n’ont jamais été aussi fortes dans les pays occidentaux. Ils en concluent qu’il faut mettre un terme à cette situation en taxant davantage les plus riches. Sous un habillage pseudo-scientifique, ils reformulent des analyses déjà développées par Marx au XIXème siècle. Mais les thèses de Piketty sont de plus en plus contestées…

Promos en 3

HLL aux 50 ans de la 1903 entre le délégué René Duval et Mgr Charles Yanka

1953 : Cinquantenaire de la 03 : à peine entré à l’X comme petit maj et petit nange, j’était invité au magnan des cinquante ans de la promo 03. C’est ainsi qu’à l’époque on appelait la 1903 ! Je me souviens, comme si c’était hier, de cette réunion mémorable au cours de laquelle de vieux messieurs compassés ont évoqué leurs souvenirs de l’Ecole en prose et en vers. J’étais assis entre le délégué de promo René Duval et un ecclésiastique, Mgr Yanka, tout de violet vêtu (ma lettre de juin 22).

HLL aux 50 ans de la 53 avec Franck Lirzin, major de la 03

2003 : Cinquantenaire de la 53 : un demi-siècle plus tard, j’ai convié Franck Lirzin, major de la 2003, à la grande fête que j’avais organisée au théâtre du Gymnase avec une représentation de la Tour Eiffel qui tue, en le priant instamment de faire de même en 2053. La promo 1903, dont tous les membres ont aujourd’hui disparu depuis longtemps, vit encore un peu dans mon souvenir. Comme disait le poète, que le souvenir de la 1953 coure encore dans les rues en 2053, longtemps, longtemps après que tous ses membres auront disparu.

Magnan décennal 2013

2013 : Magnan des promos en 3 : dix ans plus tard, j’ai invité toutes les promos existantes dont le millésime se termine par 3, soit 8 promos de 1933 (dont il ne restait qu’un membre, Jean Panhard, kessier) à 2003, dont c’était la première réunion de promo décennale, en passant par 1963, dont c’était le mi-centenaire, à se réunir à Palaiseau samedi 25 mai 2013. Le site 10nplus3 raconte les tenants et aboutissants de cette formidable aventure qui comportait un Salon du livre X, un Forum des groupes polytechniciens, un Salon des artistes X et des tas d’autres évènements et s’était poursuivie le lendemain sur la Montagne. Commune dans les universités américaines, cette initiative a été poursuivie avec succès en mai 2014 par Marie-Louise Tronc (X 74) pour les promos en 4 puis en octobre 2015 pour les promos en 5 avant d’être pris en charge par l’AX pour être doublement dévoyée (mélange de promos et mélange de publics) et finir malheureusement en eau de boudin. J’en ai parlé à Loïc Rocard et j’espère l’avoir convaincu de l’intérêt de reprendre cette tradition mort-née…

Courrier des lecteurs

Bonjour Hubert… Merci pour le portrait [ci-dessus] et félicitations pour l’ensemble de cette galerie qui illustre, s’il en était besoin, toute la diversité de notre communauté polytechnicienne. Bien cordialement. Jean-Louis Bobin (X 54)

Bonjour Hubert, Merci pour ce partage. Mais concernant Francis MER, paix à son âme, est-ce qu’on pourrait souligner qu’il était Ministre de l’Economie au moment de tous les renoncements français sur la désindustrialisation de notre pays. La perte de souveraineté que nous payons tous les jours depuis, et dans l’absolu, ça veut dire quoi être « un grand européen » ? Ne plus rien décider et être une chambre d’enregistrement de la réglementation européenne. A ta disposition pour échanger sur ce sujet, mais il y a des choses qui deviennent difficiles à entendre ou à lire sans réagir. Bien cordialement. Lionel NATAF (X 88). Cher Lionel, Je n’ai pas l’impression que Mer soit responsable de la dramatique désindustrialisation du pays. N’a-t-il pas conduit plusieurs privatisations importantes ? HLL

Si vous connaissez des Xtraordinaires, signalez-les moi !

Merci d’avance et joyeux Noël !

Hubert Lévy-Lambert (X 53), fondateur du Mus’X

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #28

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

De Francis Bach à Stefanie Stantcheva en passant par Francis Mer ou Patrick Sayer, voici la dernière moisson de polytechniciens, jeunes et vieux, vivants et morts, qui ont attiré mon attention au cours du mois écoulé.

  • Francis Bach (X 94), apprentisseur
Francis Bach

Né en 1974 dans une famille de chercheurs, Francis fait sa prépa à Louis-le-Grand. Il entre à l’X en 1994 et en sort dans le Corps des mines qui l’envoie faire un DEA en maths app. à l’ENS Cachan. Il part ensuite faire un PhD à l’université de Californie à Berkeley, où il est élève de Michael Jordan. Sa thèse porte sur Machine learning for blind source separation (2005). Il est détaché à l’INRIA en 2007 dans l’équipe WILLOW. En 2011, il crée à l’ENS Paris le laboratoire SIERRA d’apprentissage statistique (une des facettes de l’intelligence artificielle, machine learning en anglais). Ses travaux concernent en particulier les réseaux de neurones, les méthodes à noyaux, les méthodes parcimonieuses, l’optimisation à grande échelle ou le traitement du signal. 

Francis est co-éditeur du Journal of Machine Learning Research, revue scientifique de référence en machine learning et a été Président de l’International Conference on Machine Learning. Il a publié de nombreux articles dans des revues spécialisées et notamment dans le Journal of Machine Learning Research, ce qui lui vaut de figurer dans le Clarivate Analytics, qui répertorie les chercheurs les plus cités dans des publications scientifiques, ce qui ne l’empêche pas de se détendre en arpentant en vélo le bois de Vincennes ou le bois de Boulogne, la vallée de Chevreuse ou les cols des Alpes ou du Jura. 

Francis a épousé une camarade de promo, Corinne Souchet et a 3 enfants, dont une fille qui vient d’entrer à l’X. Elu à l’Académie des sciences en 2020, il a reçu de nombreuses distinctions, dont le prix Inria jeune chercheur (2012), le prix Lagrange (2018), le prix Jean-Jacques-Moreau (2019), la médaille des Assises des mathématiques (2022). Cliquez ici pour plus de détails sur ses œuvres. Bravo, Francis ! 

  • Jean Delacarte (X 47), poudrier
Jean Delacarte

Né en 1927 à Neuilly sur Seine, fils de Louis Delacarte (X 23, directeur du PLM puis de la SNCF), Jean entre à l’X en 47 et en sort dans les Poudres où il reste jusqu’en 1960. Il gravit ensuite toutes les échelons à la Société chimique de la Grande Paroisse jusqu’à PDG. Idem à l’Air liquide où il finit secrétaire général et directeur.

Très éclectique, Jean a été aussi conseiller du Délégué général pour l’Armement, membre de l’Association Aéronautique et Astronautique de France (3AF), vice-président de l’Académie de l’Air et de l’Espace et Secrétaire général de la Fondation du patrimoine. Il a été plus de 20 ans administrateur de la Maison des X puis membre du comité d’audit. Il avait créé avec Jacques Bouttes (X 52) les Entretiens de Toulouse.

Soucieux de permettre à des élèves de l’X d’accompagner des jeunes en difficulté, comme on peut le lire dans La jaune et la rouge de mai 2015, il avait obtenu en 2004 du général de Nomazy, commandant l’Ecole, la création d’une formation humaine en 1ère année auprès des Apprentis d’Auteuil où il oeuvrait bénévolement depuis 20 ans et dont il était très proche du DG Nicolas Truelle (X 80, ma lettre de septembre).

En septembre 22, à 95 ans, Jean animait avec brio une conférence de 3AF à la mairie du XVème sur l’hydrogène dans tous ses états ! Il est mort le 2 novembre, jour des morts. Toutes nos condoléances à son épouse Marie-Antoinette et à ses quatre filles Elisabeth, Chantal, Catherine et Valérie.

  • Philippe Englebert (M 15), financier
Philippe Englebert

Après une enfance en Alsace puis à Montpellier et des classes préparatoires au Lycée Pierre de Fermat à Toulouse, Philippe intègre Sup de Co, dont il est diplômé en 2015. Il obtient la même année un master en économie de Sciences Po et de l’X.  

Philippe commence sa carrière en 2015 chez Goldman Sachs à Londres comme banquier d’affaires en fusions acquisitions. Il entre en 2017 à la direction générale du Trésor au service du financement des entreprises technologiques avec Philippe Tibi (X 77) dont le rapport de juillet 2019 Financer la IVème révolution industrielle, dit Rapport Tibi, conduit à la mobilisation de 5G€ de crédits pour les jeunes pousses de ce secteur. Il est parallèlement chargé de mission auprès de Christian Noyer, gouverneur honoraire de la Banque de France, dans sa mission de promotion et d’amélioration de l’attractivité de la place financière de Paris dans le contexte du Brexit. 

Philippe entre en 2019 au cabinet de Cédric O, secrétaire d’Etat chargé du numérique et, en 2020, il est nommé conseiller d’Emmanuel Macron à l’Elysée et en même temps conseiller de Jean Castex à Matignon ! 

Alors que son nom était avancé pour succéder à Cédric O, Philippe revient en 2022 à ses premières amours en entrant comme gérant à la banque Lazard, en charge notamment des entreprises technologiques. 

Fruit de son expérience, Philippe a écrit Les startups en France (Que Sais-je, 2021). Il est classé numéro 70 du « Choiseul 100 » (les 100 dirigeants de moins de 40 ans qui vont compter, selon l’Institut Choiseul), derrière Vincent Luciani (X 05, classé 25ème, ma lettre d’avril 23). Toutes nos félicitations ! 

  • Jean-Pierre Gérard (X 60), génie maritime
Jean-Pierre Gérard

Encore un portrait signé Michel Gérard (55) et pas n’importe lequel : son petit frère !

Né en 1940 d’une lignée d’ingénieurs de l’école des mines de Saint-Étienne, Jean-Pierre fait ses études au collège et au lycée de Longwy, puis au collège des jésuites Saint Clément à Metz et, naturellement à Ginette. Entré à l’X en 1960, il en sort dans le GM qui l’envoie à l’Ecole du génie maritime puis à Brest où il met au point Circé, un chasseur de mines qui a été longtemps le meilleur au monde. Après un passage à Sciences Po en 1967, il est rapporteur général de la Commission de l’Industrie du VIIe Plan et chargé de mission auprès du ministre du Commerce extérieur. Il suit une formation complémentaire en 1973 au CPA, devenu Mba de HEC, puis intègre en 1979 le groupe Thomson qui le nomme président de Thomson Jeumont Câbles. Il devient en 1984 directeur général Europe de Générale Biscuit. En 1987, il décide de se mettre à son compte et achète des petites sociétés de mesure pour construire un ensemble français dédié à la mesure, la société Instruments et Mesures Industrielles (IMI), qui devient n°1 mondial dans ce secteur, ce qui le conduit à être nommé président du Symecora (Syndicat de la mesure, du contrôle et de la régulation automatique) puis du LNE (Laboratoire national d’essais), devenu LNME.

Outre ses activités industrielles, Jean-Pierre a créé le club des n°1 français dans leur domaine, qui va de très grosses entreprises (Air Liquide) à de très petites (production de lombrics !). Il a également créé un groupe de réflexion sur la politique monétaire, baptisé Pomone G21, qui publie des notes sur l’état de l’industrie française et le lien subtil que ses réussites et ses échecs entretiennent avec la monnaie. Enfin, il a été membre du conseil de politique monétaire de la Banque de France, sur proposition de Philippe Séguin.

Jean-Pierre a 6 enfants. L’un d’eux, Antoine, a repris le groupe IMI aujourd’hui basé à Besançon, capitale française de la précision, de la micromécanique, et des microtechniques.

  • Francis Mer (X 59), industriel
Francis Mer, 2003. CHARLES PLATIAUREUTERS

Né en 1939 à Pau d’un père ingénieur du Génie rural, Francis entre à l’X en 59 après des études secondaires à Bordeaux. Il en sort dans le Corps des mines qui l’affecte d’abord à la Direction des mines (64-66). Il est ensuite conseiller technique au Conseil de l’entente à Abidjan (66-68) puis au SGCI (68-70) avant d’entrer à Saint Gobain comme responsable du plan puis DGA et PDG de Pont à Mousson (70-86). Il est ensuite nommé PDG d’Usinor qui vient de fusionner avec Sacilor (86-01) puis coprésident d’Arcelor. Très impliqué dans les organisations professionnelles, il a été Président de la Chambre syndicale de la sidérurgie française, du CNAM, d’Eurofer, du Cercle de l’Industrie, de l’ANRT et du CEPII et administrateur indépendant du Crédit Lyonnais et d’Air France.

En 2002, Francis est nommé ministre de l’économie, des finances et de l’industrie dans les gouvernements Raffarin, ce qui ne manque pas de faire grincer des dents, car rares sont les chefs d’entreprise à entrer en politique. Il y conduit la privatisation de Renault, Air France et France Télécom, avant de céder sa place à Nicolas Sarkozy en 2004.

Francis est ensuite président du conseil de surveillance puis vice-président de Safran (07-14) et président puis membre du conseil de la Fondation pour l’innovation politique depuis 2004. Il est mort le 31 octobre 2023 à Bourg la Reine, après une longue maladie.

Grand européen, Francis a participé à la création de Confrontations en 1991 avec son cocon Philippe Herzog (X 59) et était président d’honneur du Cercle économique franco-allemand. Il a écrit plusieurs ouvrages, dont Le grand espoir du xxie siècle (1995), Vous les politiques (2005) et Vous les candidats (2007) et, plus dernièrement, Nouvelle entreprise et valeur humaine (Fondapol 2015). Il était un grand homme, et pas seulement par sa taille ! Nous nous joignons à tous ses amis pour adresser toutes nos condoléances à son épouse Catherine, à ses 3 enfants et à ses petits-enfants.

  • Patrick Sayer (X 77), juge
Patrick Sayer

Né en 1957 à Neuilly sur Seine d’un père administrateur de sociétés et d’une mère psychiatre,Patrick fait ses études au lycée Pasteur de Neuilly. Il entre à l’X en 77 et fait ensuite l’Ecole des mines à titre civil. Il commence sa carrière professionnelle en 1982 à la banque Lazard qu’il quitte en 2002 pour devenir président du directoire d’Eurazeo jusqu’en 2018. Il se consacre alors à Augusta, sa société d’investissement patrimoniale, tout en étant senior advisor de Jean-Marie Messier (X 76) qu’il a connu chez Lazard à ses débuts.

Marié et père de 4 enfants, Patrick est officier de la Légion d’honneur. Il a été administrateur indépendant d’Accor (2009-19) et de TD Synnex (2010-20). Il est conseiller municipal de Glaville (Normandie) depuis 2020. Pédagogue enthousiaste, il est président du comité d’orientation du master X-HEC. Il a enseigné le capital investissement à Dauphine de 2013 à 2017 et a écrit Les 100 mots du capital-investissement (avec Maxime de Bentzmann, Que sais-je, 2013) ainsi que plusieurs articles dans la Jaune et la Rouge, sur Eurazeo, le capital investissement et les LBO. Il n’a peur de rien, ainsi que le dit son incipit de René Char sur LinkedIn : Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront.

Membre fondateur du Club des juristes, Patrick est nommé en 2014 président de la 7e chambre du Tribunal de commerce de Paris (droit monétaire et financier) et passe à cette occasion licence et maitrise en droit. Il est en 2020 dans l’équipe Amber qui tente, sans succès, de renverser Lagardère. Il vient d’être élu président du Tribunal de commerce et prendra ses fonctions en janvier. Toutes nos félicitations.

  • Stefanie Stantcheva (M 08), star bulgare
Stefanie Stantcheva

Née en 1986 à Kritchim (Кричим, Bulgarie) de parents tous deux ingénieurs venus en France pour des raisons professionnelles quand elle était enfant, Stefanie suit ses études secondaires au lycée international de Saint-Germain-en-Laye. Elle obtient sa licence d’économie à Cambridge en 2007 puis une maîtrise en économie et en finance à l’X en 2008. Après un master en économie de l’EHESS, l’ENSAE et l’École d’économie de Paris, elle va au MIT passer un PhD en 2014. Elle enseigne ensuite l’économie à Harvard où elle est professeur titulaire depuis 2018. Elle a reçu de nombreux prix aux USA et en France, dont le prix du Meilleur jeune économiste de France en 2019 et le prix Maurice Allais en 2021.

Spécialisée dans les finances publiques, la taxation optimale, la redistribution et l’innovation, Stefanie a été sélectionnée en 2018 par The Economist comme l’un des 8 meilleurs jeunes économistes de la décennie. Elle a écrit de nombreux articles dans l’American Economic Review, le Journal of Political Economy et la Review of Economic Studies. Cliquez ici pour plus de détails sur les nombreuses récompenses et publications de Stefanie.

Stefanie est membre du Conseil d’analyse économique (CAE). On espère que celle que notre Nobel Jean Tirole (X 73) qualifie de star y fera des contributions au redressement de nos finances publiques plus originales que la surtaxation des riches (Optimal Taxation of Top Labor In comes, AEE 2014, avec le sulfureux Thomas Piketty !) ou que l’augmentation des droits de succession (Repenser l’héritage, CAE, décembre 2021) …

Actualité

Le monument aux morts de l’X sur la Montagne Sainte-Geneviève

X Mémorial organise, comme chaque année, 3 cérémonies en hommage aux camarades morts dans l’année écoulée. 1) le 17 novembre à 17 h avec Haïm KORSIA (D 17), Grand Rabbin de France et aumônier de l’X, à la synagogue ACCI-16, 14 avenue du général Mangin ; 2) le 18 novembre à 10 h, dépôt de gerbe au Monument aux morts de l’ancienne École 21 rue Descartes ; 3) le même jour à 10 h 30, messe à l’Eglise St Etienne du Mont, présidée par le Père Dominique DEGOUL (X 93) s.j., avec  l‘Ensemble vocal de l’Ecole polytechnique dirigé par Me Patrice Holiner, avec La Messe Solennelle de Louis Vierne (Choeur à quatre voix et deux orgues) avec Odilon FORMERY (X 13) au grand-orgue. A noter la prédominance des promos en 3, merci à X Mémorial !

La SABIX (Société des amis du musée, de la bibliothèque et de l’histoire de l’École Polytechnique) organise un Salon des auteurs et éditeurs polytechniciens samedi 25 novembre de 13h30 à 18h00 à la mairie du 6ème arrondissement, place Saint-Sulpice. Plus de 70 auteurs et 7 éditeurs y présentent leurs ouvrages, de François Adrien (X 70) à Michel Villaz (X 63), en passant par René Coulomb (X 51), Florian Coupé (X 06), Bernard Esambert (X 54), Christian Gérondeau (x 57), Philippe d’Iribarne (X 55), François Mayer (X 45), Alexandre Moatti (X 78), Jean Peyrelevade (X 58) et beaucoup d’autres. Entrée libre.

Les Xcrivains qui vous attendent le 25 novembre à la Mairie du VIème

Petits papiers : après Sébastien Bohler (X 92, ma lettre de juin), Pascale Sourisse (X 81, ma lettre d’avril), Isabelle Panet (X 97, ma lettre de juillet), les jumeaux Desjardins (X 08, ma lettre d’août), Sarah Lamaison (X 12) et Nicolas Truelle (X 80), tous deux dans ma lettre de septembre, les heureux élus à paraitre dans la Jaune et la Rouge de décembre sont Marion Guillou (X 73, ma lettre de mars) et Jérôme Cerisier (X 92, ma lettre d’octobre).

Le Mus’X poursuit sa grande exposition sur Henri Poincaré (X 1873, ma lettre de juin) jusqu’au 22 décembre, avec un beau catalogue de 113 pages contenant un avant-propos de Laura Chaubard (X 99) en vente sur place ou à la Sabix. Vous pouvez y voir une lettre de Poincaré démolissant les méthodes employées par Bertillon pour tenter de prouver la culpabilité d’Alfred Dreyfus (X 1878, mon article dans la Jaune et la Rouge de janvier 1995) ou une litho de Dufy la Fée électricité faisant apparaitre Poincaré, que j’ai offerte au Mus’X il y a quelques années.

Une litho originale de la fée électricité par Dufy, avec Poincaré en bas à gauche. Mus’X

Jacques Attali (X 63) sort son 87ème livre : Bienheureux soit notre monde.  Ce livre de politique fiction se passe en 2029, c’est-à-dire demain. Donald Trump a été élu en 2024 et réélu en 2028 et Marine le Pen a été élue en 2027… Un groupe de résistants, les « Vivants », tente d’éliminer les dirigeants insaisissables qui se cachent derrière les gouvernants et qui seraient selon eux responsables de tous les dérèglements de la planète, qu’ils appellent les « sombres » … Flammarion, 304 p, 2023.

Pierre-Olivier Gourinchas (X 87, ma lettre d’avril 22), chef économiste du FMI, interviewé par Alexandra Bensaïd sur France Inter le 21 octobre, considère que la prévision du gouvernement français d’un déficit de 2,7 % en 2027 sera difficile à atteindre sans un effort supplémentaire. Mais ce n’est pas pour demain car le chéquier de Bercy reste largement ouvert. L’iFRAP, créé par le regretté Bernard Zimmern (X 49, ma lettre de septembre 22) rappelle d’ailleurs que la France est lanterne rouge de la zone euro pour son déficit public 2024…

Roland Lescure (87), Bruno Le Maire, Luc Rémont (X 88), Agnès Pannier- Runacher Eric TSCHAENREA

Luc Rémont (X 88, pdg d’EDF), face à ses trois ministres, Bruno Le Maire (Économie), Agnès Pannier-Rucher (Transition énergétique) et Roland Lescure (X 87, Industrie), a réussi à conclure un accord sur le prix de l’électricité, pour remplacer l’Arenh après 2025. Il s’agissait en quelque sorte de la quadrature du cercle : préserver la santé de l’entreprise et sa capacité d’autofinancement et, en même temps, limiter les hausses des prix pour ses clients, tant particuliers qu’entreprises.

Jean-Eric Schoettl (X 67, ma lettre de juin 22), ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, participe à une tribune collective des membres du Cercle Droit et débat public qui fustige le silence de certaines ONG dont l’objet est la défense des droits de l’homme, comme Amnesty International ou Greenpeace France après les massacres du 7 octobre en Israël et souhaite que leur financement soit soumis aux règles de transparence qu’elles savent si bien exiger des autres (Quand les ONG dévoilent leur vraie nature…).

Gala Vinogradova

Gala Vinogradova (D 14, ma lettre de mars 2022), originaire du Caucase, entre l’Arménie et l’Ouzbekistan, nous enchante avec le Journal d’Audrey jusqu’au 30 décembre au Studio Mathurins, du jeudi au samedi à 19 h : une émouvante biographie croisée de Audrey Hepburn et d’Anne Frank. Cliquez ici pour réserver.

Souvenirs

Mariage de ma petite-fille Dina avec Max au Mexique

Mexique : je suis allé au Mexique cette année pour la deuxième fois de ma vie, pour assister au mariage de ma petite-fille Dina à Tijuana en Baja California. La première fois, c’était en 1953, il y a 70 ans ! En récompense de mes bons résultats au schicksal de 53, mon oncle m’avait offert une traversée de l’Atlantique en bateau, du Havre à Québec, puis en Greyhound de Québec à Mexico, pour voir ma sœur Yvette qui y gérait une imprimerie.

La cathédrale d’Evreux

Evreux : je suis allé à Evreux cette année pour la deuxième fois de ma vie, dans le cadre d’une visite touristique organisée pour les retraités du ministère des Finances. La première fois, c’était en 1953, il y a 70 ans ! Dans le cadre du bahutage, la Khomiss 52 m’avait embarqué dans un train allant à Evreux où je me suis retrouvé en pleine nuit en fillonneau-fillonnette. J’ai dû mon salut en m’accrochant à un camion transportant des chevaux aux abattoirs de la Villette où j’ai fait la manche pour pouvoir prendre le premier métro et arriver à l’heure à l’X avant l’appel du matin !

Courrier des lecteurs

  • Cher Camarade, Je suis toujours un lecteur attentif de tes publications. Je me demandais s’il t’était possible de rédiger quelques lignes sur Jean Delacarte (X 47), ce grand homme (dans les deux sens du mot !)…. Jean-Pierre Begon-Lours (X 62). C’est fait ! HLL
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  • Cher Camarade, Bravo tout d’abord pour le travail important que tu accomplis pour la communauté polytechnicienne comme, sur un autre registre au sein de X Israël et avec le musée du monde sépharade. Au croisement des deux, pourquoi ne pas mentionner, parmi les X remarquables, Haim Korsia, grand rabbin de France mais aussi doctorant de polytechnique (D17) avec un remarquable travail sur le suicide dans les armées… Au-delà du poids de ses fonctions dans un contexte si dur, son parcours est particulièrement intéressant notamment comme aumônier des Grandes écoles, ayant vécu de près et accompagné les victimes du dramatique accident d’’Air France, et comme auteur de plusieurs ouvrages importants. Pierre-Jean Benghozi (X 76). Merci de ton gentil message. Bonne idée de parler de Haïm Korsia. Je le mets sur ma liste d’attente ! HLL
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  • Cher Hubert, Je me permets de te proposer d’inscrire dans ta liste des polytechniciens eXtraordinaires Léon BOYER (X 1869). Mort à 35 ans de la fièvre jaune alors qu’il prenait la direction du Canal de Panama, il avait déjà une vie bien remplie et ce n’était pas par hasard que De Lesseps l’avait recruté. Michel Gérard (X55). Bien noté, merci pour ma file d’attente. HLL
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  • Je les lis régulièrement, parfois avec intérêt. Je regrette toutefois la présence régulière de commentaires qui dénotent un parti pris politique qui n’a rien à voir avec la personne honorée. Comme la sortie sur les écolos : « à une époque où on pouvait encore prendre l’avion sans être déconsidéré par les écolos. » Car on peut être aviatrice et écolo … Jean-Pierre Jouannaud (X 67). Tu as raison de dire que mes portraits peuvent traduire un parti pris politique. Je crois que c’est la règle du jeu. Il n’y a pas de commentateur neutre. HLL
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Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance !

Hubert Lévy-Lambert (X 53), vice-président de la Sabix

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #27 : des écrivains !

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

Ce numéro spécial est consacré à une catégorie de polytechniciens Xtraordinaires : ceux qui écrivent et, accessoirement, ceux qui les éditent.

La SABIX (Société des amis du musée, de la bibliothèque et de l’histoire de l’École Polytechnique) organise un

Salon des auteurs et éditeurs polytechniciens

samedi 25 novembre de 13h30 à 18h00

à la mairie du 6ème arrondissement, place St Sulpice

Plus de 70 auteurs et 7 éditeurs y présenteront leurs ouvrages, de Gérard Araud (X 73) à Michel Villaz (X 63), en passant par René Coulomb (X 51), Florian Coupé (X 06), Bernard Esambert (X 54), Philippe d’Iribarne (X 55), François Mayer (X 45), Alexandre Moatti (X 78), Jean Peyrelevade (X 58) et beaucoup d’autres.

Hubert Lévy-Lambert (X 53), créateur de X.Magnan décennal, vice-président de la Sabix

PS Pour la petite histoire, j’avais organisé, avec une équipe de représentants des promos en 3, le premier salon du livre polytechnicien dans le cadre du premier magnan décennal en mai 2013 à Palaiseau et sur la Montagne Sainte-Geneviève. Un deuxième salon l’avait suivi en 2014 et un troisième en 2015 avant que l’AX prenne les grands magnans en charge et les enterre sans autre forme de procès. Je crois savoir que Loïc Rocard (X 91), le nouveau président de l’AX entend les remettre en chantier. Qu’on se le dise…

Portraits de polytechniciens Xtraordinaires #26

« Il ne suffit pas d’entrer à l’X pour sortir de l’ordinaire »

De Michel Arnaud à Nathalie Stubler, voici la dernière moisson de polytechniciens, jeunes et vieux, vivants et morts, qui ont attiré mon attention au cours du mois écoulé.

  • Michel Arnaud (X 48), urbaniste

Une fois n’est pas coutume, ce portrait a été écrit par un tiers, Michel Gérard (55) que je remercie vivement.

Né en 1929, Michel entre à l’X en 1948 et en sort dans le corps de Ponts où il a un parcours atypique : architecte DPLG et urbaniste international. Il est reconnu par le milieu “urbaniste” français, et notamment par ceux qui ont exercé ce métier dans les pays dits “en développement”, comme un précurseur et un formateur remarquable dans les domaines de l’aménagement urbain et territorial. Doué d’un sens de l’observation fantastique, il perçoit les “lois des villes” comme nul autre et s’efforce toujours, à l’inverse des nombreux et désastreux démiurges que compte la profession, de les utiliser à la façon du judoka pour obtenir les résultats souhaités. Il a aidé le CNES à planifier le centre de Kourou en prévoyant, contre l’opinion dominante à l’époque, que ce centre attirerait immanquablement des travailleurs du Brésil, du Surinam et d’ailleurs. Il a convaincu !

Chargé de la création d’Arlitte (Niger), il a su y éviter les maladies classiques de ces créations ex nihilo où les industriels jouent les dames patronnesses. Les difficultés des 20 dernières années dues aux incursions de Boko Haram ne peuvent faire oublier que les passagers à Arlitte y admirent tous une ville africaine parfaitement ordonnée que la SOMAÏR, l’entreprise minière de l’uranium, présentait, il y a 25 ans, comme n’ayant jamais connu d’urbaniste (perte de mémoire curieuse, mais élogieuse pour celui qui s’est fait oublier).  

A 94 ans, il continue à travailler, soucieux de transmettre son message réaliste dans un monde qui a mis presque 70 ans à se rendre compte de réalités qu’il avait perçues et enseignées dès les années 50 (croissance des métropoles, migrations nationales des campagnes vers les villes, migrations continentales et intercontinentales) et d’en tirer des conclusions pratiques et opérationnelles dans la gouvernance et la planification urbaine et territoriale. Longue vie, cher Michel !

  • Georges Besse (X 48), industriel
Georges Besse

Né en 1927 à Clermont-Ferrand d’un père poseur de lignes aux PTT, Georges fait ses études à Clermont-Ferrand et entre en 1948 à l’X où sa forte carrure en fait un membre éminent de l’équipe de rugby. Sorti dans le corps des Mines, il est embauché au CEA par Pierre Guillaumat (X 28) qui a décelé immédiatement ses capacités de meneur d’hommes. Nommé en 1958 directeur général de la société USSI créée pour développer des méthodes d’enrichissement de l’uranium, il livre en 1964 l’usine de Pierrelatte qui sera baptisée après sa mort usine Georges Besse. Georges est alors embauché par Richard Baumgartner (X 22) pour être président d’Alcatel qui fusionne bientôt avec CIT. En 1972, il devient DG d’Eurodif puis en 1976 DG de la Cogema, deux sociétés créées à l’initiative d’André Giraud (X 44). Sollicité par Pierre Dreyfus, il quitte le nucléaire en 1982 pour être nommé PDG de PUK (Péchiney-Ugine-Kuhlmann) qui état en grande difficulté et qu’il réussit à redresser rapidement, à tel point que le gouvernement le nomme en 1985 PDG de Renault qui accusait d’énormes pertes. Il est hélas assassiné le 17 novembre 1986, à 58 ans, en bas de chez lui par 2 femmes terroristes d’Action directe, condamnées à perpétuité mais libérées depuis longtemps…

Christian Marbach (X 56) a écrit une notice sur Georges dans la Jaune et la Rouge d’octobre 2011, un colloque a été organisé en novembre 2011 à l’Ecole des mines à sa mémoire et le Bulletin Sabix 49 de 2011 lui est consacré, avec des articles par Alexandre Moatti (X 78), Christian Marbach (X 56), François de Wissocq (X 53), qui lui succéda à la présidence de Cogema, Jacques Lesourne (X 48) et Raymond H Lévy (X 46), qui lui succéda chez Renault après son assassinat.

Brutalement veuve avec 5 enfants, sa courageuse épouse Françoise a créé en 1987 la Fondation Georges Besse pour soutenir des élèves à haut potentiel engagés dans des filières scientifiques et scolarisés en France, qui souhaitent devenir ingénieur malgré leurs difficultés matérielles.  Présidée par Claude Imauven (X 77), la Fondation a déjà attribué plus de 7 M€ de bourses à 774 lauréats et vient d’accueillir les 27 lauréats de 2023 avec un discours de Salim Eddé (X 78), fondateur de la société de logiciels financiers Murex et du musée de minéralogie de Beyrouth (Mim).

  • Jérôme Cerisier (X 92), visionnaire
Jérôme Cerisier

Jérôme entre à l’X en 1992 et en sort dans l’Armement qui l’envoie se former à Supaéro. Après 4 ans à la DGA (direction générale de l’Armement), Jérôme pantoufle chez Kearney en 2001 puis complète sa formation en allant à l’Insead en 2005. Il passe ensuite 10 ans chez Zodiac Aerospace à Elbeuf puis à Plaisir, pour s’occuper d’élastomères, d’oxygène puis d’équipement de cockpit. Il devient en 2016 PDG de Photonis. Cette société est détenue par le fonds HLD, créé par Jean-Bernard Lafonta (X 80) qui l’a acquise en 2021 auprès du fonds Ardian, créé par Dominique Sénéquier (X 72).

Leader mondial de la détection et de l’imagerie, Photonis, rebaptisée Exosens, a entrepris sous la houlette de Jérôme Cerisier de réduire la part de son chiffre d’affaires fait avec la Défense, qui était de 72 %, en se diversifiant vers les sciences de la vie, du contrôle industriel et du nucléaire avec des acquisitions tous azimuts comme le grenoblois DeviceALab, le canadien Telops, l’allemand Proxivision, le belge Xenics ou l’israélien El-Mul. Bravo Jérôme, continue !

  • André Dewavrin (X 32), résistant
André Dewavrin, le Colonel Passy

Né en 1911 dans une famille d’industriels, André fait sa prépa à Stanislas puis à Louis le Grand. Il entre à l’X en 32 et en sort dans le Génie qui l’envoie en appli à Versailles.

Nommé ensuite à Grenoble puis à Saint-Cyr, il participe comme capitaine en 1940 à la malheureuse expédition de Narvik (Norvège), destinée à couper aux nazis la route du fer. Il part ensuite à Londres où le général de Gaulle le charge, sous le pseudonyme de Passy, de monter un service de renseignements qui deviendra le BCRA (Bureau central de renseignements et d’action). Il fait une mission importante en France en 1943 avec Pierre Brossolette puis à Alger pour créer la DGSS (Direction générale des services secrets) qu’il quitte en février 44 pour devenir chef d’état-major du général Koenig. Il contribue à la libération de Paimpol en août 44, ce qui lui vaut l’honneur d’être l’un des 33 polytechniciens Compagnons de la Libération. A la Libération, il succède à Jacques Soustelle à la tête de la DGER (Direction générale des études et recherches) qu’il transforme en SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage). Après le départ de de Gaulle en 1946, il est accusé de détournement de fonds et de liens avec la Cagoule et passe 4 mois en prison préventive, ce que de Gaulle jugera infâme. Lavé de tout soupçon, il passe dans l’industrie privée mais n’aura pas la carrière que ses brillants états de service auraient pu lui faire espérer.

Nommé grand-croix de la Légion d’honneur peu avant sa mort en 1998, André a fait l’objet d’une belle notice dans la Jaune et la Rouge de février 2000. Il était le père de Daniel Dewavrin (X 58), président de l’AX de 2006 à 2010, qui a eu lui aussi injustement maille à partir avec la justice à propos des millions donnés en liquide par l’UIMM à la CGT, destinés à « fluidifier » les relations sociales.

André a écrit ses souvenirs en 3 tomes (deuxième bureau, Londres ; Duke Street, Londres ; Missions secrètes en France) .Sébastien Albertelli vient d’écrire un livre sur lui : Le Colonel Passy, le maitre-espion du général de Gaulle (Tallandier, 585 p).

  • Alexandre Lebrun (X 94), nablateur
Alexandre Lebrun

Alexandre entre à l’X en 1994. Il y participe au ski club et au binet robot et en sort dans les Télécom qui l’envoient passer 6 mois en Chine et autant à Taïwan. Il passe ensuite 2 ans chez KDS où il s’occupe de réservations de voyage, il crée en 2002 la société VirtuOz à Paris, lève 2 M$ en 2005, la transfère à San Francisco et lève 12 M$ en 2008 pour en faire le leader mondial des agents virtuels intelligents. Il la vend en 2012 à Nuance (achetée depuis par Microsoft), où il reste quelques mois avant de créer Asiance en 2004 à Séoul avec Kim Bosun et Olivier Mouroux. Revenu à San Francisco, il crée en 2013 Wit.ai, une plateforme d’IA qui permet aux développeurs de créer facilement une interface conversationnelle de type Siri pour leur application ou leur appareil, qu’il revend 2 ans après à Facebook à Menlo Park (Ca) où il reste 4 ans au FAIR (Facebook Artificial Intelligence Research),avant de revenir à Paris pour créer Nabla en 2018.

Utilisant GPT 3 de Open AI, cette nouvelle pépite de l’IA générative facilite le travail des médecins grâce à son outil Nabla Copilot qui, pour 69 € par mois, les débarrasse de beaucoup de tâches administratives, comme la rédaction de comptes-rendus de consultations ou des ordonnances. Nabla a levé 17 M€ depuis sa création, notamment auprès de Xavier Niel et de François Pinault. Bien qu’installé à Paris, Nabla n’a pas encore percé en France mais son avenir est assuré grâce à un méga-contrat qui vient d’être conclu avec le groupe médical américain Kaiser Permanente qui mettra Copilot à la disposition de ses 10.000 médecins dans 39 hôpitaux et 600 centres de soins.

Avec Martin Raison (X 94), Alexandre  fait partie des nominés du Palmarès des inventeurs paru dans Le Point du 22 juin. Bravo, Alexandre le Grand !

  • Nathalie Stubler (X 87), aviatrice
Nathalie Stubler

Nathalie Stubler née Rault est fille de 2 ingénieurs. Fana d’aviation, tout en pratiquant la voile en famille, elle obtient sa licence de pilote privé sur Cessna 150 à Toussus-le-Noble pendant ses études. Elle entre à l’X en 1987, un an après son époux Jérôme (X 86). Après l’X, elle fait une formation complémentaire à, l’Ecole des Ponts dont elle sort ingénieur civil. Après un service effectué naturellement dans l’armée de l’air, elle intègre la Direction de la stratégie d’Air Inter en 1992, à une époque où on pouvait encore prendre l’avion sans être déconsidéré par les écolos. Après l’absorption d’Air Inter par Air France en 1997, elle devient responsable des vols longs courrier d’Air France, devenu Air France KLM en 2003, avant de s’occuper de la stratégie du groupe, de sa politique tarifaire puis du développement durable. En 2014, le Pdg Alexandre de Juniac (X 81) la prend comme directrice de cabinet. En 2016, elle est nommée Pdg de Transavia France, filiale « low cost » d’Air France, à laquelle elle donne littéralement des ailes.

Début 2023, Nathalie quitte Transavia pour devenir conseillère spéciale sur la stratégie de décarbonation du groupe Air France KLM avant de s’envoler vers d’autres horizons, après 30 ans de bons et loyaux services dans le groupe Air France : elle entre chez l’équipementier Safran comme directrice du développement durable. Nous lui souhaitons une carrière fructueuse et durable 🙂

Nathalie est membre du conseil d’administration de l’Ecole des ponts depuis 2018. Elle est mariée et mère de 3 enfants.

Actualité

Une nuit au Mus’X : Les polytechniciens et l’exploration spatiale. Cliquez ici pour revoir cette première édition de l’émission Une nuit au Mus’X organisée le 14 octobre par par le Mus’X sur le thème du spatial avec le binet AstronautiX, l’association spatiale étudiante de l’X. Il y est question d’astronomie, d’exploration spatiale robotisée et de projets spatiaux étudiants. NB Il faut un peu de patience car les 16 premières minutes correspondent à la période d’attente de 19h45 à 20h – heure de début officielle de l’émission.

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Petits papiers : après Sébastien Bohler (X 92, ma lettre de juin) et Pascale Sourisse (X 81, ma lettre d’avril), les heureux élus à paraitre dans le numéro d’octobre de la Jaune et la Rouge sont Isabelle Panet (X 97, ma lettre de juillet) et les jumeaux Desjardins (X 08, ma lettre d’août).

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  • Bruno Angles (X 84), directeur général d’AG2R La Mondiale, ancien président de l’AX, vient d’être distingué à l’occasion du classement « Europe Awards 2023 » publié par CEO Today Magazine. Il figure également dans le Top 3 européen des lauréats (Featured Winners) parmi 22 dirigeants.
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Gérard Araud (X 73), commente pour le Point la situation en Israël, où il a été ambassadeur (ma lettre de mars 22) : « … Une religion plusieurs fois millénaire, une histoire infiniment tragique qui a culminé dans l’horreur absolue, la renaissance d’un État après dix-huit siècles au prix de multiples guerres dans une région longtemps unanimement hostile, la création d’une nation à partir de diasporas des quatre coins du monde et j’en oublie… Israël, c’est d’abord une expérience unique… … Ce que cherchait le Hamas, c’est de commettre des atrocités qui rendent tout compromis inacceptable. Je crains qu’il n’ait réussi…

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Etienne Chenevier (X 76) a donné un récital de piano avec des sonates de Schubert et de Chopin le 19 octobre salle Cortot, 78 rue Cardinet. Fils de Jean Chenevier (X 37), frère de François (X 64) et Philippe (X 67) et oncle de Thierry (X 88), Thomas (X 93) et Quentin (X 06), Etienne a commencé sa carrière au ministère de l’industrie avant de rejoindre Air Liquide puis de devenir Directeur Asie-Pacifique de Luzenac. Il est maintenant directeur Asie de Citystar, société d’investissement créée par Jean-Louis Charon (X 76). Cliquez ici pour plus de détails.

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René Coulomb (X 51) a préfacé le Journal de la libération de Paris, écrit en août-septembre 1944 par son père Jean, géophysicien, membre de l’Institut, né à Blida en 1904, mort à Paris en 1999. Nous y est décrite, dans un style haletant, une période troublée, pleine d’espoir et de craintes, où il était difficile de s’approvisionner pour survivre, où l’on risquait sa vie tous les jours, où les gens – résistants, collabos, occupants allemands, simples passants et libérateurs français et alliés – montraient leur vraie nature et leurs réflexes face à des situations souvent imprévues. Isidore Editions, 2023, 72 p.

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Vincent Laflèche (X 81), directeur de l’Ecole des Mines, qui a quitté Paris-Tech pour se rattacher à Paris Sciences et Lettres (PSL), se félicite que son école soit, grâce à son épreuve de culture générale, numéro 2 au classement des écoles d’ingénieurs du Figaro Etudiant du 16 octobre avec une note globale de 17,7 sur 20 derrière l’X, numéro un avec 19 !

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Hervé Le Bras (X 63) vient de sortir un nouveau livre : La réforme des retraites expliquée au gouvernement (Flammarion, septembre 23). Il y montre la cohérence des événements qui se sont précipités dans un mélange de machiavélisme amateur, d’incompétence arrogante, de calcul et de faiblesse pour aboutir à une réforme inefficace et coûteuse. Auteur de nombreux livres depuis Immigration positive (2006), où il démontre que l’immigration est une chance pour la France, jusqu’à Serons-nous submergés ? (2020), où il conteste la notion de grand remplacement, Hervé se dit plus compétent que Macron en matière de retraites, ce qui n’est pas difficile. Il se dit aussi élève de Sauvy (X 20 S, ma lettre de janvier 23), dont on regrette de ne plus entendre la voix irremplaçable.

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Arthur Mensch (X 11), DG de Mistral AI (ma lettre de juin 23), vient de sortir Mistral 7B, un modèle de langage qui, contrairement aux modèles propriétaires des mastodontes du marché, comme OpenAI, est en open source pour pouvoir être utilisé par des développeurs.

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Bertrand Meunier (X 77), PDG d’Atos depuis 2019, qui avait sauvé sa peau lors de l’AG du 28 juin 2023, avec le rejet des 4 résolutions de Sycomore, actionnaire activiste, tendant à le renverser, a finalement jeté l’éponge, face aux contestations liées à son projet de scission d’Atos et de vente de l’infogérance à Daniel Kretinski. Il est remplacé par Jean-Pierre Mustier (X 81). Nous lui souhaitons de réussir à redresser Atos.

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Thierry de Montbrial

Thierry de Montbrial (X 63, ma lettre de mars 22) présentait le 19 septembre la 42ème édition du rapport de l’IFRI. Cet ouvrage intitulé Ramsès 2024, un monde à refaire offre une traversée de la planète des crises, des acteurs et de leurs stratégies (Europe, USA, Chine, Moyen Orient, Afrique). Une brillante introduction de TdM identifie 3 enjeux majeurs : Ce que nous dit la guerre d’Ukraine, qui bouleverse les équilibres internes et institutionnels du continent européen – Inde, l’émergence inconnue : peut-être incarne-t-elle le monde nouveau ?  – Ebauches d’un nouveau monde : autour de quels grands facteurs se restructurera le monde demain ?

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Luc Ravel

Mgr Luc Ravel (X 77, ma lettre de juin 22), élu en novembre dernier à l’Académie des Sciences morales et politiques à la place de Jean Cluzel, vient d’y être reçu le 2 octobre par François d’Orcival. Pour rappeler l’école dont est sorti le nouvel élu, la cérémonie a été égayée par un intermède musical : l’Ode à Vaneau, chanté, comme il se doit, par la chorale de l’X dirigée par Me Patrice Holiner.

Courrier des lecteurs

  • Bonjour Hubert et merci pour cette initiative dont je suis heureux du succès qu’elle rencontre. Puisque tu sollicites des suggestions, je voudrais te signaler un de mes camarades de promotion, Marcel Cassou, pour qui j’ai autant d’amitié que d’admiration et … qui mérite de figurer dans le panthéon des X hors du commun.… Philippe Bonnamy (X 61). Merci . Je le mets dans ma liste d’attente. HLL
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  • Cher Fondateur du groupe X-Démographie, hélas en déshérence (tout à fait d’accord). Oui il y aurait bien intérêt à le revivifier. Mais ayant été mêlé quelque temps à la rédaction de J&R, j’ai souvenir que chaque fois que la démographie a fait l’objet d’un numéro de notre Revue, tout le Landerneau X et non-X s’est ému. N’étions-nous pas des soutiens du Front National ? Le Président de l’AX de l’époque a même fait rééditer un n° pour supprimer un article à cause d’une insinuation malveillante de “Libé”. PS Merci à nouveau pour ces bio express. Je soutiens l’idée émise par un camarade de Grimond(X 46)… Michel Gérard (X 55). C’est exact : j’avais obtenu de Jacques Lesourne (X 48) qu’il préside X Démographie et, au dernier moment, il a renoncé à cause de l’emprise supposée du FN. Pour Grimond, ce sera pour bientôt. HLL
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  • Cher camarade Lévy-Lambert, je te suggère pour ta prochaine moisson de l’accompagner d’un dictionnaire de façon à rendre compréhensible des paragraphes tels que : « Parmi les initiatives remarquables de Hugging face, on peut citer la création des librairies open source comme transformers ou datasets, et surtout le développement d’une plateforme collaborative appelée le Hub qui est un service similaire à GitHub mais spécifique pour l’IA. » Le français reste la langue de la République et donc de l’X, non ? « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots (français) pour le dire arrivent aisément » Non ? amicalement. J.-P. Guitton (X 61). Tu as tout à fait raison. Mais il se trouve que ce paragraphe a été ajouté par Chaumond lui-même, à qui j’avais soumis mon projet à l’avance, comme Berry me l’avait suggéré ! HLL
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  • Un grand merci pour ce joli texte.
    Respectueuses amitiés polytechniciennes, Sarah Lamaison (X 12). Tu vas avoir droit à la publication de ton portrait dans mes Petits Papiers de la Jaune et la Rouge de novembre ! HLL
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  • Cher camarade, Je viens de lire tes brefs portraits de certains de nos camarades.
  • En ce qui concerne Alexei Grinbaum, j’ai publié en 2014 dans la J&R une recension de son ouvrage Mécanique des étreintes. A propos d’autres Russes tu pourrais être intéressé par Alena Fargere. Par ailleurs, une petite remarque au sujet de la cérémonie sur Poincaré. Kees van der Beek et Directeur de la Recherche (et non Recherche et Enseignement), Laura Fioni Directrice de l’Enseignement, Dominique Rossin est leur patron (Directeur de la Recherche et de l’Enseignement). (à remarquer donc l’internationalisation : un néerlandais et une italienne). Amicalement. François Xavier MARTIN (X 63). Merci, j’ai complété pour Mécanique des Etreintes et rectifié pour KvdB. HLL
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Vous connaissez des Xtraordinaires ? Signalez-les moi !

Merci d’avance !

Hubert Lévy-Lambert (X 53), fondateur de X Israël

PS Je remercie les nombreux lecteurs qui m’ont adressé un message de sympathie à la suite de ma lettre sur Israël, pays extraordinaire et qui n’ont pas été dupes de la machination médiatique du Hamas tendant à faire croire à une bombe israélienne sur un hôpital de Gaza. Je recommande aussi les remarquables analyses de la situation par Xavier Bertrand (France Info) et par Abnousse Shalmani (LCI) et par Franz-Olivier Giesbert (Le Point) et l’article de Lyn Julius (MENA) qui rappelle les nombreux pogroms subis par les juifs dans le monde arabe au cours des siècles.